COMPLICATIONS
uno petite poche fluctuante au niveau do la région prostatique, on ne sera autorisé à l’ouvrir volontairement par cette voie que si l’exploration de la face postérieure de la glande restait absolument négative. La réunion de ces deux conditions est, on le conçoit, rarement observée; car il est difficile qu’un abcès assez volumineux pour se laisser percevoir par le cathétérisme échappe entièrement au toucher rectal. Les indications de l’ouverture uréthrale sont donc exceptionnelles. L’évacuation par l’urèthre est presque toujours accidentelle ou spontanée; sur les malades bien observés, elle ne se produira que pour les abcès sous-muqueux peu volumineux, et c’est d’ailleurs le seul cas où son pronostic soit réellement bénin.
Le rôle du chirurgien ne se borne pas h donner issue au pus, et lorsque les abcès prostatiques sont incisés ou se sont ouverts spontanément, il faut surveiller attentivement la marche ultérieure de la maladie, lutter contre les complications toujours possibles, et activer la cicatrisation.
Les accidents qui surviennent du côté de la vessie, du rectum, des reins ou du péritoine, réclameront une médication appropriée sur laquelle je n’ai pas à insister.
L’infection purulente et la péritonite suraiguë resteront, le plus souvent, au-dessus des ressources do l’art. En outre, il faudra puiser largement à la médication reconstituante pour permettre au malade de faire face aux frais de suppurations souvent excessives ou prolongées.
Les fusées purulentes seront surveillées avec la plus grande attention et devront être incisées vite et largement. Le libre écoulement du pus sera, dans tous les cas, assuré par les moyens d’usage. Les injections détersives et désinfectantes rendront de précieux services. Elles ont
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TRAITEMENT
permis à M. Reliquet do guérir en trois semaines un homme de 52 ans, chez lequel une suppuration périprostatique avait perforé la muqueuse rectale et envahi la région inguinale. Deux fois par jour, des injections. d’eau phéniquée étaient pratiquées dans le trajet ingui no-rectal, et, matin et soir, le malade se faisait lui-même une irrigation rectale. Ces irrigations rectales étaient prolongées une heure chaque fois, et se faisaient cà l’aide d’un instrument spécial construit par M. Collin sur les indications de M. Reliquet. « C’est un cylindre terminé par un renflement en boule ; l’hémisphère terminal de cette boule est couvert d’orifices larges ; l’orifice central laisse passer une sonde en gomme qui traverse tout le cylindre métallique dans un canal indépendant. Cette sonde est destinée à porter très haut dans le rectum le liquide de l’irrigation. Les trous qui entourent la sonde sur la boule métallique reçoivent le liquide d’irrigation immédiatement au-dessus de l’anus; ce liquide pénètre dans la cavité du cylindre et sort à l’extérieur par un pavillon distinct (1). »
Ces données générales du traitement, en cas de complications, ne peuvent nous arrêter plus longtemps, et je dois surtout insister sur la conduite à tenir au point de vue de l’abcès en lui-même et de sa cicatrisation.
Les cas où l’ouverture de l’abcès est unique sont, on le conçoit, particulièrement favorables.
Les trajets périnéaux ou rectaux jeunes, ceux qui suivent l’ouverture spontanée et récente d’un abcès prostatique, et ceux qui succèdent à une incision précoce, se cicatrisent seuls dans la majorité des cas. Parfois, un peu de
(l) Reliquet, Union médicale nos du 26 février et du 5 mars 1878.