L*ABBÉ EMERY
si éclatants, pour que le rival de César et d'Alexandre devienne Témule de Tibère à Caprée ?
Dans le livre de M. Élie Méric, Napoléon, Premier Consul et Empereur, nous apparaît tel que nous nous rélions toujours représenté : despote, irascible, inégal, absolu, enclin à faire de sa volonté souveraine une partie essentielle de la religion de J'Ëtat, pas assez croyant pour comprendre que cette religion doit dominer tous les intérêts terrestres ; pas assez humain pour se dire que n'admettre le christianisme que comme un instrument de règne et un ressort de gouvernement, c*est s'exposer à ce qu'il se retourne tôt ou tard contre la main qui le profane en l'employant; — mais ayant du moins le mérite, au milieu d'un entourage d'athées, de généraux sans foi ni loi et de femmes galantes, de poursuivre énergiquement son idée de reconstilulion de l'Église catholique, ravivée par ses douleurs et renaissant sur ses ruines. Si, après avoir lu les deux volumes de M. Élie Méric, on reconnaît que l'abbé Emery fut un type de piété inflexible, de vertu, de douceur et de sagesse, on m'accordera peut-être que l'homme revêtu d'un pouvoir sans limites qui, sauf quelques crises et quelques bourrasques, sut constamment s'accorder avec ce modèle de perfection chrétienne, ne fut ni un ogre ni un monstre.
2 septembre 1887.