‹ Derniers souvenirs et portraitsChapitre 28 sur 48 · VArmide de Lulli a été jouée en 1686, VArmide de Gluck en · texte numérisé non relu

VArmide de Lulli a été jouée en 1686, VArmide de Gluck en

pressait dans la salle éclata en transports frénétiques Tous les vers qui prêtaient à une allusion quelconque furent applaudis avec enthousiasme; et cependant ces allusions, pour la plupart^ manquaient de justesse. On n'avait pas « banni » le chanteur, qui s'exilait de son plein gré. On ne pouvait voir dans « le ûer Gernaud » le nouveau ténor, qui n'avait pas encore débuté et que le public inconstant devait acclamer quelques jours après ^ M. Duponchel était-il l'image de Godefroy? Mais tout cela n'était qu'un prétexte; on n'entendit à traversées allusions, dont on ne cherchait pas à vérifier l'exactitude^ que les adieux d'un grand artiste qu'on chérissait et qu'on admirait. Ce qui était vrai, ce qui était dans le cœur et dans l'esprit de tous les assistants, c'est qu'on « souhaitait le retour » du proscrit volontaire ! Nourrit aimait rOpéra d'un cœur jaloux. Il voulait être aimé seul et sans partage. II quittait le théâtre cx)mme on quitte une épouse infidèle. Jamais séparation ne fut accomplie avec plus de décision d'une part, et accompagnée de l'autre d'autant de témoignages de regrets profonds et d'affection sincère.

Nourrit quitta Paris peu de jours après, commençant dès ce moment le voyage dont il a parlé dans la lettre que nous avons citée. Il parcourut les principales villes de France et de Belgique, toujours accueilli avec enthousiasme et toujours regretté. Une fête brillante lui fut donnée à Bruxelles. II ne poussa pas plus loin ses excursions de ce côté et n'alla pas en Allemagne,

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