‹ Des Abcès Pelviens Tardifs après l'AppendicectomieChapitre 9 sur 26 · DESCRIPTION CLINIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION CLINIQUE

En colligeant les différentes observations on retrouve à peu près le même tableau clinique.

Il s’agit le plus souvent d’un enfant. C’est une appendicite sévère avec des symptômes assez accusés, et qui n’a été opérée qu'après deux ou trois jours, et plus. Parfois c’est une rechute qui a déterminé une nouvelle crise inquiétante, après une première atteinte moins sérieuse.

L'intervention a été laborieuse. On a enlevé un appendice gangrené, perforé. On a constaté la présence d’un abcès ; d’une petite collection péri-appendiculaire. Quelquefois il s’agissait d’un appendice retrocecal recurrent replié derrière le coecum, comme la lame d’un couteau de poche. Il a fallu le disséquer et le décoller péniblement.

Dans d’autres cas, c’est un appendice long, dont l'extrémité était fixée profondément dans le bassin, et qu’il a fallu énucléer, petit à petit. Les circonstances étaient telles qu’un drainage a été jugé indispensable : drainage par drain, par mèches, ou par Mikulicz. Après l'intervention et dans les premiers jours, une grosse amélioration s’est manifestée. Les vomissements ont cessés, le faciès s’est modifié, on a obtenu l’évacuation des gaz et de quelques matières. La température s’abaisse et le nombre des pulsations se rapproche jour par jour de la normale. Il y a eu vraiment une accalmie indiscutable, la bataille paraît gagnée définitivement et l’espoir renaît dans le cœur de tous. Il y a donc toujours une trève, un « frei interval » de quelques jours.

Localement, le drainage, qui a donné beaucoup les premiers jours, se tarit. On a remplacé ou même supprimé le tube de caoutchouc ou bien le drainage ca- Pillaire, mais la suppuration cesse brutalement, la plaie est sèche, avec un aspect blanc grisâtre, de fàcheux augure.

Après un temps variable, que TURNER évalue à onze jours, mais qui peut osciller entre cinq et dix-huit jours, l’opéré commence à donner des inquiétudes à son entourage. L'état général jusqu’alors plus satisfaisant, s’altère à nouveau; le faciès prend une allure péritonéale (signe inconstant). L'enfant souffre et commence à gémir, à se plaindre tout haut. La température subit une ascension régulière, le pouls suit une courbe parallèle. Apparaissent de nouveau des coliques et des vomissements. Après quelques jours, où la température reste en plateau aux environs de 38°5, 39°, on la voit dessiner des oscillations révélatrices d’une suppuration, tandis que le pouls se ralentit, réalisant une dissociation qui incite le chirurgien à intervenir d'urgence. Les gaz s’évacuent avec difficulté; ils sont douloureux: les symptômes d’occlusion intestinale s’installent peu à peu. À la confiance et à la joie, font place l'inquiétude et langoisse de cette nouvelle offensive de la maladie.

Page 1