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substances alimentaires deviennent ' phis foncééâ et les glaires plus épaisses. A dix heures on administre un lavement qui est suivi d'une légère évacuation. A deux heures il s'en fait une autre, mais naturelle, assez abondante et mêlée à une grande quantité de bile noire.
6 heures p. M4 — Lé malade prend trois cuillerées de la mixture salino-amère et uû6 soupe de semoule deux heures après. Il était mieux ; j'avais quelques préparations à faire, je profitai du moment^ et passai dans la pharmacie. Dès qu'il se voit seul, je ne sais quelle cruelle fantaisie démanger lui prend ; il se fait apporter des fruits, du vin, essaie un biscuit, passe au Champagne»
demande une prune, saisit un raisin, et se met à rif-e aux éclats dès qu'il m'aperçoit.
Je retirai tout j je grondai le maître d'hôtel ; mais le mal était fait, la fièvre se réveilla, et devint ardente.
26 Avril.
Ntrit fort agitée. L'Empereur parle beaucoup : délire qui se prolonge jusqu'à minuit.
15é DERNIERS MOMENS
2 heures a. m. — Vomissement. Tous les alimens du soir sont réjetés. Napoléon se trouve un peu mieux au point du jour, et 8*endort. Il se réveille à 8 heures et éprouve un nouveau vomissement qui le soulage.
Le pouls varie de soixante-dix-huit à quatre-vingt six pulsations par minute, et la chaleur est au-dessous de Tétat naturel. Le grand-maréchal me fait demander ; j*y vais.
Cest pour m'annoncer que TEmpereur Ta chargé de me dire qu*il ne m'a pas compris dans son testament; mais que son intention est de me laisser detix cent mille Jrancs.
1 heure p. m. — L'Empereur est sur son lit de mort ; il me témoigne beaucoup de bienveillance. **Que croyez-vous que je doive donner au médecin Anglais, en reconnaissance des visites qu'il m'a faites avec vous?— Je n'oserais assigner des bornes à la munificence de votre Majesté. — Pensezvous que cinq cents louis soient assez ? — Oui, sire, je le crois. — Eh bien! je lui laisse douze mille francs ; à vous, je vous en lègue cent mille. ..." Je le priai de ne pas s'occuper de soins aussi tristes j il re*
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prijt : ** SerieZ'Vous bien aise d!entrer au service de Marie-Louise, de lui être at* taché en qualité de chirurgien, comme vous Têtes auprès de ma personne ? — Si je devais perdre votre Majesté, ce serait toute mon ambition. — ^EUe est ma femme, la première Princesse de l'Europe : c'est la seule que vous puissiez désormais servir. — Je n'en servirai jamais d'autre. — Fort bien ; je vais écrire à l'impératrice. J'espère que vous serez content de ce que je ferai pour vous."
La fièvre a duré pendant toute la journée avec des alternatives continuelles de bien et de mal. Napoléon a éprouvé une soif ardente, un froid glacial aux pieds, des douleurs vagues dans le bas-ventre, des nausées, des vomissemens de même nature que ceux qui ont précédé ; il prend sur le soir un peu d'alimens, et, quoique extrêmement faible, il écrit près de trois heures. Il arrête, cacheté ses codiciles, et se remet au lit.
136 DERNIERS AiOMBNS
27 AvfH.
Lai nuit ^, été fort agitée. L'Ëmpereui n'a pu goûter un instant de repos. H dort un peu vers le point du jour.
8 heures a. h* — Vomisseoient d'une grande quantité de glaires, mêlée à un fluide aqueux, noirâtre, et d'une odeur extrêmement acre et piquante. Le pouls est très-f$kil;>le ; il sq maintient pourtant entre soixante-douze et quatre-vingt-quatre pulsations par minute. La chaleur est à peu prèd naturelle ^ le malade n'éprouve pas de douleur, et refuse tout remède. Il ne veu^ pas même faire usage de lavement, «fe lui propose l'application d'un vésicfitoire à l^ région épigastrique ; il le repousse, et ne consent qu'avec peine à l'emploi d'un cérai; aromatique stimulant, de la pharmacopée de Dublin.
9 heures a. m. — Le malade prend un pei|.
de soupe. — La fièvre continue le reste de la journée. Les forces tombent de plus en plus, les vomissemens deviennent plus fré-
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quens, et ne donnent, pour ainsi dire, qu^une pituite épaisse, mêlée h une espèce de bouillie corrompue, ainsi qu'à un fluide aqueux, acre et noirâtre dans lequel flottent quelques parties d'une substance sem^ blable à du chocolat dissous dans l'eau.
8 heures p. m. — ^^11 essaie d'écrire ; mai« l'es forces sont éteintes, il ne peut tracer qu'une partie du huitième codicille de son testament. Il se promet d'achever le lendemain; ?atonie est profonde, générale.
La mort l'a déjà saisi, il va descendre au tombeau.
5 heures p. m. — Napoléon prend quelqute peu d'alimens et le g^de.
7 heures p. M. — Napoléon se déterminé enfin à abandonner sa chambre mal aérée, petite et incommode pour s'établir dans le salon. Nous nous disposons à le trani^portée. ** Non, dit-il, quand je serai mort; pour le moment il suflSt que vous me souteniez.*'
198 DXaMiEBS JiJDliANS
98 Avril.
.. UEmpereur a passé une très-mauvaise nuit ; il a eu plusieurs votnissemens de même nature que les précédens. Le pouls, extrêmement faible varie de quatre-vingtquatre à quatre-vingt dix pulsations par minute ; la chaleur est fort au-dessous de l'état naturel.
6 heures a. m. — Vomissement semblable à ceux qui ont précédé. — La fièvre augmente, le froid glacial devient universel ; les forces tombent dans la dernière prostration.
7 heures a. m. — ^Le malade prend une Soupe, un œuf frais et un biscuit à la cueUlère trempé dans un peu de clairet.
8 heures a. m. — L'Empereur m'adresse des paroles pleines de bonté, puis avec un calme parfait, une tranquillité inaltérable, il me donne les instructions suivantes:
" Après ma mort, qui ne peut être éloignée, je veux que vous fassiez l'ouverture de mon
cadavre ; je veux aussi, j*exîge que vous me promettiez qu'aucun médecin Anglais ne portera la main sur moi. Si pour tant vous aviez indispensablement besoin de quelqu'un, le Docteur Arnott est le seul qu'il vous soit permis d'employer. Je souhaite encore que vous preniez mon cœur, que vous le mettiez dans Tespritde-vin et que vous le portiez à Parme à ma chère Marie-Louise. . Vous lui direz que je l'ai tendrement aimée, que je n'ai jamais cessé de l'aimer ; vous lui raconterez tout ce que vous avez vu, tout ce qui se rapporte à ma situation et à ma mort.
Je vous recommande surtout de bien examiner mon estomac, d'en faire un rapport précis, détaillé que vous remettrez à mon fils. .... Les vomissemens qui se succèdent presque sans interruption me font penser que l'estomac est celui de mes organes qui est le plus malade, et je ne suis pas éloigné de croire qu'il est atteint de la lésion qui conduisit mon père au tombeau, je veux dire d'un squirre au pylore .... Qu'en pensez-vous ?" J'hésitai à repondre, il continua: Je m'en suis douté dès que j'ai vu les vomisçe-
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maatf devenir fréqueos et c^imâtres. Il est pourtant bien digne de remarque, que j*ai toujours eu un estomac de fer, que je n'ai soufiert de cet organe que dans ces derniers temps^ et que tandis que mon père aimait beaucouples substances fortes et les liqueurs apiritueusesy je n*ai jamais pu en faire usage^ Quoi qu*il en soit, je vous prie^ je vous dittge de fie rien négliger dans un tel exa* men^ afin qu'en voyant mon fils vous puis«siez lui communiquer vos observations, et lui indiquer les remèdes les plus convena^ blés »..••. Quand je ue serai plus^ vtms vous rendrez à Rome^ vous irez trouver ma mère^ ma famille, vous leur rapporterez tout ce que vous avez observé relativem;ent à ma situation^ à mamaladie, et à ma mort, sur ce triste et malheureux rocher; vous leur direz 'que le grand Napolécm est ex«pké dans Vétat le plus déplorable, man^ quant de tout^ abandonné à fan-méme et i sa gloire; vous leur direz qq*en ex}»rast il lègue à toutes les âmilies régnaote^ rhorreur et l'opprobre de ses demierg mo^^ mens***
11 est dis heures du matin. La fièvre cesse tout à coup ; le malade tombe dans wHe adynamie extrême, il parle beaucoup encore ) mais ses paroles sont coupées incohérentes, et ne présentent, pour ainsi dire, plus de suite.
12 heures. — Il prend un peu de nourriture ; son estomac n'en paraît pas d'abord iilcommodé ; mais quelques heures après il rejette toutes les substances alimentaires, mêlées avec des matières glaireuses, épaisses, noirâtres et renfermant quelques grumeaux de sang putride. Il est cependant un peu mieux.
6 heures p. m.-— Le malade est fort agité^; îl essaie à diverses reprises d'achever le huitième codicille de son testament ; mais il ne peut écrire, ni même se tenir assis.
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L'Empereur passe une très-mauvaise nuit, il ne prend presque point d'alimens et