TOME I. R
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léon ; c'était depuis des siècles le nom que portaient les seconds enfans de la famille qui avait voulu consacrer les relations qu'elle avait eues avec un Napoléon des Ursins, célèbre dans les fastes de Tltalie." En revenant sur les derniers mois qui avaient précédé sa naissance, il admirait le courage, . la force d'âme qu'avait alors déployés sa mère. '^ Les pertes, les privations, les fatigues, elle supportait tout, bravait tout, c'était une tête d'homme sur un corps de femme. H n*en était pas ainsi de l'archidiacre, il regrettait ses chèvres, les Génois, tout ce qu'il n'avait plus. C'était du reste le meilleur des hommes.
Bon, généreux, éclairé, il lui servit plus tard de père, et rétablit les affaires de la maison. Sain de tête, mais obligé de garder le lit, il ne laissait échapper aucun abus. H connais* sait la force, le nombre des pièces de bétail, faisait abattre l'une, vendre, conserver l'autre ; chaque berger avait son lot, ses instructions. Les moulins, la cave, les vignobles étaient soumis à la même surveillance. L'ordre, l'abondance régnaient partout : notre situation n'avait jamais été plus prospère.
Le bon homme était riche, mais n'aimait pas à se dessaisir. Il tenait surtout à nous per-
suader qu'il ne faisait pas d'économies. Lui demandais-je de l'argent ? * Tu sais bien, me disait- il, que je n'en ai pas, que les expéditions de ton père ne m'ont rien laissé.' En même temps il m'autorisait à vendre une tête de bétail, une pièce de vin, c'était tout comme : mais nous avions aperçu un sac, nous étions piqués de l'entendre prêcher misère avec des pièces d'or dans ses draps.
Nous résolûmes de le mystifier. Pauline était toute jeune, nous lui fîmes la leçon ; elle tira le sac, les doublons roulèrent, couvrirent tout. Nous riions aux éclats ; le bon homme étoufiait de colère et de confusion.. Maman accourut, gronda, ramassa les espèces, et l'archidiacre de protester que c'était de l'argent qui n'était pas à lui. Nous savions à quoi nous en tenir à cet égard, nous n'eûmes garde de le contredire. Il tomba malade quelque temps après, et fut bientôt à toute extrémité. Nous étions rangés autour de son lit. Nous déplorions la perte que nous allions faire, lorsque Fesch se prit d'un saint zèle et voulut lui débiter les homélies d'usage. L'agonisant l'interrompit, Fesch n'en tint compte, le vieillard s'impatienta : ' £h laissez donc ! je n'ai plus que quelques momens à
vivre, je veux les consacrer à ma famille/ Il nous fit approcher, nous donna des avis, des conseils. ' Tu es Taîné de la famille, dit>il à Joseph, mais Napoléon en est le chef; aie soin de Ven souvenir ;' et il expira au milieu des sanglots, des larmes que ce triste spectacle nous arrachait.
^^ Restée sans guide, sans appui, ma mère fut obligée de prendre la direction des afiaires. Maitf le fardeau n'était pas au-dessus de ses forces; elle conduisit tout, administra tout avec une sagesse, une sagacité qu'on n'attendait ni de son sexe, ni de son âge. Ah, Docteur, quelle femme ? où trouver son égale/*
«Técoutais, j'applaudissais, j'attendais qu'il ût un retour sur lui-même, et me parlât de sa santé* Il ne tarda pas, il y avait si longtemps qu'il ne prenait d'exercice. Il était à bout, et s'étonnait de sa lassitude ; elle était la conséquence du genre de vie qu'il avait adopté. "Que faire? — Du mouvement.--- Où P-^Au jardin, dans la campagne, en plein ai7é~-Au milieu des habits rougeis ?— Jamais. Comment donc f-~Bécher, remuer la iertëj échapper à l'insulte et à rinactioUé^-^Béchér la terre ! oui. Docteur^ vous avez raison, je bêcherai la terre." Nous rentrâmes* Il fit
ses dispositions ; et dès lé lendemain il était à l'œuvre. Noveraz avait Thabitude des travaux rustiqpies, il le fit jardinier en chef^ et s^exerça sous sa direction. Les premiers coups furent heureux i il voulut me rendre témoin de son adresse, et m'envoya chercher.
•Farrivai ; " Eh bien. Docteur, êtes- vous content du malade ? Est-ce assez de docilité ?" Il tenait sa bêche en Fair, riait, me regardait, secouait la tête, montrait de Toeil ce qu'il avait fait. '* Voilà qui vaut mieux que vos pilules, dottoraccio ; vous ne me droguerez plus.'" Il reprit» continua, et cessant au bout de quelques instans : ** Le métier est trop rude ; je n'en puis plus. Mes mains sont d*accord avec mes forces ; elles me font mal. A la prochaine fois." Et il jeta la bêche.
" Vous riez, me dit-il ; je vois ce qui vous égaîe, mes belles mains, n'est-ce pas? Lais-
sez ; j'ai toujours fait de mon corps ce que j*ai voulu ; je le plierai encore à cet exercice.'* En effet, il s'y habitua, et y prit goût. 11 charriait, faisait transporter la terre, mettait tout Longwood à contribution. Il n'y eut que les damefs qui échappèrent à la corvée ; «stcore avait-il peine à s'empêcher de les mettre à l'œuvre. H les plaisantait, les pressait.
les sollicitait ; il n'y avait sorte de séductions qu'il n'employât, auprès de Madame Bertrand surtout. Il l'assurait que cet exercice valait mieux pour la santé que les remèdes que je ne cessais de prescrire ; que d'ailleurs il entrait dans mes formules» que c'était moi qui l'avais commandé.
. Il nous poussait, nous excitait; tout eut bientôt changé de face. Là était une excavation ; ici un bassin, une chaussée. Nous fîmes des allées, des grottes, des cascades ; le terrain prit de la vie, du mouvement. Ce ne fut que saules, chênes, pêchers; nous ménageâmes de l'ombre autour de l'habitation.
Nous avions achevé Tagréable ; nous travaillâmes à Tutile. Nous divisâmes la terre; nous la fumâmes, l'ensemençâmes ; nous la couvrîmes de haricots, de pois, de toutes les plantes potagères qui se cultivent dans l'île. Le gouverneur entendit parler de nos plantations. Elles lui parurent suspectes. Ce grand mouvement devait cacher une conspiration, un complot; il accourut. Je faisais ma promenade accoutumée. Il m'aperçut, pressa le pas et me joignit. ** C'est vous qui avez conseillé ce violent exercice au Général Bonaparte." J'en convins. Il leva les épaules,
et m^assura qu'il n'y concevait rien.—** S'exterminer, transplanter des arbres dans une terre sans humidité, sous un ciel brûlant; c'est peine perdue, ils mourront : vous n*en élèverez pas un.—" Je remerciai son excellence de sa touchante sollicitude, et Tassurai qu'il présumait trop mal du pays qu'il commandait ; que nos élèves venaient à merveille, que plusieurs bourgeonnaient déjà. Il secoua la tête, et s'éloigna. Je rendis compte à l'Empereur de la rencontre que j'avais faite. " Ce misérable m'envie les instans qu'il ne m'empoisonne pas* Il veut, il appelle ma mort; elle tarde au gré de son impatience.
Qu'il se rassure ; ce ciel horrible est chargé du forfait. Il le consommera plus tôt qu'il ne pense."
Au train dont nous allions, nous eussions bientôt exploité l'île entière, et nous n'en avions qu'une fraction. Napoléon s'en aperçut, ralentit les travaux, nous restâmes seuls pour achever les semis. J'ouvrais le sillon, il répandait la semence, la couvrait, raisonnait, contait une anecdote, et n'arrêtait que pour me faire une plaisanterie. Un jour qu'il disposait une touffe de haricots, il aperçut des radicules, et se mit à discourir sur les
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phénomèoes de la v^tation. Il les analysait, les discutait avec sa sagacité ordinaire, et en concluait Texistence d'un être supérieur qui présidait aux merveilles' de la nature. — " Vous n'en croyez rien, Docteur; vous autres médecins, vous êtes au-dessus de ces faiblesses* Dites-moi, vous qui connaissez si bien le corps humain, qui en avez fouillé tous les détours, avez-vous jamais rencontré Tâme sous votre scalpel? Où réside-t-elle ? dans quel organe?" Je tardais à répondre. ** Allons, franchement, il n> a pas un médecin qui croie en Dieu, n'est-ce pas? — Non, Sire> Pexemple les séduit, ils prennent le mot des mathématiciens. «—£h mais! ceux-ci sont or*^ dinairement religieux. ...... Votre récrimination cependant me rappelle un mot cu<-
rieux. Je m'entretenais avec L je
le félicitais d'un ouvragé qu'il venait de pub* lier, et lui demandais comment le nom de Dieu, qui se reproduisait sans cesse sous la plume de Lagrange, ne s'était pas présenté une seule fois sous la sienne. C'est, me répondit-il, que je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.*' Je m'emparai de l'anecdote, je lui citai Lalande et quelques autres, il n'en persistait pas moins dans son opinion*
Nous n*étions la plupart que des athées. Du reste aussi poltrons que peu crédules, nous i)V étions plus dès que le canon tonnait ; les plus habiles se déconcertaient à la vue du champ de bataille, ce n'était qu'à force de temps, d'habitude qu'ils acquéraient l'assurance nécessaire aux opérations. Il avait souvent réfléchi à ce trouble funeste. Il eût voulu qu'il ne fût permis de courir la clientèle qu'après avoir fait une campagne ou detix. *^ C'est un début auquel je n'eusse pas échappé moi-même s'il m'eût connu." Cette prise à partie le ramena sur quelques-unes de ses expéditions. Il rendit hommage aux services de la chirurgie militaire, loua son zèle, son activité, et vanta beaucoup la constance qu'elle avait déployée dans plusieurs circonstances difiSciles. Il l'avait au reste constam^ ment surveillée, encouragée. Quelquefois même il s*était chargé de faire exécuter ses prescriptions* La fièvre exerçait ses ravages parmi les troupes qui assiégeaient Mantoue.
Le soldat épuisé succombant au mal, se refusait au secours de Part. Le général ac* courut, jeta du quinquina dans les futailles, et distribua lui-même IMnfusion aux corps à mesure qu'ils défilaient. Sa sollicitude ranima
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les courages, on se soumit au médicament, on se trouva mieux ; mais ce ne fut que lorsque cette espèce de contagion fut tout-à-fait détruite, qu'il cessa de veiller en personne à la santé des troupes. Il avait fait plus en Égjrpte : il avait recherché, assuré, réglé tout ce qui pouvait prévenir les maladies, ou en abréger la durée. Le bain, la propreté, les mesures hygiéniques étaient le texte ordinaire des ordres du jour. Il n*y avait pas jusqu'aux postes de Boulac, aux limites que ne devaient pas franchir les convalescens, qu'il n'eût déterminés. " Les jardins sont assez spacieux, qu'ils s'y promènent et ne sortent pas, de crainte qu'une émeute, un revers ne les livre aux poignards des Turcs." En Syrie, les blessés, les malades ne cessèrent d'être l'objet de sa sollicitude. Il fit ouvrir des hôpitaux à Jaffa, à Ramleh, à Schefiamer, et rien n'égala sa douleur quand il apprit qu'un misérable avait fait servir à une spéculation particulière les chameaux destinés au transport des médicamens. Il voulait le faire juger, fusiller ; il n'y avait pas de peine assez sévère pour une action aussi infâme; mais le corps eût été déshonoré sans que les braves que le fer avait atteints fussent soula-
gés ; il fit grâce de la vie au malheureux et le chassa des rangs. Saint-Jean d*Acre reçut des renforts ; nous essuyâmes des pertes, il fallut lever le siège, mais avant tout évacuer les blessés. C'est ici que se montre dans tout son jour la sollicitude du général ; mais je ne raconte pas, je cite : ce n'est pas moi qui m'abaisserai à discuter une ignoble calomnie.
*^ Au Contre-Amiral Perrée.
*' Au camp devant Acre, le 23 Floréal an VII (11 Mai 1799).
" Le Contre- Amiral Gantheaume vous fait connaître, citoyen amiral, ce que vous avez à faire pour enlever quatre à cinq cents blessés que je fais transporter à Tentoura, et qu'il est indispensable que vous transportiez à Alexandrie et à Damiette : vous vaincrez, par votre intelligence, vos connaissances nautiques et votre zèle, toutes les résistances que vous pourriez rencontrei^ vous et vos équipages acquerrez plus de gloire par cette action que par le combat le plus brillant; jamais croisière n*aura été plus utile que la vôtre, et jamais frégates n'auront, rendu un plus . grand service à la république."
'^ Au Général Dugua.
<< Au camp devant Saint-Jean d'Acre, le «7 Floréal an VII (16 Mai 1799).
" Vous devez avoir reçu, citoyen général, le bataillon de la quatrième légère, que j*ai fait partir il y a quinze jours, et qui à cette heure doit être arrivé au Caire.
" Sous trois jours je partirai avec toute l'armée pour me rendre au Caire : ce qui me retarde, c'est Tévacuation des blessés, j'en ai six à sept cents.
'* Je me suis emparé des principaux points de Tenceinte d'Acre ; nous n'avons pas jugé à propos de nous obstiner à assiéger la deuxième enceinte, il eût fallu perdre trop de temps et trop de monde.
" Djezzar a reçu il y a deux jours une flotte de trente gros bâtimens Grecs, et cinq à six cents hommes de renfort. Cette expédition était destinée nour Alexandrie.
" Perrée a pris deux de ces bâtimens, dans lesquels étaient les canonniers, les bombardiers et mineurs, ainsi que plusieurs pièces de canon.
*' Prenez des mesures pour que la naviga*
tîon de Damiette soit sûre, et que les blessés puissent filer rapidement dans les hôpitaux du Caire/*
^^ A V AdjudantMénéral Almeyras.
<< Au camp devant Acre, le ^7 Floréal an VII (16 Mai 1799).
"On va évacuer le plus de blessés possible sur Damiette ; si les communications sont libres, faites- les filer sur-le champ au Caire, où ils trouveront plus de commodités. Il y en aura quatre à cinq cents.
'* Il sera nécessaire d'avoir à Oum-F^redge une certaine quantité de barques prêtes pour les malades ou blessés que nous pourrions avoir avec nous/'
A P Adjudant' Général Boyer.
<< Au camp devant Acre, le 27 Floréal an VII (16 Mai 1799).
^' Faites filer les blessés sur Jafia ou sur les frégates» Uadjudant-Genéral Leturcq qui est à Caifia, vous en enverra demain un grand convoi.
^^ Faites en sorte que le 13 au Matin il n'y
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ait à Tentoura ni malades ni blessés. Deux cents malades vont être évacués demain à Tentoura, venant de Mont-Carmel, faites-les évacuer de suite sur JafFa.
'* Faites embarquer, autant qu'il vous sera possible, l'artillerie qui vous a été envoyée à Jafla, sans cependant faire tort aux malades.
'^ Faites en sorte que demain au soir j'aie
un état exact des blessés évacués et de ce qui reste.
" Faites connaître aux blessés que l'ennemi
a voulu faire une sortie, qu'il a perdu quatre
cents hommes, et qu'on a pris neuf drapeaux."
ce
A P Adjudant'Général Leturcq.
" Au camp devant Acre, 27 Floréal an VU (16 Mai 1799).
^' Faites filer, citoyen, demain matin quatre cents blessés sur Tentoura. L'Adjudant-Général Boyer me mande qu'il en a fait partir aujourd'hui quatre cents par terre et cent cinquante par mer; vous me mandez que vous n'en avez fait partir aujourd'hui que cent : ainsi il serait possible que les frégates se présentassent, et qu'il n'y eût pas de blessés, ce qui serait un contre-temps fâcheux ; ne perdez donc pas un moment.
'^Faîtes en sorte que demain à midi j*aie un état des blessés à Caïfi^, et au Mont-CarmeL Les malades devront être aussi évacués, mais séparément.
" Il est nécessaire que le 29 au Soir il ne reste pas un seul malade ni blessé à CaÏÏFa.**
Au Général Berthier, Chef de F Etat Major.
" Vous voudrez bien donner des ordres surle-champ pour qu'il soit établi deux hôpitaux au village de SchefFamer, Tun pour les blessés et l'autre pour les fiévreux.
'^Ces deux hôpitaux seront établis dans le château. Demain à midi tous les fiévreux et blessés qui se trouvent dans ce moment-ci à l'ambulance et à l'hôpital du camp, et tous les malades qui seront au camp seront évacués sur ledit hôpital.
^^ Il sera établi une pharmacie ; une commissaire des guerres, les médecin et chirurgien en chef, et le directeur des hôpitaux se rendront sur-le-champ au village de Scheffamer pour organiser lesdits hôpitaux.
^^ Le capitaine des dromadaires qui est au quartier général sera nommé commandant de ce village.
^^ Le troisième bataillon de la dix-huitièttie, hormis la compagnie des grenadiers^ y tiendra garnison."
*^ A Vordjonnaieur en chef Daure.
"Je viens de faire la visite de Thôpital.
On y manque de marmites et de vases pour laver les plaies.
"Il ne faut pour les blessés que de Torge et du miel pour faire la tisane, et il n'y en a point. Ces malheureux qui ont tant de droits à notre intérêt souffrent, et cependant Ton vend journellement dans le camp de l'orge et du miel.
" Je vous requiers de faire acheter le plus promptement possible de Torge, du miel, et des vases, qu'il est aisé de se procurer dans la montagne.
^' Le linge et la charpie sont sur le point de manquer j ordonnez également qu'on prenne des précautions sur cet objet."
Je citerai encore une pièce : sa date, le lieu^ les circonstances oh elle fut écrite la rendent précieuse ; on ne chérit pas à cette distance des souvenirs fâcheux^ on les rappelle encore
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moins. Je veux parler des instructifs don* nées au Duc de Trévise^ lorsque Napoléon évacua Moscou. Je les tire des Mémoires d'un de ses aides de camp, qui avait fait la campagne d'Egypte, et devait savoir à quoi s*en tenir au sujet de Panecdote à laquelle ce prince faisait allusion *
Nous jardinions, nous causions, nous nous entretenions d'histoire naturelle, de médecine, de guerre, de politique, de tout ce qui s*oârait aux observations ou aux souvenirs de TËmpereun Mais la conversation amenaitelle quelque trait, quelque circonstance qui lui rappelât Timpératrice ou son fils, il s'in* terrompait aussitôt^ et ne s'occupait plus que des qualités de Tune et de la destinée de l'autre. " Quel abandon ! quels malheurs l** Mais il avait son nom, il aurait son courage» il ne s'en laisserait pas déshériter ; et passant brusquement à Marie-Louise, comme s'il eût craint de mesurer l'avenir de cet enfant, il se répandait en éloges sur sa bonté^ sa douceur, l'inaltérable tendresse qu'elle avait pour lui ; il la payait de retour, et cette affection peutêtre avait causé sa perte. S'il l'avait moins aimée, il n'aurait pas écrit la lettre fatale qui
* Voyez les Mémoires du Général Rapp.