‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 50 sur 74 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Abcès de la prostate. — Incision périnéale profonde dès le début. — Guérison rapide. — Huit ans après, nouvelle chaudepisse. — Nouvel abcès de la prostate. — Ouverture spontanée dans l’urèthre et le rectum. — Émission du sperme par le rectum.

(Obs. de Lallemand in Clinique méd.-ch., 18i5, p. 268.)

«M. B..., officier de marine, eut à 25 ans une blennorrhagie, puis un rétrécissement qui nécessita l’usage des sondes; il survint bientôt de la pesanteur vers le col de la vessie, une tumeur dure et profonde se développa au-devant du sphincter; l’indicateur introduit dans le rectum fit reconnaître qu’elle dépendait d’un gonflement phlegmoneux de la prostate. M. Lallemand plongea aussitôt un bistouri à travers le périnée dans la direction du col de la vessie; il sortit d’abord peu de pus par l’incision, parce qu’il n’était pas encore réuni en foyer ; mais les joui’s suivants il s’en écoula une grande quantité. Le cours des urines se rétablit immédiatement, et la cicatrisation fut terminée en quelques jours. Une cautérisation de la surface prostatique de l’urèthre fit complètement disparaître l’écoulement abondant qui persistait. »

« Huit ans après, M. B... contracta une nouvelle blennorrhagie, se fatigua, et ressentit, vers le col de la vessie, les mêmes symptômes que la première fois ; mais, au moment de son arrivée à Montpellier, l’abcès de la prostate se vida dans le rectum. Pendant la première semaine, la suppuration fut abondante et phlegmoneusc ; après quoi, l'écoulement du canal redoubla et celui du rectum diminua. Deux jours après, une partie des urines fut rendue par l’anus, chaque fois

OBSERVATIONS

que le malade vidait sa vessie. Enfin, au bout de deux mois, ayant éprouvé tous les phénomènes d’une pollution nocturne, il ne trouva en s'éveillant que quelques goutLes de sperme à l’ouverture du canal, et il rendit, en allant à la selle, une maLici'e abondante qui avait tous les caractères de la liqueur séminale. Ces phénomènes se reproduisirent tous les huit ou dix jours environ. Avec plus d’attention encore, il constata que, indépendamment de ces pollutions nocturnes extraordinaires, il rendait, tous les jours, du sperme en moindre quantité par le rectum, sans érection préalable. Il a été possible de vérifier plusieurs fois l’exactitude de ces observations. » « Cependant, au bout de deux mois, ces pollutions d’un nouveau genre diminuèrent, et, quinze jours après, toute évacuation séminale cessa par le rectum; elles n’ont point reparu depuis. Une cautérisation de la surface prostatique fit encore cesser en quelques jours l’écoulement abondant qui persistait par le canal, et M. B... sortit de l’hôpital, complètement guéri de cette grave maladie, par le seul usage des sondes, qu’on retirait même aussitôt qu’elles provoquaient la moindre irritation, la plus légère fatigue. »

M. Lallemand a revu M. B.., quatre ans plus tard. Il revenait d’un long voyage sur mer; sa santé était parfaite, et les fonctions génitales s’exécutaient d’une manière satisfaisante. Cet état s’est maintenu ensuite sans variation.

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