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Le marbre a été terminé sous la direction de M. Duret

SIMART. 117

Il y a au château de Dampierre, chez M. le duc de- Luynes, une salle que M. Ingres devait décorer de deux grandes peintures, l'Age d'or et l'Age de fer. L'œuvre est célèbre avant d'être achevée î M. de Luynes demanda à Simart quatre compositions, quatre frises qui devaient compléter la décoration monumentale. Simart était libre, il devait seulement faire concorder l'ordonnance générale de son travail avec les sujets choisis par M. Ingres*.

Simart a donné pour emblèmes à l'Age d'or la moisson et les vendanges, à l'Age de fer la guerre et l'esclavage; et il a imprimé à ces compositions un si beau caractère, un style si pur, qu'il a pu croire sans orgueil que le Génie qu'il invoquait sans cesse l'avait cette fois animé de sa grâce, inspiré de sa puissance.

Nous n'essayerons pas de décrire ces bas-reliefs : nous ne réussirions pas à faire apprécier le charme et la grâce des uns, la fermeté et l'énergie des aulres. Ils sont beaux par l'abondance de la composition, la richesse des épisodes, l'heureux clix)ix des détails, le mérite de l'exécution; et c'est l'avib de quelques juges éclairés que, si un jour des fragments de ces sculptures venaient à être trouvés gisant sur le sol, on pourrait les attribuer à quelque belle époque de l'antiquité. Mais nous sommes, grâce au ciel, à l'abri de ce désastre, qui ne saurait manquer de produire une polémique des plus instructives, et tout à l'avantage de Tauteur des bas-reliefs.

1. Ces compositions sont antérieures aux bas-reliefs du tombeau de Napoléon. Elles ont été exécutées de 1841 à 1843.

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C'est alors que M. de Laynes eut la belle pensée de faire une restitution de la Minerve du Parthénon^ non point dans la dimension de l'œuvre primitive, mais ré* duite à une proportion qui serait encore colossale ^ Plein de confiance dans le talent qu'il avait eu occasion d'apprécier, il chargea Sîmart de l'exécution de ce grand travail *.

Les beaux-arts, étroitement liés à la poésie, au sentiment religieux, à l'amour de la patrie, occupent une place considérable dans Thistoire de l'humanité, et les grands noms de l'art des temps antiques nous apparaissent entourés d'un merveilleux prestige. La clarté qu'ils répandent traverse la profondeur des siècles, comme la lumière des astres traverse l'immensité des cieux. Aussi rien de plus capable dUntimider un artiste que la pensée de se mesurer pour ainsi dire avec un de ces noms éclatants. Ne sera-t-il pas écrasé dans la lutte? Comment s'élever à la souveraine beauté? L'esprit de Phidias descendra-t-il dans l'atelier du sculpteur téméraire? Quoi de plus beau qu'une œuvre qui n'existe plus î El comment réaliser un rêve de perfection ineffable !

D'autres difficultés troublaient encore le libre arbitre de l'artiste. La description laissée par Pausanias donnet-elle des lumières suffisantes ? L'autorité si respectée de Quatremère de Quincy n'a-t-elle pu être atténuée par des études plus récentes ? Tout n'est-il pas matière

1. La Minerve du Parthénon avait eDYiron quarante pieds de haut. Celle de Simart a neuf pieds.

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