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bert : «J'enrage, écril-il (à M™* du Deffand toujours), d'être à cent lieues de vous, car je n'ai ni l'ambition ni hi vanité de César : j'aime mieux être le dernier, et seulement souffert dans la plus excellente compagnie, que d'être le premier et le plus considéré dans la mauvaise, et même dans la commune; mais si je n'ose dire que je suis ici dans le premier cas, je puis au moins vous assurer que je ne suis pas dans le second : j'y trouve avec qui parler» rire et raisonner autant et plus que ne s'étendent les pauvres facultés de mon entendement, et l'exercice que je prétends lui donner. » Ces regrets, on le sent bien, sont sincères, mais tempérés ; il n'a pas honte d'être provincial et de s'enfoncer de plus en plus dans la vie obscure : il envoie à M"® du Deffand des pâtés de Périgord, il en mange lui-même (1) ; il va à la chasse malgré son asthme; ii a des procès ; quand ce ne sont pas les siens, ce sont ceux de ses frères et de sa famille. Ainsi s'use la vie ; ainsi finissent, quand ils ne meurent pas le jour d'avant la quarantaine, les meilleurs même des chevaliers et des amants.
Il mourut non pas en 4758, comme le disent les biographies, mais bien deux ans plus tard. Un mot d'une lettre de
(i) Voir, dans le premier des deux volumes déjà indiqués (Correspondance de M°>e du Deffand, 1809), pages 334 et 347, des passages de lettres du comte Desallcurs, ambassadeur à Constantinople ; en envoyant ses amitiés au chevalier, il le peint très-bien et nous le rend en quelques traits dans sa seconde forme non romanesque, qui ne laisse pas d'être piquante et de rester très-aimable. — 11 ne faudrait pas d'ailleurs prendre tout à fait au mot le chevalier (on nous en avertit) sur ceUe vie de Mayac et sur le bon marché qu'il a l'air d'en faire. Le château de Mayac était, durant les mois d'été, le rendez-vous de la haute noblesse de la province et de très-grands seigneurs de la cour ; on y venait même de Versailles en poste, et la vie était loin d'y être aussi simple que le dit le chevalier. Notre vénérable et agréable confrère, M. de Féletz, nous apprend là-dessus des choses intéressantes qui sont pour lui des souvenirs. Jeune, partant pour Paris en 1784, il fut conduit par son père à Mayac, où vivait encore l'abbé d'Aydie, frère du chevalier, et plus qu'octogénaire ; U reçut du spirituel vieillard des conseils. Un jeune homme de qualité ne quittait point, en ce temps-là, le Périgord sans avoir été présenté à Mayac; c'était le petit Versailles de la province. — Voir ciaprès la note (t).