‹ Des Abcès Pelviens Tardifs après l'AppendicectomieChapitre 14 sur 26 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Quand on assiste, quelque temps après une appendicectomie tardive et laborieuse, à une exacerbation subite des symptômes qui deviennent plus alarmants et plus inquiétants, il faut chercher la cause de cette aggravation et passer en revue les diverses complications qui peuvent suivre l’appendicectomie.

On élimine en général assez facilement les complications cardio-vasculaires, respiratoires, hépatiques et urinaires. Et on en arrive en dernière analyse à se demander devant les signes occlusifs qui dominent souvent la scène : est-ce l’occlusion qui a été signalée ces derniers temps par différents auteurs ? Est-ce l’apparition d’un abcès pelvien ? |

De l’établissement de ce diagnostic différentiel dépendra la conduite à tenir : traitement médical en cas d’occlusion dynamique, intervention chirurgicale haute en cas d’occlusion mécanique, intervention basse en cas d’abcès pelvien.

En faveur de l’occlusion primitive, notons l’apparition de coliques chez un sujet apyrétique. Coliques très douloureuses, arrachant des cris au malade. Elles s’accompagnent de difficulté, puis d’impossibilité d'éliminer les gaz et les matières, des vomissements apparaissent, qui ne tarderont pas à devenir fécaloïdes. L’abdomen se ballonne, les ondes péristaltiques exagérées sont visibles sous la paroi. Le faciès devient terreux et s’il n’y a pas intervention, le malade succombera en quelques jours.

L’abcès résiduel pelvien peut s’accompagner de ces signes occlusifs. Le professeur Henri LARDENNOIS pense d’ailleurs que, souvent, l’occlusion post-opératoire est due à un abcès méconnu ; mais ils seront toujours précédés d’une atteinte de l’état général. La température s’élève depuis plusieurs jours, le pouls augmente de fréquence, il existe une douleur sourde, une sensation de pesanteur périnéale. Des signes ajoutés contribueront à éclairer le chirurgien. Nous les avons longuement étudiés dans le chapitre de la symptomatologie : dysurie sans cystite, parfois rétention d’urine, plus tard cystite avec pollakiurie, rectite glaireuse, ténesme et épreintes.

Mais c’est le toucher rectal qui fera le diagnotic. Lui seul permettra d’affirmer l’existence d’un abcès du cul-de-sac de Douglas et de mettre en œuvre une thérapeutique bien simple et rapidement efficace : l’incision trans-rectale.

TRAITEMENT PREVENTIF

Comment éviter les abcès pelviens secondaires après l’appendicectomie ?

Les précautions prises, peut-on être assuré que l’on ne verra pas survenir cette complication ?:

Pour étudier ce chapitre du traitement préventif, reportons-nous à l’étiologie. Nous avons vu que plus l’appendicectomie était tardive, plus on risquait de voir évoluer un abcès pelvien. L'intervention précoce dans les crises d’appendicite est donc à conseiller formellement, chaque fois que la chose est possible. Après tous nos maîtres, nous reprendrons les conclusions formulées à la Société de Chirurgie par le professeur Duvar, en 1931, avec tant d’autorité : « Toute crise d’appendicite aiguë, quelle qu’en soit la gravité initiale apparente, doit être opérée aussi près qu’il est possible du début de la crise.

« Il n’existe pas de traitement médical de l’appendicite aigué.

« Le meilleur traitement de la crise d’appendicite aiguë est l’opération dans les vingt-quatre premières heures de la crise ».

Mais il arrive encore malheureusement que l’opération ait été trop retardée. On trouve à l’ouverture de l'abdomen un exsudat séreux péritonéal ou même du pus. Quelle conduite tenir ? Elle se résume à deux indications : toilette du péritoine, drainage.

Page 1