DEUXIEME SUSPENSION DE L UNIVERS
homme qui aurait fait sa peine ne serait pas assez pur; il aurait fait quelque preuve de subordination, de justice et de conduite. Un galérien en exercice, c'est cela et celui-là qui pourrait abolir d'un coup tous les préjugés. La révolution a trouvé mieux. Elle a été prendre son homme au lit. — Un lit de service. — En France, on l'appellerait Monsieur Alphonse.
Monsieur Alphonse dictateur d'un peuple et collègue des rois !
On plaindra le loyal Mac-Mahon d'avoir dû recevoir un pareil camarade de chambrée. Ce qui nous paraît certain, c'est que le Bayard des temps anciens n'eût pas consenti à trinquer avec lui. — Bois tout seul ton vin d'Espagne, ribaud, et va conter ailleurs tes escapades qui font rougir un chevalier!
Quant à ceux qui combattent le Serrano et qui aiment mieux mourir que de porter ses lois et son blason, combien ils doivent s'estimer de ressembler si peu au reste des humains.
Cet article avait paru dans le numéro du 6 septembre. Le 7, à deux heures, un commissaire de police apportait, aux bureaux de V Univers, un arrêté du gouverneur militaire de Paris, analof^ue à celui que le journal avait déjà reçu le 19 janvier. Cette fois, V Univers était suspendu pour 15 jours, sous prétexte d'avoir « dépassé toute mesure, provoqué au mépris des gouvernements établis, » etc , etc.
Deux semaines après, il reparut portant, en tête de ses colonnes, l'article suivant :