‹ Des Abcès Du Creux Ischio-RectalChapitre 9 sur 13 · DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC

La marche quelquefois lente de l’abcès ischio-rectal, ne l'est jamais assez pour que l’on puisse croire à un néoplasme, comme l'indique J.-L. Petit. L'erreur ne pourrait être de longue durée, car les phénomènes inflammatoires deviennent bientôt manifestes. S'il est le plus souvent facile de reconnaitre qu’on est en présence d’un phlegmon, le siège exact en est plus difficile à préciser. Il s’agit tout d’abord de différencier l’abcès du creux ischio-rectal avec le phlegmon pelvi-rectal supérieur, linfiltration d'urine, la périprostatite, l’abcès de la prostate et enfin avec les abcès sous-cutanéo-muqueux.

Le toucher rectal constitue le moyen de diagnostic le plus sûr : l'induration péri-rectale est peu considérable dans le phlegmon simple, elle ne dépasse guère le releveur en cas de phlezmon de la fosse ischio-rectale et remonte, au contraire, très haut dans le phlegmon pelvi-rectal supérieur.

S'il y à ouverture dans le rectum, l'évacuation des matières est suivie de l'issue du pus dans les collections purulentes de l'espace pelvi-rectal supérieur ; tandis que l'issue du pus précède l'évacuation des matières dans les abcès de la partie inférieure du rectum. Dans l'infiltration d'urine, l'aspect parliculier de la région périnéale, la connaissance des antécédents urinaires du malade sont des données de premier ordre qu'il faut mettre à profit.

Dans la périprostatite, l’inflammation phlegmoneuse siège dans ce tissu cellulaire, lâche, abondant et vasculaire, Situé entre le rectum et la vessie.

Dans l’abcès de la prostate, le toucher rectal démontre une augmentation de volume en général plus prononcée sur un lobe : que sur l’autre et une exagération de la sensibilité; elle prend une forme carrée (Vidal), si la prostatite est générale, et présente une série de bosselures ou de mamelons, ou une hypertrophie latérale dans la prostatite partielle.

Il ne saurait guère y avoir de doutes pour les abcès tubéreux : ces collections, dépassant rarement le volume d’une petite noix, siègent habituellement très près de l’orifice anal; elles sont très superficielles, séparées de l'extérieur par la peau mince de la région entourée à peine d'une légère induration.

Le phlegmon de la marge de l'anus se développe nr le tissu cellulaire sous-cutané ; il est beaucoup moins circonserit que l’abcès tubéreux. À une distance plus ou moins grande de l’anus, se montre une tuméfaction douloureuse qui s'étend ‘à un ou deux travers de doigt de l’orifice anal.

Quant aux abcès sous-muqueux, ils sont situés entre le doigt explorateur introduit dans l'anus et le sphincter, tandis que les abcès ischio-rectaux sont situés en dehors du sphincter.

L'abcès du creux ischio-rectal étant reconnu, il faut en déterminer la nature. Les commémoratifs, l'examen local, le toucher rectal permettront de trouver, dans quelques cas, des hémorroïdes, un rétrécissement, un néoplasme, la présence de plaies, d'opérations, de corps étrangers du rectum, d’affections de la prostate, des vésicules séminales, etc.

Enfin, quand rien ne semblerait expliquer l'apparition de l’abcès, ni du côté du rectum, ni du côté des organes voisins, l’auscultation devra toujours être pratiquée avec soin ; donnet-elle des résultats positifs au point de vue de la tuberculisa-

2= 181 tion pulmonaire, la question est à peu près tranchée; mais, même si elle reste négative, on ne saurait affirmer qu'il ne s’agit pas de tuberculose, contrairement à la loi de Louis. On. fera l'examen bactériologique du pus et l’on explorera minutieusement la ceinture pelvienne, ainsi que la colonne vertébrale. Quand le phlegmon s’est ouvert au-dehors, le stylet et le toucher rectal rendront compte du siège et de l’étendue de l’abcès.

PRoNosTic. — Le plezmon ischio-rectal est d'un pronostic très sérieux ; l'importance des phénomènes généraux, l’abondance de la suppuration, les fistules interminables justifient trop les craintes que l’on doit exprimer dès le début.

Le phlegmon gangréneux est presque toujours mortel. Les phlébites, les embolies septiques, la pyohémie sont les ca uses de la mort. La résolution est exceptionnelle.

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