COUBS DE L'BISTOIRE DE LÀ PHILOSOPHIE MODERNE, 8 TOL. IN
M. Cousin a eu une heureuse idée , celle de revoir , de retrouver en quelque sorte son Cours de 1815 à 1820, et de le donner au public aussi fidèlement qu'il a pu le ressaisir, mais sans se faire faute au besoin de suppléer Téloquent professeur de ce temps-là par le grand écrivain d'aujourd'hui. Ce premier Cours, en efifet , qui marquait l'éclatant début de M. Cousin dans la carrière de l'enseignement, ne subsistait jusqu'à présent que dans des rédactions d'anciens élèves qu'on avait pris soin de recueillir et de publier, il y a quelques années. En s'y reportant lui-même à son tour^ en repassant sur ses anciennes traces, le maître vient d'y répandre la lumière qui est inséparable de sa plume comme de sa parole; il n'a pu sans doute rendre à ces premiers canevas tout le développement et tout le souffle qui s'est évanoui avec l'improvisation même ; mais il a su y mettre partout la précision, la netteté, l'élégance, indépendamment de quelques riches et neuves portions dont il les a relevés ; il a su faire enfin de celte suite de volumes sérieux un sujet de vive et intéressante lecture.
On y saisit bien à son point de départ et à son origine la moderne école philosophique qui est devenue plus tard l'éclectisme, et qui n'était encore à ce moment que le spiritualisme. Je regrette presque pour elle qu'elle n'ait pas gardé ce premier nom qui , en la spécifiant d'une manière moins distinctive, la définissait pourtant avec largeur et vérité. II est toujours piquant de revenir après des années sur des œuvres