INFECTION PURULENTE
neux moins important, mais constant lorsque les injections réussissent bien. Il correspond aux veinules qui occupent l’épaisseur de la muqueuse de l’utricule et des canaux éjaculateurs. La prostate, parfaitement saine, a été prise sur un homme jeune (30 ans environ) ; je l’ai choisi à dessein pour bien montrer l’importance de ce plexus intraprostatique, alors même que rien ne vient exagérer ses dimensions; mais il faut savoir que le développement de ce plexus intraprostatique est en raison directe de l’âge. Il est même fréquent de lui voir acquérir un volume assez notable pour qu’il puisse fournir un écoulement de sangabondant, sous l’influence d’une déchirure légère. Les uréthrorrhagies qui succèdent parfois au cathétérisme ne reconnaissent pas d’autre cause (1). En tout cas, l’existence de ces veines intra-prostatiques présente, à notre point de vue, une importance qui ne saurait échapper, et les détails qui précèdent montrent bien pourquoi la prostatite et la phlébite sont deux lésions trop souvent connexes.
Quant aux relations qui unissent la phlébite à l’infection purulente, elles sont ici plus évidentes que partout ailleurs. En effet, les veines de la région ne sont pas seulement remarquables par leur volume et leur nombre, elles présentent en outre, certaines dispositions de structure et de trajet qui rendent fort grave le pronostic de leur inflammation. « Toutes ces veines sont de véritables sinus à parois minces, facilement dilatables. Elles adhèrent d’une façon intime au tissu cellulo-fîbreuxqui, lorsqu’elles
(1) Sur deux malades que j’ai observés l’an dernier dans le service de M. Guyon, l’hémorrhagie a été considérable : elle a duré trois jours chez l’un d’eux et six jours chez l’autre.
SYMPTOMES. — MARCHE. — PRONOSTIC
Je traversent, leur forme une véritable tunique. Elles se trouvent donc dans des conditions tout à fait spéciales. Quand elles sont coupées, elles restent béantes, rappelant vaguement l’aspect du tissu érectile. Do là, des hémorrhagies en nappe après la taille, des phlébites... De là également des infections putrides, purulentes, etc. (1). » Ces différentes considérations mettent en lumière la place qu’il faut donner à l’infection purulente dans le pronostic des abcès de la prostate. Sur 23 cas de mort relatés à la fin de ce travail, 9 sont dus à l’infection purulente.
Il importait donc d’insister sur ce point spécial de pronostic que la plupart des auteurs se contentent de signaler rapidement.
Après l’infection purulente, les causes de la mort sont, par ordre de fréquence, pour les 14 autres observations : la suppuration prolongée (4 cas), la péritonite et la pyélonéphrite (3 cas) ; l’un des malades est mort avec des phénomènes de rétention (obs. 111), un autre avec du délire et des symptômes de parotidite supputée (obs. 78); pour les deux derniers, la cause de la mort n’est pas spécifiée.
D. Desprès considérait l’apparition de phénomènes cérébraux graves comme un accident assez fréquent chez les vieillards atteints de prostatite aiguë. « Au bout de quelques jours la suppuration se déclare, le délire survient, bientôt le coma lui succède et le malade meurt dans une adynamie profonde (2). »
Begin (3) pense que, si la prostatite se complique de
(1) Gillette, loc. cil. Journal clc l’anal, et de la physiologie, 186!), p. 485.
(2) Chassaignac, Traite de la suppuration. Paris, 1859, t. II, p. 429.
(3) Begin, art. Prostatite, in Dictionn. de médec. et de chir. pratiques, t. XIII, p. 598. Paris, 1835.