‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 26 sur 74 · PATHOGÉNIE DU PHLEGMON PÉRIPROSTATIQUE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DU PHLEGMON PÉRIPROSTATIQUE

péri-utérines (1) ; théorie celluleuse pure et simple, théorie veineuse, théorie lymphatique et, de prime abord, un choix définitif peut sembler difficile; mais cette difficulté n'est qu’apparente. L’adoption exclusive de l'un de ces modes pathogéniques est, en effet, contraire aux lois de la clinique et de la physiologie pathologique.

Dans certains cas, il est impossible de voir, dans un gonflement péripro statique, autre chose qu'une propagation par simple contiguïté de l’inflammation de la prostate au tissu cellulaire circonvoisin. Le phlegmon périprostatique est alors en tous points semblable au phlegmon péri-utérin, tel que mon maître M. Gallard l’a décrit en 18o5 (2).

En d’autres circonstances, l’abcès périprostatique est de toute évidence un abcès périphlébi tique. Cette condition pathogénique possède à son appui des autopsies très concluantes , et l’observation XXVI démontre que ces abcès peuvent acquérir un volume notable.

Ailleurs, enfin, il y a tout lieu de considérer le phlegmon comme le résultat d’une lymphangite périprostatique. Ce n’est là qu’une hypothèse, puisqu'il n’existe pas une seule autopsie démonstrative; mais elle paraît très plausible, lorsque la phlegmasie succède au cathétérisme ou à toute autre manœuvre susceptible d’offenser directement la muqueuse uréthro-prostatique. Au cas où l’anatomie pathologique viendrait à confirmer définitivement cette manière de voir, elle ne ferait, au reste,

(1) Voir sur ce sujet une revue générale très clairement faite par M. Brun, in Revue mensuelle de médecine el de chirurgie , 1879, p. 985.

(2) T. Gallard, De l’inflammation du tissu cellulaire gui entoure la matrice, ou du phlegmon péri-utérin et de son traitement. Th. Paris, 1855.

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

que légitimer les anciennes prévisions de Velpeau et la doctrine enseignée par le professeur Dolbeau : « Neuf fois sur dix, disait-il, les abcès sont consécutifs à une lymphangite. »

En résumé, les données actuelles de la physiologie pathologique ne laissent aucun doute sur la possibilité d’une lymphangite périprostatique, et les faits cliniques démontrent, à leur tour, qu’il y a des périphlébites et de simples phlegmons autour de la prostate. J1 faut donc repousser énergiquement toute théorie absolue, consentir à l’éclectisme et admettre, suivant les cas, l’origine celluleuse, veineuse ou lymphatique, des phlegmons périprostatiques.

A côté de cette lymphangite prostatique, faut-il donner place à une adénite périprostatique d’origine uréthroprostatique ?

Si l’on se reporte à la communication faite par M. Lannelongue (1) à la Société de chirurgie le 11 septembre 1878, on est tenté de répondre par l’affirmative et de voir là une analogie de plus entre le phlegmon périprostatique et le phlegmon des ligaments larges, tel qu’il est envisagé depuis les travaux de M. Lucas-Championnière. Cette hypothèse est sans doute fort séduisante, mais elle est en contradiction avec les données de l’anatomie, et je pense qu’elle doit être repoussée dans les phlegmons à point de départ nettement prostatique.

M. Lannelongue, avec une obligeance dont je ne saurais trop le remercier, a bien voulu mettre à ma disposé lion les deux pièces qui ont fait l’objet de sa présentation

(i) Bull, el mémoires de laSociété de chirurgie, t. IV; p. G00. Paris, 1878:

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