‹ Derniers momens de Napoléon (volume 2)Chapitre 12 sur 38 · TOME II. K · texte numérisé non relu

TOME II. K

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ante^dix-huit à quatre-vingt-deiix pokations par minute*

7 heures a. m. — Il prend un potage au vermicelle et se rendort* H s*éveiUe à dix heures, et fait usage d^on lavement. La fièvre est presque entièrement dissipée; mais la prostration des forces est excessive. Le malade se plaint de l'état de &iblesse et des vertiges qui raccompagnent. A onze heures il prend un peu de vin de Bordeaux avec trois biscuits à la cuillère et se trouve mieux.

1 heure p. m. — Vomissement. Les biscuits sont presque entièrement rejetés.

L'Empereur fait de nouveau défendre la porte de son appartement, reste enfermé avec le Général Montholon et Marchand jusqu'à six heures. J'entre; **J'ai trop écrit. Docteur ; je suis afiaissé, je n'en puis plus."

6 heures p. m. — Exacerbation de la fièvre, accompagnée d'étourdissement, de vertiges, de tintemens d'oreilles, de sensations dou-

DE NAPOLÉON. ISl

loureuses et de chaleur insupportable dans tous les viscères du bas- ventre. La respiration devient pénible; loquacité continuelle.

Napoléon parle des cultes, des dissensions religieuses, et du projet qu'il avait formé de rapprocher toutes les sectes. Il n*a pu Texécuter; les revers sont venus trop tôt ; mais du moins il a rétabli la religion ; c'est un service dont on ne peut calculer les suites; car enfin, si les hommes n*en avaient pas, ils s'égorgeraient pour la meilleure poire et la plus belle fille.

A huit heures, il prend un peu de riz et un œuf frais, et à dix heures de la confiture de groseille avec quelques biscuits de Bengale.

10 heures p. m. — Il vomit tous les alîmens qu'il a pris dans la journée, et reste en proie à une agitation qui Tempêche de goûter un moment de sommeil.

IdC DERNIBM MOMSIIS

L'Empereur n*a pas dos la paupière ; il parle, il vaniloque presque continuellement. La fièvre se soutient avec la même intensité*

4 heures a. m. — Vomissement noirâtre de pituite épaisse et filamenteuse, mêlée à des substances alimentaires mal digérées et à du sang noir, grumelé et en putridité.

Le jour amène quelques instans de sommeil.

8 heures a. m. — Vomissement de matières semblables aux précédentes. Les substances rejetées sont plus noires, et renferment quelques grumeaux de sang vein* eux qui semblent indiquer une lésion organique de Testomac ; de plus elles laissent suintçr un liquide aqueux, mais acre, d*une odeur fétide et nauséabonde. Cependant la fièvre passe souvent d*un extrême à Tautre. Les pieds resti^t glacés avec quelque soin qu'on les réchauffe, et le malade éprouve encore des vomissemens de matières semblables aux précédentes. Les

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