‹ Des Abcès Pelviens Tardifs après l'AppendicectomieChapitre 21 sur 26 · ATH · texte numérisé non relu

ATH

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OBSERVATION N° 1 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)

Le dimanche 14 novembre 1926, je suis appelé par mon ami le docteur FOSsIER, auprès du jeune Albert V..., 6 ans, atteint d’une crise grave d’appendicite depuis le vendredi 12 novembre dans la soirée. L’état de l’enfant est assez inquiétant ; température 38°8, pouls 120, respiration 26. Le ventre est rétracté en bateau avec une très vive sensibilité au point de Mac BURNEY. Opération d'urgence à onze heures. On trouve un appendice très long. À deux centimètres de l’extrémité distale on aperçoit que l’appendice est renflé par un calcul. A cet endroit existe une petite fissure au centre d’une tache écchymotique. Dès l’ouverture du péritoine on avait vu s’écouler un liquide purulent blanchâtre. Appendicectomie sans enfouissement, aspiration du liquide, je laisse un drain et trois mèches. L'enfant est couché sur le côté droit. Pansement à 16 h., à 21 h., le 14 novembre et le lendemain à 6 h. et à 9h.

L'amélioration est rapide ; le drainage donne peu de choses ; on le supprime le lundi soir. Peut-être un peu trop tôt. Tout paraît devoir s’arranger vers la guérison, jusqu’au jeudi 18 octobre.

Le jeudi 18 octobre, l'enfant a de violentes coliques et gémit ; on essaie un lavement qui détermine de violentes douleurs. Malgré l'application de deux vessies de glace, l’ingestion de teinture de belladone, l’abdomen est

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ballonné ; il n’y a pas de gaz, ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche.

Le dimanche soir 21 novembre, un toucher rectal ne montre rien de bien précis, mais il y a un gaz. Dans la nuit, la sœur infirmière couche le petit en position ventrale. L’occlusion se continue. On voit se dessiner des ondes péristaltiques.

Le lundi matin 22 novembre, injection sous-cutanée de péristaltine Ciba. Le soir, un lavement de bile ramène un gaz. Il y a d’autres évacuations gazeuses la nuit.

Le mardi 23 novembre, seconde injection de péristaltine et de plus ingestion en quatre fois, de 40 centigrammes de Calomel. On obtient alors des gaz et des selles.

Les jours suivants, il y a des alternatives d’amélioration et de rechutes. Le petit malade continue à gémir et à se plaindre ; il est gêné pour uriner. On observe aussi l'érection de la verge. L’anus devient béant éversé, laissant passer des mucosités ; les lavements pénètrent difricilement. Le toucher rectal toujours douloureux ne montre pas de collection évidente dans les premiers temps.

Enfin le 30 novembre, on reconnaît nettement, sans erreur possible, une masse mollasse, comme un pis de vache, bombant dans le rectum et aplatissant la lumière. C’est un abcès pelvien.

Opération le mardi 30 novembre 1926, avec l’aide des docteurs FOssIER et BILLARD ; le petit malade est placé en position de la taille. Désinfection rapide de ASS anesthésie, dilatation de l’anus.

Sur mon index gauche qui sert de guide, j'effondre le rectum avec une paire de ciseaux longs et courbes ; il s'écoule une grande quantité de pus. Je draine avec un drain à oreilles, qui est retiré le troisième jour. Dès le lendemain, l’état général est transformé :; les troubles d'ocelusion cessent complètement, l’opéré peut s’alimen-

ter et reprendre des forces. Le 5 décembre on peut supprimer la garde de nuit. L’opéré quitte la clinique bien guéri le lundi 13 décembre.

OBSERVATION N° 2 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)

Germaine F.., 14 ans, a eu une crise d’appendicite de gravité moyenne en février 1928 ; elle a paru bien guérie et a repris ses occupations. Rechute le 23 mars 1928. Avec d'emblée des symptômes inquiétants : vomissements, pouls rapide. Elle entre à la clinique LARDENNOIS le 24 mars, et elle est opérée d'urgence à 18 heures.

L’abdomen est contracté, le pouls bat 120 pulsations à la minute, la température atteint 38°2.

Opération. — En présence du Docteur CHANTELU, médecin traitant; opérateur le Docteur BILLARD ; incision de Mac Burney; il y a du pus dans l’abdomen; l’appendice peut être extériorisé aisément; il est gangrené avec une perforation comme une lentille à sa partie moyenne. Appendicectomie, enfouissement du moignon sous une collerette sous-séreuse; on laisse un drain.

Suites opératoires. — Après une période d’amélioration progressive, des symptômes d'infection se manifestent. A partir du 1* avril, la température remonte : le thermomètre marque 38° le matin, et un peu plus de 39° le soir ; il y a du ballonnement et des coliques, puis de la dysurie. On pense à un abcès pelvien. Le toucher rectal révèle l’existence d’une masse mollasse bombant dans le rectum.

Le 8 avril 1928, incision trans-rectale, donnant issue à une grande quantité de pus fétide. Amélioration rapide de tous les symptômes ; l’enfant quitte la clinique guérie, le 16 avril 1928.

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OBSERVATION N°3 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)

Van P..., 23 ans, envoyé à la clinique LARDENNOIS par le Docteur HoEL, de Viille-en-Tardenois, le 6 avril 1929 ; crise d’appendicite le mercredi 3 avril. Le vendredi 5, Van P. va mieux, mais, malheureusement, prend une purgation. Dès le soir, douleurs épouvantables et altération grave de l’état général. Faciès grippé ; langue sèche, extrémités froides, température 38°2 et pouls 110.

Entré à la clinique le 6 avril et opération d’urgence en présence du Docteur HOEL. Incision de Mac BURNEY. A l’ouverture du péritoine, liquide louche comme du bouillon sale ; il n’y a pas de défense par les polynucléaires. C’est une péritonite diffuse, ablation d’un appendice gangrené recouvert de fausses membranes blanchâtres. Pour mieux drainer, j’incise le muscle petit oblique et le muscle transverse sur toute la largeur de la plaie cutanée ; je laisse 6 mèches imbibées de sérum anti-gangréneux ; bien étalées dans toutes les directions. On s’efforce par des pansements de sérum hypertonique chaud d’aspirer les liquides septiques. Les jours suivants, légère amélioration puis rechute. Symptômes de subocclusion, puis de dysurie.

Le 16 avril, on reconnaît l'existence d’un abcès pelvien par le toucher rectal. Ouverture trans rectale de cette collection, sous anesthésie rapide au chlorure d'éthyle ; on laisse un drain en T.

Le lendemain 17 avril, on découvre une nouvelle collection suppurée sous-costale gauche qui est incisée.

Le 18 avril, une autre localisation de la pyoémie phlegmon des bourses qui est aussi largement ouvert.

Les jours suivants, malgré tous les soins le malade s’affaibhlit et décline, la fièvre continue et l’intoxication s’accroît. Mort le 25 avril 1929,

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