‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 29 sur 74 · ABCÈS CHAUDS A ÉVOLUTION FROIDE · texte numérisé non relu

ABCÈS CHAUDS A ÉVOLUTION FROIDE

m’occuper ici. Je me suis déjà expliqué sur ce point. Je parlerai seulement des deux premières classes et des abcès renfermant un ou plusieurs calculs.

Ces derniers ne sont pas très rares. En 1860, M. Leroy d’Étiolles (1) a présenté à la Société anatomique une prostate très hypertrophiée au sein de laquelle on avait trouvé un abcès renfermant plusieurs calculs. Dans certains cas, toute la prostate est détruite. L’enveloppe fibreuse résiste seule et constitue une loge remplie de pus et de calculs en nombre variable. M. Malteste (2) a publié dans sa thèse un exemple intéressant de ce geure de lésion. Le malade, étudiant en droit, souffrait depuis six ans, lorsqu’il fut examiné par M. Duplay en 1873. Plusieurs fistules existaient au périnée, et le diagnostic était possible par le toucher rectal. M. Duplay pratiqua l’extraction des calculs par le périnée et guérit son malade.

A propos des abcès qui succèdent à une inflammation aiguë et de ceux qui sont chroniques d’emblée, M. Thompson dit avoir observé des cavités capables de renfermer 3 à 3 grammes de liquide, situées dans un des deux lobes ou en partie dans les deux. Les parois de ces cavités sont en général tapissées « par une sorte de membrane pyogénique grisâtre ou verdâtre inégale et floculcnte à sa surface, avec du pus concrété çà et là ». M. Thompson ajoute que, parfois, la plus grande partie de la glande peut être détruite par la suppuration, puis il cite deux faits de suppuration chronique à la suite de laquelle le canal de l’u-

(1) Leroy d'Étiolles, BulL SoCi anat.f 1860, 35® année, t. V de la 2° série, p. 220.

(2) Malteste, Des calculs de laprostate. Th. Paris, 1876.

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

rètlfre, isolé de ses connexions anatomiques normales, traversait le foyer de part en part, baigné de tous côtés dans le pus.

Ces poches à contenu purulent sont très différentes, au point de vue anatomo-pathologique, des seuls kystes de la prostate dont l’existence soit bien établie, c’est-à-dire des kystes par rétention, soit qu’ils naissent des follicules distendus, soit qu’ils résultent de l’oblitération de l’orifice de l’utricule prostatique (Le Dentu).

La nature seule de leur contenu suffit à les distinguer. Mais, si la différence est ici tranchée, l’interprétation devient peut-être plus difficile lorsqu’on se trouve en présence d'une cavité kystique contenant du pus. M. Le Dentu est le premier qui ait apporté quelque clarté dans la description de ces divers états de la prostate. D’après lui, c’est tout à fait à tort que certains auteurs ont décrit, sous le nom de kystes purulents, les abcès chroniques plus ou moins enkystés qu’on a parfois trouvés dans l’épaisseur de la prostate. En tout cas, les faits observés jusqu’ici ne légitiment en aucune manière l’assimilation qu’on a voulu établir entre ces collections et les kystes proprement dits. Ainsi, dans la première observation de M. Thompson, il est dit que l’abcès qui contenait 16 à 20 grammes de liquide avait détruit la muqueuse uréthrale dans l’étendue d’un florin, en sorte que le plancher seul du canal subsistait. Dans la seconde observation, l’abcès offrait à peu près les mêmes caractères : « Dans la portion prostatique, on apercevait l’ouverture du sac d’un abcès formé par la capsule de la prostate, exactement semblable à celui que je viens de décrire dans l’observation précédente; le plancher de l’urèthre formait un pont au

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