‹ Derniers momens de NapoléonChapitre 6 sur 26 · TOME t. H · texte numérisé non relu

TOME t. H

de ma puissance, je ne le suis pas de ma gloire : je conserve mes souvenirs. Peu de souverains se sont immolés à leurs peuples :

cet immense sacrifice n'est pas non plus sans charmes."

Je me suis retiré. L'Empereur m'a mis sur la voie, je vais continuer le détail de son mobilier. A Textréniité, à droite, était un petit lit de campagne tout uni en fer, avec quatre aigles d'argent et des rideaux de soie. Deux chétives croisées éclairaient la pièce; Tune et l'autre étaient sans décoration. Entre les deux était le secrétaire, chargé du grand nécessaire, avec une chaise à bras^ dont Napoléon se servait quand il se mettait au travail, ou sortait du bain. La gauche en était garnie par une seconde chaise, et la droite par une épée; c'était celle que l'Empereur portait à Austerlitz. La porte qui ouvrait sur la salle de bain était masquée par un mauvais paravent à la suite duquel était un vieux sofa recouvert de calicot. C'était sur ce triste meuble que Napoléon réposait habituellement.

11 passait les extrémités inférieures dans un sac de flanelle. 11 faisait placer son déjeuner^ ses livres sur une mauvaise table» et tâchait de se mettre ainsi à l'abri des cousins et de

Thumidité. La seconde pièce n'était pas moit^ bien. Construite comme la preiçière d*un peu d'eau et de boue, elle avait sept pieds 4é haut, quiq^e de long et douze de large.

Elle avait u^e croisée, débouchait au jardin, e,t communiquait avec la sajle à manger. Un ^t de campagne, un grand fauteuil, plusieurs fpsils, deU:?: paravens de la Chine, une commode, deux petites tables, dont Tune servait à déposer des livres et l'autre était chargée de bouteilles, composaient, avec une chaise et un magnifique lavabo, apporté de l'Elysée, tout le mobilier dont elle étaij^ garnie. C'e3t dans cette afireuse chaurpière qu*était relégué PEmpereur, c'était là la somptuosité Anglaise, la magnificence Britannique.

27 Septembre.

10 heures, a. m.t— L'Empereur a passé une nuit asse^ ^gxté^s il ^ lu pendant plusieurs heures, lit e^çQre à mpn amvée» et se plaint ^ç douleurs vogues dans Tabdomeri. Cellesci cèdent bientôt à Taction d'un lavement.

J'engage. S. M. à interrompre sa lecture, à prendre au bain et un peu d'exercice.

jL'humîdité était excessive dans .les deux

pièces i elle attaquait, détruisait tout ; le mauvais nankin qui servait de tapisserie tombait en lambeaux, nous le remplaçâmes. Nous achetâmes de la mousseline, nous Tornâraes, nous la couvrîmes des beaux oiseaux d'Egypte dont nous avions une collection peinte sur papier ; nous réussîmes à présenter quelques images riantes à l'Empereur. Nous groupâmes nos dessins, nous les disposâmes autour d'une aigle que devait les protéger, les gouverner, leur servir de guide. Napoléon sourit à la vue de ce symbole de la victoire. *' Chère aigle ! elle serait encore en plein vol si ceux qu^elle couvrait de son aile n'eussent arrêté son essor^

En rentrant chez moi, je trouvai une invitation du gouverneur. Il avait ouï parler des planches anatomiques que j'avais apportées^ il désirait les voir. Je les lui communiquai. Il les parcourut, les examina, passa, revint de l'une à l'autre. Je crus démêler dans l'empressement avec lequel il déroulait ces feuilles je ne sais quelle préoccupation -qui m'inquiéta. Je m'alarmais à tort. S. £. s^était subitement éprise de physiologie. Elle ne pensait pas à mal; elle ne me le témoigna pas du moins : ce ne fut qu'éloges, que félici-

tations sur un si beau travail. Elle ne me parla pas d'autre chose.

28 Septembre.

11 heures, a. m.— L'Empereur se trouve un peu mieux. Je lui prescris, comme la veille, un bain et de l'exercice.

" Vous étiez encore dans vos draps, docteur, que j'exécutais déjà votre ordonnance.

Je me suis levé à la petite pointe du jour, je me suis promené, j*aî respiré le frais, et me voilà épluchant quelques idées qui me sont survenues au sujet d'une opération où mes ordres furent mal exécutés." Le sac de flanelle était à terre. Napoléon se trouvait debout. Je pus admirer le costume. C'était une robe de chambre blanche, un large pa»talon blanc à pieds, des pantoufles rouges, un madras autour de la tête, point de cravate ; le col de la chemise ouvert. J'examinais cette mise singulière, il s'en aperçut.

"Ah! ah! me dit-il, je vois ce qui vous occupe," et il se prit à. rire ; puis il ajouta : " Pour vous punir de votre irrévérence envers : ma toilette, je défends d'ici à demain la porte

lOS^ D£RNt£ES MOMENS

à VOS drogues. J'ai quelques calculs algébriques à développer.*' .

S9 SeptenAre.

10 heures, a. m. -^ L*£mpereur est tout*à fait abattu.. Il se pkint d'une douleur profonde dans le foie (ce sont ses expressions). Il continue de lire» et ne consent qu*avec peine à faire quelque exercice. Il se met au bain.

Le tapis était couvert de livres% H y en avait autour du lit» dans lé milieu de la pièce^ près des murs ; je ne savais comment ils se trouvaient ainsi pêle^niêlei je demandai la Cause de ce désordre. " Cest que TEmpe^ reur a, lu toute la nuit. — Efa bifen? — Quand il a envie de lire, il couvre son lit d'ouvrages, il les feuilleté, les parcourt, et les jette à me* sure.-^Pourquoi ne les avoir pas ramassés?

— Il lisait toujours.-^Cela empêchait-il?*— Tant qu'il en tient un dans les mains il ne souffre pas qiion Tinterrompe. Les bons glissent sur le parquet, les médiocfeift sont repoussés avec dédain^ et les mauvais collés sur la muraille. Mais ce n^est que lorsque l'Empereur est dehors ou au bain, qu'il est permis d'y toucher.'

30 Septembre.

10 heures, a. m. -—L'Empereur va un peu mieux. Je conseille l'usage interne et ex* terne des préparations mercurielles. Il s'y refuse. Bain.

1« & 2 Octobre.

10 heures, a. m. — L'Empereur est toujours dans le même ëtat. Je propose de nouveau Tusage des préparations mercurielles, et l'engage à faire de Fexercice.

3 Octobre.

10 heures, a. m. -r- L'Empereur se trouve mieux. Il consent à faire quelque exercice.

Je raccompagne au jardin. Je lui parlais des ménagemens^ des soins qu'exigeait sa santé»

dé la fia prochaine des souffi*ances qu'il endurait. ** Je Vous croîs, docteur, le climat est choisi, il ne laissera pas échp^pper sa victime. Mais vous-même, comment vous trouvez-vous de votre situation ? Les neuf mille francs qu'on vous a assignés suffisent-ils à vos

104 DERNIERS MOMBKS

besoins ?*^ Je le priai de croire que je m'estimais trop heureux d'être auprès de lui, que je ne cherchais pas la fortune, que je n'avais eu d'autre ambition que de lui offrir mes services. *^ C'est très-bien, cher docteur ; mais réunir les deux choses est encore mieux. Je vous accorde ce que je donnais à Paris. Les circonstances ne sont plus les mêmes, tout est changé, il n'y a pas de comparaison à faire.

Mais c'est pour cela que je veux que vos appointemens provisoires puissent faire face à vos besoins ; c'est mon intention ; voyez si on a calé trop bas." Jc lui répondis que c'était plus qu'il ne fallait, que j'étais cpnfus des bontés qu'il avait pour moi. " Combien de temps pensez-vous rester ici?— "Tant que vous daignerez agréer mes services. — Savezvous que mon chirurgien est également celui des personnes de ma maison ? qu'étant seul il doit tout faire? être chirurgien, médecin, apothicaire ? — Je le sais. Sire. Je suis à vous à la vie et à la mort, vous pouvez disposer de moi. — Eh bien ! je ne veux pas vous retenir plus de cinq ans sur cet écueil. Ce temps révolu, je vous assure 8 à 9000 francs de pension annuelle. Vous retournerez en Europe, vous aurez une existence indépendante.

D£ KAPOLEOK. 105

VOUS pourrez continuer vos travaux anato* miques, vous prendrez rang parmi les pre- ' miérs physiologistes du siècle. Vous méritez ma reconnaissance par les sacrifices que vous m'avez faits. Je vous dois ma bienveillance, mon estime, mon affection. Vous justifierez les sentimens que je vous porte en me prodiguant vos soins.".

L'Empereur s*étendit long-temps sur ces idées qu'il me fit répéter, à quelques jours de là, par le Général Montholon.

4 Octobre,

9 heures a. m. — Même état. Je conseille l'usage des bains d'eaux thermales sulfureuses. — Bain. — Exercice au jardin ; j'y suis l'Empereur. Il était sombre, affecté ; il s'assit sous une touffe d'arbres qui dominait au loin. ^* Ah! docteur, où est le beau ciel de la Corse ?" Il s'arrêta quelques instans, et reprit : **Le sort n'a pas permis que je revisse ces lieux où me reportent tous les souvenirs de mon enfance : je voulais, je pouvais m'en réserver la souveraineté ; une intrigue, un mouvement d'humeur changea mon choix; je préférai l'ile d'Elbe. Si j'eusse suivi ma. pre-

mière idée, que je me fusse retiré à AjaCcio, peut-être n'eussé-je pas pensé à ressaisir les rênes du pouvoir ; je tfeusse pas été vulnérable par tous les points ; on ne se fût pas joué de la foi promise, et je ne serais pas ici. Je pensais m'y réfugier en 1815. «Tétais bien sur àt réunir toutes les opinions, tous les vœux, tous les efforts. Je me trouvais à mémie de braver la malveillance des alliés. Vous connaissez les habitans de nos montagnes.

Vous savez quelle est leur énergie, leur coiîistance, leur courage, avec quelle âme noble et fière ils aflrontent Tennemi. Les îles ont d'ailleurs leurs défenses. Les vents, la distance, les difficultés de l'abordage, affitiblfôsent 1 agression, elles gagnent les trois quarts des fléaux qui pèsent sur les continens. La population m'eût tendu les bras, elle fût devenvje ma famille, j'eusse disposé de tous les Cteurs. Crôyez-vous que trente, quarante, cinquante mille coalisés eussent été en état de nous soumettre, qu'ils eussent osé l'entreprendre? Quel souverain se fût engagé dans une arène où il y avait tout à perdre et rien à gagner? Car, je le répète, le peuple était à moi ; dès ma plus tendre jeunesse, j'ai feu un nom, de Tinflùence en Corse. Les montagnes

-Dis, NAPOLEON. 107

ewîafpéeSi les vallées profondes, tes torretis, l€S jM*écipice& n'avaient point de dangers pour moik Je le^ parcourais d'une extrémité à l'autre sans qu'un accident, une insulte m'ait jamais appris que ma confiance étsÂt miJ fondée. A Bocognano même> où les haines et les vengeances s'étendent jusqu'au septième degré, où l'on évalue dans la dot d'une jeune fille le nombre dé ses cousins, j'étais fétéj bienvenu, on se fût sacrifié pouf moi.

Ce il'étftiefit pas les sentîmens de la popula-' tiim Qui m'inquiétaient; je savais que tous les bras m'étaient dévoués : mais on eût dit que je me tirais à l'écart^ que je gagnais lé port tandis que tout périssait; je ue voulus, pfts chercher un refuge au milieu du naufrage de tant de braves ; je résolus de me retirer et! Amérique; je m'acheminai sur l'Angîeterre ; j'étais^ loin de prévoir de quelle horrible maûiêre elle accorde l'hospitalité. Une autre considération m'arrêta, lîue fois en Corse, je ne craignais pas l'issue de la lutte, mais j'eusse été au centre de la Méditerl^nnée; la France et l'Italie eussent eu les ytùx Sur moi; l'eflervescence ne se fût pas Calmée. Pour assurer leur repos, les souverains eussent été contraints de Venir à moi.

L'île eût été décimée par la guerre, je ne

voulais pas qu elle eut à me reprocher sels malheurs. J^avais d'ailleurs abdiqué en faveur de mon fils ; cet acte ne devait pas être illusoire ; je désirais le rendre plus sûr, plus avantageux pour la nation^ je craignais d'en paralyser Tefifet.

^* Ah ! docteur, quels souvenirs la Corse m'a laissés ! Je jouis encore de^es sites, de ses montagnes; je la foule, je la reconnais à Podeur qu'elle exhale. Je voulais Faméliorer, la rendre heureuse, tout faire en un mot pour elle: le reste de la France n'eût pas désapprouvé ma prédilection. Mais les revers sont venus; je n'ai pu effectuer les projets que j'avais formés.

" Quoique montagneuse, elle manque d'eau, et n'a pas de grandes rivières. C'était un obstacle, mais l'excellence du sol et les dispositions locales pouvaient y remédier.

'" Les salines près d'Ajaccio sont propres à la culture du café, de la canne à sucre : c'est une expérience faite ; je me proposais d'en tirer parti. Je voulais encouragerl'industrie, le commerce, l'agriculture, les sciences et les arts ; j'avais dessein d'accorder des facilités aux habitans, d'appeler des familles étrangère:^, d'accroître la population, en un mot, de met-

DE NAPOLéON. 109

tre l'île à même de se suffire, la rendre indépendante des marchés du continent. J'avais adopté un plan de fortifications que j'ai médité long-temps; elle eût été inexpugnable.

Saint-Florent est Tune des situations les plus heureuses que je connaisse: c'est la plus favorable au. commerce. Elle touche à la France, elle confine Tltalie ; ses attérages sont sûrs, commodes, peuvent recevoir des flottes considérables : j'y eusse fait une ville grande, belle, qui eût servi de capitale. Je l'eusse déclarée place forte ; elle eût eu constamment des vaisseaux en station. Voilà quelles étaient mes idées, voilà quels étaient les plans que j'avais conçus ; mais mes ennemis ont eu l'art de me faire consumer ma vie sur le champ de bataille, ils ont travesti en démon de la guerre l'homme qui ne respirait que les monumens de la paix. Les peuples ont été dupes du stratagème j tout s'est levé, j'ai été accablé. Au reste, si je n'ai pu exécuter ce que je projetais pour la Corse, j*ai du moins la satisfaction d'avoir fait quelque chose pour Ajaccio. Le port en est petit, mais bien situé et bon."

J'étais ému, hors de moi. €e que je venais d'entendre avait bouleversé mon âme; je com-

110 DEBKIER» MOMItNS

parais la prospérité à laquelle avait touché la Corse, avec le triste état où elle est tombée. Des larmes involontaires s'échappaient de mes yeux. ^^ Qu'avez-vous ? me dit l'Empereur.

— Ah ! Sire, daignez me pardonner ipon trouble, je ne puis me défendre du désordre où je suis ; le contraste est trop accablant. — Docteur, la patrie ! la patrie! Si Sainte-Hélène était la France, je me plairais sur cet affreux rocher.''

5 Octobre.

11 heurs a. M.-^Légères douleurs abdominales : le bain les dissipe. L'Empereur se trouve mieux ; il m'autorise à écrire à Sir Hudson, poiu* lui demander la permisaion de visiter les hôpitaux.

Je n'étais pas encore bien rompu à l'étiquette ; je ch^chaîs à la saisir, à prendre le ,ton de ce qui entourait l'Empereur. Aucun de nous ne se présentait sans être .annoncé devant ce Fiinqe ; nous étions respectueux, attentif^, debout, chapeau bas ; nous ne nous .permetjtions pas d'approcher, de nous couvrir sans y être invités : personne ne . lui adressait la parole, à moins que la couyersiation ne fût roulante. Dans ce cas, il écoutait, répondait,

D£ NAFOIiÀ>N. m

afiimait la discussion» Tégayait par ses saiUies ; il était étincelant, affectueux, juste, plein d'aménité. C'était à la fois un homme aimable et tendre qui cherchait à concentrer sur lui toutes nos affections: ses conseils étaient ceux d*un -père, ses reproches ceux d'un ami. S'il s'emportait, il était impétueux, terrible, ne souffrait pas de contoadiction ; mais avait-il exhalé sa colère, il était tout soin, tout prévenance, il ne négligeait rien pour consoler ceux qu'il avait maltraités:

c'était un ton, un abandon où se peignaient sa bienveillance et ses regrets. Quand les torts étaient graves, il éloignait, tenait à Técart celui qui les avait eus; mais, PinterdicUon révolue, tout était oublié, l'exilé rentrait en grâce, il n'était plus question de rien.

Tout ce qui se rapportait à ces détails de tenue générale était facile à saisir : je fus bien vite au fait. Mais l'étiquette a ses usages, on ne les devine pas. J'ignorais qu'elle défendait de sortir des appartemens de l'£mpjereur sans être congédiée Ce. prince venait de céder ^u sommeil ; je craignis de troubler son rjepos et me retirai ; mais je n'étais pas dans mon ^partement qu'il était déjà réveillé. Il n^e cberchik des yeux, ne m'ar

113^ DERNIERS MDMENS

perçut pas, sonna, et me fit demander. Je me rendis à ses ordres : je le trouvai dans rétat où je Pavais laissé. H se réveilla une seconde fois, poussa un profond soupir, me regarda fixement, et me dit : " Oh ! oh !

vous êtes encore ici? — Oui, Sire; mais je m'en étais allé. — Ahî" Il se leva, me fixa, me saisit l'oreille. ** Dottoraccio di capo Corso I me laisser seul T II riait. ^* Sortir sans ma permission! Vous êtes novice, je vous pardonne; mais le grand-maréchal, ni le Général Montholon, n-eussent quitté mon lit avant que je les eusse congédiés." Je le suppliai d'excuser mon ignorance. Il se prit à rire, et raé répéta que j'étais un novice.

6 Octobre.

10 heures a. m. — L'Empereur est mieux. — Bain, exercice accoutumé.

Napoléon rentre, tombe sur un volume de Racine, le feuilleté, le parcourt long-temps, et s'arrête enfin à la scène où Mithridate développe son plan d'agression contre les Romains. *' Vous attendez que je vous déclame cette tirade, l'adqiiration des badauds. Il n'en sera rien, mon dottoraccio ; ce sont des

fadaises mises en trop beaux vers. Passons à celle-ci; elle est moins pompeuse» mais plus vraie, plus raison nable.** Il se mit à lire avec une délicatesse, des inflexions qu'un homme habitué à la scène n*eût pas désavouées. Il se lassa bientôt cependant» jeta le livre» se renversa dans son fauteuil en murmurant le nom de sa mère, et tomba dans une espèce d'aâaissement Je cherchais à ra* nimer ses esprits abattus ; je sentais sa poitrine se soidever, et comme un grand effi)rt qui se faisaif dans toute la machine* Il me fixait, ne disait mot; je ne savais qu'augurer: une crise a'opère tout à coup ; il se trouve mieux. " Je suis mort. Docteur ; qu'en pensez- vous?" Et se levant aussitôt, vient à moi, me toise, me pousse, me saisit par les favoris, les oreilles, m'adosse à la muraille, v Ah ! coquin de Docteur, capo Corsino, vous êtes venu à Sainte-Hélène pour me droguer ; je vous ferai pendre, moi, à votre maison du cap Corse." En même temps, il gesticulait, riait, me disait les choses les plus plaisantes.

7 OctobrCé

10 heures a. m. — Le même état. — Bain j exercice accoutumé.

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