SYMPTOMES DE DEBUT
importante et permet do donner une grande précision au pronostic des phlegmasies prostatiques à leur début.
La maladie se confirmant, les autres symptômes persistent et 11e font que s’accroître. Il y a de l’inappétence, une soif vive avec enduit saburral de la langue, de l’insomnie et de l’agitation ; les douleurs augmentent, le périnée devient sensible au toucher, avec point douloureux maximum sur le raphé entre le bulbe et l’anus ; les mouvements et la marche deviennent impossibles, le croisement des jambes et la position assise éveillent des souffrances très vives que les efforts de défécation viennent encore augmenter. Les patients ne savent parfois quelle situation prendre pour atténuer les battements douloureux qu’ils éprouvent dans toute la région malade. On les voit se pelotonner, s’accroupir sur leur lit et affecter diverses attitudes, qui ne sont pas sans analogie avec celles que prennent les femmes torturées par les douleurs du cancer utérin. Dans certains cas, la douleur est plus dilfuse et plus profonde; elle rappelle beaucoup celle de la pelvipéritonite.
Lorsqu’il existe un écoulement uréthral, il n’est pas rare, comme le ditM. Fournier (1), de le voir disparaître complètement au début de la complication pour reparaître plus tard.
La dysurie est souvent excessive; l’urine n’est plus évacuée qu’au prix d’efforts très grands. Elle sort en jet grêle, intermittent, ou même goutte à goutte et provoque, à son passage, une sensation de brûlure dans la profondeur du canal. Un fait très important à relever, c’est
(1) Fournier, article Blennorrhagie , in Nouv. Dict. de médecine et de chirurgie pratique, t. V. Paris, 1866.
SYMPTOMES. — MARCHE. — PRONOSTIC
que, dans la prostatite, la fréquence des mictions n’est pas augmentée.
Si la rétention d’urine n’est pas complète dès le début des accidents, elle peut le devenir plus tard et déterminer alors toute la série des symptômes graves qui lui sont propres (tension hypogastrique, épreintes, anxiété très vive, etc.).
Cette rétention d’urine, que l’obstruction du canal par la prostate tuméfiée vient presque toujours expliquer, peut trouver aussi sa raison d’être dans un spasme réflexe du sphincter vésical.
Les garde-robes sont en général accompagnées et suivies d’une douleur anale très pénible ; le ténesme rectal est plus ou moins violent, et les malades ont la sensation d’un corps étranger, « d’un gros tampon de matière fécale prêt à sortir du rectum », comme le disait Desault (1).
Lallemand et Verdier ont signalé le priapisme comme autre signe de la prostatite. Ils ont observé sur quelquesuns de leurs malades des érections douloureuses suivies d’un suintement visqueux par le canal. Ce symptôme est sans doute fort rare : M. Guyon ne l’a pas observé jusqu’ici. Il est probable que, chez les malades dont parle Lallemand, les vésicules séminales participaient à l’inflammation. On sait, en effet, que l’éjaculation d’un sperme rouillé ou strié de sang, les érections fréquentes et les pollutions nocturnes ont été notées au nombre des symtômes de cette affection.
Tous les symptômes généraux et locaux que nous venons d’énumérer s’observent aussi bien dans la prostatite
(1) Dbsault, Journal de chirurgie-. Paris* 1791* t. II, p. 18Bi