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OBSERVATION N° 4 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)
Renée L..., 14 ans, entrée d’urgence à la clinique Lardennois, le samedi 1° octobre 1932, dans un état alarmant. Elle a présenté une première crise d’appendicite le 22 septembre, qui semblait terminée le quatrième jour, Il y a eu ensuite une rechute le 29 septembre; la douleur est extrêmement vive au niveau de la fosse iliaque ; il y a des vomissements, malgré la diète et la glace; les traits sont tirés, le nez effilé, les yeux cernés, la langue est sèche.
Le 1° octobre, le thermomètre marque 39°2 ; le pouls dépasse 120. Intervention immédiate en présence du Docteur ViraLis, médecin traitant. Je trouve un appendice presque entièrement sectionné à sa base et s’enfonçant dans le pelvis ; il est assez difficile de pratiquer la ligature du méso infiltré et friable ; je laisse une compresse en anse et armée d’une soie dans le pelvis. Dans la concavité de l’anse, je place un drain et une mèche. L'enfant est couchée sur le côté droit pour placer la plaie au point déclive et faciliter le drainage qui donne beaucoup, d’ailleurs, les deux premiers jours. Cependant, la température reste élevée et le pouls rapide. On a grand’peine à obtenir une évacuation gazeuse ; il y a des coliques ; l’enfant continue à souffrir et à gémir malgré les applications de glace et l’ingestion de teinture de belladone.
Le 11 octobre, après examen approfondi, on se demande s’il n’existe pas un abcès pelvien résiduel ; le toucher rectal permet d’établir le diagnostic ; incision transrectale, qui détermine une amélioration rapide de tous les symptômes ; la petite malade sort guérie le 2 novembre.
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OBSERVATION N° 5 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOTS)
Mme T..., de Crugny, envoyée à la clinique Lardennois par le docteur NouvioN, de Fismes, le 17 avril 1934. Douleurs abdominales depuis quelques temps; le 14 avril les douleurs augmentent progressivement. Il y a un vomissement. Le médecin est appelé la nuit ; légère accalmie le 15 et le 16 ; recrudescence des vomissements et des coliques le 17. Ce jour-là, le thermomètre indique 39°1 ; le pouls est à 116.
Appendicectomie d'urgence le 17 avril 1934. On trouve un appendice rétrocæcal perforé et contenant un caleul en noyau de datte. Il y a du pus dans Ia loge rétrocæcale ; je laisse un drain et deux mèches bien étalées dans la loge pour drainer le foyer suppuré.
Après une période d’alternatives d'amélioration et de réchutes, il survient des phénomènes de subocclusion ; les lavements pénètrent difficilement; par le toucher rectal et le toucher vaginal, on reconnaît l'existence d’une collection pelvienne qui devient accessible.
Le 29 avril, cColpotomie, et évacuation d’un abcès du Douglas contenant environ un verre de pus. On place un drain en T qui est gardé trois jours. La malade sort bien guérie le 19 mai 1934.
OBSERVATION N° 6 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)
Jules L.., 16 ans, de Chigny-les-Roses, envoyé à la clinique Lardennois par le docteur MULLER, le 29 avril 1934. Appendicite avec péritonite généralisée ; le début s’est manifesté dans la nuit du 27 au 28 ; vomissements
verdâtres, ballonnement de tout l’abdomen, pouls à 100, température 38°6. Le 29 avril, jour où j'avais incisé labcès de lobservation 5, opération pratiquée par le docteur Billard en présence du docteur Muller. On trouve une grande quantité de pus dans l'abdomen. L’appendice est gangrené et perforé. On laisse un drain et trois mèches. Peu à peu, on obtient une amélioration progressive de tous les symptômes et la guérison paraît proche.
Le 9 mai, aggravation subite ; la température remonte à 39°3. Il y a des signes de subocclusion: glace sur l’abdomen, entéroclyse, position de Fowler. Le 13 maï, on reconnait enfin par le rectum l’existence d’une collection pelvienne bien nette et bien accessible ; incision transrectale et effondrement de l’abcès pelvien. On laisse une grosse sonde de Petzer pendant quatre jours ; comme d'habitude, l’abcès une fois incisé, amélioration rapide de tous les symptômes. La malade sort guérie le 26 mai
OBSERVATION N° 7 (Inédite, communiquée par le Professeur H. LARDENNOIS)
René P.., 23 ans, entre à la clinique chirurgicale de PEcole de Médecine, le 29 mai 1954. A la fin d’une matinée où l’on avait opéré déjà trois appendicites aiguës, vers midi, on signale l’entrée d’un quatrième malade gravement atteint. La crise initiale remonte au 25 mai; la température est à 39°, le pouls filiforme presque incomptable, les extrémités froides, visqueuses, le faciès livide, le malade sidéré par la toxémie répond mal aux questions qu’on lui pose, mais il existe une douleur vive à la moindre pression au point de Mac Burney.
L'intervention s’impose d'extrême urgence. Incision de Mac Burney. Mais il faut sectionner les muscles petit oblique et transverse.
LEMOINE
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Il y a un peu de liquide dans le péritoine ; le cœcum situé un peu bas est rouge, tomenteux, absolument adhérent aux parties profondes ; après avoir agrandi la plaie et incisé le péritoine en dehors et au-dessus du cœcum, on arrive péniblement, avec beaucoup de précautions, à soulever le fond du cœcum et l’anse iléocæcale et à les replier en haut et en dedans, tandis que des mèches protègent en bas, au milieu et en haut la cavité péritonéale.
En arrière est collé au cœcum un appendice assez court mais gonflé, œdématié, gros comme l'index ; appendicectomie sans enfouissement ; on laisse un gros drainage. Les trois compresses qui protégeaient le péritoine sont laissées en place ; on y ajoute un drain et trois autres compresses au-dessous et en dehors du cœcum.
La situation reste assez sérieuse pendant deux jours, puis elle s'améliore progressivement.
Dès le cinquième jour, on supprime le drain de caoutchouc et on raccourcit les mèches de gaze.
Le dixième jour, une seule mèche restait dans la plaie. Le 9 mai, la température qui s’était abaissée à 38° remonte à 39°, le malade souffre et a un vomissement. Il y a du ballonnement de l’abdomen. Une injection de prostigmine détermine lévacuation de quelques gaz, mais il n’y a pas d'amélioration.
Le 11 mai, le ballonnement persiste et il s’y ajoute des troubles urinaires, de la dysurie. Le toucher rectal montre l’existence d’un tumeur en pis de vache, bombant sur la face antérieure du rectum.
Une incision transrectale après dilatation anale, détermine l'écoulement d’un verre de pus rougeâtre à odeur infecte ; on place dans la plaie rectale une sonde de Malécot, qui tombe au troisième jour et qui n’est pas remplacée. Dès le lendemain de l’incision transrectale, une amélioration notable se manifeste et se continue les jours suivants.
Le 26 mai, le malade sort guéri de l’hôpital.