‹ Des abcès phlegmoneux intra-pelviensChapitre 6 sur 16 · INTRA-PEI, VIENS · texte numérisé non relu

INTRA-PEI, VIENS

Cette femme, sans songer à l’état où elle était, se leva très alarmée pour aller secourir son mari en cas de besoin. La peur que celle pauvre femme eut lui causa un tel dérangement, qu’elle fut saisie d’un frisson, qui se termina par une grosse fièvre, suivie d’une suppression totale de ses vuidanges, avec tension par tout le ventre, et des douleurs beaucoup plus violentes que celles qu'elle avait souffertes dans son travail. Je la saignai plusieurs fois du bras; la violence des douleurs diminua un peu; mais elles persévérèrent néanmoins pendant plus de quarante jours, que son ventre lui revint plus gros qu’il n’était avant son accouchement (Foment. et lav. émoll.).

L’on me vint chercher en grande diligence un après-midi, ne croyant pas que je pusse trouver cette pauvre femme en vie, de la terrible manière que les douleurs avaient commencé à se faire sentir. Je fus surpris, en arrivant, de trouver un sceau de pus, qu’elle avait vuidé par une ouverture qui s’était faite dans ces cruels efforts, à quatre doigts au-dessous et à côté du nombril, par laquelle était sortie et sortait encore cette effroyable quantité de matière Après que j’eus vu qu’il n’en sortait plus, même en pressant le ventre, je la pansai avec une tente à tête attachée à un fil, couverte de suppuratifs, un plumaceau couvert du même onguent, et un emplâtre de diachylum par-dessus. Elle guérit parfaitement, et en peu de temps, et a eu plusieurs enfans depuis.

Travail diflîcile; émotion violente, pendant laquelle l’accouchée sort de son lit : voilà pour l’étiologie. Le volume du ventre, la quantité du pus sont des circonstances très notables. Etait-ce un abcès ou un épanchement?

6* Obs. — Dépôt dans Vaine suite de couches; traitement par les saignées répétées ; résolution de la tumeur (i).

Une dame extrêmement délicate, après être accouchée fort heureusement, fut attaquée, vers le dixième jour de sa couche, d’une fièvre médiocre. Comme les suites de couche allaient très bien, je ne pensai qu’à gagner du temps dans l’usage des remèdes ordinaires, et ne me déterminai à chercher les causes de sa

Puzos. Loc. cit.

DES ABCÈS EHLEGMONEUX

maladie que lorsque les douleurs du ventre, réunies dans un lieu fixe, m’y contraignirent. Je ne /sentis alors qu’un engorgement dans l’un des côtés du ventre; mais j’augmentais la douleur en pressant l’endroit malade. Je fis tout mon possible pour détruire le commencement de celte maladie par plusieurs saignées du bras, qui, à la vérité, ne furent pas faites assez près les unes des autres; aussi le dépôt augmenta-t-il malgré mes soins: il forma une tumeur si considérable dans l’espace de huit ou dix jours, qu’elle surpassait le volume de la tête d’un enfant. J’employai les remèdes dont j’ai parlé dans l’observation précédente, mais d’abord avec si peu de succès , que je demandai une consultation. MM. Malaval et Ledran furent appelés. Après l’examen de la tumeur, qui s’étendait depuis l’épine antérieure et supérieure de l’os des lies jusqu’à l’ombilic, ils crurent, ainsi que moi, qu’elle viendrait à suppuration. Cependant ils furent d’avis de continuer l’usage des résolutifs. On saigna de nouveau la malade : elle fut purgée de jour à autre, et la diète fut extrêmement sévère. Enfin, au bout d’un mois la tumeur diminua, et après un temps égal, elle se trouva détruite entièrement.

Puzos, par celte observation, et quatre faits analogues, cherche à prouver qu’il ne faut pas désespérer de résoudre les dépôts du bas-veuire chez les nouvelles accouchées, alors même que I on a beaucoup attendu , et que ce retard n’est pas une raison pour renoncer à une thérapeutique active. Puzos dit que les saig?ie'es ne furent pas faites assez près les unest des autres. Celte remarque n’aura pas échappé au lecteur.

7® Obs. — Dépôt suite de couches; ouverture arùficietle; guétison (i).

Une dame, après un accouchement ordinaire, eut des suites de couches telles qu’on pouvait les souhaiter, jusqu’au huitième ou dixième jour. Elle sentit alors des douleurs dans le ventre, dans l’aine et dans la cuisse, qui l’inquiétèrent: aucune enllurene se

(i) Puzos.

INTKA.-PELV1ENS.

laissait apercevoir ; ainsi on borna les secours à l’huile d’amandes douces, aux lavemens, et à des topiques de diirérentes espèces; on saigna cependant la malade, deux fois, mais à des distances éloignées. Cinq ou six semaines se passèrent sans obtenir aucune diminution dans les accidens; au contraire, la fièvre survint, la cuisse et la jambe refusèrent le service, et la douleur de l’aine augmenta. Je fus mandé; je leconnus une dureté au-dessus du pli de l’aine qui n’était pas circonscrite ; elle ne produisait ni élévation ni rougeur à la peau , mais elle avait tous les signes d'un dépôt laiteux. La malade fut saignée plusieurs fois, et coup sur coup ; on la mit à l’usage des apozèmes animés avec l’o rca et des cataplasmes émolllens.

Mais tous ces moyens ne purent empêcher la suppuration. M. Boudou fit l’ouverture de ce dépôt, dont le foyer était dans l’hypogastre, et il renfermait une si grande quantité de matières, qu’il nous pajut surprenant qu’elle ne se fût pas plutôt fait jour dans l’intérieur du ventre, que de se manifester au-dehors sans rompre ses enveloppes. Cette dame a été guérie radicalement, et a fait depuis d’autres enfans.

Pas de causes apparentes : impotence du membre correspondant à la tumeur; ouverture de l’abcès par le bistouri; guérison; grossesses ultérieures; tels sont les traits qui méritent d’être relevés dans cette observation.

8* OllS. — Abcès suite de couches ; ouverture artificielle ; guérison (i).

La femme d’un receveur- général des finances eut, après un accouchement heureux, des douleurs dans le ventre avec un dévoiement fort importun. On travailla sans succès à l’en guérir. Quelque temps après la fièvre survint. Les tranchées, répandues d’abord dans tout le ventre, se cantonnèrent au-dessus de l’aine du côté droit. On avait employé les cataplasmes, les fomentations; la malade avait été purgée plusieurs fois à cause de son dévoiement, et elle était au quinquina, parce que la fièvre était intermittente, Mais la cuisse s’étant raccourcie par l’augmentation du ‘^®P^bjefus mandé six semaines ou environ après la première

(•) Puzos.

impression du dépôt. Il faut convenir que les tranchées dont le dévoiement était accompagné, avaient tellement fixé l’attention de ce côté-là, qu’elles n’avaient pas permis de penser à une autre cause. On fit plusieurs saignées du bras à la malade; on la purgea de nouveau; mais le temps de la résolution avait été manqué dans le commencement.

Ou fit donc l’ouverture du dépôt, etla malade guéritaprès trois mois de maladie.

Il y eut du dévoiement. Faut-il en accuser l’irritation communiquée à l’intestin par l’inflammation du voisinage? Cette fièvre intermittente, pour laquelle on donna du quinquina , était une fièvre de suppuration. Notons le raccoursissement^ c’est-à-dire la flexion de la cuisse. La maladie fut méconnue d’abord ; pourtant les tranchées s’étaient localisées, et appelaient l’attention sur l’aine droite. De tels faits importent au diagnostic. Pas de cause occasionnelle connue. Dans ces cas de cause occasionnelle inappréciable, ou voudrait des détails sur les antécédens.

9® Obs. — Fistule hj-pogastrique suite d’un abcès intra-pelfien puerpéral (i).

Une dame de province, venue à Paris pour consulter, nous assembla MM. Petit, Boudou et moi. Nous lui trouvâmes un trou fistuleux au-dessus du pubis, un peu latéralement. La sonde entrait si avant, qu’elle paraissait se perdre dans l’hypogastre. Cette fistule était la suite d’un abcès laiteux ouvert depuis plus d’un an, et qu'on n’avait jamais pu cicatriser, quoiqu’on y eût travaillé à différentes reprises. Notre avis fut d’entretenir l’ouverture et l’issue des matières avec unecanule, et d’attendre du temps seul la guérison.

On verra plus loin quelle fui la ihérapeiuique de Boyer dans un cas semblable.

(i) Puzos.

INTUA-PELVIEHS.

lO* Obs. Abcès iliaque ouvert artificiellement; guérison (i).

üne personne qui m’appartient de très près, eut, il y a envirou dix ans, en suite d’une couche, de cruelles douleurs dans la région | des reins ou des lombes du côté gauche, qui se continuaient jus-' j qu’à la partie antérieure supérieure de la cuisse, et qui augmentait beaucoup par les mouvemens de la cuisse du même côté. Ces douleurs durèrent dans le même état environ trois mois, au bout duquel temps on s’aperçut d’une tumeur à l’aine du côté malade, dont le volume devint considérable en peu de temps. On l’ouvrit, et il en sortit une grande quantité de matière qui venait visiblement de dessous l’arcade crurale, non du petit bassin, mais de bien plus haut, puisque la matière coulait abondamment lorsque la malade était ou debout ou sur son séant. La personne a parfaitement guéri de cette maladie, et a eu depuis deux enfans sans aucun accident.

Historiquement, celte observation a une certaine valeur; elle prouve qu’en 1755, on avait déjà une idée assez nette de la marche que suit le pus dans les abcès iliaques. Notons que la personne dont il est question eut deux couches heureuses après son accident.

Il® 0»s. — Fièvre puerpérale occasionnée par l’extraction de t arrière-

faix, et suivie d'une suppuration morleUe de l'ovaire (Observ. du docteur

■yieusseux) (2).

Une dame, âgée de vingt ans, accoucha de son premier enfant le 7 janvier 1780. L’accouchement fut difficile et laborieux, et peu de temps après la sortie de l’enfant, l’accoucheur fit l’extraction de l’arrière-faix, et le tira par morceaux. L’accouchée souffrit beaucoup et se plaignit constamment les jours suivans d’une douleur dans le côté droit et inférieur du ventre, à l’endroit où elle disait avoir senti la main du chirurgien.

Ensuite elle se plaignit d’un point de côté accompagné de

(t) .Tournai de méd. (i755).

(2) Uelarochc. Loc. cit.

DES ABCÈS BHLEGMÜPtEUX

toux el de fièvre. Elle fut alors saignée, ce qui diiniuua la fièvre el dissipa la douleur de côté.

Le 12 janvier, la fièvre augmenta beaucoup; la douleur, qui n'avait jamais cessé dans l’endroit marqué, devint générale dans tout le ventre.

Je vis la malade pour la première fois dans la nuit du 12 au i3. Le pouls plein, fort et dur, battait au-delà de cent trente fois par minute. J’ordonnai une saignée sur le moment ; il était trois heures du matin. On en fit deux autres dans le jour. La saignée fut répétée les deux ou trois jours suivons, en sorte qu’en comptant une saignée faite pendant le travail d’enfant, elle fut saignée abondamment sept ou huit fois, en un mot, autant qu’elle put le supporter, sans que la fièvre diminuât beaucoup. Mais, la grande diminution de la partie rouge dans le sang tiré, la faiblesse de la malade, et des mouvemens spasmodiques assez alarmans, empêchèrent de saigner davantage. La douleur générale et la tension du ventre cessèrent, mais l’endroit affecté dès le commencement continua à être doulour eux au toucher, et l’on y sentait toujours une dureté. Enfin, au moyen d'un usage suivi du nitre, du camphre, des laxatifs, du quinquina, etc., la fièvre diminua, et la malade était assez bien ; elle reprit même des forces ' et de l’appétit; mais la fièvre ne cessa point, et le pouls, quoique peu élevé, n’était jamais au-dessous de cent vingt; le plus souvent il était à cent trente et au-delà. Les lochies avaient eu leur cours ordinaire. Peu -à-peu la dui'eté et la douleur s’accrurent, et l’on sentit manifestement au côté droit inférieur du ventre une tumeur semblable à la tête d’un enfant; la fièvre augmenta constamment; les sueurs, les angoisses, les douleurs, l’insomnie, affaiblirent et épuisèrent la malade. En vain l’on employa un grand nombre de remèdes, tant intérieurement qu’extérieurement; il survint, les derniers jours, des symptômes de tétanos de la mâchoire, et elle mourut neuf semaines après l’accouchement.

A l’ouverture du cadavre on trouva la matrice parfaitement saine, et réduite à son volume ordinaire; mais il y avait à la partie droite inférieure du bas-ventre une tumeur de forme irrégulièrement sphérique, remplissant presque tout l’espace entre les os des îles et le pubis. Cette tumeur était composée des membranes de l’omenlum et du péritoine, et de différentes par-

ties dos intestins qui paraissaient avoir été attirées comme par force dans cet endroit, de sorte que la partie du colon qui aurait dii être située sous le ventricule, formant un angle extrêmement aigu, était descendue jusqu'à la tumeur, et y avait contracté une adhérence. Toutes ces parties étaient tellement collées les unes aux autres, qu’on ne pouvait les séparer qu’en les déchirant. Les diflérentes cellules qui formaient la tumeur étaient pleines de pus contenu dans des membranes durcies et épaissies, mais qui avaient souffert en quelques endroits une corrosion telle, qu’en peu de temps les muscles du bas-ventre ou les intestins auraient été percés. Ces cellules ne communiquaient pas entre elles. Au milieu de la tumeur on remarquait une tumeur particulière, de la grosseur d’un œuf de pigeon, fonnée par l’ovaire, considérablement durci et augmenté dans son volume, contenant aussi du pus. Le reste du corps était sain.

Exemple d’abcès intra-péritonéal et d’ovariie terminée par suppuration. Notons : 1° la cause, qui consista dans la difficulté de raccouchement, et les tractions elTecluées par l’accoucheur sur le placenta ; 2° l’accident qui termina la série des symptômes, le tétanos. Il n’est pas besoin d’insister, pensons-nous, sur la première de ces circonstances. Le rapport de causalité est parfaitement établi ; rien de plus clair. Le traitement fut habile, malheureusement tardif ; Delaroche le dit lui-même dans la courte relation d’un fait semblable, quant à la cause, mais qui eut une meilleure issue, parce qu’on put « commencer à saigner plus tôt, et assez pour que la fièvre diminuât beaucoup. »

la" Obs. — - Fièvre puerpérale , suivie d’un épanchement dans l'abdomen , et d'un dépôt énorme {i).

Madame la vicomtesse de R**"*, grande et bien portante, devint grosse pour la première fois à l'àge de 24 ans. Accouchement le

(f) Pujol. Journ. de méd- «789-

4 avril 1785, trois semaines après le Icrnie alleiulu. Le travail dura 5 jours, ce qui fut attribué à un œdème rénilent du vagin et des grandes lèvres. L’enfant sortit néanmoins en très bon état | délivrance normale; lochies peu abondantes; tranquillité et sommeil paisible pendant i5 heures ; mais ou la gorgea d’un bouillon succulent, etonlui fituu tableau efirayant des dangers qu’elle avait courus. Bientôt après, tranchées utérines; douleur excessive à l’hypogaslre ( Fomentations et lavemens émolliens ; boissons adoucissantes; potions mielleuses; diète).

Six heures après le début des tranchées, fièvre intense. Ces accidens durèrent six heures avec autant de violence. Le gonflement de l’hypogaslre s’accrut pendant la nuit; il s’étendait de proche en proche sur le reste du bas-ventre. Une saignée copieuse fut suivie d’une diminution sensible de tous les accidens.

Quoique l’abdomen perdît tous les jours de sa chaleur et de sa sensibilité, il resta aussi gonflé et aussi tendu que dans le fort de l’inflammation. Selles libres; urines claires et faciles. Redoublement tous les soirs.

La malade avait maigri, une fièvre hectique minait ses forces» dégoût général ; vomissemens glaireux ; angoisses inexprimables.

Au treizième jour, à l’examen du ventre , on trouva les signes d’une fluctuation générale, comme dans l’ascite. Les diurétiques etlénitifs furent employés en vain. Ponction avec le trois-quarts au lieu d’élection. Il sortit par la canule six livres de liquide épais, visqueux et fétide Un fluide gazeux, qui pouvait égaler le volume du liquide , sortit pêle-mêle avec lui en grosses bulles. Pendant l'opération, des grumeaux caséeux obstruaient souvent la canule; il fallait alors les repousser dans l’intérieur avec une sonde boutonnée. Le bas-ventre, quoique devenu souple, conservait un volume au-dessus du naturel; on pouvait le comprimer sans causer de douleur. Après la paracenthèse , cessation des symptômes , calme pendant quatre jours. Le bas-ventre recommence à devenir douloureux et à se gonfler. Douleur fixe au nombril qui s’accrut peu-à-peu. -Vésicatoire sur le haut de la cuisse qui amena une fièvre vive. Bas-ventre plus tendu , plus douloureux , plus volumineux ; cardialgie ; vomissemens bilieux ; élancemens continuels au nombril, avec rougeur et dureté ; il s’y forma une petite tumeur isolée du volume d’un haricot.

lîiTHA-PELVIF.MS.

Quaire jours après, les léguinens de l'abdomen qui n'élaiciit pas iufillrés s’épaissirent et s’empâtèrent, en commençant autour de la petite tumeur ombilicale. Majgré l’infiltration, on sentit une fluctuation plus sourde que celle du premier épanchement. On appliqua des topiques maturatifs, et on soutint les forces. Le huitième jour après la ponction, pouls d’une petitesse et d’une fi équence extrêmes; face hippocratique ; frissons. Cet état dura quatre jours et quatre nuits, après lesquels le pouls devint moins fréquent, moins faible. Le tubercule ombilical atteignit le volume d’une noisette; on vit qu'il était plein de liquide , et on lui fit une petite ouverture avec la lancette. L’abcès fut ouvert avec peine et craquement , et il ne sortit qu’environ un verre de pns aéro-laiteux; ce qui fit voir que la matière appartenait à une collection distincte du péritoine; la sonde ne pénétra pas dans le péritoine.

Au quatrième jour après l’incision du nombril, le péritoine «'ouvrit tout-à-coup ; une matière épaisse, grisâtre, et chargée d’une grande quantité de flocons mollasses et graisseux , coula à flots pendant un quart d’heure ; son odeur était fétide et cadavéreuse. L’écoulement recommença le lendemain; il sortit encore quelques livres d’un fluide bourbeux et putride. Ce grand dépôt abdominal se vida en cinq à six jours par des effusions partielles. Le bas-ventre s’affaissa, et il ne resta qu’une fistule au nombril , qui se ferma plusieurs fois et occasionna en divers temps des accidens fâcheux, avant la cicatrisation complète qui eut lieu au bout de six mois. Depuis ce temps, madame de R*'* a joui d’une santé très passable, mais n’est plus devenue enceinte.

Observation de péritonite que nous avons voulu rapporter en raison de son importance, et aussi parce qu’elle nous fournit l’occasion de citer un fait analogue de la pratique de M. le professeur Dubois, qui nous a été communiqué par M. Depaul. Une femme, après avoir éprouvé des accidens violons de métro-péritonite suite de couches , était tombée dans un état d’affaiblissement extrême ; on la croyait vouée à une mort inévitable et prochaine. M. P. Du-

bois, appelé en consultaiion , constata nue extrême tension du ventre, plus une petite luineur fluctuante à l’aine, qu’il se décida à ouvrir. Une énorme quantité de liquide se fit jour par l’incision. Le ventre s’affaissa. L’écoulement continua pendant plusieurs jours, et la malade revint graduellement à la santé. Ici encore, il y avait probablement un épanchement et non un abcès. Mais d’abord qu’est-ce qu’un épanchement, sinon un vaste abcès? Et ensuite de tels faits sont trop utiles à connaître , on est trop heureux d’avoir à les enregistrer, pour que l’on doive craindre de leur donner place, alors même qu’ils ne se rapportent pas précisément au sujet traité.

i3® Obs. — Faste collection purulente, suite de couches ; paracenthèse , puis ouverture spontanée • guérison (i).

Une femme heureusement accouchée, cl qui allaitait son enfant, fut saisie, au huitième jour, d’une fièvre accompagnée de’plusieurs autres accidens, tels que diarrhée laiteuse et vomissetnens de matières vertes. Presque aussitôt les seins se flétrirent; le bas- ' ventre devint doidoureux et se rnétéorisa ; les moyens employés n'eurent pas d’efficacité. Quatorze jours après l’invasion de la maladie , il y avait peu de fièvre, mais le bas-ventre était prodigieusement gonflé, surtout vers la région épigastrique, et la fluctuation était très sensible. M. Lepelletier, médecin de l’Ile-Jourdain, en Poitou, appelé auprès de la malade, propose de pratiquer une ouverture à cette tumeur, comme on le fait dans l’hydropisie. L’opération ayant été adoptée et exécutée, il sortit par la canule du trois-quarts une liqueur qui avait conservé toutes les qualités apparentes du lait, et qui était équivalenleà plus de six pintes. Peu de jours après, les mamelles ayant commencé à se remplir, on conseilla à cette femme de nourrir, ou de prendre des remèdes propres à détourner l’humeur laiteuse. N’ayant voulu faire ni

(i) Doulcel. Jour», de mèd., l. LXiii.

INTR\-PELVIENS.

l'un ni l’aulre, elle essuya, huit jours après, une nouvelle fièvre, accompagnée de vomissement, et il lui survint en même temps une tumeur au nombril, qui s’abcéda d’elle-même, et d’où il sortit un pus laiteux- Ce dépôt n’ayant pas encore épuisé la matiète laiteuse, la malade est restée pendant plusieurs mois dans un état de langueur, qui n'a été terminé que par l’éi’uption d’une infinité de boutons surtout le corps, parmi lesquels plusieurs ont suppuré.

Il se fit une éruption. Laissons-nous ramener par les faits à la notion de ces phénomènes critiques dont les esprits sont en quelque sorte déshabitués, tant la médecine contemporaine a profondément subi l’influence du solidisme ! Mais s’agissait-il, dans le cas qui vient d’être rapporté, d’un abcès, ou d’un épanchement? question nécessairement insoluble,qui s’est présentée à nous lout-ù-l’heure et au sujet d’autres faits analogues , toujours utiles à connaître, ne fùt-ce que comme élémens d’un problème à élucider. L’ouverture de l’abdomen ne s’éiani pas maintenue, le pus nouvellement formé se fil jour à travers l’ombilic.

14' Obs. — Dépôt an bas-ventre, suite de couches; tiaitcment par les vomitifs ; ouverture spontanée de l'abcès ; guérison (i).

Une jeune femme accouclia, après avoir, depuis dix ou douze jours, éié en proie aux plus vives inquiétudes, et surtout après avoir éprouvé la plus grande frayeur le 14 juillet, en apprenantque son mari était dans les environs de la Bastille, au moment où l’on faisait lesiége de celle forteresse. Les suites de la couche furent toutà-fait irrégulières. Le lait ne monta pointaux mamelles. Je fus appelé le sixième jour : fièvre vive; pouls plus serré et plus fréquent que fort; respiration fort gênée; visage rouge; ventre extrêmement gonflé; peau seche; mamelles flasques; pas de repos depuis quelques jours. La tuméfaction de l’abdomen était plus remarquable à gauchequ k droite, et l'on nepouvait y porter la main sans faire éprou-

(0 Doublet. Recherches sur la fièvre puerpérale,

DES ABCÈS PHLEGSIOKEUX

Zh ■

ver à la malade les plus grandes douleurs} bouche fétide; langue très chargée. Le premier vomitif n'ayaut pas eu d’effet sensible, j’en prescrivis un nouveau en mêlant un grain de tartre stibié avec vingt grains d’ipécacuanha, dont l’effet fut très considérable. Les douleurs et les anxiétés de la malade en furent diminuées. J’observai qu’elle n’était jamais mieux que lorsqu’elle avait vomi, ou tout au moins fait des efforts pour vomir, ce que le kermès produisait, quand on en rapprochait les doses. Peu-àpeula tuméfaction et la sensibilité du ventre diminuèrent. Dans le cours de la troisième seiiiaine, elle entra en convalescence; mais le ventre était toujours plus élevé qu’il ne devait l’être à la région hypogastrique (Bouillon d’herbes ; sel d’epsom). Bientôt l’élévation du ventre devint plus sensible entre l’ombilic et la crêle de l’os des îles du côté droit. A cinq semaines, la tumeur était fort éminente 5 U y avait une fièvre d’irritation; la chaleur et la pulsation locale annoncèrent la maturité de l'abcès. On attendait le moment de l’ouvrir lorsqu’il perça spontanément: il en sortit une grande quantité de matière laiteuse et puriforme; l’ouvei'ture fut trois semaines à se refermer. La fièvre ne tarda pas à dis- * paraître; mais il survint des sueurs laiteuses qui durèrent pendant assez long-temps. Peu de temps après être guérie, cette femme est devenue grosse, et a fait une fausse couche au quatrième mois.

Emotion morale vive ; inflammation qui semble se généraliser; traitement hyposthénisant. La malade n’est jamais mieux que lorsqu’elle vomit, ou a seulement des nausées; ce qui prouve que l’effet produit par le médicament est purement dynantique. Sous l’influence de ce traitement, la maladie se restreint et se localise; l’abcès s’ouvre de lui-même. Notons la fausse couche peu de temps après la guérison.

i5* Obs. — Dépôt, suite de couches; ouverture artificielle par la région lombaire; guérison (i).

En 1781, une nourrice de l’hospice de Vaugirard, âgée de 18 k 19 ans, éprouva, le dixième jour de sa couche, une suppres-

(i) Doublet.

rSTRA-PELYIENS.

sion du lait, qui s'était porté jusqu’alors à ses mamelles, et fut saisie d'une fièvre puerpérale qui, n’ayant pu se guérir dans les premiers jours par résolution, fut terminée par une tumeur considérable, avec fluctuation dans la région iliaque droite. A.u bout d’un mois, celte tumeur était à moitié dissipée; l’humeur laiteuse résorbée s’était portée à la peau , sous la forme d’une éruption miliaire; les urines étaient blanches, et annonçaient qu’une partie de celte humeur se détournaient par cette voie. Une nouvelle imprudence arrêta ce mouvement critique : la tumeur augmenta de nouveau; son volume étant devenu beaucoup plus considérable qu’auparavant , elle fut ouverte, trois mois après la couche, dans la région lombaire, ce qui donna issue à une quantité considérable de pus lai eux : celte opération sauva la vie à la malade, mais la guérison ne fut pas prompte. Un mois après l’opération, cette femme était encore, en apparence, au dernier degré de la fièvre lente et du marasme : peu-à-peu les forces se sont ranimées, le foyer s’est dégorgé, et la fièvre a diminué de jour en jour. Au bout de deux mois la malade se levait, mais la cuisse et la jambe du côté ali'ecté ét^^ient dans une sorle de paralysie qui s’est dissipée en peu de temps. 11 est bon d’observer que les urines ont toujours été laiteuses, qu’elles le sont devenues davantage à l’époque ou la inaladie a pris une marche favorable, et qu’il s’y est joint plusieurs fois une éruption de boutons rouges et farineux.

Il paraît qu’il y eut une impriulence ; Doublet ne dit pas laquelle. Une tumeur se développa : la nature travaillait à la résoudre; nouvelle imprudence: alors l’abcès se déclara, et on l’ouvrit par un procédé sur lequel M. Barthélemy, notre collègue et ami, a spécialement insisté (1). Il est impossible de ne pas accorder d’importance à l’éruption et à l’état des urines. Le membre inférieur fut impotent pendant quelque temps après le traitement.

(i) Annales de chirurgie, t.ii, p. aSSelsuiv.

i6* Oas. •— Fistule, suite i/'aicès du bassin; nouvelle grossesse;

guérison (i).

^Une femme He vinjjl-deux ans, lymphatique, eut, à la suite de son premier accouchement , qui avait été long et laborieux , un abcès énorme à rhyjiogaslre , qui s’ouvrit immédiatement audessous de l’ombilic. L’ouverture resta fistuleuse. Une sonde conduite dans la fistule me fit connaître que son fond correspondait immédiatement au-dessus de la symphyse du pubis, et je jugeai dès-lors que, pour la guérir, il convenait de faire une contre-ouverture dans cet endroit. Je la fis, et donnai à l’incision une étendue d’un pouce et demi. Une bandelette de linge fut poussée dans le trajet fistuleux, et, à chaque pansement, tirée de haut en bas. Au bout de huit jours je supprimai cette bandelette. L’ouverture supérieure ne tarda pas à se cicatriser ; mais l’inférieure resta fistuleuse. Je compris que , pour procurer la réunion des parois de cette fistule , il fallait les appliquer l’une contre l’autre par une compression permanente ; mais comme la paroi du ventre était lâche, et que d’ailleurs les viscères abdojniuaux n’olTraient presque aucun point d’appui, cette compressiou ne pouvait pas être exercée de devant en arrière. Je pensai que si la malade avait une seconde grossesse, la compression que la matrice exerce de derrière en devant sur la paroi abdominale, à l’époque de la gestation où elle s’élève au-dessus du détroit supérieur du bassin, pourrait produire l’effet désiré, et amener la guérison de la fistule. Je fis part de mes réflexions à la malade. Elle me crut, et devint enceinte ; avant la fin du sixième mois la fistule était solidement cicatrisée.

On ne peut qu’admirer la sagacité avec laquelle l’indication chirurgicale fut saisie dans ce cas.

17* Obs. — Engorgement et tuméfaction du ligament sus-pubien gauche à la suite d’accouchement, terminé par résolution lors de l’apparition des règles (a).

Une jeune femme bien constituée, relevée de couches depuis (i) Itoyer, Traité des rriflladies chir.

(a) Husson et Dance, Rèjierloire d’ anatomie de M, Breschet,

IPiTKA-l»ELVXEî(S.

ciuq semaines, n'éprouve d’aulreaccident à la suite de son accouchement, qu’une douleur légère avec pesanteur dans l’aine et la fosse iliaque gauches J elle continue à vaquera ses occupations, mais la douleur augmente lorsqu’elle fait de grands mouvemens. Elle entre à l’hôpital. Nous la trouvons sans fièvre, sans malaise gé“ néral, mais présentant un engorgement allongé, du volume d’un gros œuf, qui s’étendait un peu obliquement de la fosse iliaque gauche vers l’aine du même côté, et paraissait situé immédiatement sous la paroi abdominale: la pression sur celte tumeur est peu douloureuse, le reste du ventre est souple et indolent (Trente sangsues appliquées sur cet engorgement diminuent la douleur, mais ne produisent aucun changement dans son volume).

Les jours suivans, Tengorgement reste stationnaire; douleurà la pression (Bains et lavemens, on applique des cataplasmes émolliens).

Au douzième jour, les règles paraissent pour la première fois depuis l’accouchement, et sont suivies d’une notable diminution dans le volume de la tumeur. Au quinzième, les règlescontinuent encore. La tumeur a disparu en entier au dix-huitième jour.

Il faut remarquer dans ce fait: 1° le siège, probablement dans le ligament sus-pubien , comme l’indique le titre de l’observation; 2“ la bénignité des symptômes; 3” enfin, la disparition de la tumeur à la suite du rétablissement des règles.

i8* Obs. — Vaste collection purulente, suite de couches, occupant le bassin,

la fosse iliaque gauche et la partie supérieure de la cuisse , ouverte spontanément dans la vessie ; guérison (i).

Une jeune fille âgée de vingt-trois ans, domestique, fut reçue à l’Hôtel-Dieu le 6 juillet 1819. Jusqu’alors bonne santé ; grossesse sans accident; accouchement naturel d’un premier enfant. Peu de jours après l’accouchement, frisson général, suivi de chaleur et de fièvre ,• engourdissement dans la cuisse et la jambe gauches. Bientôt des doulçuissc firent sentir dans la profondeur du baîtsiu;elle devinrent continuelles, et tellement violentes, que la

(') Hussou et Dance.

DES AJICÈS HILEGMONEUX

malade fut entièrement pi ivée de sommeil. Frissons irréguliers enlremêlés de fièvre, soif vive, constipation opiniâtre, dysurie portée jusqu’à la rétention complète; empâtement dans la fosse iliaque gauche; tumeur dure, non fluctuante, que l’on suppose développée dans l’ovaire du même côté. Une saignée, des bains, des émoi liens, furent employés sans succès. La fièvre et les douleurs persistèrent, et à la constipation succéda un dévoiement qui jeta la malade dans une extrême faiblesse. Dépérissement, face pâle, jaunâtre ; yeux ternes et caves; peau sèche, terreuse; voix faible ; fièvre continue avec redoublemens le soir ; diarrhée abondante; dans la fosse iliaque gauche, large tuméfaction fluctuante, paraissant soulever l’arcade crurale, accompagnée d’œdème et de rétraction de la cuisse, dont les mouvemens sont douloureux et l’extension impossible (Cataplasmes émollieus, eau de riz, cachou).

Au cinquième jour, la malade rend avec les urines une matière purulente très abondante. Celte évacuation se prolonge pendant une douzaine de jours. La tuméfaction de la fosse iliaque diminue eu proportion, et disparaît; les douleurs et la diarrhée cessent, la fièvre se modère, l*appétit revient. Plus tai d, un point de fluctuation se montre en haut et en avant de la cuisse gauche. M. Dupuytren en fait l’ouverture : une suppuration abondante s’en écoule, et fait bientôt place à un fluide séreux. Enfin, la plaie se cicatrise, et la malade soi t de l’hôpital parfaitement guérie, après trois mois de traitement.

Cet abcès éiait-il dans l’ovaire, comme les auteurs Tout supposé? Cela est fort douteux. Notons qu’il y eut de la constipation , puis de la diarrhée: ces faits nous serviront. Notons aussi que le passage du pus dans la vessie ne donna lieu à aucun symptôme d’irritation dans cette dernière.

«9* Obs. — Accouchement avant terme; rupture du cordon ombilical • cnkystement momentané du placenta; inflammation du tissu cellulaire du bassin et de celui qui tapisse la fosse iliaque gauehe ; formation d’une vaste eolUclion imrulenle dans celte dernière région ; issue de la matière paru-

INTRA-PELVIENS.

Unie par une ouverture qui s’est Jormée dans les parois du col de l’utérus ;

fièvre hectique et mort (i).

Une jeune fille enceinte de sept mois fut prise subitement de douleurs d’enfantement tellement pressantes qu’elle accoucha à l’entrée de l’hôpital. Le cordon se rompit près du placenta, qui se trouvait comme enkysté. Des tractions assez multipliées furent faites si|^ les membranes pour opérer la délivrance, mais elles furent sans résultat. Bain de siège; peu de temps après, le placenta sortit.

Au cinquième jour, et à la suite de coliques assez fortes, le pouls s’accélère, les lochies se suspendent ( Quinze sangsues à la vulve).

Au sixième , l’hypogastre devient sensible à la pression , les mouvemens du tronc sont douloureux, le pouls est petit et contracté (Saignée, demi-bain, cataplasme).

Au septième, toute la partie du ventre située au-dessous de l’ombilic est le siège d’une tension douloureuse et d’un gonflement qui s’étend dan.s les fosses iliaques, mais plus particulièrement à gaucbe (Trente sangsues).

Les jours suivans, nouvelle application de sangsues; moins de fièvre; douleurs abdominales moindres; la tuméfaction de la fosse iliaque gauche est plus considérable, et paraît s'étendre jusque dans la région rénale : d’abord assez dure, elle finit par présenter une fluctuation évidente.

Au vingt-neuvième jour, nous trouvons lès alèses sur lequels reposait la malade couvertes d’une matière purulente abondante ; en même temps la fosse iliaque gauche forme une saillie moins considérable. Des recherches faites dans le vagin n’indiquent point qu’il ait été perforé par la suppuration.

Les jours suivans , une matière purulente assez abondante continue à s’évacuer par le vagin.

Pendant un mois entier cet écoulement continue ; amaigrissement.

Vers le commencement du troisième mois, le pouls reprend de la fréquence ; la maigreur a fait des progrès ; mort au soixante-huitième jour depuis l’accouchement.

(i) Husson et Dance.

DES ABCÈS PHLEOSIOJNBVX

Autopsie, — Dans la fosse iliaque gauche existe un vaste foyer à moitié rempli par un pus verdâtre et fétide, limité en haut par l'extrémité du psoas et du rein gauche, s’étendant en bas jusque dans le petit bassin entre les ligamens larges de l’utérus, formé en arrière par les muscles psoas et iliaques dont les fibres sont comme disséquées par la suppuration; parcouru enfin par quelques rameaux nerveux venantdu plexus lombaire: sa cavité élaiBÉ’un gris noirâtre et tapissée par une membrane pseudo-muqueuse. Le vagin ne présentait aucune perforation; mais à cinq lignes au-dessus de l’extrémité inférieure du col de la matrice, on voyait une ouverture arrondie et noirâtre de 3 lignes de diamètre, dans laquelle il nous P été facile d’insinuer une sonde qui a pénétré par des ramifications détournées jusque dans le foyer purulent. La matrice était entièrement revenue à son volume naturel, et n’a présenté d’autre altération qu’une rougeur très vive dans la partie de son col située au-dessous de la perforation ; cette rougeur se prolongea dans le vagin qui était encore imprégné de pus du reste, des adhérences assez nombreuses unissaient la vessie à la matrice, et celle-ci au rectum, mais il n’y avait aucun épanchement dans la cavité du péritoine.

« L’évacuation de la matière purulente à travers les parois du col utérin est un fait d’anatomie pathologique très intéressant. » Les auteurs de l’observation ont raison de le faire remarquer. Il est probable, d’après eux, que l’inflammation a débuté par le tissu cellulaire des ligamens larges, et s’est étendue secondairement dans les régions iliaque et lombaire. N’oublions pas ce qui est relatif à la cause : accouchement brusque, rupture du cordon, rétention du placenta, manœuvres pénibles-

20® Obs. — Affection de l’ovaire pendant la grossesse, suivie

de mort (t).

Mademoiselle M..., âgée de vingt-deux ans, d’un tempérament éminemment lymphatique, entra à la Maison-dc-Santé le

(i) V* Boivin, Recherches sur une des causes, ch;.

JNTRA- PELVIENS.

ueuvièine jour de ses couches, qu’elle avait laites à l’hospice de la Maternité. L'accouchement naturel et prompt, qui avait eu lieu au commencement du huitième mois de la grossesse, avait été suivi de douleurs vives dans le côté gauche de l’abdomen. Ces douleurs étaient accompagnées de fièvre et de difficulté d’uriner. Le point douloureux était resté tuméfié après l’accouchement, depuis la région hypogastrique jusqu’à la fosse iliaque gauche. Le traitement antiphlogistique mis en usage à l'hôpital où cette fille était accouchée, avait eu quelque apparence de succès. Cependant les douleurs n’ayant pas entièrement cessé, cette jeune fille vint à pied de la rue de la Bouche à la Maisonde-Santé, distance de près d’une lieue, le 5 mai i8j4.

La longue course que venait de faire la malade réveilla la douleur du côté gauche. La région all’ecté.é était d’une sensibilité si grande, qu’il fut impossible d’explorer exactement les parties pour obtenir des résultats positifs sur le siège et la nature des douleurs abdominales. On fit une application de vingt sangsues, que l’on réitéra deux fois en trois jours. Les fomentations, les cataplasmes émolliens, les bains de siège, les lavernens, amenèrent un mieux sensible. Le cinquième jour la malade sortit à pied pour aller dîner en ville. Cette imprudence rappela encore une fois tous les accidens précédons; la douleur sc propagea avec une rapidité extrême dans toute l’étendue de l’abdomen jusqu’à la poitrine. C’est en vain que l’on eut recours à de nouvelles saignées, la malade succomba le dixième jour de son entrée, et le dix-neuvième de son accouchement.

Aut&psîe. — .• Epanchement séreux jaunâtre; épais-

sissement considérable du bord inférieur de l’épiploon, adhérence de ce sac membraneux avec l’arc du colon, rectum adhérent dans toute sa paroi postérieure avec la face interne du sacrum. L'ovaire gauche, du volume de deux poings d’un adulte, occupait la région hypogastrique, de manière à laisser croire au premier aperçu que c’était la vessie qui était restée développée à un certain degré; sa surface extérieure était d’un blanc rosé, couverte de nombreux vaisseaux fins et déliés, d’un beau rouge vermillon. La région inférieure de l’ovaire était adhérente à la paroi latérale gauche de la cavité du bassin.

Ce kyste, foi mé par la totalité de l’ovaire, était rempli d’une

«ES ABCÈS l’HLEGMONEUX

matière purlforme, épaisse, et d’un paquet de poils roux formant masse avec une substance adipocireuse du volume d’un gros œuf. Le sommet du kyste regardait le côté droit de l’abdomen.

Voici l’opinion que l’on peut se former sur la paihogénie de ce cas : Kyste pileux de l’ovaire; grossesse , échauffenieni du kyste, en raison de l’état congestif des organes intra-pelviens dans la grossesse; suppuration. Le kyste, en se dévelojjpant, gêne à son tour ruicrus, et la femme accouche à huit mois.

21® Obs. — Abcès intra-pelvien J suite découches , ouvert par le rectum (i).

D,.., de 34 ans, vint à la Maison-de-Santé pour s’y faire traiter d’une tumeur de l’abdomen accompagnée de perte de sang et de douleurs. D’une forte constitt^tion, d’un tempérament lymphatico-sanguiu, elle avait toujours joui d’une bonne santé, à la constipation près: depuis long-temps elle n’allait à la garderobe qu’à force de lavemens. Depuis l’âge de 3a ans, elle eut une cinquième grossesse, qui parcourut presque toutes ses périodes^ quoiqu’il s’y joignît une perte de sang. Cette femme resta souffrante encore long-temps après sa couche. Le cours des règles fut tout-à-fait dérangé pendant près d’une année : c’était pour ainsi dire des hémorrhagies qui reparaissaient tous les quinze à vingt jours, avec une douleur profonde dans la fosse iliaque gauche. A cette douleur succéda un développement de la région hypogastrique ; les règles cessèrent ; la malade se crut encore enceinte. En effet, à la suite de contractions douloureuses de la matrice, elle rendit une masse charnue, renfermant un embryon d’environ quatre mois. Les pertes utérines reparurent ; l’abdomen prit en même temps plus d’extension ; l’éjection de l’urine et des matières fécales devenait de plus en plus difficile et douloureuse; on avait souvent recours aux lavemens, au cathétérisme, aux bains de siège, pour faciliter la déplétion de la vessie et du rectum.

Il) V*-’. Boiviu.

INTKA-PELVIENS.

Un jour que la malade faisait de violens efforts pour aller à la garde-robe, elle rendit tout-à-coup par l'anus environ une pinte de matière d’un blanc jaunâtre, de consistance de bouillie épaisse. La tumeur sus-pubienne était sensiblement diminuée après cette évacuation ; depuis, l’éjection de l’urine s'opérait librement, ainsi que les évacuations alvines , qui se trouvaient encore mêlées de pus en -assez grande quantité.

L’exploration de l’abdomen, la dépression de ses parois en différeus sens, n’accusent ni tuméfaction ni douleurs, mais seulement un peu de sensibilité à gauche.

Depuis l’ouverture de l’abcès dans le rectum, les douleurs de cette dame ont cessé. L’ennui l’ayant prise à la Maison, cette femme en sortit pour retourner chez elle.

L’éliologie de ce cas est obscure. Il est supposable, iiéaninoins, que la Constipation a influé sur le développement de l’abcès. Celui-ci s’ouvrit spontanément pendant des efforts pour aller à la selle : circonstance notable.

22' Ob3. — Abcès intra-péritonéal , suite de couches, pris pour une névralgie; péritonite ; mort; autopsie

Une jeune femme, à la suite d’un premier accouchement, était restée atteinte d’une douleur qui avait son siège dans l’hypogastre , derrière les os pubis , et qui se manifestait d’une manière intermittente , à l’instar d’une névralgie. Elle devenait lancinante et vive jusqu’à faire crier la malade, et se propageait, comme par irradiation, vers le col utérin, en haut, vers les parois abdominales , et en arrière, dans la région lombaire, oh la malade disait ressentir des douleurs semblables à celles qui existent à une certaine époque du travail de l’enfantement. Tel fut le récit qui nous fut fait par la malade lorsqu’elle entra à la Charité. Cette affection , telle que je viens de la décrire, ne ressemblait-elle pas à une névralgie? Mais lorsqu’elle fut soumise à notre observation , elle n’éiait plus dans cet état de simplicité. Depuis un mois la douleur était devenue continue ; elle était d’ailleurs moins intense que lorsqu’elle n’existait que par intervalles. La pression de l’by-

(0 Aiidral. Clin. méd.

DES ABCÈS PHLEGMOriEUX

UU

pogastre était douloureuse; le reste du ventre était souple et indolent. 11 y avait un amaigrissement notable, une petite fièvre continue, des sueurs fréquentes. Il n’était que trop évident que la maladie ne consistait pas dans une simple névralgie. Nous pensâmes qu’il existait une affection chronique d’un des ovaires, ou *d’unc des portions du péritoine qui les entourent (Sangsues, fomentations émollientes et narcotiques sur l’hypogastre). Même état, à-peu-près, pendant les quinze jours suivans; puis une diarrhée abondante s’établit. L’abdomen, dans sa totalité, devint tendu et douloureux ; la malade s’affaiblit rapidcmentet succomba.

L’ouverture du cadavre montra , dans le péritoine, les traces d'une inflammation aiguë récente (sérosité trouble avec mélange de flocons fibrineux amorphes). La plus grande partie de la surface interne du gros intestin , ainsi que celle de la fin de l’intestin grêle , étaient vivement injectées. Mais quelle était la cause de l’ancienne douleur hypogastrique? Nous la trouvâmes dans une tumeur du volume d’une petite orange, située profondément dans l’excavation du bassin ; elle y était disposée de manière que sa moitié droite était interposée entre le corps de l’utérus et le rectum, tandis que sa moitié gauche , cachée en avant par le ligament large , dépassait latéralement ces deux organes. Cette tumeur contenait une cavité séparée en plusieurs loges incomplètes, dans chacune desquelles existait un liquide purulent. Ses parois étaient constituées par de fausses membranes superposées. L'utérus, les ovaires, le rectum et la vessie ne présentèrent aucune altération appréciable.

Souvenons- nous qu’un abcès in ira- pelvien peut donner lieu à des symptômes iniermillens. .

23® Obs. — Abcès mira- péritonéaux ^ suite de couches; infection purulente ;

mort (i).

Une femme mourut à la Charité peu de temps après être accouchée. Le travail avait été extrêmement laborieux. Pendant son séjour à l’hôpital, elle nous offrit deux périodes dans son état. La première fut caractérisée par des douleurs sourdes dans l’hypo-

(i) Ândral.

INTRA-PELVIENS.

Ub

gaslre, une fièvre conlinnc avec (les sueurs abondanles chaque nuit, un dépérissenienl assez rapide. La seconde période fut marquée par une prostration qui ne s'établit pas graduellement, par une altération subite des traits de la face, un demi-délire et une abondante diarrhée. Cétte seconde période fut courte, et la mort la suivit bientôt.

A l’ouverture du cadavre on trouva les lésions suivantes : i® u>i état d’engorgement, de ramollissement très marciué du tissu de l'utérus; autour de cet organe plusieurs collections purulentes renfermées dans des loges dont les parois étaient constituées par des fausses membranes entrecroisées en sens dilTérens; 3® un peu de sérosité légèrement trouble, éjianchée dans le reste dupéritoine; 4° «ne injection vive à la fin de l’iléon, au cæcum, et au commencement du colon; 5“ une lésion plus rare, sur laquelle j’appelle surtout en ce moment l’attention : un grand nombre de veines situées, dans l’excavation du bassin nous frappèrent par leur état de distension : elles étaient remplies par un sang coagulé, auquel était mêlé, sous forme de gouttelettes éparses, un liquide blanchâtre, que les personnes qui assistaient à l’autopsie comparèrent à du pus ; les parois mêmes de ces veines n’offrirent aucune altération appréciable. Le sang contenu dans la veine iliaque et dans la veine cave inférieure, avait le même aspect. On ne tiouva plus rien de semblable dans la cavité droite du cœur, ni dans le reste de l’appareil circulatoire. Mais en incisant le poumon droit, qui, vu extérieurement, paraissait très sain, on trouva en trois points son parenchyme refoulé par des collections de pus occupant une espace qui, pour deux d’entre elles, aurait pu contenir une noix, et pour la troisième une noisette. Autour de ces abcès le parenchyme pulmonaire ne présentait aucune altération appréciable. Dans le foie on trouva un autre abcès, qui, comme ceux du poumon, existait sans lésion du parenchyme autour de lui. Enfin, dans le cerveau, au niveau et en dehors d’une des couches optiques, on rencontre encore un foyer de pus de la grandeur d’une grosse noisette, et que n’accompagnait aucune injection, aucun ramollissement de la substance cérébrale envi: ronnante.

Ce fait est des pltis reniarqnablos. D’abord il nous offre,

Û6 DES ABCÈS PlILEGMÜNEUX

comme plusieurs des précédens, uu exemple d’abcès inirapérilonéaux, suite de couches. Ensuite, on y voit une péritonite purulente partielle donner lieu à la pyohomie, et à des abcès métastatiques \\x%qwi, dans le cerveau.

q4*^ Obs. — Pérîtonite et phlébite puerpérales avec formation, dans la fosse iliaque, d’un abcès qui s’ouvrit par le vagin, (l).

Une femme de trente ans, d’un tempérament sanguin nerveux, était parvenue au terme d’une seconde grossesse, qui n’avait rien offert de remarquable. L’enfant, situé en travêrs, la tête à gauche et le visage en avant, présentait le bras gauche; on pratiqua la version. La main pénétra avec quelquè difficulté jusque dans la cavité utérine : un des pieds était déjà saisi et l’autre allait l’être, lorsque la femme se mita crier, et fit de grands mouvemensqui forcèrent l’accoucheur à retirer la main. Il prescrivit un bain et attendit. On fit une seconde tentative: la malade fut encore plus indocile que la première fois; il fut impossible de la contenir; un consultant essaya, et fut obligé aussi de s’arrêter (Saignée du bras). Il y avait trente heures que le travail était commencé. On fit venir un troisième médecin. La malade, accablée par les douleurs, modéra enfin ses mouvemens, et l’on put amener l’enfant, qui était mort. La délivrance n’offrit rien de particulier.

Le premier jour et une partie dusuivant, il n’y eut aucun accident; les lochies coulèrent modérément; l’accouchée se trouva bien; mais, environ trente-six heures après l’accouchemcnl, elle se plaignit d’une douleur vive dans le flatte droit et à la région iliaque de te côté; malaise' général ; frissons.

Le lendemain, fièvre; ventre douloureux et tendu du côté droit; mamelles affaissées (Saignées du bras; sangsues sur le ventre; fomentations émollientes). iS juillet; douleur aiguë dans le ventre, et spécialement dans les régions lombaire et iliaque droites', l.i moindre pression exercée en cet endroit, la toux, un simple mouvement, augmentent cette, douleur et arrachent des cris à la malade. Tension considérable des parois abdominales plus marquée

(i) Mêlier. Journal général de médecine, 1837.

INTRA-PELVIEXS.

aussi (lu côlè droit, ou nous croyonssenliruue fluctua lion obscure. La percussion de cette partie donne un son mat ; ailleurs, le ventre météorisé donne un son clair. La peau est aussi plus chaude du côté droit. Hoquets fréquens et douloureux ; nausées de temps en temps ; suppression des lochies.

Le soir, la douleur est un peu calmée (Bain d’une heure; fomentations émollientes; demi-lavement huileux).

Le lendemain 29, la douleur était fort aiguë et le gonflement plus considérable (Trente sangsues; large ventouse sur chaque mamelle). Les ventouses restèrent en place pendant plus d’une demi-heure, et furent plusieurs fois réappliquées; elles firent couler, non sans beaucoup de douleur, une certaine quantité de lait mal élaboré , et donnèrent lieu à un gonflement considérable des mamelles; il nous sembla que les douleurs de la péritonite diminuaient à mesure que cette fluxion artificielle s’établissait.

30. Léger mieux ( Bains ; on insiste sur les ventouses, qui, chaque fois, font couler une certaine quantité de lait).

31. Nuit mauvaise ; douleurs dans toute l’étendue du ventre. La fluxion des mamelles s’étend des deux côtés jusque sous les aisselles. Les lochies coulent à peine (Sangsues; un vésicatoire à chaque cuisse).

1" août. Mieux sensible ; douleurs moins vives, bornées au flanc droit et à la région lombaire de ce côté ; on sent toujours à. cet endroit une fluctuation obscure. A dater de ce moment, les accidens perdent de leur gravité. Il s’écoule par la vulve un liquide sanguinolent et fétide en petite quantité.

La malade était dans un état qui permettait queh|ue espoir^ lorsqu’un jour on s’aperçut que l’écoulemeul était devenu ,loutà-c'oup plus abondant, et qu’d avait changé de nature ; c’était du pus; pendant les premiers jours, la malade en fut comme trempée. Si on l’asseyait, et surtout si l’on pressait avec la main sur le côté droit du ventre, l’écoulement devenait beaucoup plus considérable. D’abord louable , le pus ne tarda pas à devenir grisâtre et fétide. Fièvre hectique. La malade s’affaiblit rapidement.

La douleur du flanc droit qui, depuis long-temps était sourde, devint de nouveau aiguë, et se fit sentir jusque dans l’aine et la cuisse. Bientôt après, infiltration séreuse du pied, de la jambe,

DES ABCÈS 1‘HLEGMOKEUX

et successivement de tout le membre abdominal droit, qui était douloureux. La malade mourut le 17 août.

Autopsie. — La cavité abdominale seule fut ouverte. Le péritoine présenta partout des traces évidentes d'inflammation. Peu intense du côté gauche , cette phlegmasie le devenait davantage à mesure que l’on .s’approchait du côté droit, et spécialement de la région lombaiie et de la fosse iliaque. Il existait là un vaste foyer contenant plusieurs livres de pus fétide, grisâtre et mal lié. Ce liquide, contenu dans le péritoine, était enveloppé de toutes parts par une fausse membrane, déjà assez bien organisée, irrégulièrement épaisse, d’un blanc sale, molle, s’enlevant par lambeaux. Des adhérences nombreuses de circonvolutions intestinales entre elles et avec les parties adjacentes bornaient cette collection purulente. Une masse blanche, d’apparence albumineuse, pesant une demi-livre au moins, nageait au milieu du pus. Le foyer se prolongeait jusque dans le petit bassin, et communiquait avec le vagin, au moyen d’une ouverture large et irrégulière, à bords mous, frangés et noirs, occupant la paroi droite du vagin, presque entièrement détruite. Il eut été facile, du vivant de la malade, de m’assurer do la disposition des parties par le toucher.

L’utérus, revenu à-peu-près à son volume naturel, était sain ; sa cavité contenait une petite quatité de mucus roussâtre.

La veine iliaque externe, presque en totalité, et la veine crurale, dans l’étendue de deux ou trois pouces, étaient complètement oblitérées par un caillot sanguin, fibrineux et consistant, semblable à ces concrétions polypiformes que l’on trouve souvent dans le cœur. Les parois de ces veines nous parurent épaissies ; la membrane interne était rouge j on voyait quelques gouttes de pus à sa sui'face : elle adhérait au caillot en plusfeurs endroits. Rien de remarquable dans les autres organes de l’abdomen.

On remarquera dans celle observation : 1“ la cause occasionnelle de la péritonite, qui se trouve dans l’acte de l’accouchenienl et la manoeuvre qu’il nécessita ; 2° la variété de l’abcès, qui était intra-péritonéal; 3“ le mode d’ouverture de la tumeur qui se fit jour dans le vagin ; û” la phlébite

INTRà-PELVIENS.

adhésive ei l’infiliration cousccuiive du membre correspondani. On esi amené malgré soi à penser qu’il aurait l'allu agir plus aciivemeni dans le commencement.

a 5® Obs. — Abcès de la Josse iliaque droite ^ suite de couches y ouvert par le bistouri; guérison (i).

Madame Amans, âgée de Irente-ct-un ans, mariée à trente, eut son premier enfant dix-sept mois après. Pendant tout le cours de sa grossesse, elle jouit d’une bonne santé, à une douleur près, qu’elle ressentit constamment dans les parties latérales droites de l’utérus, et parfois daus la fosse iliaque, dans l’aine et la cuisse droites; celte douleur était surtout excitée parles mouvemens de l’enfant. Saignée au sixième mois, elle accoucha à terme d’un enfant bien portant. Difficulté pour extraire le placenta, très adhérent à droite: il fallut introduire la main dans la matrice, et faire d’assez grands efforts; point d’hémorrhagie, point d’accidens pendant les deux premiers jours ; lochies abondantes et sans interruption durant l’époque ordinaire de la sécrétion laiteuse, qui ne se fit pas; ventre gonflé, très sensible j la marche était pénible; si le pied droit portait à faux, s’il heurtait contrcuncorpssolide, il en résultait aussitôt une douleur vive dans l’aine et dans le ventre (Vin de Bordeaux; quinquina).

Je vis madame Amans leaS octobre 1827, septsemaines environ après sa couche. Ventre volumineux, sonore, très douloureux à la pression ; selles fréquentes; dans l’aine droite, gonflement inflammatoire s’étendant à la partie interne de la cuisse et de la jambe dans la direction des lymphatiques, durs et tendus comme des cordes, très douloureux à la moindre pression , au plus légar mouvement. Les vaisseaux lymphatiques de la cuisse gauche n’étaient point afièctés ; ils le furent légèrement dans la suite (Tisanes émollientes; vingt-cinq sangsues sur les ganglions de l’aine et les vaisseaux lymphatiques; cataplasmes émolliens).

Au bout de quinze jours, cessation presque complète des accidens; mais les douleurs se réveillèrent avec une nouvelle intensité dans la fosse iliaque, dans l’articulation iléo-fémorale , et

(0 Téallier. Jonrnn/ ÿé/iémé, j uillet 1829.

Zi

DES ABCÈS P1}LVGM0NEUX

s’étendirent depuis la crête de l’os des îles jusque dans la région lombo-dorsale. Pouls fréquent; teint animé; peau sèche, brûlante; toujours plusieurs selles par jour (Saignée de 12 onces ; le lendemain, trente sangsues dans l’aine ; cataplasmes émoiliens; bains; vingt autres sangsues deux fois).

Les douleurs se concentrèrent dans la fosse iliaque, où je reconnus une tumeur du volume du poing, dure, douloureuse au toucher, située à droite de l’intestin cæcum , qui ne tarda pas à occuper la presque totalité de la fosse iliaque et à venir faire saillie au-dessus du ligament de Fallope. Fluctuation évidente. L’abcès menaçait de se faire jour sur plusieurs points où la peau était rouge et amincie. Le 12 janvier, je plongeai un bistouri étroit vers le milieu et immédiatement au-dessus du ligament de Fallope, point où l’amincissement de la peau était le plus avancé. Le pus jaillit avec force : il était clair, séreux, floconneux, mêlé de beaucoup de sang. 11 s’en écoula plus d’une livre. Décubitus sur le côté droit, pour que l’ouverture pratiquée se trouve dans la partie la plus déclive. Suppuration très abondante (Trois pansemens par jour). L’écoulement diminua rapidement, et, vers la fin de janvier il ne sortait de la plaie qu’un peu de sérosité blanchâtre. Anasarque générale. Bientôt l’ouverture de l’abcès livra passage à une grande quantité de sérosité, et l’anasarque ne tarda pas à se dissiper. La plaie se cicatrisa vers la fin de février. La guérison fut complète dans le courant d’avril.

La douleur fixe à droite , pendant la grossesse, semble indiquer une plilegmasie uiéro-placeniaire partielle, dont les adhérences du placenta furent la conséquence. Ainsi : placenio-métrite; adhérences du placenta, sur lequel on est obligé de tirer fortement; métrite; engorgement des vaisseaux lymphatiques du membre ; puis, formation de l’abcès iliaque du côté de l’insertion du placenta : telle a été la marche de la maladie. Onaura remarqué l’anasarque, effet de la diminution rapide de l’écoulement purulent, véritable métastase, et la cessation de l’anasarque par suite d’uc écoulement abondant de sérosité à travers l’ouverture de l’abcès.

INTRA-PBLVIESS.

a 6® Obs. — Anatomie pathologique d’un abcès puerpéral de la Josse

iliaque (i).

En 1 834, M. Bérard (Aug.) présenta à la Société anatomique une pièce recueillie sur une femme qui avait été prise de douleurs hypogastriques à la suite d’une couche, et chez laquelle on avait soupçonné un abcès de la fosse iliaque. A l’autopsie, on trouva un vaste abcès qui commençait à la partie postérieure et supérieure du flanc gauche, entre le colon et la paroi abdominale. Cet abcès s’était propagé dans la région hypogastrique , en passant entre la fosse iliaque et l’intestin, toujours situé hors du péritoine. Une induration du tissu cellulaire du bassin lui avait fermé l’accès de cette cavité au-devant de la vessie , mais le pus s’était frayé un passage vers la fosse iliaque droite, en décollant le péritoine dans la région hypogastrique; delà région iliaque droite il avait remonté sur le côté de la ligne médiane jusqu’au niveau de l’ombilic: là il s’était fait jour au-dessous delà peau, qu’il avait décollée au pourtour de la cicatrice ombilicalej dans le flanc gauche, l’abcès communiquait avec le colon descendant par une ouverture arrondie. M. Bérard pensa que l’ulcère intestinal avait été la cause de l’abcès iliaque. La surface de tout le gros intestin étant inégale et bosselée, M. Michon en tira la conclusion que l’intestin avait dû être le premier malade , et M. Teissier fit remarquer, de son côté, que ce qui excluait l’idée d’un abcès iliaque primitif, c’est que le muscle iliaque était parfaitement sain.

Exemple remarquable de migration du pus. Celle observation nous servira sous ce rapport. Quanta savoir si l’abcès provenait d’une lésion intestinale, les raisons données en faveur de l’affirmative soûl très loin d’élre concluantes.

27* Obs. — Abcès al’hypogastre^ suite découches, ouvert parla potasse caustique ; guérison (2].

Madame Fournier éprouvait dans le bassin, depuis une couche failcen t8o5, une douleur qui revenait par intervalles. En i8n, à la suite d’une fièvre muqueuse, cette douleur devint plus in-

(i) Aug. Bérard. de la Société anatomique.

(4) Martin. Mémoires,

DES ABCÈS PHLEGMOKEUX

tense, et ne se dissipa qu’après un long terme. A cette époque, on l’econiïul au-dessus des os pubis une tumeur indolente, qui gênait, à certaines époques, l'exurélion des urines. Redevenue enceinte en i8i3, elle ressentit de nouvelles douleurs dans la tumeur, et quelques jours après son accouchement, en explorant le bas-ventre devenu très sensible, on reconnut une collection purulente présentant trois bosselures, dont l’une était centrale, au-dessus du pubis, et les deux autres répondaient à chaque aine. Appelé eu consultation, je proposai d’appliquer sur la bosselure de l’aine gauche, qui était plus saillante et plus fluctuante, une traînée de potasse caustique. L’eschare résultant de cette application tomba le troisième jour, et, à sa chute, il s’écoula plus d’une chopine d’un pus fétide et mal élaboré; ce qui affaissa en même temps les trois bosselures, qu’on aurait pu prendre pour trois dépôts différens. Un pansement régulier fut employé: en moins d’un mois la cicatrisation fut obtenue, et la malade rendue à la santé.

La forme extérieure de cet abcès est remarquable : on aurait pu, comme l’auteur le dit, croire à trois foyers distincts. La manière dont la tumeur se produisit, le long temps qu’elle mit à s’abcéder sont des circonstances également intéressantes. Jusqu’à quel point des vésicatoires répétés auraientils pu résoudre cette tumeur chronique?

28® ObS. — Abcès de la fosse iliaque gauche, s’étendant jusqu'aux lombes du

même côté; ouvert par la potasse caustique et le bistouri; guérison (i).

Madame Nicollot eut un accouchement laborieux, terminé avec le forceps. Dès le lendemain, il se manifesta une fièvre très intense avec météorisme de tout le ventre. La fluxion laiteuse des seins n’eul pas lieu ; les lochies furent très irrégulières. Je fus appelé le vinglième jour en consultation, et je reconnus tous les symptômes d’une fièvre lente hectique, occasionnée par un dépôt dans la fusse iliaque gauche, s’étendant jusque dans la légiou lombaire, avec engorgement des glandes de l’aine et de l'extrémité

(1) Martin.

1NTHA.-PELVUÎRS.

lulérieure de ce côté; la fluclualion était prononcée principalement du côté de la région des lombes. Au bout de deux jours, la saillie formée par le pus dans la région lombaire augmenta sensiblement ; la fluctuation y devint plus évidente. Application d’une traînée de potasse caustique. Le lendemain nous incisâmes l’escbare, et portant le bistouri un peu au-dessôus de sa profondeur, nous parvînmes au foyer purulent. Il s’en écoula aussitôt un litre de pus, ce qui diminua presque immédiatement la tumeur de la fosse iliaque. La malade fut sensiblement soulagée. Le pus coula pendant plusieurs jours avec abondance, mais il diminua par gradation ainsi que la fièvre. Bientôt l’appétit revint , les forces et l’embonpoint se rétablirent, et, le soixantième jour, l’ulcère était cicatrisé; les glandes de l’aine gauche, l’extrémité correspondante étaient dégorgées, et madame Nicollot ne tarda pas à recouvrer une bonne santé.

L’accouchement fut terminé par le forceps. Ainsi: difficulté du travail ; action obstétricale ; l’étiologie est dans ces deux circonstances. Encore un abcès ouvert dans la région lombaire. La guérison se fit attendre.soixanie jours : cette lenteur n’est pas favorable au mode d’ouverture.

29^ Obs. — Abcès de la fosse iliaque droilCy suite de couches ; ap^slication de potasse caustique ; incision de l'eschare; guérison (i).

Le 25 mars 1804, madame Velay-Pélégrin, à la suite d’un accouchement naturel, éprouva une perte utérine considérable avec syncope et défaillance. A cet accident succéda un état de faiblesse extraordinaire : les seins ne se gonflèrent point;' la sécrétion laiteuse ne s’établit qu’imparfaitement , et malgré cela l’accouchée allaita son enfant pendant environ un mois. A dater de cette époque elle dépérit sensiblement ; fièvre continuelle et fréquente. Toux. On diagnostique une phthisie pulmonaire. Appeléen consultation au troisième mois de la couche, je reconnus dans la fosse iliaque droite une tumeur considérable de forme ovalaire, se prolongeant du côté de l’aine, lieu ou je distinguai une fluctuation profonde. La cuisse et la jambe droites étaient légèrement

(1) Martin.

DES ABCÈS i'HTÆGàlONEUX

fléthies, et ne pouvaient s’étendre qu’avec douleur. Je n’hésitai pas à proposer l’applidalion de potasse caustique sur le point fluctuant de la tumeur. Le surlendemain je trouvai l’eschare détachée dans un point, duquel s’était écoulé beaucoup de pus. J’introduisis dans cette petite ouverture une sonde cannelée, à l’aide de laquelle je fendis l’eschare dans toute sa longueur : issue d’une grande quantité d’un fluide purulent, épais et bien lié, de couleur verdâtre et d’une odeur très fétide. Amélioration; le pus coule pendant cinq mois ; cicatrisation. On distingue, du côté du veiitte, une dureté où espèce dé noyau qui semble se prolonger vers la fosse iliaque, et un enfoncemeut sur le j>oint cicatrisé adhérent à cette dureté.

Les tègles reparurent trois mois avant la guérison du dépôt, et c’est à peu-jirès à la même époque que madame Velay reprit ses forces, de l’embonpoint et un état de santé parfaite. Èlle a eu depuis deux enfans; mais plusieurs années après elle a succombé â une phthisie pulmonaire.

Relevons, dans celle observation : 1° l’erreur de diagnostic; 2° la circonstance d’jiine métrorrhagie ayant précédé le développement de la tumeur.

3o® Obs. — Abcès iliaque suite de répercussion du lait; ouverture par le caustique; guérison (r).

La femme Bergeret, âgée de trente ans, accoucha heureusement dans le mois d’avril i8i6. Le jour ou la fluxion laiteuse s’établit, application astringente sur les seins, qui fil disparaître en peu d’heures leur engorgement. Le lendemain de celle répei'cussion une fièvre violente eut lieu; les lochies se supprimèrent; des douleurs se firent sentir dans l’abdomen, avec tension et météorisme des parois de celle cavité (Traitement antiphlogistique). Les douleurs abdominales et la fièvre continuèrent pendant vingt jours. L’exploration du ventre me fit alors reconnaître un engorgement douloureux dans la direction des ligamens larges. Fièvre; amaigrissement extrême; rétraction delà cuisse gauche. Six semaines après ma première visite, je reconnus une collection purulente occupant les régions l)ypogaslrique et iliaque gauches

(i) Martin.

I^•TKA-1'ELVIE^S.

el se dirigeant vers l'aine de ce côté, point dans lequel je distinguai une fluctuation profonde avec une légère rougeur à la peau. Je fis appliquer sur ce lieu une traînée de potasse caustique ; l'eschare qui en résulta fut incisée le surlendemain, et il sortit une très grande quantité de pus. La malade fut mise à l'usage du lait de chèvre, du sirop de kina ; des mèches de chai-pie furent introduites dans l'ulcère, et diminuées au fur et à mesure que la suppuration était moins abondante.

Deux mois après cette malade était parfaitement guérie.

C’est surtout la cause qui nous importe dans cette observation, très importante sous ce rapport.

3i® Obs, — Abcès de l'ovaire droit ou de ses dépendances, ouvert par la potasse caustique; guérison (i).

Madame Naud me fit appeler en i8o3. Sa maladie datait d’une couche qui avait eu lieu quelques mois auparavant, et à la suite de laquelle elle avait eu l'imprudence de se lever le lendemain de la fièvre de lait, et de s'exposer au froid et à l’humidité. Dès le soir même , elle avait ressenti des douleurs vives dans le ventre , principalement dans la région iliaque droite. Bientôt après, il s’y manifesta une tumeur qui fit de tels progrès , que , lorsque je vis la malade, plusieurs mois après son accouchement, son ventre était aussi développé que celui d’une femme enceinte de sept mois. Les règles, d’abord supprimées, avaient reparu irrégulièremént â diverses époques , occasionnant toujours un violent accès de fièvre ; marasme eô’rayant. La maladie avait été traitée jusqu’alors pour une hydropisié ascite. Un examen attentif me fit bientôt reconnaître que la tumeur avait son siège dans l’ovaire droit ou dans ses dépendances. La circonscription de cette tumeur, la fluctuation sourde que j’y distinguais, la douleur qu'y déterminait la pression , et la fièvre continuelle qui minait la malade, me firent penser que cette tumeur contenait un fluide purulent. L’exploration par le vagin me fit reconnaître le plancher de ce dépôt, faisant saillie entre le col de la matrice légèrement dévié et les parois du vagin. La dureté de sa paroi corres-

(i) Martin.

pondante au vagin, «DUS éloigna de l’idée de pratiquer l’ouverture par ce conduit. Nous résolûmes d’appliquer sur les parois du ventre, au lieu le plus déclive et le plus saillant de la tumeur , une traînée de potasse caustique. Je fus plusieurs semaines à attendre la séparation de l’eschare, et lorsqu'elle fut complètement détachée, je m’aperçus que le kyste de la tumeur était encore très épais j ce qui me décida à une seconde application de caustique, qui fut beaucoup plus doulouretise que la première. Deux jours après cette application , il s’écoula à travers la seconde eschare une énorme quantité d’un pus inodore, visqueux et très épais. Nous agrandîmes par gradation J^ouverture fistuleuse, à l’aide d’une tente de charpie d’abord, puis avec un morceau d’éponge préparée, faisant, à chaque pansement, des injections dans le sac, avec une décoction d’orge et de miel rosat. Bientôt la tumeur s’afl'aissa ; la fièvre diminua ; la suppuration devenait aussi moindre de jour en jour. Les forces revinrent progressivement, et , au bout de deux mois de traitement, l’ouverture du dépôt se ferma complètement. La cicatrice s’enfonça du côté des parois abdominales, et se confondit avec un noyau dur, assez volumineux , qui se prolongeait dans la fosse iliaque droite.

La malade se lève le lendemain de la fièvre de lait, et s’expose au froid et à l’humidiié. La cause de la tumeur est dans celle imprudence. Comme dans les cinq précédentes observations, l'abcès est ouvert avec le caustique. Il faut deux mois pour que l’ouverture se ferme.

3a* Obs, — Abcès de la Josse iliaque droite, après une couche laborieuse ; ouverture spontanée; guérison (i).

Madame Pommey accoucha pour la sixième fois, le 8 septembre i8xi. L’enfant présentait la face et nécessita la version- Les suites de couches furent naturelles jusqu’au troisième jour, époque à laquelle se manifesta la fièvre de lait. Alors le ventre de- » vint douloureux et se méléorisa ; les seins se flétrirent; les lochies se supprimèrent (Boissons délayantes; émollieiis).

> (i) Martin.

IJiTRA- PELVIENS.

Le sixième jour , la fièvre persévérant avec un redoublement sur le soir, la langue devint saburrale. L'application de quelques sangsues à la vulve, les vomitifs et les purgatifs ne changèrent pas cet état.

Le quinzième jour delà couche, madame Pommey se plaignait d’une douleur vive dans la fosse iliaque droite, qui augmentait surtout dans la soirée et pendant la nuit. L’exploration ne fit reconnaître dans cette région aucun engorgement (Cataplasmes émolliens ; fomentations et fumigations de même nature. On administre le petit-lait anti laiteux de Weiss, la terre foliée de tartre, et pour tisane une décoction de chiendent nitrée). Etat stationnaire ; fièvre ; alternatives d’augmentation et de diminution de la tumeur; affaiblissement progressif; amaigrissement.

Le vingt-cinquième jour de l’accouchement je distinguai un engorgement profond et considérable dans la fosse iliaque droite. Il était de forme ovalaire, et quoique enfoncé du côté du bassin, il s’élevait jusqu’au niveau de l’épine antérieure et supérieure de l’os des îles, et s’étendaitbeaucoup en arrière. La fièvre augmenta singulièrement; les moûvemens de la cuisse devinrent impossibles, et la malade fut obligée de rester couchée sur le côté. Des douleurs avec élancemens se faisaient sentir dans la tumeur, qui ne présentait cependant aucune fluctuation. Insomnie continuelle (Cataplasmes, tisanes délayantes). Même état pendant près de quinze jours; à cette époque, douleurs plus vives; fièvre plus intense (Dix sangsues aux grandes lèvres). Le dégorgement sanguin local modéra la douleur et la fièvre, et procura l’apparition des règles pendant deux jours; mais la tumeur, devenue indolente, sembla prendre plus d’accroissement; fièvre moindre, mais continue, avec redoublement le soir. Maigreur extrême, toute la peau, rugueuse, se couvrit d’une éruption miliaire, qui, se dusséchantau bout de quelques jours, tombait en desquàmmation, pour se renouveler ensuite. Les choses se passaient ainsi lorsqu’au soixante-quatorzième jour de l’accouchement, je crus reconnaître une fluctuation profonde dans la tumeur, et proposai l’application d’une traînée de potasse caustique au lieu le plus saillant, qui correspondait dans le milieu de l'espace compris entre l’épine antérieure de l’os des îles et le pubis. La malade

DES A.BCÉS PHLEGMONEUX

demanda qu’ùn ajournât cette application, et, deux jours après, le dépôt abcéda dans le lieu même où j’avais proposé d’appliquer le caustique. Il s’écoula, par une ouverture comme fistuleuse, un pus séreux, très abondant. Je dilatai l’ouverture avec un trochisque de minium; et après la chute de l’eschare qu’il produisit, je la maintins ouverte à l’aide d’une tente de charpie. Ce ne fut qu’au bout de quatre mois que j’obtins une cicatrice solide, qui s’établit sur une espèce de noyau profond qui se perdait dans la fosse iliaque droite.

Madame Pommey, depuis cette époque, a joui de la meilleure santé, et a fait deux autres couches heureuses.

Exemple des résultats fâcheux d’un traitement peu actif. 11 est vraisemblable que le phlegmon ne se serait pas abcédé si l’on avait agi énergiquement. Au lieu de cela, à combien de dangers la malade n’a-i-elle pas été exposée? Notons qu’il y avait eu version, c’èst-à-dire action obstétricale, c’est-à-dire, à un certain degré, violence. Notons encore l’éruption miliaire. On comprend bien que, dans de tels cas, les anciens aient eu l’idée d’une force occulte s’efforçant de livrer passage à l’humeur par des voies détournées.

33® Ods. — Abcès de, la fosse iliaque droite, suite de couches, ouvert spontanément dans le vagin; guérison (i).

Marie, âgée de vingt-et-un ans, domestique, d’une santé habituellement bonne, est accouchée pour la première fois il y a vingt-cinq jours. Sa grossesse a été heureuse; son accouchement facile, naturel, s’est terminé après dix heures de souffrance ; aucun accident h’est survenu, après la délivrante. Au douzième jour, sans causé connue, elle commença à souffrir dé l’hypogastre; la cuisse droite devint lourde, pesante, et la malade remarqua le soir un peu d’œdématie qui disparaissait par le repos de la nuit. La marche était difficile et douloureuse, et la douleur s’irradiait de l’hypogastre dans toute la longueur du membre pelvien du côté droit; selles liquides; coliques légères.

(i) Grisolle. Archives, i83ij.

IH’J'RA-l'ÈLVIENS.

La malade ne s’est alitée que le 12® jour '3i janv.)- Lochies nsset aboudanles; ventre mou, flasque, indolent à la pression, excepté dans la fosse iliaque droite: là, en effet, on circoncrit aisément xine tumeur dure sans bosselures à sa surface , immobile et sans adhérence avec la paroi abdominale ; la percussion y est complètement mate; elle a trois poucesverticalement, en commençant un peu au-dessus du ligament de Poupart; transversalement, elle remplit toute la fosse iliaque, sans dépasser en dedans le rebord du bassin ; elle est le siège de douleurs médiocres, qui s’irradient dans tout le membre inférieur droit, que la malade ne peut étendre complètement (ao sangsues, cataplasmes, bains, soupes, repos).

La tumeur est moins douloureuse, mais elle conserve le même volume. On continue les cataplasmes, les bains, jusqu’au 7, sans qu’on constate aucun changement appréciable.

Le 8, la tumeur est moins considérable d’un cinquième environ ; elle continue à être très dure; elle est peu douloureuse à la pression. Le membre inférieur peut être étendu plus complètement que les jours précédons; constipation depuis plusieurs jours ; frissons le soir ; sueurs. La tumeur reste dure et peu douloureuse.

Enfin, le i®*^ mars, la malade nous avertit que , depuis la nuit dernière, elle a, par le vagin, un écoulement abondant qui ressemble à du pus phlegmoneux par sa couleur et par sa consistance. Le doigt introduit dans le vagin ne fait reconnaître aucun pertuis; il en est de même du spéculum; mais 11 est facile de s’assurer, à l’aide de cet instrument, que le pus ne provient paS de l’orifice utérin. La tumeur est diminuée de moitié depuis hier.

Du 4 au 5, l’écoulement a presque cessé. La tumeur diminue peu-a-peu, et, le i5, elle n’a plus que le volume d’une petite noix ; elle conserve une grande dureté, n’est le siège que de quelques elancemens fugaces. La malade marche sans douleur; elle peut étendre complètement la jambe.

Le ai, on ne distingue plus de noyau induré, La malade sort le a4, tout-à-fait rétablie ; elle conserve encore un très léger écoulement blanchâtre, muqueux, non purulent.

Notons dans ce fait : 1<> les douleurs propagées à tout le

DES ABCÈS PHLEGMOPIEUX

membre, qui ne pouvait s’étendre complètement, douleurs liées vraisemblablement à un certain degré de phlegmatia dolens, puisqu’elles eurent lieu dès les premiers momens; 2° l’ouverture spontanée de l’abcès par le vagin ; 3® la leucorrhée vaginale consécutive à l’écoulement du pus par le vagin.

34* Obs. — Abcès iliaque suite de couches ouvert dans te rectum; guérison [t).

Dio, âgée de î3 ans, chapelière, d’une bonne santé, n’a eu d’autre inaladiegrave qu’une variole confluente à l’âge de 1 3 ans. Réglée à 1 8 ans sans difiGLculté, elle devint enceinte pour la première fois en i834- Sa grossesse fut heureuse, et elle accoucha à terme vers le 1** février i835, après un travail qui avait duré i5 heures. La fièvre de lait se déclara au deuxième jour. Elle fut forte et dura 48 heuresj les seins se tuméfièrent beaucoup. Cette femme qui n’allaitait pas son enfant, quitta l’hôpital le neuvième jour, bien portante. Mais en rentrant chez elle , elle eut les pieds mouillés et éprouva de vives contrariétés; aussi elle se plaignit le même jour de frissons irréguliers, de malaise et de douleurs hypogastriques. Il y eut de la fièvre et quelques vomissemens. Elle entra à l’Hôtel-Dieu le r t février, cinquième jour de la maladie.

Cette femme, d’une constitution assez forte, a le faciès calme; sa langue est blanche, humide ; elle a la bouche amère, des envies continuelles de vomir, et, depuis hier, elle a un léger dévoiement sans coliques; les lochies, blanchâtres, coulent encore un peu. Le ventre est flasque, indolore, excepté à l’hypogastre et surtout dans la fosse iliaque gauche; dans cette dernière région la main découvre une tumeur du volume d’une petite orange, mate, non bosselée, très dure et très douloureuse, immobile, n’ayant aucun rapport avec l’utérus, dont le sommet est au niveau du pubis. Le pouls est à lao, petit ; la chaleur est douce (40 sangsues).

Le i5, mêmes symptômes généraux; la tumeur a augmenté d’un cinquième ou d’un quart; mais les douleurs n’y sont pas plus vives; ellese prolonge presque sur la ligne médiane; il y a quelques élau-

(i) Grisolle.

INTRA-PELVIENS

cemens très douloureux dans le tiers supérieur et interne de la cuisse gauche, sans changement de couleur à la peau, et diminuant parfois légèrement sous la pression. Pour la première fois la malade accuse une sensation de froid dans la jambe et le pied gauches; la main perçoit une diminution sensible dans la température du membre comparée à celle du côté opposé; de l’œdème existe autour des malléoles de la jambe gauche. Les deux artères crurales étant pressées avec les doigts de la même manière et simultanément, il est évident que dans la gauche le pouls est moins ample, moins développé qu’à droite, et à cinq ou six reprises différentes, le choc du sang est perçu à droite avant de l’ètre à gauche. La cuisse du côté malade est légèrement fléchie et ne peut être amenée à une extension complète (3o sangsues).

L’écoulement du sang est considérable; le soir il y a une diminution notable de la tumeur; la température est égale dans les deux membres inférieurs ; les artères crurales ont des pulsations égales et parfaitement isochrones; l’œdème, les élancemens et la raideur persistent. Pouls à na.

Les i6 et 17, état stationnaire (Bain; gomme ; catapl.; diète).

Du 18 au a5, le pouls varie de 112 à lao ; la tumeur, à peine douloureuse, n’a plus que le volume d’un œuf de poule. La rétraction et l’œdème cessent peu-à-peu. Les élancemens ont cédé le aa. Il y a tous les jours deux selles liquides; la bouche est amère, la soif médiocre, l’urine safranée, et une suil'usion ictérique est répandue sur les sclérotiques , aux ailes du nez et à la face antérieure du thorax (Frictions avec onguent mercuriel, deux gros par jour, bains tous les deux jours, cataplasme, bouillon.)

Le 5 mars il n’y a plus d’ictère; le dévoiement a cessé ; la malade digère des potages; pouls à 80. La tumeur, toujours dure, située à un demi-pouce au-dessus et en arrière de l’arcade crurale, a peu diminué.

Le la, on cesse les frictions mercurielles, à cause d’une légère stomatite, qui cède après trois jours à l’emploi d’un collutoire d’acétate de plomb et de laudanum.

Du i5 au a5, l’appétit revient, mais la malade reste faible; presque toutes les nuits elle a quelques sueurs peu abondantes sans fièvre; la fosse iliaque est toujours le siège d’une tumeur

DES ABCÈS PHÏ-EQMOKEUA dure, mate, non bosselée, ayant le volume et la forme d’une pomme d’api ; le pouls est à 66 , peu résistant (Bains ; le quart).

Les 26 et 27, j’examinai les selles pour la première fois, et je vis sur les matières molles qui étaient rendues, des stries blanchâtres et des globules opaques, épars çà et là, dans lesquels je crus reconnaître du pus.

Le 28, je n’en retrouvai pas; mais, le 29, je découvris dans les selles, et réuni en un seul point, un pus blanc, crémeux, bien lié, dont j’évaluai la quantité à une once environ; la tumeur avait diminué d’un quart depuis la veille, et, la nuit d’après, il n’y eut plus de sueurs. Les jours suivans, les selles ne préseutèrenl plus trace de pus, et la malade sortit le 4 avril, encore faible, n’éprouvant plus de douleur, mais conservant encore dans la fosse iliaque une induration tout-à-fait immobile et indolente, offrant une surface d’un pouce.

Dans le courant de l’année 1 835, j’ai revu cette femme plusieurs fois; elle n’a plus éprouvé de nouveaux accidens. Mais j’ai négligé d’explorer son ventre pour m’assurer si elle conservait encore quelque reste de l’ancien engorgement.

Celte observation est sui ioul remarquable par un symptôme que nous voyons pour la première fois : le refroidissenjeni du membre correspondant à la lumeur, en raison de l’affaiblissement de la circulation artérielle, effet de la compression exercée par la tumeur sur l’artère. On aurait pu croire à une artérite par contiguïté ; mais la cessation de la gêne de la circulation artérielle aussitôt que la tumeur eût diminué, prouve qu’il n'en était pas ainsi.

35® Obs. — Phlegmon et phlébite iliaques, suites de fièvre puerpérale purulente ; recueillie par M. Ambroise Tardieu (i).

La nommée Ribaille (Félicie), née Guerland , joigneuse, âgée de 38 ans, est accouchée à la Maternité, il y a six semaines, de son septième enfant. Elle a toujours eu une bonne santé et se portail

[i) Journal des eonn. mèd. chir., 184 t.

IMTIlA-PELyiENS^

très bien pendant sa grossesse. Le travail a été prompt, et s’est terminé en trois douleurs. S’il faut l’en croire, la sage-femme a détaché le placenta en introduisant la main dans la matrice. Sortie de l'hospice au bout de quatre jours, souffrant déjà dans le ventre, elle est retournée chez elle sans appétit, sans forces, pour faire son ménage. A cet état, est venue se joindre la douleur de perdre un de ses enfans, âgé de a ans i;a. Les lochies, qu’elle est habituée à voir couler six semaines, ont cessé cette fois au bout de quatre jours. Elle n’avait pas de lait et maigrissait notablenient. L’enfant qu’elle allaite s’en est ressenti j il pesait en naissant 4 kilogr. i;a, et il a beaucoup perdu depuis ce temps. Elle avait du dévoiement, delà fièvre, la bouche amère et des envies de vomir continuelles qu’elle n’apaisait qu’en prenant de l’eau de Seltz. C’est alors qu’elle s’est fait apporter à l’hôpital Cochin, le i5 janvier 1840. Examinée le lendemain, elle se présente avec les symptômes suivans :

Premier jour. — Prostration générale. Anxiété, expression de douleur dans la physionomie. Pommettes colorées. Faiblesse extrême. Lèvres sèches. Pouls fréquent, vibrant. Battemens du cœur forts et accélérés, sans bruit anormal. Respiration haute, anxieuse; inspiration courte et silflante, expiration brusque; aucun râle. Frissons répétés sans sueur. Peau chaude et sèche. Pupilles très dilatées. Langue sèche, aride, rouge. Bouche mauvaise et douloureuse. Douleur à l’épigastre. Vomituritions. Lypolhymies. Sensibilité excessive dans le flanc droit et sur le trajet du colon. Rénitence, sans gargouillement. Diarrhée. Le membre inférieur droit, la jambe surtout, est le siège d’une tuméfaction très marquée et d'une douleur très vive qui s’étend de la hanche au pied. Le gonflement douloureux a paru quatre jours avant l’entrée de la maladeà l’hôpital. Insomnie constante (Saignée. Lavement laxatif. Cataplasmes).

Deuxième jour. — Même état d’excessive faiblesse. Pouls moins fort et moins fréquent. Aridité toujours extrême de la bouche (frictions avec 60 grammes d’onguent mercuriel , gargai isine émollient). On lui retire son enfant, qu’elle n’est pas en état de nourrir.

Troisième jour. — Le pouls a pris du développement sans trop

(le fréquence. Le ventre est moins douloureux. Il n’y a eu qu’une selle, et un vomissement peu abondant. I.a langue est un peu humide, Le soir, pupilles dilatées. Anxiété. Un peu de céphalalgie. Pouls déprimé. Douleurs vives dans la jambe. Râles muqueux dans la poitrine. Crachats muqueux expectorés avec peine.

Quatrièinejour. — Pouls un peu relevé (84 puis.), Pas de douleur. Asthénie complète. Langue plus humide et moins rouge. OEil un peu moins abattu. Insomnie.

Cinquième jour. — Face terreuse. Pouls ralenti et déprimé. Douleur extrêmement vive à droite, au-^dessus du ligament de Fallope, et profondément. L’œdème du membre correspondant est plus considérable. 11 n'y a pas de changement de couleur à la peau, pas de tension, et aucune douleur quand on presse. Pas de douleurs de ventre, seulement de la pesanteur d’estomac et des vomiluritions fréquentes.

Sixième joui-. — La malade a vomi celte nuit. Même état, du reste. Il y a encore deux vomissernens dans la journée. Aucune douleur de ventre.

Septième jour. — Mouvement fébrile augmenté. Céphalalgie. Anxiété. Envie de vom ir (Saignée du bras aSo g.). Le soir, il n'y a pas eu de vomiluritions depuis la saignée. Le pouls est fort , mais une grande débilité domine l’état général. Soif. Pas de douleur.

Huitième jour. — Yomissemenl la nuit. OEdème douloureux. Pouls peudéprimé. Diai rhée. Toujours du frisson. Du reste même étal (Décoction blanche. Lavement amidoné laudanisé. Potion gommeuse). Dans la journée, le pouls est moins fort. Vive douleur d’estomac (Eau de Seltz légèrement coupée de vin).

Neuvième jour. — Quelques vomissernens dans la nuit. Même aballementgénéral. Les lavemens,outélé gardés assez long-temps. Douleur vive au-dessous de l'arcade crurale droite (Potion laudanisée, eau de Seltz).

Dixième jour. — Même état ; peut-être un peu d’amélioration 5 le pouls est plus calme ; la peau chaude.

Onzième jour. — Exacerbation extrême. Le matin, des douleurs de ventre. Langue redevenue sèche et rouge. Plus de dévoiement. (5o sangsues sur le ventie.) Le soir, un peu moins de douleur. Langue fendillée.

INTRA-PELVIENS.

Douzième jour. — Les membres inférieurs ne sont plus douloureux; aspect de la face meilleur; la langue n’est plus rouge ni sèche comme hier; elle est blanche ; le pouls est mieux.

Treizième jour. — Épanchement considérable dans le péritoine ; langue sèche, fendillée, brunâtre (Fricotions avec 6o grammes d’onguent napolitain , et baume tranquille).

Quatorzièmejour. — Grand abattement; toux ; pouls faible, déprimé ; plusieurs vomissemens dans la journée.

Quinzième jour. — Yomissemens continuels durant la nuit; plus de selles (Demi-lavement émollient, glace dans la bouche).

Seizième jour. — L’usage de la glace n’apaise pas les vomisseraens ; il n’y a pas eu de selles ; pas de douleurs dans l’abdomen, qui est toujoui's distendu par un liquide; pouls petit; abattement extrême j douleur très vive à la région épigastrique ; râle trachéal; décomposition des traits (Lavement purgatif, glace, potion laudanisée, friction d’onguent mercuriel sur le ventre , et d'huile de croton à l’épigastre). La malade expire à 3 heures, au milieu de ce formidable cortège de symptômes.

Autopsie. Région inguinale: tout le tissu cellulaire de la région inguinale est infiltré d’une énorme quantité de pus; les ganglions sont compris dans cette masse purulente.

Système veineux: la veine cave est vide et revenue sur ellemême dans toute la région dorso-lombaire; au niveau du sacrum elle contient un caillot adhérent, immédiatement au-dessous duquel ses deux divisions plongent dans un foyer purulent; dont le muscle psoas fait partie ; le plexus lombaire est disséqué par la suppuration, qui a détruit une partie des fibres musculaires; la veine fémorale, au-dessous du pli de l’aine, est entièrement oblitérée par un caillot ramolli au centre et contenant du pus.

Cavité abdominale : épanchement séro-purulent dans le péritoine, qui est d'ailleurs peu injecté sur les circonvolutions intestinales, tandis qu’il l’est fortement sur l’épiploon; la rate est volumineuse, de consistance normale, de couleur rosée, tachetée de brun ; le foie présente sur la portion gauche de sa face convexe une épaisse fausse membrane ; la vésicule biliaire est très distendue; le rein droit est plus volumineux que de coutume, ramolli; la tunique péritonéale s’en détache très aisément, et une arboisation pâle se dessine à sa surface; le gauche, plus vo-

6G DES ABCÜIS PHLEGMONEUX

lumineux, présente les mêmes altérations, et, de plus, des ecchymoses disséminées à sa superficie.

Cavité thoracique : le cœur gauche renferme un caillot fibrineux décoloré; le droit, un [énorme caillot dont une portion est décolorée. »

Engouement considérable du poumon gauche en arrière ; le droit est revenu sur lui-même , et couvert de fausses membranes.

Le membre inférieur droit est le siège d’un œdème considérable.

Celle observation nous intéresse spécialement par la complication de la phlébite, et par la circonstance étiologique de la main introduite dans la matrice par la sage-femme, pour retirer le placenta. Dans la symptomatologie, la péritonite a dominé.

36® Obs.^ — Abcès du ligament large ouvert artificiellement et avec succès par le vagin (i).

Une femme de trente ans, mal portante, et souffrant souvent du venti’e depuis huit ans, c’est-à-dire depuis une couche à la suite de laquelle elle a eu une inflammation du bas-ventre, entra, le la juin i84t, à la Maison royale de santé. Il y a un mois, sans cause connue, douleurs très vives dans le côté droit du ventre, avec pesanteur sur le siège, constipation et envies fréquentes d’uriner. L’état général est des plus mauvais. La malade, pâle, maigre, est très affaiblie. '

On reconnaît dans le côté droit de l'hypogastre une tumeur douloureuse, du volume d’une orange, qui descend en arrière et sur le côté correspondant de l’utérus. Correspondance de fluctuation entre le bas-ventre et le vagin, dans lequel la tumeur fait une saillie très prononcée.

Le i4 juin, M. Monod pratique une ponction sur la paroi postérieure d6 vagin, à l’aide d’un bistouri garni convenablement. Il ne s’écoule d’abord qu’une petite quantité de pus mélangé de sang; mais ensuite il sort de la matière purulente pure et en

(i) Bourdon. Revue médicale, 1841.

IjyTKA-PEl-VIEMS.

abondance. Prompt soulagement; cinq ou six jours après, l'ouverture s’étant fermée, les souffrances du ventre augmentèrent, et la fluctuation reparaissant, on pratiqua une nouvelle ponction. Plus tard, on introduisit, deux jours de suite, une sonde de caoutchouc dans la plaie pour l’empêcher de se fermer (Observation inachevée).

Quoique incomplète, cette observation nous fournit un enseignement. Il paraît certain que la première ouverture était trop petite ; aussi s’est-elle cicatrisée , et a-t-il fallu recommencer. L’invasion datait de huit ans.

37* Obs. — Abcès dans la paroi postérieure de la matrice • incision par le vagin; guérison (r).

Chez une autre femme, l’abcès s’était développé à la suite d’un accouchement laborieux terminé parle forceps. Quinze jours après la délivrance, la femme se plaignit de douleurs sourdes vers le sacrum, et d'un sentiment incommode de pesanteur sur le rectum. M. Duparcque sentit le col utérin déjelé én avant, et la paroi postérieure saillante , arrondie au fond du vagin, et présentant de la fluctuation. Alors il pratiqua une incision sur ce point, à l’aide d’un bistouri droit. Il s’écoula un verre environ de pus consistant et légèrement rougeâtre. La malade fut promptement rétablie.

Il n’est pas certain que l’abcès eût son siège dans la paroi postérieure de l’utérus. Nous croyons voir là un abcès du tissu cellulaire du cul-de-sac recto-vaginal.

38® Obs. — Abcès du ligament large, ouvert artificiellement par le vagin, et en travers des parois abdominales', guérison (2).

La nommée Lasaigne, 20- ans, brossière , entre, le i*‘‘ février 1840, à l'Hôlel-Dieu. Elle est accouchée heureusement, il y a cinq semaines, de son premier enfant. Depuis ce temps elle a

(1) Bourdon.

(2) Bourdon.

DES ABCÈS PHLBGMONBOX

souffert du ventre, et s’esl aperçue qu’une tumeur se formait dans le bas-ventre à droite. Fièvre, frissons, vomissemcns.

A son entrée, elle est pâle, ses yeux sont excavés; frissons irréguliers dans le jour; sueur pendant la nuit; pouls petit et fréquent ; douleur pendant la défécation et l’émission des urines ; tumeur dure et résistante, du volume d’une grosse pomme, dans le côté droit de l’hypogastre. Par le vagin, on trouve de la fluctuation à droite et en arrière du col de l’utérus, M. Récamier pratique immédiatement une incision antéro-postérieure sur ce point, aucune pulsation n’indiquant la présence d’une artère. Un flot abondant de pus de bonne nature s’écoule (Injections dans le foyer, bains, cat.).

Le lendemain|, Ja malade se trouve très bien; cependant, le pouls reste fréquent, l’émission des urines douloureuse; une sensibilité vive persiste dans le côté droit de l’hypogastre. La tumeur du côté du vagin diminue considérablement, ainsi que la quantité de la suppuration ; mais on sent toujours de la résistance vers la fosse iliaque.

Le 26, une tumeur fait saillie à l’aine, au-dessus du ligament de Fallope, et devient le siège de vives douleurs avec élancemens etpulsations. Le moindre mouvement du membre inférieur droit, et surtout son extension, augmentent beaucoup les souffrances.

Le 27, on reconnaît de la fluctuation à l’aine; sueurs nocturnes abondantes ; fièvre continue. L'ouverture du vagin est cicatrisée.

Le 29, deux morceaux de potasse caustique sont appliqués sur le point saillant et le plus déclive de la tumeur. Le lendemain on fend l’eschare, et on place dans la plaie deux nouveaux fragmens de potasse.

Le 2 mars, M. Récamier incise dans le fond de la solution de continuité obtenue par le caustique, et donne issue à une grande quantité de pus séreux, qui répand une odeur fétide fortement alliacée.

Immédiatement après cette nouvelle opération, il y eut un soulagement remarquable : les mouvemens du membre inférieur cessèrent promptement d’ètre douloureux.

Le 25 mars, l’ouverture était oblitérée.

Ce qui nous frappe surtout, dans ce cas, et ce qu’il faut re-

INTRA- PELVIENS.

tenir, c’est la formation d’une tumeur à l’aine, nonobstant l’ouverture faite par le vagin;

3g® Obs. — Abcès situé entre la vessie et l’utérus ; ouverture spontanée dans ta cavité abdominale - péritonite suraiguë; mort; autopsie (t).

Une femme de at ans , bonne santé habituelle , accouchée naturellement il y a quinze jours, a éprouvé, le cinquième jour de ses couches, sans cause connue , des frissons, de la fièvre, et une perte très abondante, en même temps que les seins, d’abord gonflés , étaient devenus promptement flasques. Bientôt, douleurs vives dans le ventre, où la malade découvre une grosseur sensible . à la pression. Entrée à l’hôpital.

Faiblesse, fièvre, constipation sans nausées ni vomissemens. On trouve dans l’hypogastre une tumeur douloureuse occupant tout le côté droit , et on s’assure que le col utérin est très élevé (Deux petites saignées à un jour de distance ; catap., frict. merc., huile de ricin). Les jours suivaus, un peu d’amélioration. Le quatrième jour , la tumeur parut diminuée, et tout-à-coup, dans l’après-midi, il survint des symptômes de péritonite suraiguë. Mort au bout de quarante-huit heures.

A l’autopsie, on trouva le péritoine viscéral d’un blanc laiteux j le feuillet pariétal offrait une teinte opaline; l’épiploon, très friable , présentait plusieurs points d’une couleur pourpre. Dans la cavité péritonéale, il existait un liquide louche, ressemblant à du petit-lait mal clarifié. Les intestins, agglomérés en masse, étaient maintenus en place par l’épiploon, et leurs anses lâchement unies par de faibles adhérences. La membrane muqueuse intestinale élaitpâle et les follicules isolés développés. On examina avec soin la tumeur qui plongeait dans l’excavation pelvienne, et on reconnut qu’elle la remplissait presque complètement. Le cæcum et les portions voisines de l’intestin venaient y adhérer. L’épiploon se fixait à sa partie antérieure , et derrière ces adhérences , on apercevait sur la tumeur une ouverture avalaire ayant environ a centimètres de longueur sur i centimètre de largeur. Le pourtour de l’orifice était tapissé par des

(i) Bourdon.

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