KYSTES A CONTENU PURULENT
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dessus. » Il no s’agit donc pas là d’abcès enkystés, caries collections s’ouvraient dans le canal par une large perte de substance, et la cavité devait être considérée bien plus comme une caverne que comme une sorte do kyste. Dans les cas, au contraire, où l’on se trouve en présence d’un véritable kyste à contenu purulent, l’aspect général des lésions est un peu différent et le mode de communication de la cavité avec le canal paraît offrir quelques caractères spéciaux.
Pour donner une idée bien nette de ces différences, je rapporte ici la relation d’un fait communiqué par M. Le Dentu à la Société de chirurgie, en novembre 1878. Il s’agissait d’un kyste prostatique recueilli sur un sujet mort à l'hêpital Saint-Louis. Le malade était entré dans le service de M. Le Dentu, pour une hématurie légère. Il urinait sans difficulté, et quelques graviers prostatiques avaient été rendus par l'urèthre. Les lésions prostatiques se présentaient sous l’aspect suivant : « La prostate, très hypertrophiée en avant du canal, se prolongeait de près de 3 centimètres en arrière du verumontanum et formait un lobe moyen saillant dans la vessie. Presque toute la partie inférieure de l’organe était convertie en une vaste poche, delà grosseur d’une petite mandarine, qui se terminait, en avant, immédiatement derrière la portion membraneuse du canal, et, en arrière, au point où normalement les vésicules séminales pénètrent entre les deux lobes. Les conduits éjaculateurs étaient indépendants de cette poche. Cette dernière communiquait avec la portion prostatique du canal par plusieurs orifices qui n’étaient autres que ceux des canaux excréteurs des glandes disparues. La membrane limitante de cette poche, lisse sur
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
sa face externe, était sillonnée à sa face interne par d'innombrables petites crêtes anastomosées, d’un tissu friable, circonscrivant des espaces irréguliers très légèrement déprimés et remplis d’une substance molle d’un brun rougeâtre, facile à enlever et disposée en couches très minces. » En présence de cette dégénération particulière de la prostate, M. Le Dentu n’avait pas hésité à considérer cette pièce comme un exemple de kyste prostatique. « La dégénération, disait-il, a dû commencer par la dilatation kystique dans un grand nombre de glandules, les tissus intermédiaires et les parois mêmes des culs-de-sac ont dû disparaître graduellement par atrophie. Ainsi s’expliquent le volume du kyste devenu uniloculaire, son développement régulier à droite et à gauche de la ligne médiane et la communication avec la portion prostatique du canal par plusieurs orifices situés de chaque côté du verumontanum, principalement vers sa partie postérieure . »
Depuis, M. Le Dentu a étudié à nouveau cette question, et il insiste sur ce fait que, dans la poche précédemment décrite, les orifices de communication avec l’urèthre étaient tout à fait distincts des canaux éjaculateurs ainsi que de l’utricuie, qu’ils étaient seulement un peu plus grands que dans l’état normal, et qu’ils n’avaient rien de commun avec la perte de substance unique qui, dans les observations de Thompson, s’était produite par ulcération, aux dépens de la muqueuse du canal.
Le liquide contenu dans cette poche avait enfin des caractères spéciaux : visqueux et brun rougeâtre, il paraissait être un mélange de sang, de mucus et peut-être de pus. L’examen microscopique y montra des leucocy-