SYMPTOMES LOCAUX
L'ensemble de ces signes fonctionnels doit inciter le chirurgien à explorer Je petit bassin et le rectum. Son geste doit être automatique et réflexe. Il doit s'imposer nécessairement. L’anus est souvent gonflé, éversé, ourlé d’une muqueuse œdématiée, un peu entr’ouvert, souillé par des mucosités sanguinolentes. Chez la femme on peut explorer le Douglas par le toucher vaginal, mais l’abcès pelvien s’observe plus souvent chez l’enfant. C’est donc le toucher rectal et la palpation bi-manuelle associés qu’il faut utiliser habituellement.
Toucher rectal. — La vessie ayant été vidée, le siège du malade est soulevé sur un coussin. L’index droit entre facilement dans l’anus déjà entr'ouvert. La paume de la main gauche placée au-dessus du pubis re-
foule vers lui le contenu du bassin. Il est logique de mettre le malade en position assise ou demi-assise, afin d'amener toute la collection au fond du Douglas. L’index après le sphincter, sent une dépression, puis la prostate et au-dessus de la prostate une tuméfaction chaude et douloureuse plus ou moins nette.
Quand l’abcès est collecté, la sensation est pathognomonique. Il n’y a pas à s’y tromper. L’ampoule rectale a disparu. Sur la paroi antérieure du rectum bombe une masse molasse gélatineuse. C’est un véritable « pis de vache », avec sa consistance particulière. Ce pis de vache, on peut en explorer ses contours, tout au moins les bords inférieurs et les bords latéraux. Le rectum est souvent si aplati qu’on ne peut plus retrouver sa lumière au-dessus de la masse qui le comprime d’avant en arrière. Quand la collection est importante, on peut la sentir et la maintenir entre l'index intra-rectal et la main gauche placée à l’hypogastre.
Parfois d’ailleurs on note de la matité dans la région sus-pubienne, matité qui contraste avec le tympanisme du reste de l’abdomen. Le diagnostic est fait, une incision immédiate s'impose.
Si chez la femme on pratiquait le toucher vaginal, on trouverait un utérus immobilisé, le col reporté en avant, repoussé par une collection remplissant le culde-sac postérieur du vagin. D’après le docteur Henri LARDENNOIS, même chez la femme il vaut mieux explorer et inciser l’abcès pelvien post-appendiculaire par le rectum.
La poche est plus près du rectum, l’incision semble plus déclive et devant mieux drainer.
Lepretes EXAMENS CYTOLOGIQUES
Différents auteurs ajoutent à l’examen clinique les recherches de laboratoire, et en particulier l’étude de la leucocytose et de la proportion relative des polynucléaires dans le sang. Ces données peuvent en effet fournir des indications sur l’évolution du foyer suppuré.
Quand la leucocytose et la polynucléose augmentent à nouveau dans les suites opératoires de l’appendicectomie, il faut craindre l’apparition d’un abcès, mais ne pas perdre de vue que ces examens n’ont qu’une valeur relative. On doit les considérer uniquement comme un symptôme associé qui n’a toute sa signification que lorsqu'il concorde avec les données cliniques.
Ainsi dans l’observation n° 12, l'examen du sang qui décela la présence de 26.400 globules blanc et de 82 % de polynucléaires, chez un malade apyrétique, qui présentait des signes d’occlusion et une masse au devant du rectum, décida le chirurgien à pratiquer la rectotomie malgré l’absence de température.
En somme, l’augmentation du nombre des globules blancs, et la proportion plus élevée des polynucléaires constituent une indication d’un abcès collecté, qu’il faut rechercher et trouver.