‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 23 sur 74 · SIÈGE ORIGINEL DE LA PHLEGMASIE · texte numérisé non relu

SIÈGE ORIGINEL DE LA PHLEGMASIE

anatomo-pathologiques sont-ils contemporains et faut-il leur accorder la même valeur pathogénique (1)? »

C’est en reproduisant artificiellement (ligature du canal cholédoque, etc.) les inflammations glandulaires qui résultent de l’oblitération des canaux excréteurs (calculs salivaires, calculs biliaires, pyélo-néphrite par l’obstruction uréthrale, etc.), queM. Charcot a pu acquérir la conviction que, dans ces phlegmasies à la fois épithéliales et interstitielles, la lésion du tissu épithélial est la première en date. Il a de plus constaté que ces lésions interstitielles secondaires peuvent affecter très rapidement le caractère suppuratif. Des abcès miliaires se forment alors en grand nombre autour des vaisseaux et peuvent, en se rassemblant, donner lieu plus tard à une collection purulente plus volumineuse.

Or, pour moi, les choses ne se passent pas autrement dans l’inflammation prostatique, et l’histoire des phlegmasies de cette glande vient, en définitive, confirmer une fois de plus les conclusions générales de M. le professeur Charcot.

L'analyse des observations nécropsiques de Lallemand suffirait à le démontrer. On trouve, en effet, dans son ouvrage sur les pertes séminales (2), une série d’autopsies qui permettent de suivre nettement la propagation au tissu cellulaire ambiant, de l’inflammation des follicules muqueux, qui sont alors « gorgés d’un liquide visqueux, puriforme, et ressemblent à des canaux qu’on aurait injectés avec de la cire ».

(1) Ciiarcot, Des cirrhoses viscérales épithéliales en général. Progrès lnédical, 1878.

(2) Lai.i.emand, Des pertes sénlinales involontaires. Paris, 183G à 1842;

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

De son côté, Velpeau nous a laissé quelques documents très démonstratifs; ainsi, à l’autopsie d’un homme mort dans le service de J. Cloquet, à la suite d'une inflammation de la prostate et du col de la vessie, « on trouva l'encéphale et. les viscères thoraciques dans l’état sain... le canal de l’urèthre était dans l’état normal jusqu’à sa por tion membraneuse ; mais, à partir de là, sa membrane muqueuse était épaissie et offrait des traces incontestables d’inflammation, qui allaient en augmentant jusqu'à la base du trigone vésical, pour disparaître ensuite insensiblement dans le corps de la vessie. La prostate était aussi grosse qu'un œuf de poule et renfermait une grande quantité de pus qui se trouvait infiltré dans son parenchyme et non rassemblé en foyer : c’est-à-dire que ce pus se présentait sous la forme de petits grains disséminés, au nombre de plusieurs centaines, autour ou clans l’interstice des granulations de l’organe. De telle sorte même que, si ces grains fussent passés à l’état concret, la prostate n'eùt pas manqué de paraître criblée de tubercules (1).»

Cette dernière autopsie faite par Velpeau est particulièrement concluante. Mais il m’est possible de fournir, à l’appui des idées que je cherche à défendre, une preuve plus décisive encore : c’est leur démonstration histologique.

J’ai recueilli, en septembre 1879, la prostate d’un homme de 47 ans, mort de broncho-pneumonie double à l'hôpital Necker. Ce malade était soumis à la dilatation pour un rétrécissement [bulbaire très serré, et,

(I) Velpeau, Arch. gén. de médecine , 5e année, t. XIV, p. 500. Paris, 1827.

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