‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 33 sur 74 · SYMPTOMES DE DÉBUT · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE DÉBUT

rait fairo croire à une néphrite si l’on ne touchait point par le rectum (1). »

Ces faits sont très utiles à bien connaître et montrent qu’il est, pour ainsi dire, aussi urgent de toucher fréquemment la prostate des urinaires que d’ausculter le cœur des rhumatisants.

Dans les formes aiguës franches de la prostatite et du phlegmon périprostatique, la physionomie générale de la maladie est toute différente. Le malade est pris d’un frisson plus ou moins violent, la température s’élève, il y a de la céphalalgie, une soif vive, et des phénomènes graves surviennent rapidement du côté de la région prostatique. Les douleurs de la miction peuvent être excessives et la rétention complète. Il existe même des cas où l’on est obligé de recourir à la ponction hypogastrique pour vider la vessie.

Ailleurs, le début est moins brutal et les symptômes moins alarmants; mais il y a toujours de la fièvre et une sensation de pesanteur ou de tension gravative vers le périnée et l'anus. L’un des malades de M. Guyon traduisait son malaise en disant : « J’ai des inquiétudes partout là-dedans. »

La fièvre de la prostatite simple et du phlegmon périprostatique peu étendu est rarement très intense; elle se caractérise, en général, par une élévation de température de 1 à 2 degrés; l’ascension thermique est brusque; elle se maintient sans oscillations manifestes pendant les premiers jours delà maladie, et, lorsque survient la déferves-

(1) A. Desprès, Diagnostic des tumeurs. Paris, 1868, p. 320. Appendice au Traité du diagnostic des maladies chirurgicales de A. Foucher. Paris, 1866.

SYMPTOMES. — MARCHE. - PRONOSTIC

ccnee, celle-ci est. franche et rapide. C’est là un premier type nettomont caractérisé. Nous verrons plus tard que, lorsque les abcès prostatiques se vident mal, la défervescence n’a pas ce caractère, la fièvre se prolonge plus ou moins longtemps, remarquable par les rémissions du matin et les ascensions du soir, si bien que, dans cette deuxième forme de la fièvre, le chirurgien doit trouver les indications d’une intervention plus active. Mais, dès le début de la prostatite, et ce point doit seul nous occuper actuellement, la fièvre peut s’écarter beaucoup de son type habituel.

Dans certains cas, on la voit monter brusquement, atteindre d’emblée un chiffre très élevé et inspirer des craintes sérieuses. Il faut savoir que ces prostatites, à température initiale excessive, ne présentent pas de gravité spéciale. Le plus souvent, il s’agit de prostatites traumatiques.

La fièvre de début traduit uniquement l’accès urineux développé sous l’influence de la cause déterminante (cathétérisme brutal, injection poussée avec violence, etc.). Le traumatisme produit simultanément et la prostatito et l’accès urineux spécifique; puis celui-ci cède, et la fièvre habituelle de la prostatite reste seule avec tous ses caractères d’évolution thermique moyenne [voir obs. 14).

Enfin, lorsque les veines prostatiques participent à l’inflammation, lorsqu’on est en présence d’une prostatite pyohémique, la fièvre vient toujours annoncer le début do la complication; c’est la fièvre de l’infection purulente qu’on a sous les yeux, avec ses frissons et ses autres caractères.

M. le professeur Guyon attire souvent l’attention sur ces quatre formes do la fièvre. Leur distinction est fort

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