‹ Des abcès chauds: pathogénie et traitement antiseptiqueChapitre 9 sur 24 · TOUS · texte numérisé non relu

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beaux résultats qu'obtint Lister, grâce à elle, dans le traitement des abcès phlegmoneux.

Les travaux de Pasteur lui révélèrent la voie dans laquelle il fallait s'engager. Dès 1867 il s’occupa du traitement antiseptique des abcès, le perfectionna progressivement et en formula les règles de la façon suivante en 1875 :

Ouvrir très antiseptiquement au bistouri; au début, il opérait sous un mastic phéniqué, plus tard, sous le spray ;

Vider exactement par pressions lentes et continues ;

Drainer pour favoriser l'écoulement de sérosité qui suit l'ouverture de l’abcès ;

Enfin se garder contre la putréfaction par un pansement très antiseptique « alors, dit-il, on est témoin de ce « beau spectacle: cessation de la suppuration immédiate- « ment après la sortie du pus original, et diminution « progressive de l'écoulement séreux jusqu'à fermeture « de la cavité de l’abcès ; si le traitement antiseptique « n'avait fait que produire une telle révolution dans le « traitement des abcès, et jeter une telle lumière sur « leur pathologie, il aurait déjà bien mérité la gratitude « du chirurgien. »

Malgré les publications et l'exemple de M. Lucas- Championnière, on continua longtemps encore à n’accorder au traitement des abcès par la méthode antiseptique qu'une médiocre attention. L’incision se faisait avec des précautions préliminaires insuftisantes ou nulles, et le pansement constitué essentiellement pardes compresses ou de la charpie trempées extemporanément dans une solution alcoolique ou phéniquée forte ou faible, était

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bien moins un pansement antiseptique qu’un pansement avec des antiseptiques. De là aux précautions listériennes il yavait loin, malgré qu’on prétendit obtenir une guéri- SOn aussi rapide avec ce pansement qu'avec celui de Lister.

Cependant M. le professeur Trélat signalait dans ses cliniques etau congrès de Reims, les beaux résultats que lui donnait le pansement de Lister dans le traitement des abcès chauds.

En 1883, nous trouvons une thèse de Vérut sur les abcès chauds etleur traitement antiseptique, travail intéressant qui nous à fourni plus d’un renseignement, et où l’on rencontre à chaque pas l'inspiration de M. Lucas- Championnière.

I] parut en 1884, dans l’Union médicale une correspondance entre MM. Polaillon et Richelot, delaquelle il ressort clairement que ce dernier chirurgien a obtenu par la méthode de Lister fidèlement observée, des guérisons d'abcës beaucoup plus rapides que celles obtenues par M. Polaillon qui prenait moins de précautions et pansait avec des compresses trempées dans l’eau phéniquée.

D'ailleurs le traitement antiseptique des abcès ne réside pas dans la nature des substances employées, mais dans la méthode suivie; qu’importent les substances pourvu qu'elles permettent au chirurgien d'atteindre le but qu'il vise.

C’est ici surtout, et M. Lucas-Championnière ne cesse de l'enseigner, c’est ici que la méthode antiseptique veut être suivie dans toute sa rigueur : tel qui peut, à l’aide d'une antisepsie imparfaite, obtenir la réunion par première intention d’une plaie opératoire, n’obtiendra, par

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le même procédé, ni la suppression d’une suppuration, ni l'accolement immédiat des parois d’un abcès phlegmoneux. La réinfection des surfaces suppurantes se fait avec une désespérante facilité, les micro-organismes y trouvent un milieu très favorable à leur multiplication. Les épithèmes plus ou moins malpropres que l'on appliquait autrefois sur les abcès ouverts, mettaient leur cavité dans des conditions plus fayorables encore au développement microbien; la suppuration continuait toujours, devenait quelquefois plus abondante et s’altérait, et, la cause qui l’entretenait demeurant ignorée, cette suppuration consécutive à l’incision semblait être une phase nécessaire dans l’évolution des foyers purulents.

M. Championnière qui, dans sa Chirurgie antiseptique, avait signalé l’heureuse influence des injections phéniquées fortes sur les paroïs des abcès chauds, reprit en 1881 cette question dans son Journal du Médecin praticien. Sa pratique était la suivante :

Ouvrir largement le foyer par une grande incision, vider exactement, et faire un lavage à l’eau phéniquée forte; suturer les lèvres de l'incision, placer un drain deboutet, par un pansement antiseptique aidé de compression, chercher la réunion et l'accolement des parois.

Cette méthode lui donnait d'excellents résultats, consignés du reste dans son travail.

Lister, on a pu le remarquer, ne parle pas du lavage de la poche à l’aide d'un liquide antiseptique, car il pensait alors « que le pus d'une cavité non encore ouverte « étant le produit de la stimulation inflammatoire sans «€ influence atmosphérique, est exempt de putréfaction,

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€ de sorte qu'ilest inutile d'introduire dans l’abcès l'agent € antiseptique et qu’il suffit de donner issue au pus tout « en se tenant en garde contre la pénétration des fer- « ments putrides ».

Or nous avons vu que tous les abcès observés chez l’homme avant d’être ouverts, ontétéconstamment recon-

. nus microbiens, que par conséquent l'évacuation simple

de la poche, laissant toujours sur les parois un enduit purulent, est insuffisante pour débarrasser complètement le foyer de ses micro-organismes. Si le lavage, en ce Cas, n'est pas indispensable, il donne du moins une sécurité plus grande.

Nous savons aussi que les parois d’abcès contiennent des microbes en assez grand nombre dans leur épaisseur. Le pus de certains abcès phlegmoneux déjà éloignés de leur début ne contient quelquefois plus de microbes, mais on est toujours sûr de retrouver ces derniers dans les couches superficielles de la paroi. Il importe donc non seulement de déterger la surface de ces paroïs, ce à quoi l’eau stérilisée suffirait, mais encore d'imprégner ces

- paroïs d'une substance antiseptique qui fasse d’elles un

milieu défavorable au développement des microcoques qu'elles renferment.

La nécessité de faire passer un liquide antiseptique dans une poche purulente ne doit pas nous faire oublier le danger qu'il y aurait à répéter intempestivement ces injections.

Les substances chimiques irritantes en contact passager avec les tissus n’ont aucun inconvénient, mais si le contact se prolonge ou se répète trop fréquemment, il en

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résulte uneirritation capable d'entretenir la suppuration : le danger de réinfection du foyer reparaît. |

Le bénéfice que l’on retire d’une action suffisante de l'antiseptique sur la paroi, fait prévoir qu'il y a avantage à se servir de préférence de solutions fortes qui, employées à petite dose, seront beaucoup plus efficaces que de grandes quantités de solution faible.

Voici maintenant, tels que nous les tirons de la pratique et de l’enseignement de M. Lucas-Championnière, les principes qui doivent servir de guides dans le traitement des abcès phlegmoneux :

Se soumettre aux précautions minutieuses qui sont

l'accompagnement obligé de toute opération antiseptique ; | |

Inciser au bistouri, le plus tôt possible, et largement si on peut le faire ;

Vider exactement le foyer par pressions douces et continues ;

Faire dans la cavité une injection antiseptique forte, peu abondante, qu’on fera ressortir complètement, qu'on ne renouvellera plus à moins d'indication formelle ;

Suturer les lèvres de l’incision et placer un drain debout ;

Appliquer un pansement antiseptique et rechercher à l’aide d’une compression méthodique l'accolement des parois.

Entrons maintenant dans quelques détails au sujet de chacune de ces recommandations :

Les précautions relatives à la propreté des mains, des

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