TOME I. T
recourais à lui^ le cas devenait plus grave ; les limites furent éloignées ; je pus respirer, circuler à l'aise ; je n'eus plus à craindre de me voir déposé dans un corps-de-garde ou percé d*un coup de baïonnette. Ce ne fut pas tout ; Hudson joignit des conseils à la liberté, et m'adressa une homélie qu'en vérité je méritais bien : j'avais sans cesse à la bouche un nom qu'il ne devait pas entendre ; je ne parlais que de l'Efppereur ; je voulais lobliger à refuser mes lettres, le priver du plaisir de correspondre avec moi* La sollicitude était touchante, mais s'adressait mal.
Nous avions fait nos dispositions pour creuser un bassin ; l'Empereur était en lai^e pantalcm, en veste, avec un énorme chapeau de paille de Bengale sur la tête, et des espèces de sandales aux pieds. Je laissai ce galimatias sans réponse, et le suivis vers une troupe de Chinois qu'il avait appelés pour donner le dernier coup de main à nos travaux. Nous les apercevions qui nous examinaient, riaient, devenaient moins bruyans à mesure que nous nous avansions. — " Qu'ont-ils donc ? qu'estce qui les ^aie ? serait-ce mon costume ? — Probablement, lui dis-je, ils s'étonnent de vous voir vêtu en ouvrier comme eux." —
TM NAPOLÉON. QJÔ
Nous les avions jointe ; Us m mirent à l^ouvrage^ et se continrent quelque temps ; mais la gaieté l'emporta bientôt^ et devint si générale, qu'elle le gagna lui-même.^ — ^' Qu'ontib ? que disent-ils ?"-^ Aucun de nous ne comprenait le Chinois ; nous ne pûmes lui répondre.»^" C'est mon costume ! il est en i^et assez plaisant. Mais il ne faut pas qu'en riant ils soient brûlés par la chaleur $ je veux que chacun d'eux ait aussi son chapeau de paille, c'est un petit cadeau que je leur fais/* '. — H s'éloigna, se dirigea vers une touffe d'arbres. Nous croyions qu'il était allé chercher le fr^is lorsque nous l'aperçûmes qui était à cheval,^ suivi de son piqueur. Il fit quelques tours, partit au galop, et gagna Dead-Wood.
Parvenu au sommet de la position, il s'arrêta, déploya sa lunette, la promena tout autour de lui, et revint avec la même vitesse qu'il ^it ^llé. Cette excursion 31 simple devint aussitôt une affaire d'état. On avait aperçu un cavalier équipé à la Chinoise. Comment était-il apparu? d*où venait-il? que voulaitil ? le gouverneur ne le pouvait comprendre.
L'Empereur, qui s'amusait de ses terreurs, imagina de les accroître encore. Il costuma Vîgnali comme il l'était lui-même j lui donna
S76 D£RNI£RS MOMENS
son cheval, son piqueur, sa lunette d'approche, lui ordonna de marcher vite, et de faire mine d'observer. Le missionnaire alla, fut aperçu, signalé, mit en rumeur Pile entière. Hud< son, Gorrequer, Reade, tout fut aussitôt sur pied, accourut à Longwood. C'était une conspiration, un enlèvement ; c'était. . . .Vignali déguisé. Le gouverneur se retira confus. Je me trouvais sur son passage : il vint à moi, déclama, exhala sa colère, et finit par déclarer qu'après tout celui qui le mystifiait n'était qu'un usurpateur. — " Sans doute." — Mon ton de bonhomie le trompa. Il me flattait de l'œil, s'emportait, jurait ; et, terminant par le coup de massue, il conclut encorei que c'était un usurpateur, que je ne pouvais le nier.— " Non, assurément, lui répondis-je ; c'est un fait dont je suis trop honteux pour le contester." — S. Exe. étonnée se dérida tout-àfait, et m'invita à la confiance. J'y répondis sur l'heure. — " L'Empereur, car en l'appelant général, vous lui faites grâce d'une usurpa* tion, et je veux les coihpter toutes, est tout noir du crime que vous lui reprochez. A Toulon, il usurpa la victoire, et fit méchamment tomber les torches des mains de votre Êrostrate ; il l'usurpa encore à Montenptte,
à Castiglione, à Lodi, sur le Tagliamento ; il usurpa notre admiration par la rapidité de ses triomphes ; il Tusurpa par la vengeance qu'il tira sous les murs de Pavie de l'affront fait à François l^'j il l'usurpa par cette retraite fameuse où, sacrifiant ces espérances et ses parcs, il leva le siège de Mantoue, courut vaincre, et apprit à l'ennemi qu'une surprise, un succès, ne sont souvent que le prélude d'une grande défaite. Il l'usurpa encore lorsque, abandonné à lui-même, privé de flottes, de transports, il faisait la guerre au milieu des déserts, ouvrait des canaux, fouillait des sables, et cultivait, en combattant, tous les arts de la paix."
J'allais continuer l'histoire des usurpations : mais je rappelai maladroitement la manière dont les émigrés avaient été mitraillés à Quiberon, les Russes au Helder ; son excellence n'en voulut plus.
" Je rejoignis nos Chinois que l'Empereur excitait au travail. " Eh bien, que vous a dit Hudson ; ne craint-il pas qu'il me vienne quelque jour des ailes et que je n'échappe au cercueil ? — ^Je l'ignore ; je lui racontais comment vous aviez usurpé la victoire, l'admiration publique : l'esquisse lui a déplu, il s'est
978 DERNIERS MOMSNS
éloigné.*' "^ Napoléon s*amusa beaucoup de cette nouvelle mésaventure* Il riait, plaignait Hudson, et trouvait que c'était trop pour un jour« Il passa peu à peu aux évâiemens dont j'avais voulu entretenir Liowe^ ^appela quelques anecdotes» donna des éloges à Pun, cita un trait honorable à Tautre.— ^'' Augereau avait de l'habiletéi du courage } il était aimé des isoldats et heureux dans ses opérations^ Joubert avait le génie de la guer:fe^ Masséna une audace, un coup d'œil que je n'ai vu qu'à lui ; mais il était avide de gloire^ et ne souf^ frait pas qu'on le frustrât des éloges qu'il croyait avoir mérités. Les rapports étaient rédigés à la hâte» destinés à l^atisfaire la curiosité des oisifs et ne faisaient quelquefois pas à chacun sa véritable part. Il ne trouva pas que les services qu'il avait rendus devant MantOue fussent suffisamment appréciés ; il réclama" " J'ai lu, m'écrivit-il» Votre relation de la bataille de Siaint-^Georges et de Taffitire de Cerea. C'est avec la dernière surprise que j'ai vu que voua fuiâiee l'éloge de quel^ ques généraux qui» bien loin d'avcÂr ùoch tiibué au succès de cette heureuse j<^umée^ ont féiUi fûte écraser une colonne de ma dit* vision destitiée à l'bttaqoe dt la Favorite^ et
VOUS ne dites pas an seul mot de moi ni de Rampon ! j*ai aussi à me plaindre de vos rapports de Lonado et de Roveredo, dans lesquels vous ne me rendes pas la justice que je mérite. Cet oubli me déchire le cœur, et jette du découragement dans mon âme. Je rappellerai, puisqu'on ra*y contraint, que le gain de la bataille de Saint-Georges est dû à mes dispositions militaires, à mon activité, à mon sang-froid et à ma prévoyance.
^' Par la faute du Général Sahuguet qui n'avait pas attaqué la Favorite comme vos ordres le prescrivaient, les masses de Tennemi s'étaient jetées entre Saint-Georges et la Fa^ vorite ; et sans l'ordre que je donnai à l'intrépide Général Rampon de se porter sur ma droite, d'y attaquer l'ennemi, ma division était tournée : c'en était fait de la bataille. La brave trente*deuxième eut h soutenir un combat des plus opiniâtres pendant quatre beuf es, et vous ne dites pas un niot de moi ni de Rampon, qui avons joué les principaux raies dans cette mémorable journée.
^^ Personne autre que Chabran n'a marché à la tête des grenadiers ; il s'y est tenu constamment : Marmont et I^clerc ne sont ar^riirés (ju'au fort de Tactiois. Je n'ai nssur^xiMt
qu*à me louer de la manière dont ils se sont conduits ; mais cela ne doit pas faire oublier (C^e que Ton doit à Chabran, sujet aussi brave qu'intelligent, pour lequel je vous demande en vain dépuis long-temps le grade de général de brigade.
Ma lettre est dictée avec ma loyauté et ma franchise ordinaires, et c'est en vous ouvrant mon âme que je me flatte que vous me ren* drez justice ainsi qu'à plusieurs officiers de mon état major.**
*^ Laharpe était dans le même genre; sévère, indépendant, prodigue de sa vie sur le champ de bataille ; mais jaloux de la part qu*il avait prise à la victoire. Il périt par un de ces accidens si communs à la guerre.
Il revenait d'une reconnaissance; la nuit était obscure, orageuse, il ne répondit pas au qui vive du factionnaire, et fut victime de sa sollicitude. Il était du canton de Berne ; chaud partisan des idées nouvelles, il avait été obligé de fuir, et avait eu ses biens confisquas. J*eus la satisfaction de les faire rendre à son fils. Les Suisses manquaient de grains, demandaient à en acheter en Italie ; je le permis, mais à condition que la saisie serait révoquée; et je chargeai Barthélémy, qui était
ambassadeur à Baie, d'y tenir la main. J'eus plus de peine au sujet d'un de mes aides de camp, tué à Arcole, le brave Colonel Muiron.
Il avait servi, depuis les premiers jours de la révolution, dans le corps de Tartillerie. Il s'était spécialement distingué au siège de Toulon, oil il avait été blessé en entrant par une embrasure dans la célèbre redoute An-
glaise.
" Son père était arrêté comme fermier général: il vint se présenter à la convention nationale, au comité révolutionnaire de sa section, couvert du sang qu'il venait de répandre pour la patrie, il réussit: son père fut mis en liberté.
^^ Au 13 Vendémiaire il commandait une des divisions d'artillerie qui défendaient la convention ; il fut sourd aux séductions d'un grand nombre de ses connaissances, et des personnes ce sa société. Je lui demandai si le gouvernement pouvait compter sur lui :
Oui, me dit-il, j'ai fait serment de soutenir la république, je fais partie de la force armée, j'obéirai en obéissant à mes chefs ; je Sjuis d'ailleurs, par ma manière de voir, ennemi de tous les révolutionnaires, et tout autant de ceux qui n'en adoptent les maximes
â82 DERNIERS MOMENS
et la marche que pour rétablir un trône, que de ceux qui voudraientr établir ce régime cruel, oh mon père et mes parens ont si long-temps souffert. Il se comporta effectivement en brave homme, et fut très-utile dans cette action qui sauva la liberté.
^< Je Pavais pris pour aide de camp au commencement de la campagne d'Italie: il rendit dans presque toutes les affîiires des services essentiels ; enfin il mourut glorieusement sur le champ de bataille, à Arcole, laissant une jeune veuve enceinte de huit mois.
^* Je demandai, en considération des services qu'il avait rendus dans les différentes campagnes de cette guerre, que sa belle-mère fut rayée de la liste des émigrés sur laquelle elle avait été inscrite, quoiqu'elle ne fût jamais sortie de France* Je réclamai la même jus^ tice pour son beau-frère, jeune homme qui avait quatorze ans lorsqu'il fut inscrit sur la liste fisttale : il était en pays étranger pour son éducation/'
Des hommes qui avait concouru à ses victoires l'Empereur passa aux mouvcunens, aux combinaisons qui les avaient décidées. CTétait une suite de conceptions, de manœuvres.
DB NAPOLÂON. S83
d*audace, telles que n'en présente pas This* toire. Il avait conquis en trois ans toute la partie septentrionale de Tltalie, soutenu avec trente à quarante mille hommes les plus grands efforts de Y Autriche, et fait dans ces trois années six campagnes.
Première Campagne.
Bonaparte attire sous Gênes le Général Beaulieu, Tattaque sur ses flancs, déborde sa droite, le bat à Montenotte ; se porte alter^ nativement sur Dégo et sur Mondovi ; pousse Beaulieu sur Milan, CoUi sur Turin, soumet le t(À de Satdaigne, passe le pont de Lodi^ se rend maître de la Lombardie, traverse le Mincio, investit Mantoue ; et, en moins de deux mois, des montagnes de Gênes il plante ses drapeaux sur celles du Tyrol, franchit rillyrie, et se trouve sur les confins de TAUe-* m^ne*
On se rappelle encore de quelle surprise de si briilans succès frappèrent toute PEtirc^*, Les partis en France, nos ennemis au dehors^ peignaient ce général de vingt^six ans comme un jeune téméraire qui ne tarderait pas à trouver dans son audace même sa perte
et sa confusion. La suite fit voir quel cas on devait faire dé leurs prédictions.
Seconde Campagne.
Le premier effet de ces succès éclatans fut d'obliger Wurmser à évacuer l'Alsace, à repasser le Rhin pour courir avec quarante mille hommes au secours du Tyrol. Ce général se présente sur l'Adîge avec quatre-vingt mille combattans, occupe le Montebaldo, pénètre par le val de Sabia, et arrive en même temps à Vérone et à Brescia.
A ce nouvel et redoutable ennemi nous ne pouvions pas opposer plus de trente mille hommes; nous avions nos conquêtes à conserver, nous assiégions Mantoue, qui était sur le point de se rendre, et qui renfermait une garnison de plus de huit mille hommes.
C'est dans cette seconde campagne que Bonaparte se montre supérieur à Frédéric, qui s'était trouvé dans une position semblable. Il ne s'obstine pas au siège de Mantoue, comme le Roi de Prusse au siège de Prague ; mais ses résolutions, ses opérations se suivent avec U même rapidité. L'ennemi, déconcerté par cette promptitude de mouvemens, ne trouvait ja-
mais au point du jour l'armée Française, où il Tavait laissée au commencement de la nuit.
Suppléant par les marches au nombre, Bonaparte se montrait toujours, et presque partout, supérieur à ses colonnes. Les batailles de Lonato et de Castiglione couronnèrent ces belles et hardies conceptions. Wurmser, vaincu malgré sa nombreuse cavalerie, rentra dans les gorges du Tyrol, laissant entre les mains des Français une grand partie de son armée.
Dans tous ces mouvemens, qui ofl&iront d'utiles méditations à ceux qui suivent la carrière des armes, Bonaparte fit connaître que le meilleur moyen de se défendre est souvent celui d'attaquer, et que le génie de la grande guerre est surtout l'art de reprendre Pinîtiative, quand on Ta perdue par les premier»
succès de l'ennemi.
Sa réputation fut alors établie dans toute l'Europe ; les généraux Français de toutes les armées le proclamèrent leur maître, et les vieux compagnons de Frédéric annoncèrent dés ce moment le héros qui devait reprendre le sceptre de la guerre, vacant depuis sa mort.
286 DERNIERS MOHeNS
Troisième Campagne.
Bonaparte avait vaincu, mais après avoir été mis aux plus rudes épreuves : il en conservait un vif ressentiment. Il se souvenait que Wurmser avait plus d'une fois occupé son quartier-général, et ne crut pas avoir assez pris sa revanche en faisant échouer ses projets, et en détruisant une partie de son armée. Il apprend que ce général a reçu des renforts, et qu'il a fait un mouvement du Tyrol sur la Brenta. Aussitôt il remonte TÂdige, se porte sur Roveredo, bat la moitié de Far* mée Autrichienne, s'avance vers Lavis, fait mine de marcher sur Inspruck, et se dirige tout a coup le long de la Brenta. Les disposition des Autrichiens sont vaines, il triomphe de tous les obstacles.
Bonaparte combat Tennemi, le défait, le poursuit répée dans les reins, et le pousse fiur l'Adige, qu'il passe avant lui. Wurmser était prés de mettre bas les armes ; mais un de ces hasards qui trompent toutes c<Knbinaisons lui ménage une retraite; il la suit, et court s'enfermer dans Mantoue avec dix mille hommes de cavalerie, plusieurs régimens de cuirassiers, son état-major et ses bagages.
DE NAPOLBON« 287
Uexécutîon de tous ces mouvemens fut si prompte, et la défaite si entière, que la cour de Vienne ignorait encore ses désastres lorsqu'elle apprit par la voix publique qu'elle n^avait plus d'armée en Italie, que ses froutières étaient dégarnies^ et son général confiné dans la seule place qui lui restât.
Il est facile de remarquer que dans ses opérations hardies Bonaparte n'avait rien donné au hasard ; et, quoique ses marches étonnent au premier coup d'œil, on s'aperçoit aisément que la retraite est toujours prévue^ les dispositions, en cas de revers, arrêtées. Les militaires saisiront avec un vif intérêt les rapports nombreux et fréquens de cette campagne avec celle de l'armée de réserve ; ils verront dans Tune et l'autre Bonaparte manœuvrer sur I4 ligne d'opération de l'ennemi, se placer epr tre ses troupes et ses magasins, lui intercep* ter sa retraite, et décider d'un seul coup du sort de toute une armée.
Quatrième Campagne.
On conçoit facilement combien ces revers •multipliés dur^t irriter la cour de Vienne j elle n'ignorait pas que Bonaparte n'avait
qu'une poignée de monde, et elle résolut de tout tenter pour débloquer son feld-maréchal et pour sauver Mantoue* Alvinzi accourut à la tête d'une armée formidable. Cinquante mille hommes traversaient le Frioul^ vingt mille arrivaient par le Tyrol ; nous ne pouvions faire face à des troupes aussi nombreuses. Dans l'impossibilité de résister au choc et de garder un terrain trop étendu^ le général Français ne chercha d abord qu*à arrêter les mouvemens de l'ennemi par différens corps d'observation qu'il jeta sur la Brenta. Alvinzi les force, passe la Piave ;. Bonaparte est contraint d'évacuer le pays qui s'étend entre la Brenta et l'Adige. A Caldero il essaie de reprendre l'offensive; mais ses efforts ne sont pas heureux^ et il apprend encore que les divisions ennemies occupent la rive droite du fleuve, et sont arrivées à Rivoli. L'Italie paraissait perdue sans ressource ; on regardait la levée du blocus de Mantoue comme inévitable. On fit l'appel à Vérone ; il ne donna que quinze mille combattans. L'armée défila à l'entrée de la nuit. Chacun pensait qu'on continuait la retraite : cette attente est trompée. Les troupes reçoivent ordre de suivre l'Adige ; elles le passent à deqx heures
t>E NAPOLÉaN. 2891
du matin, et Bonaparte donne la célèbre bo*taille d*Arcole. Quoique le principal but qu'il se proposait fût manqué dès le com«mencement de la journée, cette habile ma-^ nœuvre lui procura Tavantage de forcer Tenneœi à évacuer la belle position de Caldero, à s'engager dans les mai*ais, à combattre sur des digues, où la supériorité du nombre était peu avantageuse* Ses divisions, successivement battues, découragées, vidèrent le champ de bataille, et se jetèrent en désordre derrière la Brenta.
Bonapai^te ayant constamment ramené la victoire sous nos drapeaux, le public qui ne juge souvent que par le résultat, a pensé que tout lui avait constamment réussi. Il n*en est pas ainsi : les projets les mieux combinés ont souvent tourné contre lui ; mais personne n'a été plus prompt^ plus habile à en substituer d'autres à ceux qui échouaient, et à contraintre la fortune à redevenir favorable.
Cinquième Campagne.
C'est dans cette cinquième campagne que se donnèrent la bataille de Rivoli et de la Favorite, qui amenèrent la prise de Mantoue.