FIGARO ET SA CLIENTELE ECCLESIASTIQUE
2 mars 1875.
M. de Bonald ne reconnaissait que deux sortes de gens d'esprit dans les révolutions : ceux qui font fortune, et ceux qui ne s'en soucient pas. A ce compte, les propriétaires du Figaro sont gens d'esprit. Personne ne l'a plus reconnu que moi. J'ai même contribué à leur petit bien-être, étant l'un de leurs abonnés. J'ai choisi Figaro pour me tenir lieu de toute l'espèce et même de quelques autres. Je me fais suivre de lui partout où je vais. Il me représente parfaitement Paris avec une notable partie du parti conservateur français. Il peut vérifier ma présence sur ses listes. J'y ai figuré successivement sous les noms de deux de nos co-électeurs, Besacier et Pitoisel, attachés à mon service. Il verra que je paie mon abonnement, ce qui est le gage d'un attachement sérieux. Mais je ne puis lui cacher que je ne partage pas en tout ses sentiments. Il m'est ordinairement commode et très souvent désagréable. Je n'en permettais pas la lecture à Besacier, je ne la permets pas à Pitoisel; je craindrais que leur innocence n'en fût altérée. Il me dit son avis sur toutes choses, voilà le mien.