PATHOGÉNIE DU PHLEGMON PÉRIPROSTATIQUE
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ganglions tuberculeux, mais l’examen histologique a démontré à mon collègue M. Chambard qu’il s’agissait tout simplement de petits grumeaux de tissu cellulaire, indurés et infiltrés de pus.
D’ailleurs, il me suffit amplement d’avoir rappelé l'opinion de l’autorité la plus considérable en pareille matière, celle de M. le professeur Sappey. Le fait anatomique est celui-ci : il n’y a pas de ganglions lymphatiques périprostatiques. Par conséquent, jusqu’à preuve du contraire, nous ne pouvons pas admettre de lymphadénite périprostatique.
Certes, l'hétérotopie ganglionnaire réserve souvent des surprises. M. Lannelongue possède môme un certain nombre d’observations très curieuses à cet égard, mais des considérations aussi instables ne pourraient en tout cas servir à étayer une théorie pathogénique.
En définitive, la lymphangite, la phlébite et le phlegmon simple sont les trois seuls modes pathogéniques que l’on puisse admettre, à propos du phlegmon périprostatique.
Ces variétés dans la pathogénie du phlegmon périprostatique méritaient quelques développements. Mais, ilfaut le reconnaître, elles modifient peu ou pas la physionomie symptomatique du phlegmon périprostatique, et, en tout cas, elles ne donnent pas prise au diagnostic: Au point de vue clinique, on doit admettre seulement deux formes de phlegmon périprostatique :
1° Le phlegmon périprostatique par propagation. Tantôt la prostate est simplement hyperémiée ou légèrement enflammée; on est en présence d’un véritable phlegmon d'emblée. Tantôt, au contraire, la prostate participe activos. 5
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
ment à la phlegmasie, la suppuration envahit simultanément ou à quelques jours d’intervalle le parenchyme de la glande elle tissu cellulaire qui l’entoure, et c’est là ce qu’il faut appeler, avec M. Guyon, la prostatite phlegmonease diffuse.
2° Le 'phlegmon par diffusion, c’est-à-dire celui qui se développe lorsque la collection purulente intra-prostatique vient à faire irruption dans le tissu cellulaire environnant.
Pour terminer ce chapitre, je dirai quelques mots des abcès chroniques de la prostate. Je dois le faire, en raison de l’évolution froide que présentent souvent les abcès chauds de l’organe, comme le disait Chassaignac.
M. Thompson (1) admet quatre classes d’abcès chroniques :
1° « L’abcès aigu peut ne pas guérir, mais se terminer, et cela indéfiniment, par la forme chronique.
2° « Un abcès, chronique dès le début, peut se former sous l’influence d’une inflammation chronique de l’organe ou des parties avoisinantes.
3° « Un dépôt tuberculeux dans la prostate peut se ramollir, s’ouvrir au dehors, et donner lieu à un abcès chronique.
4° « Les abcès peuvent se développer à la suite de l’irritation produite par les corps étrangers, tels que les calculs emprisonnés dans la prostate ou au milieu des tumeurs malignes. »
La troisième classe de Thompson et les abcès développés « au milieu des tumeurs malignes » ne sauraient
(1) Thompson, Traité pratiqué des mdladies des voies urinaires , traduct. franc. Paris; 1874, p. 348.