‹ Des abcès phlegmoneux intra-pelviensChapitre 7 sur 16 · DES ABCÈS PHLEGHO^EUX · texte numérisé non relu

DES ABCÈS PHLEGHO^EUX

lüUSBes nieinbraues, et c’est là surtout que les traces de péritonite étaient prononcées. Cette perforation faisait conirnuniquer la cavité du péritoine avec un abcès du volume d’une grosse pomme. Le foyer contenait environ un verre de pus séreux tenant en suspension des flocons blanchâtres , et sa face interne était tapissée par une membrane qui représentait bieu une membiane pyogénique, Les parois, épaisses de plusieurs millimètres, avaient une structure lardacée, presque cartilagineuse en divers points. La cavité de l’utérus, pouvant loger une noix, renfermait une petite quantité de sang. La face interne de cet organe était inégale , rugueuse. Ses parois étaient épaisses, et l’antérieure se confondait, au niveau du col, avec la tumeur, dont elle formait comme la paroi postérieure. Le col utérin était effacé, et son orifice externe déchiqueté, irrégulier. Le vagin dilaté avait des parois minces. La vessie, très pâle à sa face interne, présentait cependant quelques points ecchymoses. Le tissu cellulaire qui l’environne était infiltré de sérosité, de même que les ovaires. Quant aux autres organes , ils étaient, pour la plupart , anémiés et œdématiés-

Améliorafioii décevante! Pendant que le médecin pouvait croire à l’efficacité de son art, la nature, impatiente, travaillait à se débarrasser aux dépens des jours de la malade. Peut-on se reprocher de ne l’avoir pas devancée? Ce cas est important sous le rapport de l'anatomie pathologique.

40® Ons.—^Abcès du ligament large; incision pratiquée à l’hypogastre; huit

jours après, ouverture spontanée de la tumeur dans la cavité abdominale;

péritonite; mort. Autopsie (1).

Une femme de 26 ans accoucha naturellement à la Maternité, le 21 mars i8/{i. Dès le surlendemain, elle fut prise de dévoiement et d’une douleur très vive dans le bas-ventre (Saignée). Les jours suivans, il y eut un peu de mieux, et la malade sortit de l’hôpital encore très souffrante. Dès son arrivée chez elle, frissons, nausées , vomissemens et douleurs dans l’émission des urines. Elle entra

(1) Bourdon.

IJNTRA-PELVIENS.

avec ces symptômes, le 3 avril, à l’IIôtel-Dieu: ventre très sensible à l'hypogastre; l’utérus dépasse les pubis d’environ 3 centimètres. Le toucher vaginal produit de vives douleurs, quand on presse sur le museau de tanche, et sur l’utérus. La pression exercée sur le fond de la vessie est douloureuse ; il y a un peu d’écoulement blanc sans odeur. Le pouls est à i oo j diarrhée; toux et crachats muqueux (Sangsues, ventouses scarifiées, bains, cat.).

Le 7, on constate, dans le ligament large gauche, la présence d’une tumeur grosse comme une pomme, dure, régulière et douloureuse (Sangsues, cat., calomel, frict- merc.).

Quelques jours après, il survint des battemens et des élancemens dans la tumeur, qui se dessina à l’hypogastre. Le a5, on y sentit une iluctuation manifeste.

La suppuration ne se déversant pas du côté du vagin, on fait une application du caustique de Vienne sur la tumeur. Incision dans le fond de l’eschare; il sortit environ un verre et demi de pus bien lié, mais répandant une odeur légèrement alliacée. Une mèche dans l’ouverture. Quelques jours après l’opération, le pus ayant pris une odeur fétide , on fit des injectious d’eau tiède dans le foyer. Le lo mai, à peine une cuillerée de liquide étaitelle arrivée dans la cavité, que la malade éprouva des douleurs très vives dans le ventre. Péritonite aiguë, puis chronique. Mort le 3o mai.

Autopsie- Dans l’abdomen, les intestins sont pelotonnés, adhérens entre eux , avec .les organes voisins et la paroi antérieure du ventre au moyen de fausses membranes. Le péritoine est presque partout d’un gris ardoisé , et le tissu cellulaire sous-séreux est injecté- Il y a un épanchement péritonéal assez abondant formé par un liquide séro-purulent d’une couleur grisâtre, sale, dans lequel nagent des flocons de diverses formes, des portions de pseudo-membranes. On trouve même, entre les intestins agglomérés, au milieu des adhérences, un assez grand nombre de foyers purulens. L’un d'eux, pouvant loger un œuf de poule, communiquait avec le thorax à travers une perforation du diaphragme. Un autre à-peu-près de la même capacité, placé dans le cul-de-sac recto-vaginal, s’ouvrait dans le rectum. Enfin on trouva, dans la partie supérieure du ligament large gauche, la tumeur qu’on avait reconnue et incisée

pendant la vie. Elle a le volume d’une moyenne pomme et renferme quelques cuillerées d’un pus grisâtre. Ses parois, épaisses de 3 millimètres, offrent à leur face interne un aspect de membrane muqueuse et une teinte gris foncé. Ses rapports sont les suivans. En dedans elle répond au bord gauche de l’utérus, qui est fortement incliné du côté droit, et à la collection purulente anti-rectale ; en dehors, à la fosse iliaque gauche; sa paroi inférieure est formée en grande partie par la trompe et l’ovaire abaissés fortement (la face supérieure de ces organes qui est baignée par le pus présente la teinte de ce liquide et un léger degré de ramollissement); la paroi supérieure de la tumeur est en rapport avec le péritoine doublé de fausses membranes; l’antérieure répond au côté gauche de l’hypogastre, et on constate qu’elle a contracté des adhérences très épaisses et très solides avec la face postérieure de la paroi abdominale, au niveau de l’eschare. Dans aucun point de ces adhérences qui entourent l’ouverture pratiquée, on ne trouve le moindre décollement, le plus petit perluis. Le foyer en arrière est appuyé sur le rectum , avec lequel il a des adhérences partielles. Sur cette paroi postérieure recouverte de fausses membranes et un peu supérieurement , on découvre une perforation à bords amincis, ulcérés, du diamètre de 3 centimètres au moins , qui permet au liquide purulent de l’abcès de s’épancher dans le péritoine. L’utérus n’offre pas de lésion. La seule altération que présente le vagin, c’est une coloration rouge-brun de la membrane muqueuse. Rien d’anormal dans les autres organes.

Ainsi, malgré l’ouverture par le caustique, il se fit une perforation de la tumeur dans le péritoine. Mais ce qui est plus remarquable et plus fâcheux, c’est qu'elle paraît s’être opérée ou du moins achevée par l’effet de l’injection. Anatomie pathologique très importante.

4i® Obs. — Abchs siégeant dans la paroi recto-vaginale ; Incision pratiquée par le vagin ; guérison (r).

Une femme de a3 ans, d’une bonne constitution, s’étant refroi-

(i) Bourdon. i . >, /

die après un accouchement, fut prise de métro-péritonite. Traitement antiphlogistique énergique. A peine convalescente, la malade voulut reprendre ses occupations. Rechute. Cette fois , on trouve dans le petit bassin une tumeur dure, sensible, du volume d’une grosse pomme , placée entre le rectum et le vagin.

Bientôt la suppuration se décèle par la fluctuation , que l’on perçoit en touchant par le vagin et par le rectum en même temps. La tumeur fait une très forte saillie dans cet intestin, et la constipation est opiniâtre.

Incision de la tumeur au travers de la paroi postérieure du vagin ; il sort une grande quantité de pus. Soulagement; injections dans la cavité. Dix jours après l’opération, la malade commence à se lever. Guérison.

Encore le froid pour cause. La constipation , effet de la compression de l’intestin par la tumeur, ou du moins très explicable de cette manière, mérite attention.

4a® Obs. — Ahcès du petit bassin pris pour une affection cancéreuse de Vu-

térus; incision de la tumeur devenue très volumineuse , sortant par la

vulve J et présentant une fluctuation manifeste; suppuration abondante ;

mort; autopsie (i).

M.. Nathalis Guillot reconnut, chez une femme de a5 ans , une tumeur proéminant fortement dans le vagin et remontant jusque dans le côté droit del’hypogastre ; elle était élastique, et l’on crut même y sentir de la fluctuation.

Un chirurgien l’avait prise, et la prenait encore pour un cancer. Elle grossissait tous les jours, et devenait de plus en plus saillante dans le vagin ; enfin elle sortit par la vulve , et l’examen étant alors des plus faciles , la fluctuation fut évidente. On fit l’ouverture sur la partie déclive de la tumeur , au-dehors des organes génitaux. Il s’écoula à l’instant une grande quantité de pus, et on fut obligé de reconnaître dans cette tumeur un abcès ou un kyste en suppuration.

L’opération , très simple , fut faite sans accidens ; mais , parla suite, la tumeur suppura beaucoup et long-temps ; la femme s’afiaiblit progressivement, et mourut.

(i) Bourdon. ‘

des abcès PHLKGMOtiEüX

L autopsie permit de constater que le kyste était placé daus le ligament large droit, et fit présumer qu'il avait pris naissance dans l’ovaire correspondant.

On ignore si celle tumeur était une suite de couche. Nous ne la rapportons pas moins, à cause de l’erreur de diagnostic a laquelle elle donna lieu, et du point où elle vint se produire.

AaTicLE II. — Faits nouveaux.

43® Ods. — Tumeur de la fosse iliaque droite s'étant ouverte dans le

rectum (i), I

LanommécBiset, âgée de 21 ans, entre, le 3o août 1841, à la Clinique de la Faculté. Santé habituelle bonne; tempérament un peu lymphatique; très blonde; bien réglée tous les mois depuis l’âge de i5 ans; primipaie. Elle a éprouvé pendant sa grossesse de la gastralgie et des vomissemens au début, des étourdissemens fréquens, quelques lipothymies.

Accouchement spontané le 3o août à 10 heures qa du soir, après un travail de 40 heures, une heure après la l’upture des membranes. Fille faible pesant un peu plus de 2 kilog. Cette femme se disait à terme, mais sans pouvoir donner de renseignemens précis.

3i août, 12 heures après l’açcouchement. La nuit a été bonne : calme général; -ventre un peu météorisé, mais non sensible; le fond de l’utérus est au niveau de l’ombilic; lochies assez abondantes ; urines faciles.

i®‘‘ seplembi'e. Elle a éprouvé des douleurs abdominales pendant la nuit, de la céphalalgie, de l’agitation ;elle n’a pas dormi, et elle a été brûlante.

Le matin, il y a de la fièvre. Pouls fort, développé ; céphalalgie assez vive; ventre sensible à une très légère pression daus la zone sous-ombilicale, principalement à gauche. Des douleurs intermittentes traversent ces parties; le plus léger mouvement

(i) Ce fait et tous ceux qui suivent nous ont été communiqués I>ar notre ami M. Bouchut, qui les a recueillis daus le service de M. le professeur Trousseau.

ISTHA-Plïl-VUiWS.

le3 réveille; icspiraliou peu fréquente, grande; langue assez humide, couverte d’un enduit peu épais, blanc ; peu de soif; lochies moins abondantes que la veille (Saignée de 35o grain.; 3o sangsues sur le ventre; gomme sucrée; diète).

5 heures du soir. La malade se trouve un peu mieux. Le ventre est un peu moins sensible à la pression; les douleurs sont plus rarçs. Le sang tiré le matin offre une couenne opaque d’un quart de ligne d'épaisseur; caillot rétracté, s’enlevant d’une pièce; pouls à lao, assez résistant; peau chaude; l’émission de l’urine ne peut être opérée (Cathétérisme),

a. Pouls à lia; peau moins chaude; sommeil assez tranquille. La pression détermine encore un peu de douleur en bas et à gauche seulement. Tranchées utérines légères; respiration plus calme ; un peu de céphalalgie ; figure naturelle ; l’émission de l’urine est impossible; seins flasques; langue un peu sèche à la pointe; soif ; anorexie ; lochies un peu plus abondantes que la veille (Gomme sucrée; cataplasme; opium 5 centigra. ; lavement; diète).

3 et 4' La malade accuse un sentiment de faiblesse. La langue, un peu sèche, devient légèrement fuligineuse. Quelques douleurs sourdes et profondes dans les membres. Le ventre, toujoui s un peu ballonné, conserve une légère sensibilité dans les fosses iliaques; on observe quelques sudamina à sa surface. Emission de l’urine naturelle mais difficile ; peau chaude, humide ; pouls à 100 : le soir il monte à na ; rêvasseries pénibles (Opium 5 centigr.; gomme sucrée; une bouillie).

Le 5 et le 6, il y a un mieux sensible; le pouls descend à go et. 72; peau presque fraîche; la langue se nettoie; ventre moins sensible; son volume qui n’a rien de très extraordinaire diminue. Rêves pénibles pendant le sommeil. Le cathétérisme redevient nécessaire (Une bouillie; une pomme cuite; gomme sucrée; cataplasmes).

7 septembre. Vers midi la malade éprouve un frisson général d’une demi-heure environ, auquel succède une vive réaction.

A 5 heures du soir, le pouls esta i lO, assez large, mais dcprcssible; la peau est chaude ; la respiration fréfiucnlcsans toux ; la figure, pâle, ofl're des injections par ))laques; des douleurs continues sont ressenties le long des membres inférieurs. La sensibilité du

DES ABCÈS PHLEGMODEVX

ventre vers la région inférieure, est augmentée depuis le frisson ; la langue n’est pas chargée, mais elle est plus sèche; la soif est vive ; la bouche pâteuse. Il n’y a eu ni émission d’urine, ni émission de matières fécales ; point de nausées ni de vomissemens j légère somnolence.

8 septembre. La région iliaque droite offre une vive sensibilité à la moindre pression ; une douleur sourde, continue, s’y fait sentir; le ventre n’est pas plus développé que les jours précédons; une légère sensibilité existe à gauche; il n’y a cependant que io4 pulsations; la peau est moins chaude; les injections partielles du visage ont disparu ; les douleurs lancinantes des membres inférieurs aussi.

La malade a eu trois selles liquides ; émission spontanée de l’urine (Quinze sangsues à droite; i/4 de lavement laudanisé à la gouttes ; cataplasme ; diète).

Dans les journées du 8 et du g , l’état précédent persista ; une selle liquide seulement; nouvelle rétention d’urine.

Le lo septembre, à l’heure de la visite, la malade commençait à éprouver un frisson vers le dos , s’irradiant de là vers les membres; la peau était pâle, contractée; le pouls à ro8 ; la région iliaque droite beaucoup plus douloureuse que les jours précédons ; rétention d’urine; une selle liquide (Quinze sangsues à droite; diète; cataplasme).

A cinq heures du soir, peau très chaude; pouls à lao, dépressible, un peu saccadé ; face pâle, légèrement altérée; respiration fréquente (4o), anxieuse, plaintive ; oppression prononcée ; elle était encore plus prononcée dans le courant de la journée ; douleurs très vives dans la fosse iliaque droite.

Le II et le la septembre, le pouls descend à io6 et ga; la peau devient presque fraîche ; respiration facile sans oppression ; la douleur de la région iliaque droite a presque disparu ; la figure, plus naturelle, est très pâle; grande faiblesse; une à deux selles liquides par jour; il faut recourir au cathétérisme (Onguent mercuriel 4o grammes en frictions sur le ventre; bouillon; sirop de groseille; pomme cuite).

Les i3 et i4, dans la matinée, à-peu-près le même état; mais, vers le soir, la fièvre augmente ; de nombreuses selles liquides ont lieu et s’accompagnent de coliques violentes, avec oppres-

IITTR\-PELVIENS.

aion très prononcée, et sueur froide sur tout le corps. Ces accidens sont calmés par des sinapismes aux pieds, et par un lavement laudanisé (la gouttes). Le ventre présente dans la fosse iliaque droite un engorgement assez dur, moins sensible que les jours précédens, et qui s’élève dans le flanc jusqu’à la hauteur de l’ombilic (4o gram. onguent mercuriel ; lavement laud. ; un bain; un bouillon; confitures).

Les i6 et 17, l’engorgement de la fosse iliaque droite est assez développé pour faire légèrement bomber la partie correspondante des parois abdominales ; une pression modérée n’y détermine pas de douleur; le pouls est entre 84 et 96; la peau presque fraîche; faiblesse générale; figure pâle; insomnie; les gencives sont un peu douloureuses, sans tuméfaction ; baleine un peu fétide ; émission spontanée de l’urine ; un peu de diarrhée (Bain; gargarisme acidulé; confitures; lavement; crème de riz).

Le 17, dans la soirée, l’engorgement a diminué; il ne se dessine plus à travers les parois du ventre, qui est à peine sensible; plusieurs selles liquides, qui n’ont pas été examinées, précédées de coliques; pouls à ga pulsations; salivation modérée (Même traitement).

Le 18, même état; l’engorgement est encore plus affaissé; deux selles liquides et purulentes, d’après les renseignemens fournis par la fille de service (Ces renseignemens ont d’autant plus de valeur, qu’une autre malade était couchée dans la même salle, affectée de la même maladie, et ayant également des selles purulentes qui nous furent représentées; c'est la même fille qui était chargée de conserver les garde-robes de ces deux malades).

Malgré nos instances, la malade voulut sortir le 19, dans la matinée. Le ai, elle fut visitée, rue du Croissant, par M. Lesueur. Les selles n’avaient pas été gardées. L’engorgement loutà-fait indolent avait beaucoup diminué. L’utérus s’élevait encore à a pouces au-dessus du pubis. Le pouls était toujours un peu fréquent; la salivation persistait.

Pas de cause occasionnelle autre que raccoucliemeni. La formation de l’abcès disparaît, en quelque sorte, sous l’éiat

BES ABCès PHLEGMOWErx

général. On a loin lieu de penser que le foyer s’ouvrlt dans l'iniestin. Du reste, l’observation est incomplète. Telle quelle, elle fait songer à la médication si active de nos devanciers, de Puzos surtout. -

44® Ods. — Péritonite puerpérale ; abcès intra-péritonéaux; abcès ovarien ; mort.

Isménie Blanchet, vingt-deux ans, domestique, primipare, accouchée le i5 mars, sortit de la Maternité cinq jours après son accouchement. II régnait dans cet hôpital une épidémie de lymphite et de phlébite puerpérales. Elle souffrait déjà du ventre et de la poitrine, avait continuellement la fièvre sans frissons, et de la dyspnée. Elle resta vingt-deux jours chez elle, dans la même position, et se décida à entrer à l’hôpital , le xa avril. Elle était haletante, très anxieuse; corps généralement œdématié; ventre gros, peu douloureux; la respiration, haute et fréquente, s’accompagnait d’un peu de râle sibilant; pouls à 84 ; pas de lochies; la sécrétion du lait a beaucoup diminué (Une saignée). La bouffissure est moindre; la dyspnée aussi; l’appétit revient.

On la trouve, un matin, toute décolorée, respirant à peine, dans un état d’orthopnée extrême ; pouls misérable, très irrégulier; douleur très vive du ventre, qui est fort gonflé et rempli de liquide (Frictions sur l’abdomen avec de l’onguent napolitain 3o grains de poudre d’ipécacuanha).

Le lendemain , amélioration considérable; plus de dyspnée; douleur moindre ; le ventre seul reste gonflé; celte femme demande des alimens (On continue les frictions; deux jours après, une nouvelle dose d’ipécacuanha).

aa avril. Les accidens reparaissent très violens après une émotion morale vive, puis se dissipent pour reparaître avec une sorte d’intermittence, à un jour d’intervalle.

Le 3o, face bouffie, légèrement violacée; lèvres décolorées; dyspnée; toux fréquente.

Le soir, la malade se levait sur son séant, puis se laissait tomber sur son lit ; elle étendait les bras de tous côtés pour donner des points d’appui à ses muscles respirateurs ( On applique deux sinapismes aux jambes, qui dissipent ces phénomènes).

rwTRA-PELVtBNS.

i®’’ mai. La miit, quoique fort agitée, a été plus calme que la soiréej ce malin la dyspnée est encore assez forte, mais n'approche pas de ce qu'elle était hier; face pâle, violacée; extrémités froides; pouls irrégulier, petit, i5o; vomisseraens cette nuit; diarrhée.

' 2. Agitation et cris durant toute la nuit; dyspnée extrême ; face anxieuse, livide, refroidie; extrémités froides; pouls irrégulier ; vomissemens; diarrhée.

Le 3. Mort à deux heures.

Autopsie. L'abdomen est énormément distendu par les intestins remplis de gaz, et par le foie, qui a le double de son volume. Le diaphragme est considérablement refoulé en haut, de telle sorte que les cavités thoraciques ont perdu un tiers de leur hauteur.

La cavité abdominale est remplie de pus et de flocons albumineux jaune-verdâtre. Le péritoine est enflammé partout; on y observe de la rougeur , une arborisation vasculaire très riche et des fausses membranes.

Les anses intestinales sont adhérentes entre elles , et avec le mésentère: il en résulte des cavités circonscrites qui sont remplies de pus et qui paraissent plus altérées.

A la partie inférieure de l’abdomen , dans le petit bassin , se remarquent les altérations suivantes. A droite, sur la crête du détroit inférieur , existe une infiltration purulente du tissu cellulaire sous-péritonéal, et un gonflement énorme de celui qui est placé entre les feuillets du ligament large. Celte dernière partie est couverte de fausses membranes verdâtres, purulentes, et adhère au muscle psoas.

L'utérus n'a pas encore repris sou volume. L'ovaire gauche est sain. L'ovaire droit est mou, fluctuant, très volumineux, et aussi gros qu’un œuf de poule. Tout son tissu est fondu en un liquide épais , crémeux, verdâtre, eu un mot, converti en pus. Il ne reste plus que la coque fibreuse.

Cette observation offre un exemple d’altérations anatomiques très variées, et se recommande, au point de vue de l’étiologie, par l’influence épidémique, sous laquelle elles se développèrent.

DES ABCÈS PBLEGHONEUX

45® Obs, — Tumeur de la fosse iliaque gauche^ suite de couches; guérison.

Pauline Roblin,ao ans, couturière, primipare, accouchée chez elle le 6 mars 184a. Le travail fut un peu pénible, mais se termina naturellement. Dès le lendemain, coliques fort vives; douleur dans la fosse iliaque gauche. La diarrhée s’établit, elle dura trois semaines; au bout de huit jours, fièvre revenant par accès, avec frissons et sueurs ; douleurs lancinantes dans la fosse iliaque gauche ; faiblesse ; perte d’appétit. Elle entre à l’hôpital le 21 mars 1842.

Ventre gros, souple, douloureux à la région indiquée, où l’on voit une tumeur; diarrhée ; faiblesse extrême.

Le 28 mars, on trouve dans la fosse iliaque un noyau circonscrit, dur, assez volumineux; il est le siège d’élancemens fort vifs, douloureux à la pression. Le ventre est souple , du reste ; face pâle, endolorie; langue blanche; bouche amère. Pas de diarrhée.

Le 3o, peu de sommeil. Douleurs lancinantes très fréquentes dans l’abdomen. La tumeur semble avoir un peu diminué; selles fréquentes, matières ordinaires; langue rouge; bouche naturelle; appétit ; céphalalgie ; peau chaude ; pouls à 92 ; cette nuit, frissons suivis de sueur.

3ii Pas de frissons; sueur cette nuit; ventre moins douloureux; selles ordinaires ; la malade déclare positivement avoir rendu du pus , mais en petite quantité. La tumeur a considérablement diminué.

i®*" avril. Plus de tumeur circonscrite ; on sent dans la fosse iliaque un noyau dur et irrégulier, douloureux à la pressiou et toujours le siège d’élançemens aigus; plus de frissons ni de sueur; cette nuit, agitation et insomnie causées par les douleurs lancinantes ; bouche naturelle ; appétit ; diarrhée peu abondante ; les garde-robes sont purulentes; peau bonne; pas de fièvre (Cataplasmes).

6. Le faciès est excellent; la tumeur est réduite à un noyau dur, petit, mais encore très douloureux; pas de fièvre ; bon appétit.

9. Plus de tumeur appréciable; le ventre est douloureux à l’endroit où elle existait. Exeat le i6.

INTRA-PELVIENS.

L’abcès s’ouvrit dans l’inlesiin. Le noyau consécuiil', puis la douleur dans le flanc gauche, nous eussent fait craindre une récidive. Tant qu’il subsiste de la douleur, on ne peut pas dire que la malade soit à l’abri d’un retour de l’état aigu.

46® Obs. — Tumeur iliaque gauche , suite de couches • résolution.

Victoire Goney, trente-sept ans, ménagère, réglée à vingt ans, accouchée à la Maternité, il y a trois semaines. Le travail aété rapide et peu douloureux; les suites de couches vont encore; la sécréiiondu lait s’est bien faite. L’enfant tète facilement.

Au quatrième jour de l’accouchement, fièvre, frissons ; le médecin prescrivit tle l’ipécacuanha. Le lendemain , des douleurs de ventre se firent sentir et n’ont pas discontinué. Celle femme est sortie de la Maternité après neuf jours. Chez elle, elle a continué à souffrir, et à avoir de la fièvre. Tumeur occupant le bas-ventre, depuis l’épine iliaque inférieure gauche jusque un peu au-delà de la ligne blanche, s’enfonçant dans le bassin, et rernonlanl jusqu’à six centimètres de l’ombilic. Elancemens au moment de l’émission des urines. Langue blanche, large ; mauvais goût; pas de nausées; constipation. Ventre sonore en dehors de la tumeur, qui est mate, pas douloureux. Peau moite; frissons tous les jours, vers onze heures ; ils sont suivis de suei’ abondantes (3o grammes de sulfate de soude).

Selles abondantes. La malade se trouve soulagée ; elle souflj ir qu’au moment de l’émission des urines.

i5. Neuf ou dix jours après sa couche, celle femme s’est aper- , çue que sa jambe gauche s’enfiait lorsqu’elle se levait; l’enflure disparaissait immédiatement lorsqu’elle se couchait. Depuis qu’elle est à l’hôpital, la jambe s’est tuméfiée considérablement; les veines superficielles de la j imbe, depuis le milieu de la cuisse jusqu’au pied, se dessinent eu traces bleues très apparentes. La jambe est tuméfiée sans œdème appréciable; elle a a centimètres de circonférence de plus que l’autre membre (Cataplasme).

17. La tumeur est moins volumineuse et moins douloureuse que les jours précédens ; il reste néanmoins un peu de fièvre ; selles frequentes depuis hier.

DES ABCÈS PULEGMONECX

i8. La jambe est moins tuméfiée, moins tendue ; elle n’est plus douloureuse à la pression ; les lochies sont abondantes; ventre peu douloureux.

ao novembre. Exeat. La tumeur persiste dans la fosse iliaque qauche, mais elle est réduite à un petit volume et indurée ; la marche est toujours gênée, et la jambe encore plus volumineuse que l'autre.

Complication de tumeur iliaque et de phlegmatia dolens. Fièvre iniermiilente suppurative. L’observation est incomplète. La malade n’était pas guérie à sa sortie; sa tumeur a pu se reproduire et s’abcéder.

47* Obs. — Tumeur de la fosse iliaque gauche, suite de couches; résolution.

Catherine Henrion, a6 ans, cuisinière. Cette femme, primipare, accouchée, il y a trois mois, à la Maternité , pendant une épidé mie de fièvre puerpérale, y séjourna treize jours après sa délivrance. Peu de jours après elle éprouva des douleurs dans le ventre, et elle marchait difficilement. A des intervalles très éloignés, elle éprouvait des élancemens à l’hypogastre, du côté gauche. Du reste , elle conservait de l’appétit et jouissait d’une assez bonne santé. Elle éprouva des douleurs vagues j usqu’au soixante-dixième jour ; mais au'soixante-et-onzième , c’était il y a trois semaines, elle se trouva plus malade; elle ne pouvait marcher, et sentait de fréquens élancemens à l’endroit indiqué. Diarrhée. La nuit, longs frissons suivis de sueurs. Il y a trois semaines aussi qu’elle s’aperçut de la présence d’une tumeur dans la fosse iliaque gauche; cette tumeur était déjà d’un volume assez considérable; mais elle commençait seulement à être d(>uloureuse ; c’est dans son intérieur qu'avaient lieu les douleurs lancinantes. Aujourd’hui, l’on voit celte tumeur dans la fosse iliaque à travers la paroi abdominale qu’elle soulève; elle appuie sur le détroit supérieur, de manière à n’occuper que la moitié interne de la fosse iliaque ; son autre partie plonge dans le petit bassin. Elle peut avoir environ le volume d’une petite tète de fœtus; elle est douloureuse, et paraît Ilucluante : on la sent par le vagin.

ISTRA-PELVIEiVS.

aS. Frissons suivis de sueur; douleurs lancinantes dans l’abdomen, au niveau de la tumeur; elle a beaucoup augmenté depuis l’entrée ; toute la fosse iliatjue est remplie. La tumeur semble s’approcher de la peau. Langue naturelle; bon appétit; une selle tous les jours ; peau chaude; pouls irrégulier, souple, 78.

3o. Les élancemens continuent; la tumeur semble grossir; même état général.

6 avril. Depuis trois ou quatre jours, à plusieurs instans de la journée , il se fait un écoulement purulent par la vulve. Le linge est taché par une matière verdâtre, épaisse, tout-à-fait semblable à du pus. Cet écoulement s’arrête pendant quelques heures et reparaît de nouveau ; habituellement cette femme n’a point de leucorrhée. Plus de frissons , ni de sueurs. L’état général est satisfaisant. La tumeur est un peu moins grosse, peut-être plus dure, mais toujours douloureuse à la pression; pas de fièvre; bon appétit.

9. De temps à autre on voit encore de la leucorrhée; pas de frissons ni de sueur; fièvre le soir et la nuit. Elancemens fréquens à l’aine gauche. La tumeur est fort dure; on n’y sent plus de fluctuation; elle semble se rapprocher de la peau; il est impossible de la sentir par le vagin. L’état général est bon (Cataplasmes répétés chaque jour).

aa. Douleurs iliaques lancinantes ; coliques ; frissons ; sueurs ; fièvre le soir,- la tumeur grossit et se rapproche de la peau du ventre; elle descend vers le ligament de Fallope. Elle a le volume d’une petite tête d’enfant, ets’élève du pli inguinal jusqu’au niveau de l’ombilic.

Le a4 , la tumeur a perdu un peu de son volume ; placée assez près de la peau, elle est fort dure et facile à circonscrire. Toujours quelques douleurs lancinantes dans l’intérieur, mais pas de fièvre; l’état général est satisfaisant.

Depuis ce jour jusqu’au 19 mai, les douleurs ont persisté, mais sourdes ; tiraillemens , pesanteur dans les lombes. La marche est très pénible. La pression du ventre n’est douloureuse qu’au niveau de la tumeur, qui s’est réduite à la moitié environ de son plus fort volume. Elle forme sur la crête du détroit une tumeur dure, arrondie, douloureuse, grosse comme une

DES ABCÈS PHLEGMO^Et'X

Moix ; elle n’est plus le siège de douleurs laucinaulcs. Il u'y a pas d’œdème aux membres inférieurs. L’élat général est parfait. Il n’y a pas de fièvre. L’appétit est excellent et les digestions sont bonnes. — Exeat.

Celle observaiion, incomplèie d’ailleurs, est remarquable : d’abord par l’influence épidémique sous laquelle la maladie se développa j ensuite par le long temps que la tumeur mit à se former et la bénignité de l’invasion ; enfin, par la disposition de l’abcès qui était à cheval sur le détroit supérieur.

48® Obs. — Abcès de la fosse iliaque droite j ouvert dans le rectum

et la vessie.

Lodoiska Launard, vingt six ans, couturière, primipare, accouchée le 1®*’ août à la Maternité. Le travail a duré sept heures et fut très douloureux. Présentation du siège.

Au sixième jour, cette femme sortit de la Maternité. Les lochies n’allaient pas; le lait était passé; l’enfant n’avait vécu qu’un jour.

Elle avait repris ses occupations lorsque, le vingtième jour, elle éprouva des douleurs vives dans le ventre, des coliques , des élancemens à l’hypogastre. La station était impossible; la marche n’avait lieu que dans la position courbée, encore était-elle très douloureuse. Des sangsues furent appliquées dans la fosse iliaque droite ;elles n’amenèrent aucun soulagement. En même temps il y avait de la fièvre, mais sans frissons; l’appétit était perdu et le dévoiement exista jusqu’au moment de l’entrée à l’hôpital, au trente-sixième jour delà couche.

A ce moment, le ventre nous parut encore très volumineux, excessivement douloureux, car le contact des draps était pénible. Tumeur circonscrite dans la fosse iliaque droite et à l’hypogastre, remontant jusqu’à deux pouces de l’ombilic, fluctuante lorsqu’on la prenait entre une main placées l’hypogastreetundoigtmisdansle vagin; elle avait approximativement une épaisseur de 3 pouces. L’utérus, refoulé en arrière, comprimait le rectum. La fièvre était vive et l’état général assez grave, à en juger, du moins, par les cris delà malade; pas d’appétit; pas de vomisscmens; constipation

INTRA-PELVIEHS.

(Laxatifs pendant trois jours). Les douleurs se sont rapidement amendées; la fièvre s’est calmée à son tour, et, aujourd’hui, a5 septembre, le ventre, quoique douloureux à la pression, n'est le siège que d’élancemens fort rares ; la tumeur s'est rapprochée davantage de l'ombilic, et on en sent la fluctuation à travers la paroi abdominale; langue blanche; selles difficiles; la peau est moite, assez chaude ; pouls large et peu fréquent (40 grammes d’eau-de-vie allemande).

I®'' octobre. Il semble que la douleur prenne chaque jour plus d’intensité; élancemens violens à la région inguinale droite et dans le fondement.

Le a, nuit calme et sans douleur ; cessation des souffrances immédiatement après l’excrétion d’une selle mêlée de matière blanchâtre purulente; peau bonne; pas de fièvre.

Le 4, ce ne sont pas les selles qui sont purulentes, mais bien les urines. Lors de l'excrétion la malade prétend sentir dans la tumeur une espèce de glou-glou. La matité a diminué d'étendue et la tumeur est moins volumineuse; les douleurs se leproduisent, mais avec peu d’intensité.

5. Les urines présentent trois couches : une inférieure formée de pus épais, légèrement verdâtre, pouvant peser cinq ou six grammes; une moyenne nuageuse, trouble, pouvant peser quarante grammes, et une supérieure, claire (jaune de l’urine), constituant le reste du liquide. Le nitre détermine un précipité alcalin dans le liquide de la couche supérieure, et un précipité albumineux dans ce qui reste. La tumeur continue à perdre de son volume ; elle est moins douloureuse.

Le 7, toujours du pus dans les urines; douleurs assez vives hier. La malade a eu deux selles contenant une grande quantité de pus ; les urines ne sont que médiocrement troubles.

Le 8, pas de selles; plusieurs émissions douloureuses de l'urine ; ce liquide se rapproche maintenant de son état normal. Hier soir, vers huit heures, il est survenu inopinément dans les fosses iliaaues des douleurs très vives qui n'ont pas cessé ce matin ; de temps à autre elles prenaient un caractère plus aigu, lancinant, faisaient crier la malade. Le ventre est tendu; pas de sonorité; il est fort douloureux à la pression. Langue naturelle, humide ; soif vive ; pas de nausées ; pas de vomissemcus. La face

S6 DES ABCÈS PHLEGMÜNEUX

n’a pas un caractère différent de celui qu’elle présentait ces jours derniers. La chaleur de la peau reste la même. Les yeux sont bons. Peau chaude, sèche. Pouls petit, faible, 120. (i gramme o,5o d’ipéc.)

10. Vomissemens nombreux ; deux selles. Les efforts de voniissemens n’ont pas été très douloureux (Scammonée; un gramme de jalap).

n. Selles nombreuses aveccoliques très vives; peu de sommeil; réveil en sursaut; douleurs assez vives dans l’hypogastre ; moins d’élancemens; les garde-robes elles mines ne renferment plus de pus ; pas de fièvre ; la tumeur est toujours très volumineuse.

12. Selles copieuses et purulentes sans coliques; urines jaunes et fort troubles. Les douleurs persistent, elles sont sourdes, mais il n’y a pas d’élancemens; pas de fièvre (lavemens émolliens).

13. La malade, qui a la précaution d’uriner et de rendre les matières stercarales séparément, nous montre aujourd’hui des urines avec un dépôt considérable de pus au fond du vase ; peu de douleurs.

i4- Aujourd’hui, les selles contiennent une matière blanche, épaisse, analogue à du pus, et ces matières ne sont point mêlées à de l’urine.

16 oclo.bre. A partir de ce jour, il n’est point sorti de pus avec les selles ni avec les urines. Jusqu’au 20 octobre, chaque jour voyait se renouveler les mêmes accidéns ; douleurs vagues dans l’abdomen ; élancemens dans les deux fosses iliaques; dureté excessive du ventre ; fièvre passagère ; constipation très fréquente: dès que la malade était deux jours sans aller à la selle, des coliques violentes, des douleurs et élancemens excessifs se faisaient sentir ; dès que par un purgatif on avait rétabli le cours du ventre, ces symptômes disparaissaient, et la femme était soulagée pendant un ou deux jours, jusqu’à nouvelle constipation.

Du 16 octobre au 27 novembre, cette femme a été purgée dixneuf fois par les purgatifs salins, huileux et drastiques (Huile de croton; eau-de-vie allemande; etc.).

Au 21 novembre, les douleurs du ventre que nous avons signalées semblent changer de caractère ; au lieu d’être vagues comme précédemment, elles se localisent à l’hypogastre, qui, à plusieurs

IKTRA-PELVIEIVS.

iiislans du jour et surtout le soir, devient le siège d’élauceinens fort douloureux. Des élancemens suivent aussi la direction des aines; mais le ventre n’est pas ballonné ; urines claires naturelles ; pas de leucorrhée; toujours la constipation ; pas de fièvre.

Le a;, la malade a découvert au-dessus du pubis un petit noyau, gros comme un œuf de pigeon, placé profondément sous la peau, très douloureux à la pression et sur lequel semblent s’accumuler les élancemens ; léger mouvement fébrile vers le soir.

Au 5 décembre, la tumeur a acquis un volume plus considérable, elle est saillante sous la peau, qui est un peu rouge et fort épaisse. Cette tumeur est douloureuse à la pression ; il y survient à chaque instant des élancemens assez vifs; légères douleurs dans les lombes; difficulté à marcher; frissons erratiques; un peu de chaleur fébrile ; cependant la langue est naturelle ; et l’appétit n’a jamais été aussi vif Quand on vient à toucher par le vagin, ce canal paraît rétréci. Le corps de l’utérus est renversé en arrière, et le col un peu en avant; la vessie est abaissée, fait saillie dans le vagin , est distendue par l’urine ; à droite et à gauche le tissu cellulaire est endurci, fort douloureux, mais sans tumeur appréciable; le toucher paraît causer de vives douleurs; on ne sent point de communication entre la tumeur du ventre et le doigt placé dans le vagin

Cette tumeur augmente pendant les jours suivans, et se limite parfaitement bien; au-dessus du pubis, en remontant à deux pouces de hauteur, elle est fort douloureusejet très dure ; la peau qui la sépare de l’extérieur est encore fort épaisse.

Le lO septembre, la peau s’indure et rougit.

De temps à autre fièvre légère; tiraillemens ; douleurs lombaires ; élancemens dans la tumeur.

Le i5, bon sommeil; les douleurs sont plus rares; élancemens peu fréquens; la peau rougit et se ramollit en s’amincissant; la tumeur a diminué; elle est fluctuante.

Le 17, la tumeur qui faisait saillie se flétrit un peu.

Le 19, la tumeur a encore diminué et ne fait plus souffrir la malade.

Travail 1res douloureux : relevons ce premier point, relu-

88 DES ABCÈS VHEEGMONEüX

livenieiU à 1 eliologie. L'abcès s’ouvre dans le recium]ei dans la vessie. L’ouverture dans l’intestin est annoncée par des élanceniens dans le fondement. La constipation renouvelait les douleurs, parce que les matières accumulées comprimaient la tumeur. Ces douleurs laneinantes du ventre, qui allaient jusqu’à faire crier la malade, doivent être notées, en raison des craintes qu’elles pouvaient inspirer, craintes que devait diminuer l’absence des autres signes propres à la péritonite. Comment l’abcès hypogastrique, après avoir été si près de s’ouvrir, a-t-il diminué tout-à-coup? Cela est bien étrange et nous ne chercherons pas à l’expliquer. Quant au traitement, cette observation donne raison à Mauriceau contre les purgatifs (V. la note de l’observation 1''®).

/ig® Obs. — Abcès de la fosse iliaque suite de couches, ouvert dans la vessie et dans le vagin,

Marie Dauvergne, aS ans, blanchisseuse, née à Paris, bien réglée depuis l’âge de la ans, a eu deux enfans; le premier n’a pas été nourri ; le deuxième est allaité depuis six semaines.

Trois jours avant d’accoucher celte dernière fois, elle a eu une métrorrliagie arrêtée parle tamponnement; elle a fait ses couches à la Maternité, il y a un mois; elle resta huit jours en bonne santé, et elle sortit de l’hôpital. Au bout de huit autres jours, elle tomba malade ; douleurs hypogastriques et lombaires avec frissons, chaleur et sueur la nuit.

Dès le commencement, soif vive ; perte d’appétit ; nausées ; vomissemens ; constipation; point de phénomènes cérébraux ; faiblesse extrême.

ao-Ventre souple, douloureux dans le flanc droit, un peurénitent à l’hypogastre. Le doigt dans le vagin trouve le col de l’utérus fort élevé, le corps plus volumineux qu’il ne devrait être, et entre facilement en communication avec la main placée sur l’abdomen. On sent à gauche, près du ligament large, un léger épaississement du tissu cellulaire, mais pas de tumeur. Le point est fort douloureux (3 gouttes d’huile de cro ton ; diète).

fKTRA-PELVIENS.

îi. Vomissemens J selles nombreuses douleur du côlé gauche du ventre, moins vive qu’hier; le pouls est plus faible et moins fréquent, 86; sommeil cette nuit; c’est la moins pénible de celles qui ont suivi cette couche (Cataplasmes sur le ventre).

24. La malade est très pâle et affaiblie; insomnie; inquiétudes; douleurs très vives dans le flanc gauche ; elles sont continues et offrent des exacerbations lancinantes. On sent aujourd’hui une tumeur mieux circonscrite, placée à gauche un peu audessus du pubis, légèrement en dedans de la fosse iliaque. Langue rouge; bouche amère ; soif vive; nausées; pas de vomissemens ; constipation; peau moite; pouls à 90 (3o grammes de sulfate de soude; bouillons).

27. Diarrhée depuis deux jours ; vomissemens cette nuit ; langue rouge ; soif vive ; peau moite ; pouls à 92 ; le ventre est généralement douloureux, surtout dans la fosse iliaque gauche. La tumeur est mal circonscrite, s’étend dans la fosse iliaque, et remonte à 6 ou 7 centimètres au-dessus du pubis ; son mat à la percussion. Par le vagin, on reconnaît que l’utérus est abaissé et incliné à droite; à gauche tumeur rénitente, fort douloureuse, la même qu’on sent à l’extérieur ; fluctuation douteuse; infdtration du tissu cellulaire du petit bassin; le toucher est obtus et fort douloureux de ce côté.

La sécrétion du lait ne tarit pas. Ce liquide est clair; l’enfant le suce avec avidité et n’en souffre point (Eau de Sedlitz ; bouillons).

28. Selles nombreuses ; diminution de la douleur du ventre ; fièvre moindre, 90; langue encore rouge (Cataplasmes sur le ventre).

i®” janvier 1843, pas de fièvre. Une bonne selle (Une portion d’alimens).

Les douleurs de ventre, de moins en moins fortes, persistent encore, mais sont intermittentes. La station est impossible. On trouve toujours dans la fosse iliaque la tumeur dont nous avons parlé (3 potages).

9 janvier. La malade allait bien, lorsque, après un écart de régime, il reparut de la fièvre, des vomissemens, de la diarrhée et de nouvelles douleurs hypogastriques (3o grains de sulfate de soude ; bouillons).

10. Encore deux vomissemens; diarrhée abondante ; les douleurs sont moins vives ; mais de temps à autre il y a des élance-

DES ABCÈS BULEGiUOXEUX

mens fort douloureux dans la tumeur ; peau chaude; pouls à 96 (Cataplasmes sur le ventre; potages).

Le 1 1, douleurs très vives hier, fortaiguésau moment de l’émission des urines, qui sont épaisses, blanches ; on les recueille dans un verre, et au bout de quelques inslans un dépôt, qui constitue la huitième partie du liquide, se forme au fond du verre ; ce dépôt est alcalin, homogène, peu gluant, ne file passons le doigt; il est formé de corpuscules imperceptibles blanchâtres parfaitement liés; au microscope : globules lax'ges, aplatis, incolores, irréguliei’s à leur circonférence, d’un volume assez considérable.

On n’aperçoit plus la tumeur du ventre; mais , à gauche , il existe toujours de la rénitence, et dans ce pointla pression est excessivement douloureuse.

i3. Les urines ont été fréquemment rendues: il était difiicile de les retenir; leur émission a été douloureuse; elles contiennent le sixième de leur volume de pus (Cataplasmes, une portion).

i5. Pas de fièvre; bon sommeil; bon appétit; la malade s’est levée sans beaucoup souffrir, mais elle a été très effrayée de rendre par le vagin un flux blanc muqueux très abondant. Elle était debout, en un instant elle fut mouillée jusque dans ses bas; urines limpides (Une portion).

17. Après un accès de coliques hypogastriques , de douleurs dans les reins, il y eut une émission d’urines avec chaleur au passage. Ce liquide était blanchâtre , et après un instant de repos il offrit le dépôt blanc homogène dont nous avons déjà parlé. En même temps que les urines étaient purulentes, la malade avait de la leucorrhée.

La tumeur a considérablement diminué ; elle est flasque , peu fluctuante; ses parois commencent à revenir sur elles-mêmes, car on les sent plus épaisses ; elle est peu douloureuse.

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