‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 44 sur 74 · ABCÈS · texte numérisé non relu

ABCÈS

vaut la remarque de M. Le Dentu, « que le chirurgien explorait la vessie sans avoir d’intention bien arrêtée; que, sentant une tumeur, il exerça sur elle une pression très modérée, et que, s’il ouvrait l’abcès, c’est que celui-ci était tout près de s’ouvrir spontanément. »

L 'incision périnéale , lorsqu’elle est indiquée, doit être pratiquée avec hardiesse et réunir, par ses dimensions , toutes les conditions nécessaires au libre écoulement du pus. Les incisions courtes ou les ponctions dont parle Otto Stoll (1) sont des opérations toujours inutiles et souvent dangereuses. Les règles opératoires sont les mêmes que dans le premier temps de la taille prérectale.

L ' incision par le rectum s’exécute à l’aide d’un bistouri droit que l’on dirige avec l’index gauche. L’emploi d’un spéculum est inutile et ne permet pas de choisir avec toute la précision nécessaire le point sur lequel on doit inciser. Il faut, comme le fait M. Guyon, placer le malade en travers sur son lit, les jambes tenues par deux aides. L’opérateur, placé entre les cuisses du malade, introduit, jusqu’au point fluctuant de la prostate, son index préalablement enduit de cérat et prend, de la main droite, un bistouri droit ordinaire dont la pointe, cachée dans une boulette de cire, est en outre limitée par quelques tours d’une bandelette de diachylon. Il glisse à plat, sur son index gauche, l’instrument ainsi préparé, puis, abaissant le manche et relevant la pointe que la pulpe du doigt pousse et dirige , il pratique une incision aussi étendue que possible à la poche fluctuante. Cette incision rectale peut être suivie d’hémorrhagies inquiétantes. Sur un

(1) Otto Stoll, Zur pathologie und thérapie des acuten proslataabscesses. Zurich, 1877.

TRAITEMENT

malade de M. Guyon ( voir obs . XIX) il fallut recourir au tamponnement pour arrêter l'hémorrhagie; M. Le Dentu relate un fait analogue. Lorsque l’écoulement sanguin acquiert de semblables proportions, il est certainement d’origine artérielle. Les artères de la région, très grêles et incapables do fournir une hémorrhagie durable à l’état normal , peuvent en effet se distendre sous l’influence du processus inflammatoire, et donner au doigt cette sensation de pouls rectal dont j’ai parlé. Dans ces conditions, la possibilité d’une hémorrhagie sérieuse s’explique facilement. Le sang peut aussi provenir des veines hémorrhoïdales et s’écouler en quantité notable; mais ici l’hémorrhagie s’arrête spontanément ou sous l’influence de quelques irrigations froides.

Ces faits montrent qu’on ne doit jamais ouvrir un abcès do la prostate par le rectum sans avoir minutieusement exploré la région. 11 faut toujours s’assurer, par le loucher, qu’il n’existe aucun battement là où le tranchant va porter.

Telles sont les trois méthodes opératoires applicables à l’ouverture des abcès prostatiques. Envisagées au point de vue de leur valeur intrinsèque, elles doivent être considérées comme trois méthodes susceptibles de donner do bons résultats.

Que l’incision soit pratiquée par l’urèthre, par le rectum ou par le périnée, le pronostic d’un abcès prostatique reste bénin toutes les fois que l’intervention chirurgicale satisfait à cotte condition expresse d’être précoce.

Il faut savoir, cependant, que la valeur comparative des trois procédés est loin d’être la même. Les observations

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