‹ Derniers momens de NapoléonChapitre 9 sur 26 · D£ENI£R8 . M0M£N · texte numérisé non relu

D£ENI£R8 . M0M£N

<< Alexandrie, 17 Brumaire an VII.

•« Mon cher général/' " Qui T II cherchait la^souscription; ^'Marmont \ ah ! oui*. « .** *'I1. est plus que probable que les Anglais- ont ramassé lès bâtimens qni sont devant Alexandrie,: les ont forcés, de' venir ici^ et, à l'aide d'une fausse déclaraticm de.guerre, les ont comjplètement trompés. Hassan-Bey paraît, être tellement leur dupe qu'il serait impossible de lui persuader que nous sommes, en bonne harmonie avec la Porte • • • " *' L'incrédulei voyez -donc r '•Le citoyen Brucëyich a lu avec la plus grande attention le manifeste de la. Porte. Il est bien conçu à la .manière ordinaire et d'un style oriental i mais il fau^ êtrcTurc pour se prendre à un pareil piège .. J" •• Quelle sagacité !" ...

:^' Ibrahimr Aga a causé avec, Hassan-Bey;^ il l'a jugé dupe des Anglais; cependant il parait -avoir des craintes sur les dispositions de la Porte à notre égard. Je ne sais ce qui en. est; mais tout ce qui se passe ici a le caractère de;la£>ur>berie et dumensonge ,.» A quoi bon ! Manscdurt est déplacé.'!

: <* Il me semble, que les Anglais ont faifv approcher de force et .à l'aide du mensonge la corvette Turque du port, Vont fait tirer sur

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neu& afin de noiis engager à lui répondre, et de prouver par4à à ces Turcs que nous étions leurs ennemis. S'il en est ainsi, c'est un machiavélisme qui a bien Teoipreinte du caractère Anglais. . • •'* ^* £t des manœuvres de Brienne. Ce Marmont ambitionnait beaucoup le gouvernement d'Alexandrie. Mans*eourt fut desservi, noirci, remplacé. Je ne me doutais pas que j'étais dupe ; que c'était une aSaire concertée avec Menou. Vous étiez à Florence, lorsque cet Osmànlis y fut envoyé comme gouverneur; Pavez-yôuiï connu ? — Oui, Sire. — Quelle opinion àvait-on de lui ? — Celle qtie donnent le scandale et la mollesse. — Quelle vie menait donc ce vieil original ? — Sans cesse entouré de courtisanes^ il en avait installé une' au palais. Elle présidait aux fêtes, aux soirées du gouverneur, qui la conduisait partout ; c'était une saturnale qui ne finissait pas. — Voilà bien le fidèle Abdala! Mais dès qu'il fut rappelé? — .Tout cessa; les courtisanes disparurent, là Princesse Êlisa fit remplacer les meubles qu'elles avaient souillés ; il ne fut plus question de Menou que parmi ses créanciers. — II. en; avait un essaim ?•— ^Beaucoup. — ^Je le reconnais là; voluptueux, prodigue de la

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morale à pleine bouche ; il dépensait toujours le double de ce qu'il avait. Combien de fois j*ai payé ses dettes ! Les Florentins* savaientils qu'il se fût fait Musulman ?— On le disait. Sire, de lui, de vous, de toute l'armée. — Afa ! Menou à la bonne heure! mais moi! mon état major! nous n'avions pas de temps à perdre aux ablutions. Lorsque j'entrai au Caire, les Turcs, qui mesuraient ma taille au bruit de nos victoires, se figuraient que j*avais au moins six pieds. Je fus bien déchu lorsqu'ils me virent. J'étais moins haut, moins corporé qu'un de leurs Mameloucks, je ne pouvais commander une armée. Les Imans poussaient le peuple à la révolte. Il fallut opposer les manœuvres aux manœuvres, je jouai le rôle d'inspiré."

Il poussait, chassait les feuillets ; il réncou'» tra enfin et se mit à lire : *^ Chérîfs, ulémas, orateurs des mosquées, faites bien connaître au peuple que ceux qui de gaieté de cœur se déclareraient mes ennemis, n'auront de repos dans ce monde ni dans l'autre. Y aurait*il un homme assez aveugle pour ne pas voir que le destin lui-même dirige toutes mes opéra* tions? Y aurait-il quelqu'un d'assez incrédule pour révoquer en doute que tout, dans

ce vaste univers» est soumis à Tempire du destin I

'^ Faites connaître au peuple que, depuis que le. monde est monde, il était écrit quV près avoir détruit tous les ennemis de Plsla*» misme, fait abattre les croix, je viendrais du fond de Toccident remplir la tâche qui m*a été imposée. Faites voir au peuple que dans le saint livre du Coran,, dans plus de vingt passages, ce qui arrive est prévu, et ce qui arrivera également expliqué ....

^^ Je pourrais demander compte à chacun de vous des sentimens Içs plus secrets du coeur, car je sais tout, même ce que vous n*avez dit à personne ; mais un jour viendra que tout le monde verra avec évidence que je suis conduit par des ordres supérieurs, et que tous les efforts humains ne peuvent rien contre moi."

. ** L'artillerie du Mokatan, le tonnere qui se fit inopinément entendre, les pierreries de Malte que je distribuai aux plus influens, mon assurance, mon langage, déconcertèrent l'insurrection. Je fus un ami du prophète, un inspiré, un envoyé de Dieu ; tous les Cheicks étaient à moi. Ils m'embarrassèrent néanmoins ; ils me proposaient de proclamer

IdO DERNIERS MOkfENS

rkkmisme et de prendre le turban. — Nous verrons. — ^Vous auriez cent mille hommes!

— J*y penserai. — ^Toute TArabie se rangerait sous vos drapeaux, — ^Mais Tabstinence ? Nous sommes de ^Occident ; nous péririons si nous ne buvions pas de vin. — L'usage peut s*en tolérer.— Et la circoncision ! — ^N'est pas non plus indispensable.*'-^'étais forcé dans tous mes retrànchemens. Je ne savais plus que dire, à quel obstacle me rattacher, je m'avisai d'une défaite. — Puisqu'il en est ainsi, nous sommes tous Musulmans, leur dis-je. Mais la cérémonie doit être grande, solennelle, marquée par des actes de piété. Je donne ordre qu'on élève une mosquée plus belle que Sainte-Sophie ; elle sera inaugurée pour notre conversion .-^Les Imans satisfaits consentirent à ce qu'ils avaient jusque là refusé avec Obstination. Ils adressèrent pour moi des vœux au prophète ; je fus respecté, obéi du peuple ; je fis tout ce que je voulus. Je tirai parti de la stupidité musulmane, je m'en amusai ; mais je ne fis aucune profession, et ne parus jamais pour prier dans les mosquées. Sans les circonstances impérieuses qui m'appelèrent en France, les aiËiires d'Egypte eussent pris une autre tournure. Elles n'eussent pas eu l'issue

déplorable cjueUes ont eiie» si Klébev.nèfût pas tombé sous le poignard d*una8sassin.^< il ne fallait qu'une intelligence, médiocre pour jeter à la mer les Anglais d'Aboukir, battre 4es Turcs s'ils sortaient du désert^ et aller recevcHr à composition les Cipayes qui des^ cendaient la^ Haute-Ëg}rpte. Mais A|!enou était d'une nullité qui> ne pouvait se prévoir ; il perdit tout"

QS' Octobre.

8 heures a. m. — L'empereur se trouve mieux. — Bain.

Napoléon fait appeler les enfans du grand- .maréchal. Il joue, il folâtre avec eux^et les excite lui-même au tapage* Le petit Arthur se prend de mauvaise humeur» et grumelie entre ses dents. — "Que dis*tU| coquin?

Voyons ! Quoi ? Qu'as-tu ?"— Et L'Empereur le faisait sauter, rire malgré lui. — " Ce petit drôle là, me dit-il en le, quittant^ est aussi entier que. je Tétais à son âge ; mais les emportemens auxquels je m'abandonnais souvent étaient mieux motivés. Je vous en fais juge. J'avais cinq à six ans. On m'avait mis danlfune pension de petites demoiselles.

If s DBRNIBR& MOMENS

doiit la niattresie était de la comunssance de ma famille. «Tétais joli, j'étais seul^ chacune me caressait Mais j'avais toujours mes bas «r me. wuUe», et. L, do. pLe-uide., je ne lâchais pas la main d'une charmante eOf fant qui fut l'occasion de bien des rixes. Mes espiègles de camarades^ jaloux de ma Giaco»

minetta, assemblèrent les deux circonstances dont je parle, et les mirent en chanson. Je ne paraissais pas dans la rue qu'ils ne m'escortassent en fredonnant : Napoleone di mezza calzetta fa Famore a Giacominetta. Je ne pouvais supporter d'être le jouet de cette cohue. Bâtons, cailloux, je saisissais tout ce qui se présentait sous ma main, et m'élançais en âteuglë au milieu de la mêlée. Heiu-eusement qu'il se trouvait toujours quelqu'un pour mettre le holà et me tirer d'affaire ; mais feno,„brene».-arréuùtp«:jeneco;pt».

jamais.

Les enfans se retirèrent } la conversation devitit sérieuse, et tomba peu à peu sur les événement qui suivirent le retour d*Égypte, n entra dans une foule de détails, de particularités au sujet de la bataille de Marengo, et fit une relation de cette journée telle à peu près que je la connaissais déjà.

" Uarmée de réserve rëunie à Dijon me ddnnatt les moyens de passer rapidement en Allemagne ou en Italie selon que le cas Texigérait« La saik)n m*a \m peu favorisé. Les inotnes du Saint-Bernard m*ont assuré que là neige a disparu cette année vingt jours plus fAt que de coutume. Ils ont très-bien xeçu notre armée, un peu fatiguée par lé passage des Alpes. Je les avais fait prévenir de notre iurrivée en leur envoyant de Targent } il nous Garnirent des provisions et de très-bon vin.

Les moines dû Saint-Bernard sont un ordre infiniment respectable ; c'est une de ces in-* ràtulions que les gouvernemens ne doivent jamais détruire, mais qu'ils doivent protéger» encourager par tous les moyens en leur pouvoir.

"J'arrivai en Italie ; je me trouvai îmmé* diatément sur les derrières de Pennemi» et maître de ses magasins et de ses équipages» ; j^ avais obtenu de grands avantages ; une fois arrivé à Stradélk, on pouvait regarder la campagne comme finie. Si Gènes avait tenu, je re&taii ferme dans mon camp retranché de StiRldèlla, Tuhe des plus fortes positions de fltdie. J*avais sur le Pô dnq ponts qui rendaient faciles mes communications avec les divisions Chabran, Lapoype, Turreau, et Mon-

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cey. Je pouvais les appeler i non . secours si j'étais attaqué, ou les aider si rennémi les inquiétait. M; de Mêlas était obligé, pour rétablir ses comnrumcatîons, de venir m'ofinr la bataille sur un terrain que j'avais choisi moi-même. Cétait une plaine coupée de bois, très-favorable à mon infanterie^ mais où sa cavalerie ne pouvait rien faire. J^avais totsËss mes. troupes à ma disposition.

«X. prise de^Géne, ch^ea «ntiàreme.t la face des choses. ' Dès lors Teiinemi eut une retraite assurée et des positions très«avantageuses. Il pouvait se retirer à Gènes et s'y défendre en tirant ses provisions de la mer, ou garnir de batteries les hauteurs de Babbio, et entrer, malgré tous mes efforts, dans Hair sauce, reprendre Mantoue et Peschiera,* se mettre ien communication avec T Autriche, et me réduire à faire une guerre ordinaire. Tout mon plan de campagne était déjoué. Un moyen vint s'offrir à mon esprit, je lé risquai. Je partis de Milan et fis trente- deux liëueé en sept heures. . Je commandai la bataille de Montebello; nous la gagnâmes^ et cette victoire fut cause que l'ennemi évacua Gènes.

Toutefois cette victoire afiaiblit mon .année. Je fus obligé de prendre dans les divisions qui

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se tenaient de l'autre côté du Pô, pour fermer rentrée des états de Milan. Elles n'étaient pas, à la vérité, à plus de trois lieues de moi } mais il leur fallait trois jours pour me joindre en ce qu'elles étaient obligées de passer par Plaisance ou par Stradella. J'avais encore contre moi une autre circonstance: le pays entre Montebello et Alexandrie n'est qu'une immense plaine qui était très-favorable à la cavalerie Allemande. Je résolus cependant de tenter une escarmouche ; j'étais dans une situation extraordinaire, et je risquais peu pour gagner beaucoup. . Battu, je me retirais dans mon camp retranché à Stradella, je. passais le Pô sur mes cinq ponts protégés par mes batteries^ sans que l'armée ennemie fût en état de s'y opposer ; je réunissais ma première di* vision aux corps de Moncey, Lecxîhy et Turreau j je lalâsais franchir le Pd à un des corps de Mêlas (et c'eal^-Jtout ce qu'il demandait); alors, supérieur en nombre, je pouvais l'attaquer avec toutes mes forces.

Vainqueur, j'obtenais les mêmes résultats.

Son armée, bloiquée entre nous et la rivière, était forcée de mettre bas les armes et de rendre tous sesibrts. Si j'eusse été battu, ce que je crois qui eût été impossible, j'engageais

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nne guerre régulière, et j*appelais la Suisse à mon secours.

*^ Déterminé à livrer bataille, je me fis rendre compte de Tefièctif de mon armée. J*avais en tout vingt-six mille hommes ; M. de Mêlas en avait quarante, dont dix-hutt mille de cavalerie. A deux heures du matin, on vînt m^annoncer que Tennemi était tombé sur nôtre avant-garde, et que nos troupes cédaient. Le Français n*aime pas à être attaqué; nos troupes se repliaient un peu en désordre ; l'ennemi nous avait déjà fait queU ques prisonniers, et nous avionè perdu dans notre retraite une lieue et demie de terrain.

^* Les généraux de Tavant-garde, Lasnes, Mtirat, et Bèrthier, m'envoyaient ordonnances sur ordonnances: ils me disaient que leurs troupes étaient en fuite, et qu-ils ne pouvaient les arrêter. Ils me demandaient des renforts, et me priaient de me mettre en marche avec nia réserve. Je répondais ,à tous: '^ Tenez tant que vous pourrez ; si vous ne le pouvez pas, battez en retrafte.'* Je voyais que les Autrichiens n'avaient pas employé leur réserve ; et, en pareil cas, le gfaAd point est de tâchet que Fennenii éitiploie toutes ses forces^ tout en ménageant les nôtres, et de lengs^er

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à nous attaquer siir les flancs tant qu'il ne 8*aperçoit pas de sa méprise ; car la difficulté est de le forcer à eœjdoyer sa réserve. L*ennemi avait quarante-quatre mille hommes contre vingt miJle au plus ; encore ces vingt mille étaient-ils en déroute, U ne restait donc à Mêlas qu'à profiter de son avantage. Je me portai en avant de la première légion dans un uniforme élégant ; j'attaquai moi-même avec une demi-brigade, je fis plier les Au-»

trichiens et rompis leurs rangs. Mêlas, me voyant à la tête de mon armée et ses légions enfoncées, crut que j'étais arrivé avec ma réserve pour contenir les troupes en retraite } il s'avança avec toute la sienne, qui se composait de six mille grenadiers Hongrois, l'élite de son infanterie ; ce corps remplit la trouée que j'avais faite, et nous attaqua à son tour. Je cédai alors ; et pendant une rétraite d'une demi'-lieue, exposé à leur feu, je ralliai toute l'armée, et la reformai en bataille. Aussitôt que j'eus rejoint ma réserve, forte de six mille hommes avec quinze pièces de canon, sous les ordres de Desaix, qui était alors mon ancre de salut, par une manœuvrç rapide, jç déployai toutes mes forces, je formai avec mon armée les deux ailes de l'armée de De-

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soix, et j'opposai à Tenneini six méfie hommes de troupes frakbes. Une vigoureuse dé charge d^artillerie et une charge désespérée i la baïonnette enfoncèrent leur ligne, et coupèrent les deux ailes ; j*ordonmd alors à Kellermann d'attaquer avec huit cents cavaliers,, ii s'ébranla et sépara avec ces huit cents hommes les six mille grenadiers Hongrois du reste de Tannée sous les yeux même de la cavalerie Autrichienne ; mais celle-ci était à une demi-lieue ; il lui fallait un quart d'heure pour arriver, et fai remarqué que ce sont ioujoars ces quarts d'heure qui décident du sort des batailles. Les troupes de Kellermann jetèrent les grenadiers Hongrois sur notre infanterie, ils furent aussitôt faits prisonniers. La cavalrie Autrichienne arriva; mais notre infanterie était en ligne^ son artillerie en tête. Unç décharge ^ épouvantable, une barrière de baïonnettes, la firent rétrograder; elle se retira un peu en désordre, je la poursuivis avec trois régimens qui venaient de me joindre; elle se déploya; je la poussai, elle se noya en grande partie en cherchant à passer le pont de la Bormida, qui est trèsétroit. On pourchassa le reste jusqu'à la nuit.

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^^iTappris» après: la :bataille^ de la bouclie de quelques ; officiers généraux prisonniers, qu*au milieu .même, de leurs premiers succèsy les Autrichiens n'étaient pas s^ns inquiétude ; ils avaient un. secret pressentiment de leur défaite. Pendant le combat, ils questionnaient nos, prisc^niers, et leur demandaient : Où est . le .Général Bonaparte ? — ^^A l'arnèregarde. — Et ceux qui s'étaient déjà battus contre moi en Italie, et qui connaissaient mon habitude de me réserver pour la fin^ s^écriaient: Ntdre tâche ri est pas. encore finie.

Ils avouèrent aussi qu^en me voyant sur la première ligne, ils avaient complètement donné dans le piégë, et :cru que ma réserve était engagée.

Dans toutes les batailles il arrive toujours uh.in^ront où les soldats les. plus braves, après avoir fait les plus grands efibrts,. se senr t€^nt disposés à la fuite. . Cette terreur ^ vient d*un manque de confiance dans leur courage ; il ne faut qu'une légère occasion, un prétexte pourJeur rendre cette confiance; le grand art est de le faire naître. . .

:. *' A Arcole, j'ai gagné la bataille avec vingtciQq cavaliers. Je saisis cet instant de lassitude dans les. deux armées ; je m'aperçus que

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les -Autrichiens» tout vieux soldats qu'ils fussent, n'eussent pas demandé mieux que de se trouver dans leur camp, et que nos Français, quoique braves, auraient voulu être sous leurs tentes. Toutes mes fprcea avaient été engagées, plusieurs fois j'avais été obligé de les reformer en bataille; il ne me restait plus que vingt-cinq guides ; je les envoyai sur les flancs de l'ennemi avec trois trompettes qui sonnèrent la charge. Un cri général se ût entendre dans les rangs Autrichiens : '* VoUd la cavalerie Française r Et ils se mirent en fuit6é II est vrai qu'il faut saisir le moment Un instant plus tôt ou plus tard cette tentative eût été inutile ; si j'avais envoyé deux mille chevaux, l'infanterie aurait fait un quart de canversiùn; couverte par ses pièces, elle eût fkit une bonne décharge, et la cavalerie n'aurait pas même attaqué/'

*^Vous le voyez, deux armées sont deux Corps qui se rencontrent et s'effraient ; il y a un moment de terreur panique ; il fiiut savoir le saisir. Tout cela n'est que Ve&^ d'un principe, mécanique et moral: cela n'exige que de l'habitude ; quand on a assisté à plusieurs aiïaires, on distingue ce mom^t sans peine.: c'est une chose aussi fiu:ile qu*uM addition.

DE NAPOLÉON.^ l6f

^* En entrant pour la première fois en Italie, j'y avais trouvé un gouvernement, un peu despotique à la vérité, mais qui administrait avec douceur. Cette fois tout était changé.

Ce pays était -en butte à une réaction furieuse : on avait emprisonné, condamné, mis à l'amende tous ceux qui avaient joué quelque rôle p^rmi nous. J*avais nommé à difiërens emplois de la république Cisalpine des partisans de P Autriche, parce que mon système est de paralyser la grande masse, afin que le pays oii je porte la guerre ne devienne pas un champ clos. Eh bien! tous ces individus placés par moi ont été regardés d'un mauvais ceil, à cause de la haine qu'on portait aux révolutionnaires.

*^ Ajoutez à cela que les Anglais, les Russes, et le» Turcs, en méprisant la religion du pays en proportion du scrupule avec lequel ils observaient la leur, avaient tout-à-fait indisposé les Italiens, qui tiennent au culte extérieur beaucoup plus que nous ne le faisons en France. Les Bons Allemands perdaient soixante pour cent, et on était obligé de les recevoir comme espèce ; c'est ce qui acheva d'aliéner à T Autriche Taffection des Italiens. Ceux*ci étaient enchantés de voir que nous

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