‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 18 sur 74 · PR0STAT1TES PAR EXCÈS DE CONGESTION · texte numérisé non relu

PR0STAT1TES PAR EXCÈS DE CONGESTION

affecter cette attitude sans éprouver une sensation do pesanteur prostatique fort gênante.

La congestion permanente que ces différentes causes provoquent ou entretiennent du côté de l'appareil génitourinaire constitue, à l’égard des phlegmasies prostatiques, une prédisposition très réelle.

Beaucoup d’auteurs ont d’ailleurs insisté sur le rôle étiologique de la congestion veineuse dans le développement des inflammations ou des engorgements de la prostate, et l’on ne saurait oublier que Mercier (1) , l’un des premiers, a entrevu les analogies qui peuvent exister entre l’hypertrophie prostatique et les cirrhoses du foie. Les atrophies consécutives à l’inflammation do la prostate et les progrès de l’anatomie pathologique donnent à ce rapprochement beaucoup de valeur.

Les phénomènes congestifs auxquels je fais allusion sont d’autant plus à redouter que plusieurs causes se trouvent, le plus souvent, réunies pour les produire : habitudes sédentaires, érections fréquentes et usage abusif du café, par exemple. Mais il faut noter que la plupart de ces causes sont incapables de jouer par elles-mêmes le rôle de causes déterminantes. Un excès de marche (2) ou de danse, les efforts do défécation résultant d’une

(1) Mercier, Recherches sur les maladies des organes urinaires et génitaux considérés spécialement chez les hommes âgés, Paris, 1841, p. 223 à 234.

(2) Tout récemment, M. Guyon a observé un phlegmon périprostaticpie développé sans cause appréciable sur un homme de 40 ans. Le malade n'offrait pas trace d’affection uréthro-prostatique antérieure. Des amygdalites à répétition, survenues dans son enfance, constituaient tous ses antécédents pathologiques. Le phlegmon s’était développé spontanément. Peut-être les courses en voiture répétées et quotidiennes, imposées au malade par ses occupations, ont-elles joué ici un rôle étiologique. En tous cas, il n’y a pas eu suppuration.

ETIOLOGIE.

constipation prolongée, peuvent, il est vrai , favoriser le développement d'une phlcgmasio prostatique au cours d’une blennorrhagie, mais le fait est probablement rare et, de toutes ces causes, la seule à laquelle il faille accorder un rôle étiologique réel, c’est la surexcitation sexuelle.

Je ne suivrai certainement pas Bosquillon (1) dans ses dissertations sur les désavantages comparés de la masturbation et du coït. Mais, ce qu’il importe d’établir très nettement, c’est que les excès de coït et les excès de masturbation ont une influence étiologique capitale sur la production des prostatites suppurées.

Ce n’est pas avec une « certaine dose de probabilité », comme le dit Thompson (2), mais avec l’appui d’observations parfaitement concluantes, que Ton est amené à cette conviction. L’observation que M. Tillaux a bien voulu me communiquer en donne un bel exemple (obs. XXX).

D'ailleurs, tous les cliniciens français partagent cette manière devoir, et M. le professeur A. Fournier (3) dit fort bien, en parlant des complications de la blennorrhagie , que si les accidents prostatiques se développent parfois sans provocation aucune et par le seul fait de l’existence d’une cliaudepisse , il est plus habituel qu’ils se manifestent à l’occasion d’excitations accidentelles de l’urèthre, parmi lesquels il convient de placer en première

(1) Bosquillon, Add. à la traduction du traite de B. Bell. Paris, 1S02, p. 153.

(2) Thompson, Traité pratique des maladies des voies urinaires, traduct. française. Paris, 1874, p. 335.

(3) Fournier, art. Blennorrhagie in Nouveau Dict. de mcdec. et de chirurg. pratiques. Paris, 1866.

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