‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 45 sur 74 · ABCÈS · texte numérisé non relu

ABCÈS

démontrent qu’une incision précoce, par le rectum ou par le périnée, place le malade dans des conditions bien supérieures à celles qui existent lorsque le pus trouve son chemin du côté de l’urèthre. Do ce fait clinique, il est malheureusement impossible de déduire une règle absolue pour le choix de l’une des trois méthodes au détriment des deux autres.

Malgré les avantages considérables de l'ouverture périnéale, par exemple, on 11e saurait, de parti pris, fendre le périnée d’un malade pour une suppuration prostatique présumée. Pour que l’intervention par le bistouri soit légitime, il faut un diagnostic certain; il faut être sûr de trouver du pus, et le chemin qu’on doit lui tracer est, dès lors, subordonné à des indications variables, suivant les cas particuliers. Il faut surveiller ses malades avec le plus grand soin, les toucher, les explorer attentivement, et, la seule règle absolue, c’est d’inciser à temps, là où le premier indice de suppuration se laissera percevoir.

Nous repoussons à dessein le mot de fluctuation. Attendre la fluctuation vraie pour intervenir, c’est inciser trop tard. Du côté du rectum, le premier indice de suppuration se traduira par cette sensation de dépressibili té spéciale, analogue à celle que donnerait un petit carré d’étoffe mal tendu sur un cadre rigide. C’est un petit point mou , que la pulpe du doigt rencontre, en explorant la plaque dure du phlegmon ou la convexité non moins résistante de la prostate cnllammée. La propagation périnéale se révélera au doigt, par l’extension des limites inférieures de l’empâtement périprostatique, au-dessous du niveau de l’aponévrose moyenne. L’intensité du point douloureux prérectal sera de même très significative, et,

TRAITEMENT

lorsqu’il existe eu mémo temps de l’œdème périnéal, on ne doit conserver aucun doute. Quant aux sensations perceptibles par le cathétérisme, elles se réduisent à la notion d’une sorte de rénitence kystique difficile à bien apprécier. L’état général du malade, l’acuité des douleurs, l’apparition de petits frissons, l’intensité de la lièvre, devront, à leur tour, contribuer au diagnostic.

Il m’est difficile de préciser davantage, et la détermination plus absolue du moment où l’intervention s'impose, reste question d’initiative personnelle et de tact chirurgical.

Dans l’interprétation des faits particuliers, on se rappellera qu’il faut inciser par le périnée ou par le rectum toutes les fois que les circonstances le permettent.

Pour les phlegmons périprostatiques, cette manière de procéder s’impose d’elle-même, et l’on ne peut hésiter qu’entre l’ouverture rectale et l’incision périnéale. L’une et l’autre fourniront d’excellents résultats. Si la collection pointe vers le rectum et. n’offre aucune tendance à fuser vers le périnée, on lui donnera issue par l’intestin. Dans le cas, au contraire, où le pus, tout en laissant percevoir sa présence par le rectum, semble vouloir dépasser le niveau de l’aponévrose moyenne, on incisera parle périnée. En procédant ainsi, Demarquay a obtenu la guérison d’un phlegmon périprostatiquo en neuf jours (voir obs. 46).

En cas d’abcès intra-prostatique reconnaissable par le toucher rectal, et malgré l’absence complète de toute diffusion prostatique, on incisera par le rectum sans jamais se fier à la bénignité relative des ouvertures uréthrales spontanées.

Enfin, dans le cas où le cathétérisme ferait percevoir

Page 1