‹ Derniers momens de NapoléonChapitre 14 sur 26 · TOMB I. P · texte numérisé non relu

TOMB I. P

âlO DERNIERS MOMXNS

Rewbell. Je vous salue^ et je vous aime autant que je vous estime/*

*< Cet homme a toujours été d'un défaut de sens dont je ne me rends pas compte. Il ne respire que renommée, que bruit ; il a eu les plus belles occasions d'en faire, et les a toujours manquées* A léna il pouvait se couvrir de gloire. Il n'avait qu'à marcher ; il se plaçait sur les derrières de l'armée Prussienne,

tout était pris. £n Saxe, en Belgique

Le rang eût été unique dans l'histoire ; mais il fallait avoir de Tâme.'^ L'Empereur s'é« tendit beaucoup sur les torts de ce général^ non envers lui, il se comptait pour rien ; mais envers la France qui l'avait vu naître, envers l'armée à laquelle il devait tout. Il s'était laissé enfoncer à Austerlitz; il avait som« meillé sur l'Elbe, lâché pied à Wagramj il avait vingt fois exposé nos aigles à la défaite, jusqu'à ce qu'enfin il eût guidé sur elles les sauvages du Don et de la Dalécarlie. Napoléon était animé véhément. Je cherchai à briser la conversation.

Je croyais la carrière diplomatique de Ber* nadotte iiréprochable ; je lui en parlai. — ^Quôi! ses talens!-^Mais son ambassade?

— Est un tissu de sottises. Desaix était

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ftuieuxr Moreau haussait les épaules. Ses amis même le condamnaient.-— Il arbora nos couleurs.-~Fouvaît-il moins faire ? Elles n'avaient rien de commun avec Pémeute.-**- Le peuple de Vienne • • • • -^Avait appris à les respecter sur cinquante champs de ba* taille ; il n^avait garde de les insulter. Mats j'avais épargné Pémigration en Italie; je n'avais pas poussé à toute outrance de malheureux Français qu'accablait la misère. J'avais encouru le blâme du Manège ; il fallait faire preuve de civisme, mériter des éloges.

L'ambassadeur voulut soumettre à sa juri&diction tout ce qui était d'outre-Rhin. Des hommes rejetés par la France ne devaient rien à ses agens. Us s'indignèrent d'une persécution sans but, suscitèrent quelques malheureiix. Une tracasserie de brouillon faillit rouvrir l'arène. Est-ce là ce que vous admirez? — ^JTavais oui assigner d'autres causes à l'insurrection. — Où ? dans ses mémoires ? — Je tenais ces détails d'un de mes amis qui se tix>uvait à Vienne. — Et lui-même?— D'un Polonais qui avait la confiance de Bemadotte. ^— Ja....? — Oui, Sire. — La providence de Tambassade, le guide que la police Autrichi* enne avait eu l'adresse de lui donner ! aussi

quels bons renseignemens le citoyen ambassadeur transmettait à Brune ! Si le vainqueur du Helder n'eût pas eu l'instinct de cette espèce de guerre, les vêpres Italiques étaient consommées. Vous avez long-temps habité Florence, vous avez ouï parler des mouvemens que se donna à cette époque Manfredini ?— Non, Sire ; je sais seulement que dans une de ces courses clandestines qu'il faisait à Vienne, il fut singulièrement mystifié par un de vos soldats. — Comment cela ? — La troupe ennemie insultait nos postes, et les provoquait de gestes et de propos. Avance avec ton caporal, criait à un chef de ronde un vieux sergent Autrichien. Si tu avais, lui répondit le Français, un caporal comme lui et une escouade comme la sienne, tu aborderais plus franchement la question. Manfredini, qui passait, prit le mot pour lui. Il se crut pénétré, devint plus réservé, plus circonspect- Rome éclata trop tôt; Bristol se laissa surprendre, et . le coup fut manqué. — Eh ! mais. Docteur, vous m'avez dit, je crois, que vous n'aviez jusqu'ici hanté que les cadavres. Savez- vous que ces cadavres-là n'étaient pas mal au courant des aâaires? Tout n'est pas vrai dans la version qu'ils vous ont faite, mais

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tout non plus n'est pas faux. Au reste il n'est pas impossible qu'un mot lâché au hasard ait eu le résultat que vous lui attribuez ; les plus hautes déterminations ne tiennent quelquefois pas à de plus graves circonstances. Et puis Manfredini était en droit de croire au tact de nos soldats." Je cherchai à quel trait il faisait allusion^ et j'appris qu'en effet la reddition de Mantoue n'avait pas été moins due à leur sagacité qu'à leur courage. Alvinzi accourait au secours avec une armée nombreuse, et s'était fait précéder par un homme sûr qu il avait chargé de ses dépêches. Les sorties devaient coïncider avec les attaques, il fallait les co-ordonner, peu s'en fallut qu'il n'y parvint. Nos lignes étaient déjà franchies> l'émissaire pénétrait dans la place lorsqu'il fut enlevé par une patrouille. On le questionna ; on le fouilla, on ne trouva rien sur lui ; on allait le confondre avec la masse des prisonniers, lorsqu'un voltigeur présent à l'interrogatoire le prit à partie. ^' Où sont tes ordres ? — ^Je n'en ai pas. — Tu en as. — Mais .... — Oui, là, danton ventre ; avoue, ou mon sabre les met à l'air." L'Autrichien perdit contenance, fit des façons, convint du fait, et fut déposé en

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Cliambre close jusqu'à ce quH eflt rendu la dépêche^ Cétait un petit cylindre revêtu d'une couche de cire» qu'on trempait dans une espèce d*élixir pour faciliter le passage. Les impériaux se servaient fréquemment de ce moyen, La perspicacité du voltigeur les en dégoûta.

Ceci me rappelle une anecdote de la guerre de Corse^ que l'Empereur m'a souvent racontée. Paoli dominait dans 111e» ses montagnards couvraient la plaine, il n'y avait pas moyen de correspondre avec les patriotes répandus dans les terres. Il le fallait pourtant, il fallait l'inquiéter sur ses derrières, sous peine de l'avoir bientôt sur nous. "Je connsûssais les amis de la Fr^ance, je savais ceux qui étaient sûrs, dévoués; j'engageai La* combe Saint-Michel à leur délivrer des com^ missions. L'embarras était de les &ire parvenir. Les passages étaient gardés, les routes chargées d'espions, le succès n'était pas probable. Ressayai néanmoins. Je fis choix d'un paysan rusé, alerte ; je TafFublai des plus mauvais haillons que je pua trouver^ et le lançai à travers les montagnards. Arrêté de poste en poste il les joua long-temps. Il posait sa gourde à f erre^ il excitait, &dlitait

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la recherche ; il n'avait d'autre but que dTobr tenir quelques secours pour soutenir sa vie.

U avait des parens aisés à Ajaccio, il ne vour lait qu'implorer leur pitié. Allait-il^ dans la misère qui Taccablait^ se charger d'autres soins, servir les Français qui avaient détruit, sa hutte ? Il arriva ainsi jusqu'à Corte, dont la gendermerie^ moins confiante, dépeça ses habits, sa coiâure, et jusqu'à la semelle de ses souliers. On ne trouva rien ; on allait le relâcher lorsqu'on s'avisa qu'il fallait rendre compte à Faoli. — Un misérable qui court les champs pour demander l'aumône, dans les circonstances oh nous sommes! C'est. un émissaire ; allez, cherchez, il a quelque message. — Impossible ; nous avons tenu ses vête* mens fil à fil, nous avons tout désassemblé. — Sa mission est donc verbale, car il en a une ; cherchez, questionnez encore. — ^Nous avons tout épuisé. — Qu'a-t-il sur lui? — ^Une petite gourde. — Cassez-la. On le fit. On trouva les commissions. Paoli n'était pas un homme facile à surprendre."

La santé de l'Empereur ne se soutint pas long-temps. Ses forces étaient aux deux tiers puisées, la latitude conservait toute son énergie, il fallait qu'il succombât. Aussi ne

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tarda-t-il pas à se trouver de nouveau dans une situation fâcheuse. Je l'avais laissé le 10 dans un état passable^ le lendemain il était bien changé.

11 Novembre.

4 heures a. m. — ^Napoléon se plaint de douleurs de colique. Insomnie, agitation^ malaise^ les symptômes deviennent graves»^ Le bain 9 les lavemens parviennent néanmoins à les dissiper.

12 Novembre.

7 heures a. m. — La nuit a été plus tranquille. L'Empereur se plaint néanmoins d'une espèce d*hémicranie. Pédiluve.

13 Novembre.

9 heures a. m. — ^La nuit a été bonne. L*hémicranie s'est dissipée. Bain ; promenade.

«raccompagne TEmpereur au jardin. Il était faible, il s'assit, promena ses yeux à gauche, à droite, et me dit avec une expression pénible. ^5 Ah ! Docteur, où est la France ? où est son riant climat? Si je pouvais la contempler encore! Si je pouvais

respirer au moins un peu d*air qui eût touché cet heureux pays! Quel spécifique que le sol qui nous a vu naître! Anthée réparait ses forces en touchant la terre, ce prodige se renouvellerait pour moi ; je le sens, je serais revivifié si j'apercevais nos côtes. Nos côtes ! J'oubliais que la lâcheté a fait une surprise à la victoire ; on n'appelé pas de ses décisions. Savez-vous,' Docteur, que vous êtes un fâcheux personnage? Vous troublez toutes les notions que j'avais acquises ; vous renversez les idées que je m'étais faites, je ne me reconnais plus dans votre ouvrage. L'épiderme est une masse organique, les veines ne sont que le prolongement des artères; c'est un filet, un réseau qui revient sur luimême, dont les points de départ se mêlent, se confondent avec ceux d'arrivée. Vous faîtes main basse sur tout ce qu'on trouve dans les livres. Votre Prodrome est une révolution. — ^Je le crois. Sire ; il rectifie beaucoup de résultats mal étudiés. — Et ne contient point de vues trop légèrement émises ?

— ^Je ne le pense pas. — Que vont dire les anàtomistes en voyant s'évanouir* des théories consacrées ? — Ce qu'on dit quand on s'aperçoit d'une méprise. — Mais vos doctrines dif-

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fèrent tout-à-fait de celles de nos écoles* Est^e qu'on n'est pas habile à Paris ? — Oui, Sire, et beaucoup. «— £h bien ! comment n'êtesfvous pas d'accord ? — ^Vous cultivez les sciences, vous le diriez mieux que moi.*--f Ah ! vous voulez me charger de la réponse.

Vous craignez que la Faculté ne nous écoute?

— ^Non, Sire ; mais les points de vue varient suivant les hommes. X'un poursuit une chose, l'autre une autre; souvent celui qui n'obtient aucun résultat déploie plus de saga^ cité que celui qui arrive à bien. — ^Vous craignez que je ne vous accuse de présomption ; point du tout; mais vous êtes du Gap, ne seriez-vous pas marqué du cachet de votre pays ? — ^Lequel ? — Oh ! je vous connais, mes dapocorsini ; vous êtes des mécontens, vous ne trouvez de bien que ce que vous avez fait —Nous, Sire? — Vous-mêmes. Je suis venu au monde dans les bras de la vieille Mam" muccia Caterina. Jugez si je suis au &it.

Elle, était têtue, pointilleuse^ en guerre continuelle avec tous ceux qui l'entouraient Elle se querellait surtout avec ma grand'mère, qu'elle aimait pourtant beaucoup et qui le lui rendait EUes contestaient, disputaient sans cesse $ c'étaient des débats interminables

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qui nous amusaient beaucoup^ Vous devenez sérieu^f Docteur; le portrait vous blesse:, consolez-vous ; si votre compatriote était criarde» elle était bonne, aâectueuse } elle nous promenait, nous soignait, nous disait rire :

c'était une sollicitude dont le souvenir n'est pas éteint. Je me rappelle encore ses larmes lorsque je quittai la Corse. Il y a de cela passé quarante ans. Vous n'étiez pas né; j'étais jeune^ je ne prévoyais pas la gloire qui m'attendait, encore moins que nous dussions nous trouver ici ; mais la destinée est immu-* able : il faut obéir à son étoile. La mienne était de parcourir les extrêmes de la vie : je partis pour accomplir la tâche qui m'était imposée. Mon père se rendait à Versailles, où l'avait député la noblesse du pays; je Tac-^ compagnai ; nous traversâmes la Toscane, je vis Florence, le grand-duc; nous arrivâmes ' à Paris. Nous étions recommandés à la reine; Mon père fut accueilli, fêté. J'entrai à Bri* enne ; j'étais heureux. Ma tête commençait à fermenter ; j'avais besoin d*apprendre, de savoir, de parvenir; je dévorais les livres.

Bientôt il toe fut bruit que de moi daiîts Té* cole* J'étais admiré, envié; j'avais la conscience de mes fofces ; je jouissais de ma su*-

prématie. Ce n'est pas que je manquasse dès lors d*âmes charitables qui cherchaient à troubler ma satisfaction. J'avais en arrivant été reçu dans une salle où se trouvait le portrait du duc de Choiseul. La vue de cet homme odieux qui avait trafiqué de mon pays, m'avait arraché une expression flétrissante; c'était un blasphème, un crime qui devait efiacer mes succès. Je laissai la malveillance se donner ses larges ; je devins plus appliqué, plus studieux. J'aperçus ce que sont les hommes, et me le tins pour dit."

14 Novembre.

8 heures a. m. — Napoléon est un peu mieux. — Bain. — Exercice.

J'accompagne l'Empereur au jardin. " Alliez*vous souvent en Corse pendant que vous habitiez l'Italie ? — Rarement, sire. — Vous en connaissez du moins l'histoire ; vous savez • que je l'avais écrite ?— Oui, sire, je Taî ouï dire. — ^J'étais tout feu alors, j'avais dix-huit ans^ la lutte était encore ouverte. Je brûlais de patriotisme, de liberté ; le républicanisme s'exhalait par tous mes pores. Je soumis mon travail à Raynal qui le trouva bien ; il me

donna des éloges, je les écoutai ; le conseil d'imprimer, je ne le suivis pas. J'eus raison, car à rage où j'étais, j'avais dû me traîner dans l'ornière, tordre, supposer des intentions, me perdre en faux aperçus. J'étais neuf, encore étranger à la guerre, à l'administration, je n'avais pas le secret des affaires ; je jugeais sans doute ceux qui les avaient maniées avec la même impertinence qu'on me juge aujourd'hui. Avez- vous lu ? . . . mais vous ne lisez que de la physiologie ; vous ne connaissez pas les rapsodies que chaque jour voit éclore."

L'Empereur passa en revue quelques ouvrages, et revint à la Corse, aux amis de son enfance. "Vous connaissez Barberi? — Le fils " du président de la santé qui conduisait les amis de Moltedo et Citadella à la Muiron? — Justement. Je lui jouai un tour dont son appétit murmura beaucoup. Nous étions en 179s. J'avais obtenu un semestre et l'étais venu passer à Ajaccio. Je n'étais encore que capitaine, je prévoyais que la guerre serait longue, vive, je m'y préparais. J'avais établi mon cabinet d'étude dans la pièce la plus tranquille de la maison, je m'étais placé dans les mansardes, je ne recevais personne, je sor-

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tais peu, je travaillais. Un Dimanche matin que je traversais la place du mole Je rencontrai Barberi qui me fit des reproches sur ce qu'on ne me voyait point, et me proposa nn tour de promenade. J'acceptai à condition que ce serait sur Teau. H fit signe aux mate« lots d'un bâtiment dont il était actionnaire ; ils vinrent, et nous partîmes. Je me proposais de mesurer retendue du golfe, je fis diriger sur le Recanto. Je me plaçai à la poupe, je débitai mon paquet de ficeUe, je trouvai le résultat que je voulais avoir. Arrivés à la Costa, nous la gravîmes;' la position était magnifique, c'est celle que les Anglais couronnèrent plus tard d'une redoute ; elle com*mandait Ajaccio, je me proposais de T^tudier. Barberi, que ce genre de recherches intéressait peu, me pressait d*en finir. Je voulais le distraire, gagner du temps, mais Tappétit lui bouchait les oreilles. Si je lui parlais de l'étendue du golfe, il me répondait qu'il était à jeun j du clocher, de tdle ou telle maison que j'atteindrais avec mes bombes ; bien, me disait-il, mais je suis en haleine, et un bon déjeuner m'attend, par* tons ! partons. Nous partîmes ; mais on s^était lassé d'attendre, il ne trouva plus ni ban*

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quet ni convives. Il se promit bien d'être plus circonspect à Favenir, et de prendre garde à l'heure oii il irait en reconnaisaan'ceé''

15 Novembre.

9 heures a. m* Même état. — Bain. — Exer-.

cice,"

16 Novembre.

9 heures a. m. — L'Empereur était soucieux, inquiet ; il me questionnait sur ses sensations, son malaise ; je voyais qu'il avait quelque chose qui lui pesait à dire, je crus le deviner. Je me mis à discourir sur les maladies héré^ ditaires. ^* Vous n'y croyez pas ?— Non, sire, -^La mauvaise organisation du père n'influe pas sur la constitution des enfans ? — S'il en était ainsi, le bossu ne produirait que des bossus, le rachitique des rachitiques, et pour* tant on voit chaque jour sortir de ces souches si maltraitées de la nature les hommes les mieux conformés. — C'est pourtant une doctrine reçue dans les écoles. — ^Non, sire, il n'en est pas une qui ne la désavoue aujourd'hui. -~ Cdles d'Angleterre aussi? — Aussi; Hunter, un des grands médecins dont elles s'honorent.

^4ê Derniers mombns

fîit le premier à combattre cette théorie.

Toutes ont adopté ses idées. — Les hommes de Tart qui sont ici s'attachent cependant à accréditer l'opinion contraire. Iraient-ils puiser leurs inspirations médicales au chevet d'Hudson ? — Je Tignore, sire, mais il est impossible qu'ils croient à la transmission des maladies ; ils peuvent tout au plus admettre celle d'une certaine aptitude à les contracter. — Ah 1 mais ni moi, ni l'Angleterre, n'avons affaire à leur complicité,** et il se mit à raconter les détails de la maladie à laquelle son père avait succombé.

^'11 était parti malade, le déplacement ne Favait pas soulagé. Il souffrait, maigrissait, ne digérait pas ; il n'éprouvait aucune amélioration qui compensât l'absence, il voulut revoir les siens. Il se remit en route^ g^^gP^ Montpellier, mais tout-à-coup le mal s'aggrave, le vomissement se détermine, rien ne passe, rien ne reste dans l'estomac. Il consulte les médecins, se gorge de droguesi de remèdes, et n'en est pas mieux. On lui prescrit un régime ; ou lui conseille . l'usage des poires fondantes ; il revient à Faris où elles sont plus communes et de meilr leure qualité. Il en mange, s'en rassasie.

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court, va, vient, se donne du mouvement, et se rétablît. Il était frais, dispos, avait un teint à braver deux siècles. Malheureusement le mal n*était pas extirpé ; ce n'était qu'une halte, un sursis. Il reprit bientôt avec une nouvelle force. Mon père avait à peine séjourné quelques mois en Corse qu'il retomba dans un état pire que celui où il était d'abord. La faculté lui avait rendu une première fois la vie, il crut qu'elle pouvait la lui rendre encore ; il emmena Joseph, et partit pour Montpellier ; mais son heure était sonnée, les remèdes furent inutiles : il succomba. C'était mourir bien jeune, il n'avait que trente-huit . ans. Sa maladie avait paru singulière, on l'ouvrit. Il avait un squirre au pylore^ vous ne pensez pas que ce genre d'afiection se transmette avec la vie? — ^Non, sire, les aflPections ne passent pas plus du père au fils que les goûts, les talens, dont personne ne côn^ teste la différence. -^ Il est vrai qu'à bien des égards, nous nous ressemblons peu. Il aimait les spiritueux ; je ne les puis' souffrir; la bonne chère, mon estomac se refuse au plus léger excès. Un peu de pain, une goutté d'eau au-dessus de la quantité ordinaire, est immédiatement rejeté ; et voyez la sagacité

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