TOME II. T
ses portes et ses serrares. Dans cei état, U rit' tire la protestation quHl a faites et fait faire plusieurs fois, qtion ne violera le droit de sa porte qu*en passant sur son cadavre. Il a abandonné tout, et vit concentré depuis trois ans dans l'intérieur de six petites chambres, pour se soustraire, aux insultes et aux outrages. On a la lâcheté de lui envier ce refuge, on est donc résolu à ne lui en laisser d'autre qu'un tombeau. Attaqué depuis deux ans d'une hépatite chronique, maladie endémique dans ces climats, et, depuis plus d'un an, privé du secours de ses médecins^ par l'enlèvement du Docteur 0*Meara, en Juillet 1818, et du Docteur Stokoe, en Janvier 18 19, il a éprouvé plusieurs crises pendant lesquelles il a été obligé de garder le lit quinze ou vingt jours de suite. Aujourd'hui, au milieu d'une des crises les plus violentes qu'il ait éprouvées, alité depuis neuf jours, n'ayant à opposer à sa maladie que la patience, la diète, le bain ; sa tranquillité, depuis six jours, est troublée par les menaces d'un attentat et d'outrages anxquels le Prince Régent» le Lord Liverpool» et l'univers entier savent qu'il ne se soumettra jamais. Comme le dessein de l'avilir et de l'insulter se manifeste tous les jours, il réitère la déclaration déjà faite, qu'il n'a pris et ne prendra aucune connaissance, n'a ordonné et n'ordonnera aucune réponse aux dépêches ou paquets quelconques dont le libellé lui serait in-
DE NAPOLÉON. Tllï
jurieaxy et serait contraire aux formes établies dé« puis quatre ans pour correspondre avec lui par* l'intermédiaire de ses officiers ; qu'il a jeté ou jetera au feu ou par les fenêtres ces paquets insultansy ne voulant rien innover pour toutes ces choses à ce qui existe depuis quatre ans.
Signéy Napoléon.
Longwood» 16 Août 1819.**