PATHOGÉNIE DU PHLEGMON PÈRIPROSTATIQUE. G
à la Société de chirurgie. Ces deux pièces sont remarquables à tous égards et constituent deux documents très précieux, au point de vue de l’anatomie ganglionnaire du petit bassin. Elles établissent nettement que les ganglions lymphatiques situés sur les parties latérales du rectum peuvent affecter avec sa tunique externe des connexions très étroites et gagner la face antérieure de cet intestin. Elles démontrent en outre l’existence de ganglions lymphatiques le long des uretères, très près de la base des vésicules séminales. Mais il est, en revanche, très facile de constater que tous ces ganglions sont situés au-dessus du niveau de la base des vésicules séminales, et, par conséquent, au-dessus du niveau du cul-de-sac péritonéal vésicorectal. Ils sont entre le rectum et le péritoine, entre la vessie et le péritoine, mais on n’en trouve pas un seul dans la région qui nous intéresse, dans cet espace celluleux qui sépare la prostate et les vésicules séminales du rectum et qui est limité, en haut, par le cul-de-sac péritonéal, en bas, par le ligament de Carcassonne, à droite et à gauche, par les attaches rectales des aponévroses latérales de la prostate.
Ces deux pièces, originales à d’autres titres, rentrent donc dans la loi commune, au point de vue de la constitution de cet espace, et nous devons continuer à dire, avec les anatomistes, qu'il n’y a pas de ganglions lymphatiques en contact avec la face postérieure de la prostate ou des vésicules séminales.
Les lymphatiques prostatiques se rendent à des ganglions qui sont bien connus. On injecte ces lymphatiques sans trop de difficulté par la face postérieure de la glande, à la con^ dition de prendre des sujets très jeunes ou des enfants.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
Lorsqu’on veut, au contraire, tenter l’injection par la muqueuse uréthro-prostatique, on obtient peu ou pas de résultat; leur ténuité est extrême à ce niveau, et, pour mon compte, je n’ai pu réussir qu’à injecter le réseau veineux sous-muqueux du col. « Nés de chacune des granulations de la glande, les lymphatiques prostatiques se dirigent vers sa base et sa face postérieure qu'ils recouvrent de leurs anastomoses. Quatre troncs principaux partent de ce plexus périphérique : deux latéraux et volumineux, qui se portent presque transversalement en dehors, pour se terminer dans un ganglion situé sur les parties latérales inférieures de l’excavation pelvienne ; deux supérieurs, eu général assez grêles, qui se rendent à un ganglion situé entre le trou sous-pubien et le détroit supérieur (1). »
Jamais M. Sappey n’a vu les lymphatiques gagner des ganglions plus rapprochés, et jamais, du reste, il n’a vu de ganglions entre la prostate et le rectum.
Je poursuis actuellement quelques recherches sur les lymphatiques de cette région, mais elles sont trop peu nombreuses encore, pour jouer un rôle dans cette discussion. Je puis dire cependant que, jusqu’à présent, elles sont restées négatives en ce qui regarde l’existence de ganglions prostatiques. Une seule fois, j’ai trouvé à l’autopsie d’un sujet jeune, mort avec une suppuration tuberculeuse de la prostate, une série de six à sept petites nodosités dures, neLlement isolées, grisâtres et situées conLrc la paroi antérieure du rectum, en arrière de la région prostatique. J’ai cru d'abord à l’existence de
(1) Sappey, Recherches sur là conformation extérieure et ta structure de L’urèthre de l’homme. Paris, 1854, p. 84.