‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 37 sur 74 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

rétention, on peut voir succomber les malades en pleine période inflammatoire au milieu d'accidents très graves, tels que la fièvre, l’agitation et le délire, mais il n’apporte aucun fait à l’appui de son opinion.

En dernière analyse, et réservant une place aux phénomènes de propagation, on peut, à propos des abcès de la prostate, résumer les causes de la mort, comme le fait Chassaignacpour la suppuration en général :

1° Infection purulente;

2° Altération du pus et empoisonnement putride;

3° Epuisement par abondance et continuité de la suppuration ;

4° Propagations et fusées inflammatoires ;

Le pronostic des suppurations prostatiques ressort des faits précédents.

Pour le déterminer, on prendra surtout en considération la gravité des complications immédiates et l’incurabilité propre à certaines lésions consécutives.

La guérison est la terminaison la plus fréquente : sur 114 observations, j’ai relevé 70 guérisons, 10 cas avec survie de trajets fistuleux et 34 morts parmi lesquelles Il sont indépendantes de l’affection prostatique (voir p . 232).

La durée moyenne de la maladie, évaluée d’après 37 observations (voir p . 232), paraît être de 51 jours; mais ce chiffre est sans valeur et porte sur des éléments qui sont trop disparates pour permettre une comparaison. Les trajets fistuleux qui succèdent aux suppurations prostatiques peuvent en effet reculer la guérison de 12 à 15 mois et plus, alors qu’un phlegmon prostatique franchement incisé dès le début peut guérir en 12 jours.

SYMPTOMES. — MARCHE. — PRONOSTIC

Au point de vue de la marche et du pronostic il convient de distinguer quatre groupes d'abcès :

1° Ceux qui se cicatrisent rapidement;

2° Ceux qui empruntent une gravité spéciale à la coexistence d'une autre affection des voies urinaires, telle que calculs, rétrécissements, etc.

3° Ceux qui se compliquent de diffusion et de propagation ;

4° Ceux qui détruisent la totalité delà glande et conduisent à la formation d’une caverne prostatique.

Il ne faut pas oublier que la guérison elle-même ne met pas à l’abri de tout danger. L’atrophie d’une portion plus ou moins étendue de la glande s’observe dans beaucoup de cas, et, si le plus souvent ce phénomène reste sans inconvénient immédiat, il se peut aussi- qu’il entraîne à sa suite des troubles du côté des voies spermatiques.

Chez un malade soigné par le Dr Reimonencq [voyez \ obs. XV), il existait des troubles très marqués du côté de l’émission du sperme deux mois après la guérison d'un abcès prostatique : « le malade se plaignait d’une douleur aiguë pendant l’éjaculation, il avait remarqué que cette dernière était de moitié moins abondante qu’avant sa maladie. » La prostate était réduite au tiers de son volume, et il était parfaitement logique d’attribuer ces troubles ; de l’éjaculation à l’oblitération de l’un des conduits éjaculateurs.

On peut observer aussi quelques troubles consécutifs du côté de la miction. Deux de nos malades ont eu à souffrir d’un léger degré d’incontinence survenu à l’époque de leur convalescence. Ce symptôme a été passager sur l’un d’eux [voy. obs. fil). Chez l’autre [voy. obs. IV), il per-

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