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précédentes établissent une relation évidente entre les microbes et la suppuration,
Plusieurs auteurs cependant, ayant repris les expériences d'inoculation de cultures obtinrent parfois des résultats négatifs. La recherche des causes de ces faits contradictoires les amenèrent à serrer le problème de plus près et à étudier les conditions nécessaires aux micro-organismes pour produire la suppuration.
Ces conditions, bien étudiées par Watson Cheyne, dépendent soit du microbe lui-même, soit de l'organisme récepteur.
Les microbes existent à l’état normal dans les voies respiratoires et digestives, à la surface de la peau, et, si leur présence était seule suffisante, la moindre fissure tégumentaire devrait toujours servir de porte d'entrée àla suppuration. D’autre part on a remarqué que les microbes injectés dans le courant sanguin disparaissaient avec rapidité de la circulation. On a constaté leur élmination par le foie, les reins, la mamelle, la glande parotide.
Quelles sont donc, du côté de l'organisme, les conditions requises pour la localisation et le développement des microbes ?
Outre l'influence sur l'individu de la saison, du climat, de la température, il faut noter l’âge, le sexe, l'espèce à laquelle il appartient, l’état général plus ou moins déprimé par une affection aiguë ou chronique, et enfin certaines conditions locales qui ont été l’objet d'expériences précises.
Les embolies et thromboses peuvent servir de point
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d'arrêt aux microbes et favoriser leur accumulation en un point donné. En injectant dans les veines des particules solides plus ou moins volumineuses qui servaient de supports aux microcoques, on a pu à volonté produire des gangrènes et des abcès dans tel ou tel organe, dont les capillaires offraient un calibre correspondant aux dimensions des parcelles injectées. Des contre-expériences démontrèrent que ces parcelles privées de microcoques ne déterminaient pas de travail suppuratif dans les points où elles s’arrétaient (Cheyne, Bonomé, Pavlowsky).
Si, après une ligature temporaire, on fait dans le sang une injection de microbes, on observe leur localisation dans les tissus au détriment desquels s’est faite la suspension de la circulation sanguine (Heubnaer).
Les inflammations locales, les congestions, comme celle par exemple qui accompagne le travail d'accroissement des épiphyses, constituent des causes éminemment prédisposantes, de même que le traumatisme avec ou sans plaie : l'injection dans le sang du microcoque de l'ostéomyélite après fracture osseuse est suivie de la localisation de ce microcoque au foyer de fracture.
On obtient un résultat identique en irritant un point de l'os par une substance chimique ; en déprimant de la même facon la vitalité de tout autre tissu on favorise l’arrêt des microbes au point léseé.
La localisation des microbes dépendrait dans certains cas de l'espèce à laquelle ils appartiennent, et Cheyne cite ce fait que les abcès primitivement profonds de la mamelle ne contiennent que des staphylocoques qui après avoir pénétré dans les conduits galactophores se dévelop-
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pent dans les acini et envahissent ultérieurement le tissu interstitiel ; les streptocoques au contraire seraient en rapport avec les lymphangites superficielles et pénétreraient dans les lymphatiques par les crevasses du mamelon.
Nous voici amené à parler des conditions qui dépendent des micro-crganismes eux-mêmes.
Nous avons vu que les embolies et les thromboses favorisaient leur arrêt en des points variables de l’organisme. Ces embolies ou thromboses peuvent n'être constituées uniquement que par les microbes : ce fait a lieu lorsqu'ils sont en nombre considérable, ou lorsque leurs dimensions sont supérieures au calibre des capillaires qu'ils ont à traverser. C’est pour ce dernier motif que les staphylococci aureus et albus, confiés au courant sanguin, déterminent régulièrement des abcès dans le rein du lapin.
Chauveau, Fehleisen et Watson Cheyne ont institué des expériences intéressantes montrant que les symptômes observés varient avec le nombre des microbes injectés. Cheyne est arrivé aux résultats suivants avec le pr'oteus vulgaris :
225 millions de microbes déterminent la mort du lapin en 24 heures; .
56 millions amènent la mort en six semaines avec formation d’un abcès étendu ;
8 millions déterminent un petit abcès sans gravité.
Au-dessous de ce nombre on n'obtient plus rien. Il a fait avec les staphylocoques des expériences analogues.
Les injecuons de cultures concentrées seraient moins
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actives que celles où le véhicule est plus abondant : la tension du liquide dans les tissus y constitue peut-être
un traumatisme qui diminue leur vitalité et les prédis- 4 pose à l'infection.
C'est l’appréhension de cette tension qui a fait employer le drainage à Lister, dans les plaies opératoires récentes.
Enfin, la virulence des microbes varie beaucoup avec l’âge et la pureté de la culture, avec la présence de microbes d'espèces différentes qui viennent corroborer l'action des premiers, ou jouer vis-à-vis d’eux le rôle d'antagonistes. Flügge a démontré, par exemple, que le bacillus fluorescens putridus tue le staphylococcus pyovenes aureus.
Suppuration non microbienne.
Dans sa note de 1878, Pasteur déclarait avoir déterminé de la suppuration en introduisant dans le tissu cellulaire d'animaux des fragments de laine et des particules de charbon qu’il avait pris la précaution de chauffer ; il n’en accordait pas moins aux micro-organismes un rôle prépondérant dans la pyogénèse.
Ces expériences furent reprises avec ardeur en Allemagne et exécutées avec les précautions les plus minutieuses.
Elles donnèrent d'abord des résultats contradictoires dus aux conditions diverses dans lesquelles on expérimentait. Ces conditions se dégagèrent peu à peu, furent