Urines limpides; la leucorrhée persiste
23. La leucorrhée est presque nulle depuis trois jours ; il n’est rien revenu dans les urines; tumeur stationnaire, toujours un peu douloureuse à la pression vaginale; la pression hypogastrique est également douloureuse ; cependant la malade reste levée tout le jour sans fatigue, elle n’a plus de fièvre , mange les trois portions depuis six jours et elle n’a plus de diarrhée. Elle veut s’eu aller de l’hôpital, et nous promet de revenir. Exeat.
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La cause occasionnelle probable est digne d’aiieniion : niétrorrhagie trois jours avant l’accouchement et tamponnement. L’abcès s’ouvrit dans la vessie et dans le vagin. C’était le pus du dépôt qui constituait la leucorrhée.
5o' Ods. — Péritonite et ovarite puerpérales .
Fanny Seyiiard, 33 ans. Celle femme vient d’accoucher pour la sixième fois. Après avoir passé neuf jours à la Maternité, elle sortit bien portante, et elle rentra chez elle. Là elle se mil à nourrir son enfant, et malgré l’allaitement, les lochies parurent; elles coulèrent abondamment. Au quatorzième jour après l’accouchement, sans cause appréciable, elle se sentit mal à l’aise.; elle éprouva des douleurs dans tout le ventre, eut des frissons, et fut obligée de s’aliter. Au vingt-et-unième jour, elle eut quelques vomissemens, de la diarrhée. Point de traitement.
Elle nous arriva au moment d'un accès de fièvre; elle avait le frisson ; le corps tremblait, et les dents se choquaient avec force ; la peau était médiocrement chaude, livide à la face et aux lèvres ; le nez et les mains étaient refroidies; face grippée, yeux ternes, profondément cernés; lèvres bleues; bouche humide; langue rouge à la pointe, fortement chargée; ventre excessivement ballonné, sonore; coliques très vives, augmentées par les mouvemens des gaz dans l'intérieur; le décubitus latéral est impossible, à cause des douleurs abdominales qu’il occasionne ; la pression est douloureuse, mais la 'douleur n’est pas excessive; respiration naturelle, peu embarassée ; pouls faible, petit et serré, 1 38.
La sécrétion du lait diminue de jour en.jour, il en reste à peine dans les glandes mammaires. Depuis deux jours l’enfant a les yeux malades, ses paupières sont fermées , et il les contracte quand on veut les lui ouvrir. Pendant ces efforts il s’écoule un pus épais, jaunâtre; la conjonctive est très rouge; les cornées sont transparentes et saines (i,5o de poudre d’ipécac. en 3 paquets; onct. mercurielle sur le ventre, loo grammes).
37. La médecine d’hier a produit des évacuations nombreuses par en bas; il n’y a eu que deux vomissemens. Peau chaude et sèche; pouls petit, faible, un peu irrégulier, 122. (Loocli, huile de croton, 3 goût, frict. ong. napolitain./
DES ABCÈS PHLEGMOREUX
a8. On admiiiislre 4o grammes de suif, de magnésie (Frictions mei’curielles, 5o grammes).
3o. Selles très nombreuses et très abondantes; pas de vomisseiTiens ; ventre gros, souple, contenant une notable quantité de liquide, entièrement indolent; respiration haute, fréquente ; pas de toux; pas de matité précordiale; un peu de matité à la partie inférieure des deux côtés de la poitrine; aucun bruit anormal; respiration faible, masquée à la partie inférieure gauche; face ju'ofondément altérée ; pommettes livides; yeux très excavés; nez pincé, froid; mains froides; langue blanche, froide ; soif vive; peau moite; sueur visqueuse ; pouls excessivement petit et difficile à compter.
Mort à 1 1 heures.
Autopsie s3 heures après la mort. — Abdomen. Le ventre est très tendu; le péritoine est rempli de sérosité purulente; il contient aussi de ces ffocons albumineux, libres, jaunâtres, qu’on trouvedans les séreuses enflammées. On ne trouve point de fausses membranes i la surface des intestins, qui ne sont pas adhérens; la seule altération que l’on rencontre dans le péritoine , c’est une vascularisation extraordinaire; elle est semée d’une coloration rouge très vive, due à l’injection des vaisseaux capillaires. Sa surface a perdu son poli et son brillant; les rugosités se sentent aux doigts. Il n’y a d’adhérences nulle part. C’est le péritoine des circonvolutions intestinales rapprochées du petit bassin , et le péritoine du petit bassin lui-même, quiparaissent le plus malades.
L’utérus est encore énorme ; il remplit tout le petit bassin ; le col est largement ouvert; l’intérieur est rempli de débris de placenta et de matières corrompues, infectes. Les veines de l’organe et le sinus sont sains; ils sont béans, et ne renferment pas de sang dans leur intérieur.
Les ovaires sont fortement gonflés; le tissu spongieux qui constitue l’ovaire droit est considérablement injecté ; l’on y rencontre quelques noyaux blanchâtres au centre, dontla couleur dis] araît sur les bords, par conséquent mal circonscrits. Ces noyaux sont formés par une matière assez dure ; on dirait du pus inliltré. Les veines mésaraïques, ovariques, etaulres de l’abdomen, sont saines; on y trouve des caillots, mais ils ne sont point adhérens, ne renfermetit pas de pus, et les parois veineuses ne pa-
INTBA-PELVIKNS,
raiasent point maladns. Les lymphatiques et le canal thoracique ne présentent point d’altération; le foie est sain; il n’y a qu'un rein , qui est placé au-devant de la colonne lombaire et qui reçoit deux artères. L’intestin est sain; rien au cœur: il renferme du sang noir Quide, à peine coagulé, dans lequel on voit au microscope des globules iiTéguliers sur les bords, incolo res, sans dépression centrale, entièrement semblables aux globules de pus. Les endocardes sont fortement colorés en rouge, sans ramollissement. Engorgement des poumons à leur partie postérieure. Ils crépitent et surnagent; le poumon gauche est le plus altéré.
Celle observation appartient essentiellement à l’histoire de la péritonite puerpérale. Mais l’état de l’ovaire nous importe.
Les cinquante observations qui précèdent sont, pour ainsi dire, la base clinique sur laquelle nous allons essayer d’élever l’histoire dogmatique des abcès puerpéraux du bassin.