‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 32 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SYMPTOMES — MARCHE — PRONOSTIC

La rétention plus ou moins complète do l’urine et les douleurs de la miction sont les deux symptômes fondamentaux de toute inflammation prostatique.

Excessifs ou atténués, ces deux signes ne font, pour ainsi dire, jamais défaut; mais il faut bien savoir que leur intensité et leur marche offrent des variétés nombreuses. Los autres symptômes locaux ou généraux qui accompagnent la suppuration de la prostate se présentent euxmêmes sous des aspects très différents suivant les cas particuliers, et, pour répondre aux exigences delà clinique, il importe de distinguer deux formes de prostatites : l’une, véritable phlegmon, conduisant rapidement à la suppuration, avec toutes les allures d’une pblegmasie franchement aiguë; l’autre, suppurative à courte échéance comme la précédente, mais plus insidieuse et moins aiguë dans son évolution.

Cette dernière forme s’observe de préférence sur les sujets qui souffrent de quelque affection ancienne des voies urinaires. C’est au cours d’un écoulement chronique de l’urèthre, par exemple, que les accidents apparaissent.

SYMPTOMES. — MARCHE. — PRONOSTIC

Le malade éprouve brusquement un peu de pesanteur périnéale, l’émission du jet de l’urine devient plus difficile et provoque une cuisson plus ou moins vive dans le fond du canal; puis ces différents symptômes s’accentuent un peu, la dysurie augmente sans que les besoins d’uriner soient plus fréquents, et l’apparition d’un léger frisson vient parfois signaler la formation du pus. Lorsque l’abcès occupe la partie la plus déclive de la glande, le toucher rectal le fait reconnaître ; s’il est situé plus profondément, sous la muqueuse uréthrale, par exemple, on ne peut que soupçonner sa présence. Le cathétérisme vient souvent confirmer le diagnostic, la sonde crève la petite poche; mais il arrive aussi que la collection se vide spontanément dans l’urèthre : un peu de pus, mélangé de sang, s’écoule par le canal, et, si le fait n’est pas observé, l’abcès passe inaperçu. Il est probable que Civiale voulait faire allusion à cette variété d’abcès lorsqu’il disait : « Les abcès de la prostate sont communs, et l’on en découvre fréquemment à l’ouverture des cadavres; seulement on ne les reconnaît pas toujours pendant la vie (1). »

D. Desprès avait aussi noté cette évolution insidieuse, à propos des abcès périprostatiques qui se développent sur les vieillards atteints de cystite chronique ou d’anciens engorgements de la prostate. « Le mal, disait-il, arrive assez souvent d’une manière insidieuse. La rétention d'urine et la constipation sont les premiers phénomènes observés. Il y a un état général adynamique grave qui pour- j j I

(1) Civiale, Traité pratique des maladies des organes génito-urinaires.

Paris, 1850, 2e édit., t. II. p. 475.

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