‹ Des Abcès Pelviens Tardifs après l'AppendicectomieChapitre 6 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Jusqu’à ces dernières années, les auteurs semblent s'être désintéressés de la question des abcès pelviens consécutifs à l’appendicectomie. Ils se sont attachés de préférence à l’étude de ces abcès évoluant au cours de l’appendicite, avant l’intervention, et principalement de l’appendicite pelvienne. Sur ce sujet, les travaux sont nombreux et anciens puisqu'il faut remonter jusqu’en 1825 pour voir MENIÈRE le premier, publier une observation d’abcès pelvien d’origine appendiculaire.

En 1890, REcLuS et RICHELET s’en occupent également ; à la même époque l’école américaine avec GERSTER préconisent déjà l’incision rectale comme traitement.

En 1895, ROUTIER insiste sur l’importance primordiale du toucher rectal pour le diagnostic.

Citons les travaux de ESNAULT et DorMoy (1897), Mlle Gorpon (1896), CHEVALIER (1900), MAGNIEz (1903), SÉNÉCHAL (1908), BÉRARD et PATEL, DELANGLADE, Victor PAUCHET, TixiER et GAUTHIER, VAUTRIN, LAPOINTE, BREYNAERT, de Dunkerque, CHAPUT, DucHAMP, LacouTTE, Moon, QUÉNU, REYNIER; à l'Etranger : HAR- RIS, ARCHIBALD, RITTER, KOCK, PORT, LANGEMACK, etc...

Les discussions à la Société de Chirurgie des 30 mai 1900, 10 et 17 janvier 1906, 17 avril, 1”, 15 et 22 mai 1907, méritent d’être citées. Elles sont ouvertes sur les traitements proposés.

Les 1e

Diverses théories s’affrontent : Lucien PIQuÉ, SCIEUR, sont pour la voie haute.

DELANGLADE, MAUCLAIRE préconisent la voie prérectale, trouvant aventureux d’inciser un viscère.

ROUTIER, REYNIER, CHAPUT, TOUBERT, ANTONIN PoN- CET, WALTHER, GUINARD, au contraire, sont partisans dé la voie rectale.

La voie mixte a également ses adeptes : abdominopérineale pour MAUCLAIRE et PICQUÉ ; abdominorectale pour PAUCHET. BRoCA et LE DENTU sont éclectiques, ils emploient suivant le cas l’une ou l’autre méthode.

En tous cas, tout le monde est d’accord pour rejeter la voie parasacrée autrefois préconisée par JABOULAY.

Maïs dans tous ces travaux, on ne voit que de brèves allusions sur les abcès secondaires après appendicectomie. Parfois même ils sont laissés complètement sous silence.

C’est seulement en 1906, que la question est traitée à fond pour la première fois : GREY TURNER, dans « the Practitioner » y consacre un article important. Depuis nous citerons les thèses de Jay (Paris 1920), VIGNES (Bordeaux, 1932), le travail de SOUPAULT et SEILLÉ (Revue de Chirurgie 1930), sur l’appendicite pelvienne ; la communication du professeur JEANNE- NEY à la Société de Chirurgie de Bordeaux, en 1933, et la discussion qu’elle entraîna.

On trouvera également quelques documents dans le livre de BÉRARD sur l’appendicite, dans les mémoires de BÉRARD et PATEL, de HEINEKE de Chicago, dans le rapport de D’'ALLAINE, au Congrès des Médecins de langue française d'Amérique du Nord, en 1932.

Enfin le docteur HuETr dans sa remarquable communication à la Société de Chirurgie, du 13 septem-

Lars

. bre 1933, expose que sur douze cas d’occlusion après

appendicectomie, il reconnut dans quatre observations l’existence d’un abcès pelvien. Dans ces quatre observations l’incision transrectale de l’abcès et son

drainage suffirent pour mettre fin à tous les accidents.

ETIOLOGIE

« Le pourcentage des abcès résiduels pelviens est peut-être plus élevé que celui indiqué par les auteurs », dit le professeur JEANNENEY, de Bordeaux.

D’après TURNER, dans une statistique portant sur cinq cents cas environ d’appendicites aiguës opérées, il relève un pourcentage de plus de 2 %. SIERRO, de Genève arrive approximativement au même chiffre.

Cette complication paraît plus fréquente chez l’enfant ou l’adolescent que chez l’adulte. D’après nos observations, le sexe ne paraît pas influer sur son apparition.

Il convient de distinguer, au point de vue étiologie, les abcès résiduels et les abcès secondaires. Les abcès résiduels proprement dit, évoluent chez un opéré présentant au moment de l’appendicectomie du pus ou du liquide plus ou moins septique dans son péritoine.

Les abcès secondaires, signalés par LAFARGUE, sont dûs, entre autres causes, à une lymphangite sous séreuse ou à un hématome, qui s’est accumulé au point déclive et qui s’est infecté secondairement. Les premiers sont plus fréquents que les autres. Plusieurs facteurs contribuent à leur formation

Il est remarquable que, plus l’appendicectomie est tardive, plus il y a de chances de voir évoluer un abcès pelvien résiduel.

Dans nos observations, l’opération a été faite, toujours après le délai classique des 48 heures.

HMIGLE

Dans la plupart des cas c’était un appendice en position pelvienne ou rétrocoecale.

C’est dans les cas d’appendicite suppurée que l’on verra le plus souvent cette complication (exemples tirés des observations).

Souvent on aura constaté dans le péritoine un exsudat séreux paraissant aseptique, que l’on aura épongé avant de refermer la paroi. Or cet exsudat insuffisamment épongé et drainé, aura tendance, en raison de la position assise que l’on donne volontiers aux opérés, à se collecter dans le Douglas. Là il subit une transformation purulente.

Enfin la cause étiologique la plus importante de ces abcès secondaires, réside dans une faute de drainage : absence, insuffisance, ou suppression trop précoce.

Nous y reviendrons longuement dans le chapitre du traitement préventif.

Page 1