‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 24 sur 74 · HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE

quelques jours avant sa mort, il avait présenté des symptômes de prostatite aiguë. Mon ami M. Brissaud a bien voulu faire l’examen histologique de la pièce. La prostate, durcie par fragments dans l’alcool et la gomme, a été sectionnée dans le sens perpendiculaire à l’axe de l’urèthre. Les coupes, colorées au picro-carmin et montées dans la glycérine, lui ont permis de constater ce qui suit :

Les tubes glandulaires (PI. I, fig. 2, a) en très grand nombre, dirigés parallèlement les uns aux autres, sont le siège d’une inflammation d'intensité variable, suivant les points. La paroi interne de ceux qui sont le plus altérés se confond avec le tissu musculaire de la glande, par une formation plus ou moins confluente de noyaux inflammatoires, formant des traînées vivement colorées par le carmin et interposées aux éléments musculaires; mais, ce qu’il faut signaler surtout à ce point de vue, c’est l’inégalité du processus inflammatoire. Il se concentre par place sur certains groupes de canaux, tandis qu’il épargne absolument dos groupes voisins. Dans cette partie de la glande, il n’y a pas de suppuration.

Dans la partie périphérique, c’est-à-dire dans la région dos culs-de-sac, on observe des altérations analogues, quoique beaucoup plus prononcées, et, là encore, on reconnaît que certains groupes de culs-de-sac sont restés sains, alors que d’autres, tout à fait contigus, mitoyens, ont subi des modifications profondes. La paroi épithéliale (PI. I, fig. 2 et 3 b, b), représentée à l’état normal par une couche de cellules emboîtées les unes avec les autres, est ici remplacée par une agglomération considérable d’éléments jeunes, très fortement colorés par le réactif et s.

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dont la masse remplit quelquefois tout le cul-de-sac glandulaire; sur certains points, même, cette prolifération intra-glandulaire a subi une transformation régressive qui 11e permet plus do reconnaître, dans le détritus intraglandulaire, aucun élément à configuration précise. (Désintégration cellulaire, au milieu do laquelle on distingue quelques globules de pus.)

Ces lésions des culs-de-sac. dans la région périphérique delà prostate, ne sont pas les seules qu’on observe. Dans le tissu interglandulaire, formé de fibres musculaires enchevêtrées en tous sens, on constate une néoplasie nucléaire des plus abondante, infiltrée au pourtour des culsde-sac. Sur certains points (PI. I, fig. 3 c), le processus présente une intensité très remarquable, et cependant les vaisseaux sanguins artériels ou veineux sont rares. Par place, cette multiplication nucléaire interglandulaire s’est terminée de la même façon que dans l’intérieur même des culs-de-sac, et l’on peut ainsi assister à la formation de petits abcès miliaires disséminés dans le tissu charnu de la glande. Quelques préparations font voir la communication de plusieurs de ces abcès interglandulaires avec la cavité des culs-de-sac (PI. I, fig. 3 d).

La marche du processus inflammatoire est, on peut le voir, aussi nette que possible dans ce cas particulier, et je n’insisterai pas davantage.

L’importance de la lésion glandulaire, bien mise en lumière autrefois par Lallemand, négligée depuis, est en résumé primordiale, à mon avis. Il 11e faut pas seulement, comme l’ont fait tous les auteurs depuis Lallemand et Velpeau, lui donner une place dans l'énumération des diverses localisations primitives de la prostatite; il faut

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