‹ Derniers souvenirs et portraitsChapitre 24 sur 48 · Tome III, chap. iv · texte numérisé non relu

Tome III, chap. iv

à M. Leyassenr, dont la voix mordante et acérée exprima merveilleusement les angoisses paternelles du démon. On trouve ai^ssi dans cefiMémoires le récit des incidents qui agitèrent la première représentation. Vn portant ^ armé de son appareil s'abat sur le théâtre aux pieds d'Alice* éperdue. Un nuage épais, tout garni de fer, brise ses liens^ tombe du ciel, et menace mademoiselle Taglioni, qui prend la fuite avec ses nonnes. Robert, englouti dans une trappe, est forcé de suivre Bertram aux enfers^. On. lit enfin dans l'ouvrage de M. Véron

i. On nomme portants, dans le vocabulaire du machiniste, de lourdes et longues pièces de bois^ fichées dans les coulisses^ munies d'échelons en fer serrant aux manœuvres des lampistes^ et auxqueUes on accroche du haut en bas une série de lampes ou quinquets. C'est un de ces portants, garni de ses lampes allumées^ qui s'abattit sur le théâtre au troisième acte de Robert,

2. Mademoiselle Dorus^ aujourd'hui madame Dorus-Gras^ créa le rôle d'Alice. Mademoiselle Falcon débuta dans ce rôle en 1832.

3. M. Véron raconte cet incident avec des détails très-curieux. « A la suite de l'admirable trio qui sert de dénoûigent à Touvra^e, Bertram devait se jeter seul dans une trappe anglaise pour retourner vers l'empire des morts; Nourrit, converti par la voix de Dieu, par les 4)rières d'Alice, devait, au cootraire, rester çur la terre pour épouser enfin la princesse Isabelle; mais cet artiste, passionné, entraîné par la situation, se précipita étourdiment à la suite du dieu des enfers. Il n'y eut plus qu'un*cri sur le théâtre : « Nourrit est tué ! » Mademoiselle Dorus, que n'avait pu émouvoir le danger qu'elle a§ait couru personnellement; quitta la scène, pleurant à sanglots; il se passait alors sur le théâtre, dans le dessous et dans la salle, trois scènes bien diverses. Le public, surpris, croyait que Robert se donnait au diable et le suivait aux sombres bords. Sur la scène, ce n'étaient que des gémissements et du désespoir. Au moment de la chute de Nourrit, on n'avait "point encore, heureusement, retiré l'espèce de lit et les matelas sur lesquels tomba M. Levasseur. Nourrit sortit de cette chute sain et sauf. Dans le dessous du théâtre, M. Levasseur, calme, regagnait tranquillement sa loge : « Que diable faites-vous ici? dit-il à Nourrit en le rencontrant; est-ce qu'on a changé le dénoùment?» Nourrit se press:ait trop de venir rassurer tout le monde par sa pré-

rémotion du public, les grands effets produits, et l'installation complète de ce chef-d'œuvre, qui devait rayonner de la salle de TOpéra de Paris sur tous les théâtres du monde.

Les circonstances qui précèdent l'apparition d'un ouvrage lyrique, dans les conditions de notre grand théâtre, sont souvent intéressantes, et un livre qui raconterait l'histoire ffun opéra avant sa naissance^ les phases diverses par lesquelles passent l'œuvre et les auteurs, pourrait élre très-curieux ; il y a un abime entre l'idée première d'un opéra et la représentation. Les difficultés d'exécution se compliquent d'une foule d'embarras accessoires. Le théâtre de l'Opéra de Paris est semblable à une armée en permanence, toujours sur le pied de guerre, livrant des combats journaliers ; il lai faut d'habiles généraux, des soldats vaillants et un matériel immense. L'ennemi, c'est le public; mais il ne demande pas mieux que de se laisser vaincre, et il paye volontiers les frais de la guerre.

Il est des esprits charmants, un peu sceptiques, un peu railleurs, qui n'aiment pas l'Opéra français ; il y a aussi des esprits solides et sérieux qui ne comprennent pas non plus ce genre dé divertissement, et, en se mettant au point de vuie particulier de ces esprits aimables et de

sence, pour engager une conversation avec son camarade Bertram; il put enfin reparaître, entratnant avec lui mademoiselle Dorus, pleurant alors de joie. D'unanimes applaudissements éclatèrent dans toute la salle, le rideau tomba, et les noms des auteurs furent proclamés au milieu d'un enthousiasme frénétique. Nourrit se fit saigner le soir même, et la seconde représentation fut retardée d'un jour. » (T. III, p. 165.)

ces esprits sérieux, qui peuvent être aussi très-aimables, il faut convenir qu'ils ont parfaitement raison. Dans l'opinion de ces personnes, l'Opéra français devrait Stre ce que sont quelques théâtres étrangers, une sorte d'exhibition de chanteurs, de chanteuses célèbres, de danseuses agréables, une distraction élégante à l'usage des gens du monde, propre à favoriser la digestion, à l'entourer de songes gracieux. Cette tendance utilitaire est un des symptômes du temps. Les plaisirs sérieux ne sont guère à la mode. Le vaudeville menace la tragédie» et l'opérette a de meilleures chances que l'opéra. Que les opéras de grande dimension ne soient ^pas du goûl de la belle société, c'est un fait contre lequel il n'y a pas de discussion possible; le spectacle, d'ailleurs, commence trop tôt, et, à cause des habitudes actuelles, un adoucissement dans la durée des grands opéras est nécessaire, immanquable: il s'accomplit ^ Mais d'autres personnes pensent qu'il ne faut pas pour cela détruire le caractère de l'opéra français. Louis XIV, et Lulli sous l'inspiration du grand roi, lui ont imprimé, en le fondant, un cachet de grandeur qui lui assigne une place spéciale dans l'histoire de Part, et qui est conforme à l'inslinct national. H est digne de remarque qu'en fait de distractions théâtrales, le peuple est moins frivole que les classes élevées ; les représentations gra-

1. Il est très-probable que désormais la plus grande dimension des opéras sera de quatre actes. Déjà Guillaume Tell, la Favorite, n'aTaient pas excédé cette dimension. Pierre de Médicis, du prince Poniatowski, qu'on représente maintenant avec un grand succès^ est en quatre actes.

tuites le monlrent ardent à rechercher la tragédie et le grand drame lyrique, qui lui plaisent et le passionnent; et il est bizarre que le grand goût de Louis XIV et de sa cour se soit conservé dans le cœur du peuple. Les vers de Corneille, de Racine, de Molière charment les gens comme il faut« qui les savourent et les apprécient; le peuple les aime avec son instinct; ce qui est grand le frappe, et il admire avec joie. Certes, nous ne voulons pas dire que tout ce qu'on a représenté sur notre scène lyrique soit excellent, mais, quand un opéra français est bon, il reste comme un monument. Si notre Opéra n'existait pas, il est presque certain que les œuvres de Gluck, que la Vestale, Femand Cortès, la Muette, Guillaume Tell, Robert , les Huguenots, le Prophète, la Favorite y qui sont nés à Paris, que Paris a

tenu sur les fonts de baptême, manqueraient au grand art de la musique ; et, quand nous disons c un opéra français, » nous ne voulons pas dire écrit par un maître français, mais écrit pour notre public, dont l'esprit intelligent comprend toutes les belles choses, apprécie les génies les plus différents, et qui applaudit les maîtres au théâtre et au Conservatoire. L'Opéra de Paris est un musée, un temple ouvert aux dieux étrangers, et il met à leur service la poésie, la musique, la grâce du ballet, la splendeur du spectacle.

Robert le Diable réunissait toutes les conditions du beau drame lyrique, et il a eu le destin des grandes œuvres.

IX. — NOURRIT AUTEUR DE BALLETS. — LA SYLPHIDE. — LA TEMPÊTE. LE SERMENT. — GUSTAVE m.— DON JUAN. — ALI-BABA. ~ LA JUIVE.

Nourrit trouva, sans l'avoir cherchée, l'occasion de s'exercer et de réussir dans un genre tout à fait étranger aux fonctions de premier ténor. Il fit deux excursions, dont une fort heureuse, dans le domaine de la chorégraphie, et contribua pour une part importante aux succès de deux danseuses renommées.

Nourrit aimait le théâtre. Il avait Tesprit poétique et ingénieux. M. Véron lui demanda un programme de ballet pour mademoiselle Taglioni, et il écrivit le scénario de la Sylphide^ dont M. Taglioni père régla et dirigea la partie purement chorégraphique. Ce litre, la Sylphide, est devenu populaire, parce qu'il résume en un mot la grâce et le charme de la célèbre danseuse, et le ballet, un des meilleurs ouvrages de ce genre, reste au théâtre et maintient avec honneur le nom de Nourrit sur Tafflche de TOpéra. Plus tard, pour le début de mademoiselle Fanny Elssler, Nourrit donna le programme du ballet de fa Tempête^. La musique trèsremarquable de ces deux ouvrages est due au compositeur Schneitzhoeflfer. Celle de la Sylphide est riche, animée, colorée; la symphonie qui, au commencement

1. La Sylphide fut représentée le 12 mars 1832; la Tempête y le 15 septembre 1834. Le titre, l'idée première et quelques détails seulement de ce ballet étaient empruntés à Shakspeare. Tout le reste était de rinvention de Nourrit. Mademoiselle Elssler remplissait le rôle de la fée Alcine. M. Coralli avait réglé les danses.

du" second acte, annonce et décrit le lever du soleil,

est appréciée comme un excellent morceau.

Consacrons un souvenir à la mémoire de ce compositeur, dont Tesprit bizarre et original est souvent cité dans les conversations intimes de TOpéra. Il avait fait de bonnes études musicales, jouait de presque tous les instruments,. était très-habile pianiste, et avait Timagination facile. Mais ces heureuses qualités lui furent peu profitables. Il liii aurait fallu, pour prendre parmi les maîtres la place dont son talent le rendait digne, un caractère moins insoucieux, plus de suite dans les idées, moins d'horreur du travail, et peut-être un nom moins difficile à prononcer *.

Nourrit parut ensuite dans le Serment, de Scribe et Auber ; dans Gustave III, des. mômes auteurs ; dans

1. Schneitzhoeffer avait d'abord été timbalier à l'orchestre de rOpéra. Il voulait quitter cette place, qui lui était devenue insupportable ; mais Habeneck tenait à le conserver^ parce qu'il avait beaucoup de précision et de mesure, et qu'il connaissait bien la pratique de cet instrument. Schneitzhoeffer résolut alors de se faire renvoyer. Un, soir, pendant la représentation d'un ballet, il exécuta^ au moment le plus paisible d'un pas de deux gracieux, un formidable roulement de timbales, qu'il soutint avec fougue pendant deux minutes, à la grande stupéfaction d^Habeneck, des danseuses et du public, jeta à plusieurs reprises ses baguettes en IVir, les reçut comme un jongleur, et quitta Torchestre. Il fut amnistié plus tard, et rentra à TOpéra en qualité 'd'accompagnateur et de second chef du chant. Il a composé la musique de plusieurs ballets, entre autres, en 1826, celle de Mars et Vénus, ou les Filets de Vulcain, qui eut un grand succès. La Tem^ pète fut son dernier ouvrage. Son nom faisait son désespoir. On l'appelait au théâtre Chênecerf. Il voulait qu'on l'appelât Bertrand. Il mettait sur ses cartes de visites Sclwieitzhocffer [prononcez Bertrand), Il avait aussi composé la musique de Proserpine, ballet dé Gardel, représenté en 1818. L'ouverture de ce ballet a été exécuté plusieurs fois aux concerts du Conservatoire.

Ali'Baba^ de Chërubini. et dans le Don Juan, de Mozart, transporté en 1834 sur notre scène.

L'idée de monter dignement Don Juan à TOpèra fftait heureuse et praticable ; la troupe en donnait facilement le moyen. Nourrit avait toutes les qualités d'un don Juan. Levasseur était un Leporello excellent. Lafond, qui avait une très-belle voix, osa. chanter don Oltavio, et se fit applaudir dans Tair charmant et redoutable triomphe de Rubini. Prosper Dérivis était bien la solide et retentissante statue du commandeur. Les rôles de dona Anna, de Zerline, d'Elvire, confiés à mesdames Falcon, Damoreau et Dorus, furent rarement aussi bien chantés, aussi bien remplis, qu'ils le furent par ces habiles cantatrices. Mais le désir de faire du spectacle égara l'ambition trop ardente du metteur en scène et le zèle du chorégraphe. Quelques apparitions fantastiques ne furent pas du goût du public, et la musique de Mozart ne s'en accommoda pas. Toutefois on rendit justice à la bonne exécution des rôles, à l'ensemble, à la vigueur des chœurs et de l'orchestre, et on reconnut qu'une pensée essentiellement musicale avait présidé à cette tentative, qui aurait réussi, si des accessoires dangereux n'avaient donné une juste prise à la critique.

Un conte célèbre des Mille et une Nuits^ Ali-Baba ou les Quarante Voleurs, avait servi de prétexte à l'arrangement d'une partition inédite de Chérubini, intitulée Koukourgi, composée en 1793, époque peu favorable à la production d'un opéra nouveau. Ce Koukourgi était un mandarin^ une sorte de héros chinois, avare

et poltron. Chàrubini déposa sa partition terminée dans un portefeuille ; elle y dormit paisiblement pendant autant d'années qu'il y avait de voleurs dans le conte arabe qui devait servir à sa résurrection*. MM. Scribe et Mélesville, à qui on fit entendre quelques-uns des beaux morceaux de cette partition, entre autres un trio de dormeurs très-original et d'un caractère excellent, voulurent la faire connaître au public, et ils arrangèrent un Ali'Baba sur les principales situations de l'œuvre inédite. Cbérubini, alors âgé de, soixantetreize ans, soutint vaillamment et acheva rapidement le travail de ce& arrangements; mais, peu confiant dans le succès d'un ouvrage ainsi remanié, et que M. Véron n'avait accepté que par un sentiment de respect et de déféreace, il ne voulut point s'exposer à des émotions qu'il aurait supportées impatiemment. Après la dernière répétition générale, il partit tranquillement pour Versailles, ayant supputé avec soin, avant de se mettre en route, la durée des actes et des entr'actes. Le jour de la première représentation, lorsque l'horloge du château de Versailles sonna huit heures : « Maintenant, ditril, on commence l'ouverture; » il regarda sa montre d'heure en heure, ou plutôt d'acte en acte. A onze heures vingt-cinq minutes Ali-Baba était terminé à sa montre , qui , disait-il , allait très-bien , et marquait

1. Ali'Baba fut représenté en 1833, le Î2 juillet. Nourrit, Levasseur, mademoiselle Falcon remplissaient les principaux rôles. M. Duyeyrier-Mélesville, père de notre spirituel contemporain, était l'auteur de la pièce primitive Koukourgi, qui était en trois actes, comme Ali'Baba,

Theure de l'Opéra. Il se mit au lit, dormit parfaitement, ne revint à Paris qu'après avoir reçu une dépêche rassurante, et n'alla jamais voir cet opérai dont il ne parla plus que pour dire : « Il est trop vieux pour vivre longtemps. Il avait quarante ans en venant au monde, t

En 1836, Nourrit joua le rôle du juif'Éléazar.

C'est par une belle soirée d'été, dans le parc de MontalaisS que M. Scribe me conta pour la première fois le sujet de la Juive, qui m'émut profondément, et je conserverai toujours le souvenir de cet entretien qui se rattache à une des époques les plus intéressantes pour moi de ma vie d 'artiste. Dans Texposition que M. Scribe me fit du sujet, de la manière dont il entendait le traiter, le rôle du chrétien Léopold, amant de la juive RacheL était destiné à Nourrit. Ëléazar, le p&re, eût été dévolu à Levasseur, et le cardinal à Dabadie. Mais, lorsque je commençai à m'occuper de la partition, je fus frappé des accents nouveaux que donnerait à la musique la voix de ténor, la voix de Nourrit, dans un rôle de père. Je gagnais ainsi dans le rôle de cardinal, qui est père aussi, la voix et le talent de M. Levasseur. M. Scrilje fut de mon avis, et d'un commun accord nous donnâmes le poëme à lire à Nourrit, le laissant maître de choisir son rôle. < Mon choix n'est pas douteux, nous diUil quelques jours après, j'aurai des entrailles paternelles. » Nourrit, en s'associant ainsi à notre désir, était animé du sincère

i. Le château de Montalais^ près Meudon, était alors la résidence d'été de Scribe. Cette résidence est devenue depuis la propriété du maréchal Saint-Arnaud.

amour de son art. Le ténor^ nous Tavons dit, tient à ses prérogatives d'amoureux. Il craint, en se grimant, de perdre à jamais le prestige de la jeunesse, et de laisser aux spectateurs, et surloul aux spectatrices, le souvenir durable d'un masque fâcheux, et l'empreinte trop hâtive de cet âge fatal que Tart du comédien est habile à cacher. Mais Nourrit .était assez jeune et se sentait assez fort pour affronter ce danger, et il s'y livra noblement dans l'intérêt commun.

Nourrit nous donna d'excellents conseils. Il y avait au quatrième acte un finale; il nous demanda de le remplacer par un air. Je fis la musique de l'air sur la situation donnée; Nourrit demanda à M. Scribe Tautorisalion de faire lui-même les paroles de l'air dont la musique était faite. Il voulait choisir les syllabes les plus sonores, les plus favorables à sa voix. M. Scribe, généreux, parce qu'il est riche, se prêta de bonne grâce au désir du chanteur, et Nourrit nous apporta peu de jours après les paroles de l'air :

Rachel, quanJ du Seigneur la grâce tutélafre...

Qu'on me pardonne d'avoir si longuement parlé de la Juive. Je sais celte histoire mieux que les autres histoires que j'ai eues à raconter, et je la raconte comme je la sais. Je me suis, d'ailleurs, laissé entraîner par le désir de consacrer un souvenir à Nourrit, à M. Levasseur, à mademoiselle Falcon, à madame Dorus, aux autres artistes qui m'ont prêté le concours de leur talent et de leur bonne volonté. Je remercie en

môme temps M. Véron, qui n'a pas craint de dépenser beaucoup d'argent pour monter cet opéra, et M. Duponchel, qui a fait faire de si belles armures. Les chevaux bardés de fer, les hommes d'armes qui entouraient l'empereur Sigismond, ont soutenu et protégé le compositeur et la partition.

X. — DIRECTION DE H. DUPONCHEL. — LES HUGUENOTS. — ESMÊRALBA. STRADELLà. — PREMIÈRE LETTRE DE NOURRIT.

Dans la quatrième année de sa direction, M. Véron céda le pouvoir à M. Duponchel. On trouve, dans les Mémoires que nous avons cités*, les motifs qui amenèrent cette abdication, et de curieux détails sur la manière dont elle s'accomplit.

M. Duponchel, à son avènement, eut la bonne fortune de trouver le second chef-d'œuvre de Meyerbeer, les Huguenots^ prêt à être livré au travail des répétitions. Nourrit se montra ce qu'il était toujours. Ardent à l'étude, habile à se transformer, appliquant au profit du chant et de la vérité dramatique toutes les richesses de son intelligence, il fut calviniste fervent dans Raoul, comme il avait été juif fanatique dans Ëléazar, bon catholique dans Robert. Les Huguenots furent représentés le 29 février 1836. Il est inutile de parler plus longuement d'un ouvrage toujours jeune, et qu'on applaudit tous les jours.

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