TOME I. S
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tomba dans les mains des alliés. Il eût pro* bablement été suivi» vainqueur, et la France eût été sauvée. Le sort en décida autrement, il abdiqua, l'impératrice dut se retirer à Vienne. Tant de secousses produisirent leur effet. La santé de cette princesse se dérangea; les médecins lui conseillèrent les eaux d'Aix, elle s'y rendit. F qui les prenait eut aussitôt la fièvre. Marie-Louise était accompagnée de Madame de BrignoUes, de Corvisart, d'Isabey ; Talma avait apparu^ la conspiration était patente, le trône en danger ; il fallait tout mettre en œuvre pour déjouer la trame. Il écrivait, priait, dénonçait; autorité civile et militaire, il stimulait tout. Il demandait à Tune ses espions, à Tautre ses gendarmes ; Timpératrice ne faisait pas un pas qui ne fût pour lui un sujet d'angoisses. Elle vivait cependant de la manière la plus simple ; elle se promenait, courait, se mêlait à la foule, et ne s'occupait que de ^ites, de points de vue qu'elle gravissait avec la légèreté qui lui est naturelle ; mais elle écoutait des vers qui rappelaient ce que nous avions fait ; elle chérissait le nom de son
époux, elle adorait son fils. F. , le Duc
"» C. , n-en dormaient pas. Une cir-
constance ajoutait à leurs alarmes ; elle avait accueilli quelques-uns de nos soldats, rassemblé douze à quinze cents hommes; elle allait conquérir la France. Lacronier accourut au-devant de cet affreux malheur. Il avait des troupes, une ordonnance ; il voulait fermer Saint-Jeoire aux courriers Autrichiens. Mais Neiperg se fâcha, menaça ; le gendarme n*osa passer outre, et F. ..... . resta en proie
à ses anxiétés. Elles étaient véritablement risiblesu Les hommes, les choses, tout lui portait ombrage ; il se désolait de voir que Marie-Louise ^* continuait à se lier de coeur aux intérêts de Napoléon." Pour surcroît d'angoisses, le départ de Timpératrice, qui était fixé au 1^ Septembre, n'eut pas lieu.
Ce retard inattendu faillit brouiller sa cervelle; il ne rêva plus que désastres, que fuites, qu'insurrections. Le délai partait de l'Ile d'Elbe; la chose était claire, on n'en
pouvait douter. Le pauvre A , tra-
vaille de tous côtés par la peur, finit par céder k un sentiment qu'il n'avait jamais connu.
Il est vrai qu'il avait ses motifs, efr^u'il était vieilli, mais la circonstance lui avait rendu l'activité de sa jeunesse ; espions, dépêches, jil avait du temps pour tout. Il faisait recon-
naître Tltalie^ cherchait à rallier la nation à son souverain, et qui plus est à son souverain légitime. "Savez-vous le moyen qu'il imaginait pour parvenir à ce grand résultat ? le sacre. Le même jour, à la même heure, toute la France, troupes, population, fonctionnaires devaient être entrainés dans les temples pour y proclamer, quoi ? leur reconnaissance. Elle devait être vive assurément, et puis était-ce au héros de ... • à se faire le capucin du parti ? On n*est pas ainsi infidèle à sa gloire. Ce n*est pas lorsqu'on touche au terme de la vie qu'il convient de la flétrir j mais le temps use tout jusquà la dignité personnelle." Comme il parlait, il aperçut Reade. "Quant à celui là, dit-il, il est à l'épreuve des années. C'est l'acier qui émousse la lime. Je mets Tage au défi, il ne le rendra pas plus vil. Il était digne d'être appareillé avec le Calabrois. — ^Vous le flattez, Sire ; ses placards étaient médiocres, et les quatrains de Sir Hudson sont charmans. — Comment, ce barbet !" — Oui, Sire ; il tourne aussi bien un veris en Latin qu'en Français. C'est le Tyrtée du Col de Tende, vous en allez juger. Vous aviez mis en défaut la sagacité Britannique, enlevé Malte, Alexandrie, vous menaciez les
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comptoirs de la Mer Rouge; TAngleterre tremblait pour son commerce. Elle armait à Bombay, à Gibraltar^ à Calcutta^, et TÂmiral Blancket avait fait voile pour insurger lea Arabes. Tous ces préparatifs néanmoins ne calmaient pas ses alarmes, elle sentait qu'elle avait besoin d'embraser le monde pour arrêter vos efforts. Elle mendiait la guerre en Eur rope ; mais votre nom glaçait tous les courages, elle imagina que vous étiez mort. Lowe mit la np^yelle en vers, et la fit placarder en Italie. Elle était ainsi conçue :
Bonaparte a été pris à Alexiandrie ; Il a perdu sa funeste vie.
Français, tremblez 1 Vous serez guillotinés.
" — * * * * # que chacun parle son langage. Est-ce tout ?— Non, Sire, et voici qui vaut mieux.
^fAnghrum rursùs virtutem sentit; Jur, cave! Jam enimfurum dux Bonapars çecidit.
•' — CTest bien pour sa poésie ; mais ses ex» ploits^ qu'en savez-vous ? — Peu de chose. Ces sortes d*afËiires sortent du cercle de celles dont je m'occupais, je n'y prêtais pas une
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oreille bien attentive. Cependant comme j^étais fort répandu à Florence^ que ma profes-* sion me donnait accès dans toutes les familles, je recueillais forcément une foule de détails précieux. L'un me parlait du dessein qu'avait eu le roi Sarde de pousser à bout lés Français afin d'obtenir la palme du martyre, l'autre m'exposait les projets de son ministère et les espérances qu'il fondait sur les chasseurs Jrancs. L'armée que commandait Brune avait été sur le point d'être anéantie. Chaque prince devait simuler des insurrections dans ses états, feindre des craintes, réclamer des secours.
Nos forces une fois éparpillées, l' Autriche marchait, le peuple courait aux armes ; on faisait main basse sur le dernier de nos soldats ; on s'était procuré des armes, des munitions, des hommes, tout allait au mieux ; mais une dame de la cour eut des scrupules, elle les confia à son confesseur. Celui-ci trahit le ministère, donna l'éveil à Brune, et le coup fut manqué. J'appris de la même manière les manœuvres qui avaient si long-temps troublé la Ligurie, agité la Cisalpine, et mis Bologne en combustion. Beccalozi voulait se faire acheter par Taristocratie, Lahoz avait ses vues, Feneroli sa chimère. Chacun intriguait, conspirait, se
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livrait aux espérances les pkis coupables.
Sommarira entretenait des intelligences à Lucques; Porro excitait les mécontens de ^nes ; Zortî ceux d'Oneille ; personne ne pouvait répondre de son existence que déjà on était occupé de guerre, de conquêtes. La pré*sence de nos troupes ne permettait pas à l'ambition de prendre son essor. Elle disposa ses mesures en conséquence ; elle entrava le servîce, ameuta le peuple, encouragea tous les excès. Ce ne fut qu'insurrections, qu^assasâl* nats, que désastres ; nous fûmes rejetés sur le col de Tende. Nous avions éprouvé des révers, il s'agissait d'appeler le midi au meiuire à la révolte, l'Angleterre dépêcha Lowe. Il se glissa comme un malfaiteur dans les montagnes qu'occupaient nos troupes, y organisa quelques attentats obscurs, et s*échappa à k îiâte dès qu'il apprit vos succès.
'17 Décembre.
1 heure a. m.— La santé de l'Empereur se soutenait depuis plus d'un mois. Les forces étaient revenues; les fonctions digestives avaient repris, tout semblait au mieux lorsque le mal se réveille avec plus d'intensité.
£64 DESNISE8 MOlttNS
De violentes tranchées de colique se font sentir, la douleur au foie devient insupportable, ce sont tous les symptômes d'une entérite. — Bains.*— Lavemens simples et adoucissans.^— Fomentations émoUientes au bu-ventre. Je conseille Tliuile de ricin.
18 Décembre.
6 heures a. m. — ^Les tranchées perdent uipi peu de leur violence ; mais sans cesser entièrement ni laisser un instant de repos au malade. Une toux sèche, fatigante se manifeste à la pointe du jour, l'emploi des anodins en diminue rintensité.— Bain.
19 Décembre.
lOheutes a. m.— La fin de la journée d'hier a été assez tranquille. Les tranchées se sont renouvelées dans la nuit avec moins d'iateosité et de fréquence. La douleur au foie a presque entièrement disparu.
20 Décembre.
2 heures p. m.— L'Empereur est un peu mieux j il repose quelques instans, et prend ùii bain a l'eptrée de la nuit.
Ql Décembre.
9 heures a. m r UËmpereur se trouve beaur coup mieux qu*hier ; il fait quelques tours dé promenade^ rentre et prend un bain.
«Tavais été faire une course comnjue à mon ordinaire, je m'étais égaré quelques instans dans le parc, et rentrais comme Napoléon sortait du bain. ^^ Je croyais, me dit ce prince^ que vous traitiez les médecins Anglais. Est-ce qu*ils n*ont pas été exact au rendez-vous ? — Non, sijre, ils ont paru isolement sensibles à l'invitation ; ils Font acceptée avec reconnaissance, mais ils se sont ravisés tout à coup, et MB sont dégagés. J'ignore si la main qui les a retenus n'est pas celle qui vient de me faire arrêter. — arrêter! — Oui, sire. Je gagnais paisiblement nia hutte» le factionnaire m*a refusé le passage, j'ai été conduit au corps de ^arde: c'est ce qui m'a mis en retard.** L'Empereur laissa tomber la conversation ; je n'insistai pas, et me retirai. Mais les vexations devenaient personnelles ; je fus encore arrêta insulté les jours suivans ; Napoléon ne voulut pas que je l'endurasse. " Ecrivez à jce Cal^ibrois i^diCes-liAi tout le mépris que sa faïasse
mëchanceté vous inspire, que vous vous reti* rerez s*il persiste. Je ne veux pas qu'on vous refuse de Tair, qu*on vous fasse périr sous mes yeux,** J'étais outré, ma lettre fut bientôt faite.
Longwoodi 39 Décembre 1819*
" Excellence,
•* Pardonnez à mon importutiité si jMnter*
romps vos occupations pour vous entretenir
de circonstances qui me Bont personnelles.
Hier au soir sur les sept heures, revenant de
ma promenade dans le parc, je fus arrêté par
la sentinelle placée près de la grille du jardin;
pendant plus d'une demi-heure je me vis em-
péché de rentrer dans mon habitation, qui
n'est éloignée de là que d'environ vingt-cinq
toises, encore ne recouvraî-je ma liberté qu'à
la requête du sergent du corps-de-garde de
Longwoodt que je fis demander, à défaut du
capitaine d'ordonnance alors absent. Déjà,
dans la soirée de Dimanche, 19 du courant,
au moment où je revenais de ma promenade
accoutumée, j'avais été également arrêté par
une sentinelle placée au même endroit; mais
celle-ci, beaucoup moins sévère que celle
d'hier au soir, me permit après quelques in-
stans de rentrer librement chez moi. Ainsi
dans le court espacé de trois mois^ durée de mon séjour dans cette ile, je me suis vu arrêté trois fois. Il me semble que de tels procédés sont diamétralement opposés aux témoignages de bienveillance et aux assurances réitérées que V. Exe. a bien voulu me donner j ils le sont sans doute à la conduite tracée pour le gouvernement de Sainte-Hélène, conduite qui m*a été oflSciellement communiquée avant mon départ d'Europe, et à laquelle je n'ai point hésité d'ajouter foi, puisque ce n'était pas des criminels que Ton tenait renfermés ici. Cependant je me trouve confiné dans mon habitation comme dans un cloitre ; et à moins d'être accompagné par un de vos subordonnés, je ne puis ni voir ni traiter personne hors des limites que vous-même vous ave:; tracées. D'une autre part, je me vois un particulier parfaitement bien accueilli par mes confrères, et en public évité, repoussé même par eux. Je veux croire que cette espèce d'éloignement ne provient que de la terreur profonde qu'on a jetée dans l'esprit des habitans de cette ile^ mais là situation oh je me trouve est on ne peut plus pénible, on ne peut plus difficile à supporter ; aussi, sans le motif qui m'a fait venir ici, sans le traitement
1^ DERNIERS MOMfiNS
que j*9i d^à employé avec succès contre rend^mie-h^atique chronique^ qui^ sous ce climat variable et dangereux^ attaque 4epHis long-temps la santé de TËnq^^eur Napolépu»
je ne vous cache; ppin^ qucf j'avr^ déjà pris le parti de solliciter dç votre E^cç. \^ liberté 4e retourner dans ma patrie,
^*Dn moiqs ppurrai-je yoi)s demandeir de prendre en cpnsidéiration le véritable ét%t dçs choses^ }a chaleur de la saison, la force ^^ soleil qui darde ses rayons presque pei^ndicii- Jairement sur no^ tètes^ et dont les effets aussj promptff que funestes ne sont sans doute pa9
incpnnus à V. £xç. J'oserai vous prî^r de vouloir bien songer au climat insalubre qiip Q01IS babitqns, et eqfin de m'epargper le déplaisir d'êtrç arrétié peq^f^nt les b^m^^» qDÎi daus ffette sainoui ^i^t les seules auxq^ielles tm prisse se proiAenei: au inoin§ d^ms le p^ç, et respirer un air pur, pu ppur mieu|: dire mrnns malfaisante puisque déjà, à deu^ reprises différentes, je me suis vu atteint d^ violentes coliques qui m'ont retenu plusieurs jours au lit, et n'ont pas été sans danger pour moi.
•* J'osp encore supplier V. Exe. dé voulpiir ki§» Qpus accorder la liberté cotpp|i|ne à
Dfi KAl^LBOK. €69
tous lès hommes dé bien, à tous les hommes qui n'ont pas même Tombre d'un déKt à se reprocher, si toutefois il y a quelque liberté possible dans cette île.
"Veuillez m'exeuser, m<»isietir le gouveiv tiëilr, de vous avoir interrompu pendant si long-temps, pour vous informer de Tétat ^ theux où je me trouve par rapport à rcxercice de ma profession.
** J'ai rhonneur d'être,
" De votre Excellence,
** Monsieur le gouverneur^ ^* Le très-humble et très-obéissant serviteur,
" F. ÀKTOMMARCHI»"
— ^ " C'est'bien, tne dit l'Empereur ; adresde^-vouls aussi à Hamiiton. Ce ministre -a doûné des éloges à vos travaux $ il vous pcnrte de rintérêt il n'est pas possible qu'il fioufl&e que le bourreau vous rëfude jusqu'à la &cuité d'aSer respirer un peu d'ais* sous un arbre sans feuillage/'
Je suivià le conseil et j'écrivis :
^* LoQgwood, 23 Décembre 18ld«
" Monsieur, ^^ Trois moiis se sont d^ écoulés depuis
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que je suis arrivé dans cette île^ ainsi que j'ai eu rhonneur de vous Pannoncer dans une autre lettre. Permettez-moi de profiter des témoignages de bienveillance que vous avez bien voulu me donner, pour vous informer de ma situation dans un lieu où je suis venu de ma propre volonté.
•* Je commence par vous avouer avec franchise que je ne conçois pas pourquoi l'on veut me contraindre à considérer ma condition comme celle d*un moine» d*un anachorète ou d'un esclave, lorsque des habitudes dès longtemps acquises, me rendent on ne peut moins propre à remplir les devoirs que de semblables états pourraient m'imposer.
" Je me trouve au milieu de lX)céan, placé dans une île presque inhabitable, et privé de toute espèce de liberté. Que puis-je craindre de plus ? — Telle est pourtant ma situation ; c'est peu de consacrer tout mon temps à l'étude et au soulagement de l'humanité souffrante, dans cette île que la nature semUe avoir marquée d'une empreinte profonde de tristesse et de réprobation ; je vois encore ses habitans éviter le voisinage de Longwood avec autant de crainte que dans l'éternité ils pourraient fuir l'approche de l'enfer. Cette terreur parait s'être emparée de leur esprit de manière
à y éteindre tout autre sentiment. Mes con« frères partagent Tépouvante générale, et Tpn dirait qu'ils tremblent à mon aspect^ de sorte qu'au lieu des politesses dont j'ai coutume d'u* ser à leur égard, je ne reçois d'eux que des du* retés et des refus ; encore ne m'est-îl guère permis de les blâmer, puisqu'ils ne pour* raient s'approcher de moi ni me dire un seul mot, sans que les autorités locales en fussent aussitôt informées. Des lunettes d'approche braquées contre nos habitations pénètrent jusque dans nos appartemens, et des- télégra* phes^ organisés avec beaucoup de soin, rap** portent sur-le*champ tout ce qui s y passe.
Pour peu que je veuille porter mes pas hors des étroites limites, qu'on nous a fixées, je suis forcé d'accepter la compagnie d'un agent du gouverneur, chargé de rendre un compte fidèle de tout ce que je puis dire ou faire en sa présence, de sorte que, pour me soustraire au danger de ses révélations, je me vois contraint de renoncer à toute espèce de relations et de rapports sociaux. Ce n'est pas tout ; . passé six heures et demie du soir, il ne m'est plus permis de me promener, même dans le parc voisin de mon habitation, et ce qu'il y a de pire, c'est .que les habitans.de Longwood
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qui se trouvent dehors après cette époque, ne peuvent plus rentrer chez eux, comme celu m'est déjà arrivé trois fois. A-t^on jamais entendu parler d'une mesure à la fois plus absurde et plus tyrannique, surtout dans le climat brûlant où nous nous trouvons ?
^* Dès six heures et demie du soir, Tenceinte de Longwood, renfermée dans un cercle d'environ trente toises de rayon, est entourée d'un grand nombre de sentinelles qui ont la consigne expresse de ne laisser entrer ni sortir personne, et d'arrêter tous ceux qui se présentent. A neuf heures, les mêmes sentinelles resserrent leur cordon, et se trouvent placées si près des habitations qu'il m*est impossible de sortir de mon appartement pour me rendre à ma pharmacie^ chez le Comte Bertrand, ou même jusqu'aux écuries, sans être exposé à quelques coups de baïonnette, faute de pouvoir répondre convenablement aux gui vive! que Ton me crie dans une langue que je ne connais point encore. Le soir ou pendant la nuit, lorsque mes devoirs m'appellent auprès de P£mpe* reur, comme les dispositions locales de Longwood ne me permettent point de traverser ses appartemens, je suis forcé de passer entre les
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mains de je ne sais combien de sentinelles qui m*épîent, me guettent, et ne me quittent pas des yeux que je ne sois rendu à ma destination. .
" Tel est Pexposé fidèle de la situation affreuse où je me trouvé, et si votre bienveillante médiation auprèà de ^ord Bathurst ne parvient pas à m'obtenir assez de liberté pour que je puisse du moins acquérir quelques notions scientifiques relativement à ce triste rocher, je ne sais si ma résignation pourra supporter plus long-temps l'excès de violence auquel elle est en butte ; mais je suis plein de confiance en votre puissante protection, et j'ose espérer que vos soins généreux parviendront à me rendre ce séjour moins triste et moins pénible.
" Veuillez agréer Tassurance sincère du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,
" De votre excellence,
** Le très-humble et très-dévoué serviteur,
^' F. Antommarchi."
Je me plaignais, je n'avais rien de mieux à faire. Son excellence s'en souciait peu ; mais le ministre m'avait témoigné de l'intérêt ; je