I. — LA PROCLAMATION DE CABRERA
lo mars 1857.
Les journaux demandent ce que c'est que l'aventure du général Cabrera. En voici le détail et les preuves, que nous tenons, hélas! de M. Cabrera luimême. La proclamation ci-après et le convenio qui l'accompagne partiront de Paris pour Madrid, ce soir ou demain au plus tard. Don Alphonse se chargera de les faire parvenir à destination. Il n'ira pas les porter en personne! Nous sommes forcés de n'en donner qu'une, traduction hâtée et un peu abrégée, mais tout y est. Nous avons le texte espagnol sous les yeux.
1. Dans son numéro du 16 mars, VL?iivers, ayant eu communication d'un manifeste que le général Cabrera venait de signer à l'adresse des carlistes, se hâta de révéler ce document.
On sait que don Eamon Cabrera, ancien chef carliste, avait refusé de se mettre à la tête de la nouvelle armée levée par don Carlos. Il ne reparut que pour engager les troupes carlistes à faire leur soumission à Alphonse XII, en s'offrant de traiter pour elles au moment où elles combattaient encore. Don Carlos déclara de haute trahison son ancien lieutenant
L^ proclamation divulguée par V Univers était précisément celle que Cabrera s'apprêtait à lancer pour consommer cette trahison.
M. Cabrera/ d'accord avec le gouvernement de Madrid, se déclare chef de l'armée carliste et la livre suivant les conventions approuvées. Il expliqiue ses motifs dans une déclamation où les arguments qui serv^ent en ces occasions sont fort peu rajeunis.
M. Cabrera nous paraît à plaindre, mais nous pensons qu'il n'aura pas le malheur d'obtenir un grand succès-. Il sera sauvé par le roi Charles VII, et il pourra vivre assez pour se repentir.