SIÈGE ORIGINEL DE LA PHLEGMASIE
I ainsi aux granulations proprement dites que secondairement. 11 est possible que la phlegmasie commence par la face interne de la capsule fibreuse et qu’elle ne pénètre que consécutivement dans le parenchyme môme do l’organe; on conçoit enfin que l’ inflammation ait pour point de départ l’intervalle des lames aponévrotiques qui entourent ou qui avoisinent, soit le bas-fond et le col de la vessie, soit la portion membraneuse, et qu’elle se communique de là à la glande prostate (1). »
La plupart des auteurs qui ont écrit depuis sur l’anatomie pathologique des inflammations prostatiques ont reproduit les divisions de Velpeau et décrit, pour le moins, trois formes de prostatite : la prostatite muqueuse, la prostatite glanduleuse et la prostatite parenchymateuse.
En présence d’un organe quelconque, on peut évidemment dissocier ses éléments constitutifs par la pensée et considérer chacun d’eux comme susceptible de devenir le point de départ d’un processus inflammatoire; mais, lorsqu’on pousse aussi loin l’analyse, les distinctions deviennent purement arbitraires et sont, à coup sûr, dépourvues de toute valeur clinique.
L’inflammation, envisagée d’une manière générale, doit être considérée comme un ensemble de phénomènes propres au tissu vasculaire et reconnaissant pour cause • première, constante et caractéristique, un trouble de la circulation (Ch. Robin).
Ce phénomène de fluxion suffit à caractériser l’inflammation, puisqu’il en est la condition pathogénique essentielle; mais, après lui, et comme phénomène consécutif, on
(1) Velpeau, article Prostate in Dict. en 30 vol. Paris, 1842.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
voit survenir loulun ensemble de phénomènes cellulaires, qui sont « relatifs à une participation plus ou moins active des éléments extra-vasculaires préexistants (1) » (multiplications et néo-formations) et dont il faut tenir compte.
Dans ces derniers temps, les Allemands, se fondant sur les données de l’embryogénie, ont cru pouvoir décréter l’indépendance absolue de ces deux ordres de phénomènes, de telle sorte qu’il faudrait distinguer les inflammations, quelles qu’elles soient, en circulatoires et en cellulaires. Les trois feuillets du blastoderme conserveraient ainsi leur individualité, jusque dans les faits pathologiques de toute la durée de l’existence, le feuillet moyen ou mésoblaste présidant aux inflammations circulatoires, et les feuillets internes et externes présidant aux proliférations épithéliales ou épidermiques.
Ces différentes hypothèses ont été soumises aux exigences d’une analyse vraiment scientifique par M. le professeur Charcot, et le point de vue particulier auquel il a du se placer, pour mener à bien ce travail de contrôle, nous intéresse directement.
Envisageant d’une manière spéciale l’évolution des phénomènes cellulaires de l’inflammation, au sein d’un parenchyme glandulaire quelconque, M. Charcot s’est surtout attaché à résoudre les questions suivantes : « L’épithélium est-il affecté en premier lieu et les lésions dont il souffre se communiquent-elles secondairement aux tissus sous-jacents ; ou bien l’altération de la gangue conjouctivc précède-t-elle, au contraire, celle dont l’épithélium est le siège; ou bien, enfin, les deux éléments
(1) Charcot, Progrès méd. ; 1877, p. 800.