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Sur le lac de Côme

on lui Tait des propositions en France qui lui conviennent, et il est probable que Polyeucie * est le dernier opéra qu'il écrira pour son pays.

Dépôchez-?ous donc; J*ai déji\ en tête une demi-douzaine de plaos d*opéra qui pourront vous aller ; nous n'aurons que l'embarras du choix. La grande affaire pour nous est aujourd'hui de réussir, et, pour cela, il faut bien nous soumettre à toutes les exigences du public, à qui nous venons demander des applaudissements ; commençons par lui donner seulement ce qu'il aime, et puis, quand il nous aura adoptés, peut-^tre voudra-t-il nous suivre dans la route ooavelle où nous pouvons le conduire. Mais réussissons, réussissons à tout prix. Je dois pourtant avouer que, malgré mon désir de me conformer entièrement au goût du public, je n'ai pu m'empècher de donner au libretto que l'on écrit pour moi une tournure un peu étrange pour ce pays.

Le maestro se pique, je crois, d'honneur,' et donne tout ce qu'il peut donner de soins à cette dernière partition. Il l'écrit presque autant pour la France que pour l'Italie. 11 est vrai de dire qu'on s'en occupe plus à Paris qu'à Naples, et qu'il a déjà reçu de plusieurs éditeurs de musique de Paris des offres pour la vente de cet ouvrage qu'il écrit pour moi, sans que le titre même en soit connu. Ce titre va, peut-être, nous causer un peu d'embarras; car nous avons affaire à un conseil de révision très-sévère, et,' comme notre héros est un saint, il est très-possible qu'on nous force à le débaptiser, ou plutôt à le baptiser autrement, car il faut bien que notre martyr reste chrétien, quel que soit le nom qu'on lui donne. Ceci me fait penser qu'il faudra réserver pour la France le beau sujet dont nous avons parlé ensemble, le sujet tiré des Promessi Sposi,

Adieu, mon cher ami... Ma famille regrette autant que moi qu'il y ait si loin de Naples à Bellaggio ; la société de madame votre mère rendrait ma femme bien heureuse, et mes enfants seraient en bonne disposition de se laisser gâter par elle et par vous, qui les avez mis sur ce pied. Pensez à nous autres aussi souvent que nous pensons à vous, et aimez-nous comme nous vous aimons.

Tout à vous de cœur. Ad. Noorkit.

1 . Oa verra plus loin que Polyeucie, ou plutôt Poliutto, ne put être représenté à Naples. Donizetti le fit jouer à l'Opéra de Paris, sous le titre (\es Martyrs, en 1840. On l'a donné récemment au Théàtre-It^' lien sous son titre primitif, Poiiutto.

Ma femme trouve ^ae je De lui avais pas dit assez bien tout ce qu'il y avait pour elle dans vos lettres; Je crois que, pour la contenter, il faudra que vous vous passiez de mon intermédiaire, et que vous loi disiez directement toutes les jolies choses que vous lui adressez.

Il y a huit prime donne engagées à San-Carlo, et, bien qu'à Teiception de la Roozi, toutes ces dames n'aient pas un grand talent, le public les accepte; je ne vois donc pas de place pour mademoiselle P...; si vous la voyez, rappelez-moi à son souvenir, et faites-lui mes compliments, ainsi qu'à son père.

Naples, 16 DOtembre 1838*

Mon cher ami,

Avant de tous dire toutes les raisons qui m'ont empêché de vous écrire tout ce temps-ci, je dois me dépêcher de vous annoncer qu'avant-hier j'ai fait enfin ma première apparition sur le théâtre de Saint-Charles, dans le Giuramento de Mercadante, et mon succès a été au delà de tout ce que je pouvais espérer, et au delà de tout ce qu'il était raisonnable d'attendre. Ce public napolitain , que l'on dit si froid, si difficile, a été pour moi d'une bienveillance extrême; dès les premières mesures que j'ai fait entendre, il m'a encouragé, et cette petite romance que chante Viscardo en entrant en scène a saffi pour assurer mon succès; on a jugé tout d'abord que je savais chanter, et tout ce qu'il y avait de nouveau, d*étrang3 dans ma manière de jouer, a été accueilli avec un plaisir qui s'est manifesté d'une façon bruyante. J'ai été rappelé cinq fois sur la scène, et les vieux amateurs de Saint-Charles disent qu'ils n'ont pas souvenance d'un pareil début à Naples. Je devrais peut-être mettre plus de modestie à vous parler de moi ; mais votre amitié a le droit de réclamer toute la vérité, quand cette vérité doit vous faire plaisir. Et puis j'ai payé ce succès par tant de chagrins, qu'il m'est pardonnable d'en jouir avec abandon.

Je ne suis pas étonné de tout ce qui vous a été dit sur mon compte ; car j'ai donné prise à tous les mauvais bruits qu'on a pu faire courir sur moi ; j'ai été un moment si découragé, si malheureux, que j'ai voalu quitter le théâtre, que j'étais prêt à tous les sacrifices pour

in DERNIERS SOUVENIRS ET PORTRAITS.

racheter ma liberté. Heareasement, J'ai eu affaire à un brave homme t Barbaja a compris ma position, a senti ma peine et a ea pitié de ma folie ; il n*a pas accepté ma proposition, et m'a forcé malgré moi à être raisonnable.

Vous savez que le Polyeucte a été arrêté par la censure; nous avons refait le libretto et changé nos chrédena en guèbfes; mais la révision n'a pas plus voulu des uns que des autres; c'est le sentiment religieux qu'on voulait proscrire, sous quelque forme qu'il se présentât. Vous pouvez deviner toute l'importance que J'avais attachée à débuter dans un opéra écrit pour moi, et dont le libretto avait été dicté par moi; aussi vous comprenez toute la peine que J'ai éprouvée en perdant l'appui sur lequel J'avais compté pour me présenter dnns la lice. Il fallut pourtant en prendre mon parti et choisir un autre opéra; Je demandai la Lucrezia Borgia, dans laquelle Donizetti ajoutait un air et une scène finale; mais, par prudence, nous changeâmes le titre de l'opéra, et nous fîmes de notre sœur de pape une Èlisa, duchesse de Milan. La censure reconnut le travestissement, et son veto vint encore me fermer la bouche au moment où Je commençais à savoir mou rôle. Donizetti m'offrit alors dé débuter par la Pia, qu'il avait écrit, il y a dix-huit mois, pour Venise; le rôle du ténor ne m'était pas sympathique, et Je refusai malgré tous les égards que Je devais au maestro.

Cependant il fallait débuter. J'aurais bien voulu le Guillaume Tell; mais comment obtenir l'autorisation de la police? Les uns me conspill aient ceci, les autres cela; au milieu de toutes ces incertitudes, moi. Je perdais la tête, si bien que, de guerre lasse, et surtout n'ayant pas la liberté du choix. Je finis par accepter Pw, malgré mes répugnances (c'était le seul ouvrage nouveau disponible). Je me mis à l'œuvre sans courage, et l'effet que faisait l'ouvrage aux répétitions n'était pas de nature à me donner la confiance en moi-même. Ajoutes à cela que, depuis six mois, je m'étais livré sans modération au travail que j'avais cru nécessaire pour donner à ma voix l'accentoatioa italienne ; J'avais si bien fait même, que j'avais tout à fait changé la nature de mon organe. Fatigue, dégoûts, découragement, tout se réunit pour m'ôter toute velouté d'aller plus avant. J'étais mécoatent de ma voix, J'étais mécoiitent de mon rôle. J'étais mécontent de la partition ; mais, comme je ne sais pas faire les choses de sangfroid, il fallut m'en aller au point de perdre la tête pour arriver à refuser un rôle déjà appris, déjà répété^ un rôle de Donizetti, et cela cinq ou six Jours avant la représentation. L'émotiou fut telle, que

je devins malade, et réellement je ne pourais plus chanter, ou du moins je n'avais plus la force de vouloir chanter, tant j'étais mécontent de tout ce que je faisais.

C'est alors que je voulais déchirer mon engagement, au risque de toutes les indemnités que je m'exposais à payer. Heureusement, Barbaja n'accepta pas, me débarrassa de mon mauvais rôle et me laissa le temps de me rétablir. Pour me donner l'envie de chanter, il me fit espérer Guillaume Tell, et, comme, après quelques jours de tranquillité, ma voix me revint, et qu'elle me revint telle que vous la connaissez, je repris courage. La permission de Guillaume Tell n'arrivant pas, je me déterminai à accepter le GiuramentOy et bien m'en a pris, car je ne pouvais désirer un plus beau succès que celui que je viens d'obtenir dans cet opéra. L'ouvrage entier a fait grande sensation, et depuis longtemps, à Naples, on n'avait vu une pareille réussite. Je vous écrirai avec plus de détails sur tout cela d'ici à peu de temps; mais j'ai tant à écrire depuis hier, que je fais mes lettres courtes. Barbaja ne m'a pas laissé le temps de respirer, il m'a fallu jouer deux jours de suite. Après la fatigue des répétitions, l'émotion du début, je n'aurais pas cru en avoir la force, et cependant j'en suis venu à bout, et le succès de la seconde représentation n'a pas été moindre que celui delà première. A votre tour maintenant. Tenez-moi bien au courant de ce que vous faites, et, moi, je vous promets de ne plus rester si longtemps sans vous donner de mes nouvelles. Aimez-moi toujours comme je vous aime. Votre ami.

Ad. Nourrit.

Naples, 7 jantier 1&39.

J'ai besoin que mes amis soient indulgents avec moi par le temps qui court ; car je suis dans une série d'occupations et de préoccupations telles, que je ne fais pas la moitié de ce que je devrais, de ce que je voudrais faire. Ainsi, voilà plus de quinze jours que je veux vous écrire, et il m* arrive chaque matin quelque bonne raison qui m'oblige de vous remettre au lendemain. £t puis je suis encore si incertain sur mon avenir en Italie, que j'attends d'avoir pris un parti définitif pour le dire à tous ceux qui s'intéressent à moi. J'ai demandé à C... s'il serait disposé à vous donner un libretto, ou du moins à vous le vendre (et c^est mille francs qu'il les vend) ; mais,

d'ici à lin an, toat son temps est pris, et Je ne le regrette pas beaacoup pour TOUS, bien que ce soit an homme de talent : le goût du midi de riialie n'est pas le goût du nord, et G... ne comprend les opéras que comme la révision les permet à Naples. Il y a bien ici un vieux poète qui ne manque pas d*idées dramatiques; mais on dit qu'il écrit mal^ et, aujourd'hui, on veut en Italie des libretti bien écrits.

il janvier.

Voilà un mauvais commencement de lettre que je vous écrivais sons l'influence do sirocco, et que je n'ai pas eu le courage d'achever, tant j'étais mal à l'aisé. C'est que vous ne savez pas ce que c'est que le sirocco j et Dieu vous en garde! Quand souffle ce vent d'Afrique, on n'est plus maître ni de ses actions ni de ses pensées; on est dominé par une influence maligne qui vous 6te toute force de faire bien quoi que ce soit; enfin, on vit comme un pauvre animal malade, on se traîne jusqu'à ce qu'on tombe dans un coin, où il faut qu'on vous laisse seul. Et nous avons ce vent-là une ou deux fois par semaine, ce qui nous fait acheter un peu cher les belles journées qae nous donne le soleil de Naples. Enfin, le voilà revenu, ce beau soleil, et j'en profite pour achever ma lettre.

Cependant, cela ne me satisfait pas entièrement, et, comme l'administration n'a pas un seul bon rôle à m'offrir d'ici à la fin de la saison, et que je ne vois pas arriver de chef-d'œuvre pour Tannée prochaine, je ne resterai pas à Naples au delà du présent engagement. Je ne sais même plus si je resterai en Italie, malgré toutes les propositions que j'ai reçues et pour Florence, et pour Turin, et pour Lucques, et enfin pour Milan ; car partout on veut que je chante quatre fois par semaine, et, moi, je ne veux m'engager qu'à trois représentations, quitte à en donner une quatrième si je suis bien disposé, mais sans y être forcé. Gela ne suffit pas aux directeurs, qui veulent absolument leurs quatre soirées assurées. Une autre difficulté qui empêchera que je ne m'arrange avec Merelli, c'est qu'il ne me donne aucune garantie pour les rôles que j'aurai à jouer ; je voulais pour le carnaval un opéra nouveau de Donizetti, le Poliutlo, ou an de Mercadante, écrit pour moi, et je ne puis avoir aucune assurance à cet égard.

ADOLPHE iNOURRlT. 195

Si an moins vous aviez débaté, si vous aviez réassi, J*aarais pu être sûr de faire quelque chose avec vous; mais nous avons tous deux besoin d*appui, et il y aurait danger pour nous à débuter ensemble, arrivant tous deux avec des idées nouvelles, avec des allures étrangères. Gomme je perds de Targent en Italie, si je n'ai pas la chance d'y gagner de la gloire, je ne vois pas pourquoi j'y resterais ; et, pour ne pas perdre reffet de mon beau succès à Naples, il est pent^tre prudent d'en rester là, et d'aller voir à Paris s'il n'y a pas quelque chose de bon à faire pour moi. Cependant, je ne prends encore aucun parti, car je ne veux renoncer à l'Italie que lorsque je serai bien convaincu qu'il n'y a pas d'avenir pour moi dans cette carrière.

J'ai reça de Paris plusieurs belles propositions, mais j'ai tout refusé provisoirement; ce n'est pas de Naples que je puis juger la position qu'il me convient de reprendre à Paris. Il faut que je revoie tout ce monde, ce public, ces théâtres, ces auteurs, avant de me remettre entre leurs griffes. Voilà où j'en suis, mon cher ami, combattu par mille idées diverses, aujourd'hui voulant ceci, demain désirant cela, et, en définitive, assez peu content du présent et fort incertain de l'avenir. Dieu veuille m*éclairer et me délivrer de la terre d'exil où je suis !

Adieu, mon cher ami ; je vous permets de ne pas me plaindre et de hausser les épaules; car je me rends la justice de me trouver bien déraisonnable et même quelquefois ridicule. Aimez-moi toujours.

Votre ami,

Ad. NooBRiT.

Naples, 24 janvier 1839.

Cher umi,

Vous avez pu deviner, par ma dernière lettre, les dispositions d'esprit où a dû me trouver la vôtre, et ai^ malgré le succès, je ne suis pas content de mon séjour en Italie, vous pouvez juger de l'impression que m'a fait la nouvelle du parti que vous avez pris d'ajourner la représentation de votre opéra, parce que, dites-vous, vous ne le trouvez nullement conforme au style et au goût italiens. Ma femme,

i»G DERNIERS SOUVENIRS ET PORTRAITS.

plus philosophe que moi, avait écrit une lettre de Romaine à madame Hiller, une lettre de femme forte sur le mépris du succès et sur la légèreté du jugement des hommes; mais je me suis permis de ne pas trouver la lettre de mon goût, et elle a été déchirée. J'ai voula vous eu écrire une qui fût plus conforme aux sentiments de tristesse qui me dominaient, et voilà que je me suis laissé aller à me monter la tôtc et que ma lettre ressemblait à un pamphlet contre les idées musicales de ce pays; je me suis fait justice à moi-même, et ma lettre a été retrouver celle de ma femme, si bien que le dernier courrier est parti sans vous porter un mot de nous. Cette fois, je vais tâchei' de prendre un juste milieu entre ma mauvaise humeur et la noble fierté de ma femme, et, vaille que vaille, ma lettre partira.

Vous ne m'en voudrez pas, cher ami, de n'être pas tout à fait aussi philosophe que vous, et de ne pas prendre aussi cavalièrement que vous le faites le silence auquel vous vous résignez maintenant ; moi qui ne suis plus un jeune homme comme vous, je compte les mo- > ments qu'il me sera permis de consacrer au théâtre. J'avais de beaux rêves sur votre succès; je nous voyais bientôt réunis et marchant tous deux dans une voie nouvelle; je croyais le moment venu de faire adopter à Tltalie Tharmonle allemande et la déclamation française, tout en luisKant sa belle part à la mélodie italienne, et voilà qu'il me faut encore attendre. Cependant je veux tâcher de ne pas être moins raisonnable que vous, et votre courage doit retremper le mien. Oui, je reconnais que vous avez mille fois raison, car vous êtes placé sur le terrain le plus difficile; votre titre d'Allemand sonnera toujours mal aux oreilles milanaises, et vous arrivez avec des allures étrangères. Si tout Naples n'avait pas su que j'ai passé huit mois à m'italianiser, on ne m'aurait seulement pas écouté; mais, en m'entendant, on a cru que j'avais appris en huit mois tout ce que je sais, et on a crié au miracle. Voilà comme quoi j'ai réussi ^.

Combien je regrette de ne pas être près de vous maintenant! Que de choses n'aurais-je pas à vous dire pour vous aider à drosser votre nouveau plan de campagne ! Je voudrais bien surtout être en position de vous servir autrement que par mes conseils, et payer de ma personne dans la première bataille que vous livrerez.

J'attends une dernière réponse de Merelli, qui décidera du parti

. 1. On voit combien Tinquiétude et le mal du pays, ayant altéré la droiture du jugement de Nourrit, le rendaient injuste envers lui-même et envers le public qui Tavait applaudi.

que je prendrai : cependant, quoi qu'il arrive, Je pense que Je resterai encore cette année-ci en Italie, et peut-être pourrons-nous nous rencontrer. Tenez-moi toujours au courant de ce que tous comptez faire.

Quant à moi, Je lutte contre les atteintes du mal du pays, et je t&che de fortifier ma raison contre mes désirs; je t&che d'oublier Paris, puisque mes amis sont d*a?is que Je ne dois pas y revenir encore. Aussi j'ai refusé de belles offres qui m'étaient faites; cela était bien tentant ; mais j'ai résisté, et, bien que je ne sois pas content de ce que je fais ici, il me faut suivre les conseils de ceux qui m'aiment et prendre patience.

Hais voilà que je reviens à vous parler de moi quand je ne voulais penser qu'à vous. Il est vrai que tout cela est lié dans mon esprit de façon que je ne peux m'occuper de votre avenir en Italie qu'en pensant à la possibilité de nous retrouver et de faire quelque chose ensemble.

Ni vous ni moi, nous ne pourrons jamais être parfaitement houleux, parfaitement à notre aise dans ce pays; nous reverrons tous deux la terre promise, et la question est pour nous de savoir combien de temps il nous faut endurer l'exil, et de tâcher que nos ennuis présents tournent au profit de notre avenir.

En avant donc contre vent et marée ; si je m'arrange avec Merelli, je tâcherai de vous faire fabriquer ici quelque libretto favorable à ce que nous voulons faire tous deux, sans cependant heurter de front les sentiments italiens; si j'ai le bonheur de planter un jour ma bannière sur le théâtre de la Scala, il faut bien espérer que je serai assez fort pour vous faire écouter, et, quand on vous aura écouté, il faudra bien qu'on applaudisse.

Malgré tout le désir que j'ai de vous revoir, ne soyez pas surpris que je ne vous engag'e pas à venir à Naples. Un Napolitain fait la grimace toutes les fois qu'il dit le nom de musica francese ou ntusica tedesca.

Tout à vous de cœur.

Âo. Nourrit.

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