LÉSIONS INITIALES DE LA PROSTATITE
Los lésions do la période inflammatoire so sont aussi montrées sous une forme intéressante, sur le malade de Yoillemier. Voici les détails do l’autopsio publiée par M. Le Dentu (1) : « Un homme, atteint de blennorrhagie et de prostatite, succomba aune pneumonie double (Lariboisière). La muqueuse de l’urèthre était enflammée dans toute son étendue, mais surtout dans sa moitié postérieure. Les lobes latéraux de la prostate formaient deux tumeurs allongées, très proéminentes vers le canal, un pou irrégulières, mamelonnées et recouvertes d’une muqueuse fortement injectée. Celle du côté gauche avait 45 millimètres de long et 23 millimètres de large dans son milieu. Elle présentait une douzaine de bosselures dont quelques-unes, très petites, assez régulièrement arrondies ou ovalaires, de volume variable, dont la plus forte mesurait 8 millimètres de diamètre. Celle du côté droit, plus régulière, avait 54 millimètres de long et 22 millimètres dans sa plus grande largeur. Ses bosselures, difficiles à compter, ôtaient h peu près en même nombre que celles de l’autre lobe, mais les principales occupaient la partie antérieure de l’organe. Les deux lobes faisaient, du côté de la vessie, une saillie dcl centimètre au moins. A partir du verumontanum jusqu’au col de la vessie, l’urèthre était dévié; à gauche; cette déviation était produite par les deux petits lobes prostatiques, notés par iYIorgagni et très bien décrits par Jarjavay, qui siègent, en arrière, sur le col vésical. Arrondis, saillants, ces deux lobes avaient, chacun, 1 centimètre de diamètre et formaient deux petites tumeurs indépendantes l’une
(1) Le Dentu, 2» vol. des i Mal. des voies urinaires, de Yoillemier. Paris,
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
do l’autre, ainsi que du lobe droit de la prostate, mais déjetées vers ce dernier et accolées à son extrémité postérieure. La muqueuse, qui les recouvrait , ôtait tiraillée et présentait des plis antéro-postérieurs légèrement obliques de dehors en dedans. La membrane muqueuse de la vessie était légèrement injectée près du col. En arrière, du côté du rectum, la prostate formait deux tumeurs allongées, du volume d’une noix, dont l’une, celle de droite, était un peu plus volumineuse que l’autre. » M. Le Dentu fait remarquer que, dans ce cas, la phlegmasie avait certainement débuté par les lobules, mais la tuméfaction générale de l’organe et son changement de forme indiquaient aussi qu’elle avait déjà franchi les limites du tissu glandulaire.
Ces deux autopsies offrent un grand intérêt et font connaître les caractères anatomo-pathologiques fondamentaux de la prostatite aiguë à son début : augmentation de volume générale ou partielle de l’organe avec ou sans lobulations de sa surface, congestion du parenchyme, altérations inflammatoires de la muqueuse.
L’évolution ultérieure du processus est, à son tour, bien connue dans ses différentes modalités : résolution, passago à l’état chronique et suppuration. Mais en définitive, la question du point de départ réel de la phlegmasie reste à déterminer.
Velpeau comparait le mécanisme des inflammations do la prostate à celui des inflammations de la parotide, de la mamelle ou des ganglions lymphatiques. Les unes, disaitil, « ont pour racines le tissu sécréteur et les canaux excréteurs... D’autres fois, l’inflammation débute par les filaments qui forment la trame de la glande et n’arrive